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CH1218
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4,0
Publiée le 10 juin 2021
Drame intimiste de Claude Sautet sur un sujet fort et sensible. Patrick Dewaere est toujours aussi juste et fait face aux excellents Yves Robert et Jacques Dufilho alors de Brigitte Fossey, à l’image par son personnage, apparaît un peu fragilisée en comparaison à ce trio.
Une oeuvre touchante comme sait nous le concocter le cinéaste Claude Sautet !! Un ancien trafiquant de drogue sort de la prison aprés cinq années enfermé pour retrouver son père qui l'acceuille dans son appartement mais le paternel en veut à son fils pour le décés de sa mère par chagrin. L'homme principale veut se réinserer dans la société, d'abord comme manutentionnaire puis dans une librairie ou il rencontre une femme dont ils tombent amoureux qui, elle aussi, a des problèmes. Une drame social trés bien écrit et mis en scène par Claude Sautet en 1980 dans une France des années 70/80 qui reflète bien l'époque. Le film vaut surtout pour le jeu en finesse et en retenue du grand Patrick Dewaere qui n'en fait pas des tonnes. Le reste du casting est excellent aussi, Yves Robert en Père, Brigitte Fossey en amoureuse fragile et Jacques Dufhilo. Un bon cinéma vivant.
ou plutôt: "Un mauvais Père" ..... J’aime la complexité psychologique, la relation Père- Fils, au centre du film. Le non-dit aussi important que les dialogues….. Le cinéma de Sautet reste très actuel et nous parle…. Le regard des jeunes sur le comportement des adultes…. La chaleur humaine, au coeur du cinéma de Claude Sautet. C’est un cinéma très sensible et plein d’humanité. typiquement français, dans le bon sens du terme…… 40 ans plus tard, on en redemande
Mon Sautet préféré...Et c'est fou comme on y revient à ce film-là. Car il est rempli de tout une espèce de vibration bienveillante qui anime les personnages et en premier lieu, ceux joués par Patrick Dewaere et Yves Robert. "Un Mauvais fils" est l'entreprise la plus sensible de Sautet parce que la plus sobre, la plus réaliste...C'est sans doute pourquoi la puissance d'identification au personnage de Bruno est totale mais aussi au personnage de René, le père, à tous en fait...Dans le cinéma de Sautet, cette première incursion dans le monde ouvrier à une évidente valeur biographique, introspective. D'ou une mise en scène qui isole les acteurs en huis clos, rompant avec la logique de groupe des précédents Sautet. Ici, les champs contre champs à deux personnages sont tout plein rempli d'intensité et de retenue, le tout dans une lumière qui n'est ni froide ni chaude mais simplement approprié au regards, aux silences...Le rapport père/fils, qui est le moteur du film, passe admirablement dans ce filtre du conflit de génération mais aussi de la confrontation des points du vue familiaux et personnels. Il est aidé en cela par une écriture d'une justesse infinie et encore une fois par justement ce subtil sentiment de bienveillance qui fait que le film travaille la tête et le coeur encore bien longtemps après...Et puis les acteurs sont tous exceptionnels, Patrick Dewaere en tête, bien sur. C'est aussi un des plus beaux rôles de Brigitte Fossey. Un film indémodable et sensible, un des plus précieux du cinéma français.
Après le tournage de son "Histoire simple" (Romy Schneider reçut le César de la meilleure actrice en 1979), Claude Sautet s'approprie le monde de la classe ouvrière (le prolétariat) après avoir fustigé à tout bout de champ la société bourgeoise ("Les choses de la vie", "César et Rosalie", "Max..."). Il s'acoquine ici de Daniel Biasini (journaliste et Monsieur Romy Schneider à la ville) et de Jean-Paul Török (critique de cinéma) à l'écriture. Scénario : après avoir passé cinq ans de prison aux USA pour trafic de drogue, un homme rentre en France retrouver son père. "Un mauvais fils" (1980), c'est surtout le sentiment de se faire peur et de s'oublier tel un poisson rouge qui fait le tour de son bocal. C'est aussi une mayonnaise qui prend sans que le vinaigre ne soit ajouté. L'on rajoute de l'héroïne, et l'on obtient "Un mauvais fils". Claude Sautet réussit un tour de force en s'attaquant à la fois aux drogués ainsi qu'à la petite classe ouvrière : les démonstrations de Claude sont d'autant plus chers à lui qu'au cinéma en général. Il s'agit bien des "choses de la vie" vues au travers des yeux d'un Patrick Dewaere (révélé par "Les valseuses", Annaud le fera footballeur dans "Coup de tête") complètement habité par son rôle, sans moustache ! Lui aussi dans des déboires peu reluisants (l'affaire avec le journaliste et le boycott de quasiment tous les journaux), il campe ici l'écorché vif de passage dans la capitale. Dewaere ne joue pas, il est Patrick, l'impulsif, l'éternel ange au regard bleu. Une interprétation subtile, sans fioriture, et montrant par la même occasion son grand talent d'acteur. Du très joli boulot en somme ! La relation père-fils est diablement bien maîtrisé, et toutes les nuances de ton se lisent sur le visage de Dewaere qui livre ici une interprétation hors-norme. Le père est joué par Yves Robert (le réalisateur de "La guerre des boutons" et "Nous irons tous au paradis"), charismatique, tenant fichtrement bien tête à Patrick. Convaincant, il est le filon auquel l'histoire s'accroche. Bravo Yves ! Un duo Dewaere-Robert marquant pour une belle leçon de cinéma. Super !! A leurs côtés, Brigitte Fossey (elle prit le temps de s'ancrer dans son personnage de toxico. On la retrouve la même année dans "La boum") et Jacques Dufilho (qui reçut le César du meilleur second rôle pour son interprétation) complètent le tableau pour notre plus grand plaisir, car cette table à quatre (Dewaere, Robert, Fossey et Dufilho) permettent à Claude Sautet d'avancer dans son film comme la mayonnaise se mélange (voir mon commentaire ci-dessus). Ajoutons là-dessus les partitions requinquantes de Philippe Sarde (à l'instar de Dewaere plongeant dans la Manche), et nous pouvons aborder ce Claude Sautet comme un instant de vie tel un claquement de doigts. Pour finir, le réalisateur de "Vincent, François, Paul et les autres" cisèle "Un mauvais fils" comme la perte d'une société (les Trente Glorieuses sont terminées) et le renouveau d'une génération, Dewaere l'incarnant à merveille. Pas le meilleur Sautet, mais l'un des meilleurs Dewaere, assurément ! Spectateurs, encocaïnez vous !!
Une nouvelle fois un grand film de Claude Sautet. Patrick Dewaere est une fois de plus époustouflant dans ce rôle exigeant dans lequel on voit petit à petit toutes les fêlures. Yves Robert est également parfait dans le personnage du père qui rend responsable son fils de la mort de la mère. Un beau film sur les relations fragiles en général.
Bon jeu d'acteurs de Patrick Dewaere et Yves Robert qui sont excellent en père et fils. L'histoire se définit par leur rapport de force par rapport au décès de la femme et mère de Patrick Dewaere dans le film.
Un film plaisant, une ambiance particulière en proie à la mélancolie, à la nostalgie, une sorte de mal être général sans être morbide se dégage de l'ensemble grâce notamment à une partition 5 étoiles du génial Patrick Dewaeare. Je n'ai pas le souvenir de Dewaeare mauvais quelque part, peut être dans "la meilleur façon de marcher", mais là c'est le film qu'était diablement mauvais. Ici Claude Sautet sait installer une vraie ambiance dans une mise en scène sobre, dans la grisaille parisienne ou Dewaere comme la très bonne Brigitte Fossey sont à l'aise, l'un comme l'autre ont une tête de mélancolique suicidaire et c'est ça que l'on aime dans ce film, des freaks en marge. Les silences et les colères dans les scènes entre Dewaeare et son père sont bien joué et rendent crédible le propos général du film. Mention spécial au libraire et ses quelques envolées lyriques bien sentis. Du bon cinéma.
Mon premier Claude Sautet. Je ne sais pas si c’est ce genre de films qui est concerné quand on parle de la disparition du « cinéma du milieu », mais j’ai l’impression que ce type de films n’existe plus. C’est réaliste et plutôt lent, mais c’est un réalisme crédible, pas ennuyeux, qui va d’un milieu à l’autre, d’un décor à l’autre avec une foule de détails et personnages secondaires qui donnent de la chair au scénario. Il y a aussi de très beaux dialogues, certains un peu trop écrits, mais avec un casting pareil, tout passe. Le rythme est parfaitement maîtrisé, avec un enchaînement entre les intrigues étonnamment fluide, et une jolie BO de Philippe Sarde pour lier le tout. Belle surprise.
Deuxième film de Claude Sautet que je viens de voir après le fort bon "Les choses de la vie" et je dois dire que pour le moment, j'adhère à son cinéma. En ce qui concerne "Un mauvais fils", inutile de faire une grande dissertation étant donner que la réalisation est assez "minimaliste".C'est un beau film réaliste, authentique, sobre et sans fioritures.Patrick Dewaere joue parfaitement son rôle de fils qui va tout faire pour se réintégrer dans la société après une condamnation pour trafic de drogues et c'est vrai que sur certaines séquences, il fait parfois de la peine. S'ensuivra quelques relations un peu tendues avec son paternel qui est interprété de manière très juste également par Yves Robert. La musique de Philippe Sarde est comme souvent très réussie avec un thème "jazzy" qui colle relativement bien à l'ambiance de ce film au ton mélancolique. A visionner au moins une fois ne fusse que pour sa culture cinématographique.
Drame de haute qualité porté par des excellents acteurs (Dewaere en tête). Vraiment des très troublants personnages, les thèmes abordés intéressants (toxicomanie, réinsertion des ex-taulards, ...). Une histoire très touchante.
Une histoire toute simple que celle de ce mauvais fils (Patrick Dewaere encore excellent). Histoire bonifiée par l'interprétation tout en sobriété mais aussi en justesse de tous. Que de choses dîtes dans les silences, dans les attitudes. Un bon film de Claude Sautet.
Certes le scénario hésite un peu entre l'analyse des relations entre un père (Yves Robert) barricadé dans sa tristesse d'avoir perdu son épouse et un fils prodigue (Dewaere magique) qui ne parvient pas à forcer la forteresse paternelle, d'un côté, et, de l'autre, les problèmes de drogue de Dewaere et de Brigitte Fossey (cette fois-ci excellente et dramatique). Certes Yves Robert est un peu trop brut de fonderie et Jacques Dufilho pas assez. Mais ces défauts sont mineurs. Il s'agit d'un de ces films où Sautet fait 100% confiance aux acteurs et les laissent aller loin dans leurs relations: cela convient à Dewaere qui n'est que sensibilité (comme MiouMiou l'était, dit Sautet à juste titre). Curieusement, 40 ans après, on regrette plus ce cinéma classique aux scénarios travaillés et aux acteurs délicats (ce cinéma de Romy, Piccoli, Sérault, Sandrine Bonnaire etc) que la pyrotechnie un peu superficielle de la Nouvelle Vague d'il y a 60 ans.
Sautet brille une nouvelle fois par sa sensibilité, sa manière de filmer, de décrire ses personnages, tout en nuance, en subtilité, et toujours avec une patte unique dans le cinéma français. Son image est comme une caresse qu'il donne à ses héros. Et dans le rôle titre, Patrick Dewaere, dont le jeu est fin, touchant, lumineux. Son regard sonne toujours juste. Écorché vif, on craint toujours pour lui. En tant que spectateur, on a envie de l'aider à surmonter ses difficultés, on a peur qu'il retombe dans la drogue. On pleure son incompréhension avec son père, homme de la génération précédente, malheureux, froid, taciturne, mais dont l'humanité affleure dans le regard. Le ryhtme est lent. Les plans, souvent fixes. Mais cela donne au film un rythme et une douceur qui siéent particulièrement bien au propos. Brigitte Fossey est également très touchante dans son second rôle. Un bémol : une fin que je trouve assez précipité et que je n'ai personnellement pas compris.