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Ghighi19
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4,5
Publiée le 31 mars 2023
Une nouvelle fois un grand film de Claude Sautet. Patrick Dewaere est une fois de plus époustouflant dans ce rôle exigeant dans lequel on voit petit à petit toutes les fêlures. Yves Robert est également parfait dans le personnage du père qui rend responsable son fils de la mort de la mère. Un beau film sur les relations fragiles en général.
Un très beau film . Patrick Dewaere qui sort de prison des États-Unis revient en France et n'a d'autre choix que d'aller chez son père. La relation est très étouffante entre les deux personnes, sachant que sa mère est décédée entre temps . Il va décider de reprendre sa vie en main. J'ai beaucoup aimé ce film plein de bon cœur, de bonne intention alors que la vie est très difficile pour lui . La présence de la magnifique Brigitte Fossey et du très bon Jacques Dufilho ( césar du meilleur second rôle) va bouleverser sa vie . Encore une fois Sautet met en valeur ses acteurs et ses personnages.
Ce film est d'une belle densité. Densité dramatique, avec chacun des personnages qui sont des êtres humains, pas des clichés ou des stéréotypes. Chacun d'eux contribue à cette histoire, simple, mais riche, dense, où la famille, les amis, les amoureux contribuent à produire une belle dramaturgie. Patrick Dewaere revient de prison aux USA; il retrouve son père, Yves Robert, qui pourrait donner le titre de "un mauvais père" au film, même si nous le comprenons. La police aide Patrick Dewaere à se réinsérer. Il croise alors le chemin de Brigitte Fossey (très belle performance), elle aussi en réinsertion suite à son addiction à la drogue. Il croise aussi Jacques Dufilho, qui va l'aider à se réinsérer. Le film pourrait s'appeler une belle histoire, avec de beaux personnages, poignante par moment, mais prenante, qui accepte que chacun ait de bons cotés, ou des faiblesses, et qui sont capables de de les surmonter, ou pas. Le scénario mêle aussi, sans condescendance ni jugement l'univers du père, travailleur dans les travaux publics, et l'employeur pour la réinsertion, Jacques Dufilho, qui est libraire et mélomane. Ces univers s'articulent via le personnage de Patrick Dewaere. Dans son genre, un film parfait, qui ne laisse pas indifférent, qui noue l'estomac du spectateur.
Avec Un mauvais fils, Claude Sautet quitte son duo fétiche Michel Piccoli-Romy Schneider, et s’intéresse à l’histoire d’un jeune homme paumé, incarné avec brio par Dewaere. Bruno, trentenaire, arrive tout juste de New-York où il vient de purger une peine de cinq ans de prison pour trafic de drogue. Sa peine encourue, il retourne chez son père René (Yves Robert) dont il n’avait plus de nouvelles depuis longtemps. La scène de la rencontre est poignante d’intensité et résume parfaitement la situation en sachant que les deux acteurs sont d’excellents amis en dehors des plateaux de tournages. On ressent le désarroi d’un père surpris par ces retrouvailles inattendues et l’appel à l’aide d’un fils détruit par la vie et qui espère renouer les liens. On dirait que le rôle a été taillé sur mesure pour Dewaere, il apporte une émotion qui lui est propre et tente de retrouver le goût de vivre. Sautet fait une analyse très fine des rapports humains et familiaux. Sa rencontre avec Catherine (Brigitte Fossey), une libraire droguée avec qui il partage la difficile lutte contre l’addiction, marque un bouleversement dans sa vie, c’est un nouveau départ inespéré pour les deux. Avec Un mauvais fils, Sautet touche au cœur et gratifie son statut d’un des plus grands réalisateurs du cinéma français.
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4,0
Publiée le 23 octobre 2021
Les films de Claude Sautet sont toujours riches en réflexions introspectives qu'il s'agisse de la fragilité de l'existence de l'amour inconditionnel d'un homme envers une femme qui veut sortir d'une relation (César et Rosalie) ou des luttes quotidiennes pour s'en sortir dans des existences ordinaires (Vincent, François, Paul et les autres). Dans Un mauvais fils Patrick Dewaere est paradoxalement une bonne personne qui a pris de très mauvaises décisions mais qui veut maintenant s'amender et avoir une vie meilleure alors que son père est toujours en deuil de la mort de sa femme. Remarquablement alors qu'il est généralement cantonné dans des rôles de perdant Dewaere se rachète du statut de perdant pour devenir un bon fils un travailleur fiable et un soutien solide pour sa petite amie toxicomane. Il est vraiment dommage que nous ayons perdu cet acteur prodigieux trop tôt luttant lui-même contre la dépendance et la dépression...
J'ai vraiment trouvé le temps long devant ce film, c'est interminable, monotone et ça souffre d'un gros manque de rythme. Le beau Patrick Dewaere fait de son mieux, mais malgré son charisme indéniable, cela a été très difficile pour moi d'accrocher au film.
Drame intimiste de Claude Sautet sur un sujet fort et sensible. Patrick Dewaere est toujours aussi juste et fait face aux excellents Yves Robert et Jacques Dufilho alors de Brigitte Fossey, à l’image par son personnage, apparaît un peu fragilisée en comparaison à ce trio.
Très beau film, très touchant. On sent bien la complexité de la relation entre un père distant et son fils tentant de se réinsérer. Patrick Dewaere et Yves Robert sont très bons dans ces rôles. Le rythme est assez lent mais ça n'est en rien dérangeant.
Une œuvre sensible et émouvante, à l'image de tout le cinéma de Claude Sautet, et où Patrick Dewaere démontre toutes les finesses et les subtilités de son jeu, lui qui a souvent été réduit dans l'inconscient populaire aux rôles d'écorché vif "brut de décoffrage". Le face-à-face avec Yves Robert est d'une justesse de ton impeccable, les seconds rôles au diapason des premiers, et Sautet décortique sans fard le dialogue de sourds entre père et fils et les trentenaires, génération angoissée. Un film fin et incisif.
Mon Sautet préféré...Et c'est fou comme on y revient à ce film-là. Car il est rempli de tout une espèce de vibration bienveillante qui anime les personnages et en premier lieu, ceux joués par Patrick Dewaere et Yves Robert. "Un Mauvais fils" est l'entreprise la plus sensible de Sautet parce que la plus sobre, la plus réaliste...C'est sans doute pourquoi la puissance d'identification au personnage de Bruno est totale mais aussi au personnage de René, le père, à tous en fait...Dans le cinéma de Sautet, cette première incursion dans le monde ouvrier à une évidente valeur biographique, introspective. D'ou une mise en scène qui isole les acteurs en huis clos, rompant avec la logique de groupe des précédents Sautet. Ici, les champs contre champs à deux personnages sont tout plein rempli d'intensité et de retenue, le tout dans une lumière qui n'est ni froide ni chaude mais simplement approprié au regards, aux silences...Le rapport père/fils, qui est le moteur du film, passe admirablement dans ce filtre du conflit de génération mais aussi de la confrontation des points du vue familiaux et personnels. Il est aidé en cela par une écriture d'une justesse infinie et encore une fois par justement ce subtil sentiment de bienveillance qui fait que le film travaille la tête et le coeur encore bien longtemps après...Et puis les acteurs sont tous exceptionnels, Patrick Dewaere en tête, bien sur. C'est aussi un des plus beaux rôles de Brigitte Fossey. Un film indémodable et sensible, un des plus précieux du cinéma français.
ou plutôt: "Un mauvais Père" ..... J’aime la complexité psychologique, la relation Père- Fils, au centre du film. Le non-dit aussi important que les dialogues….. Le cinéma de Sautet reste très actuel et nous parle…. Le regard des jeunes sur le comportement des adultes…. La chaleur humaine, au coeur du cinéma de Claude Sautet. C’est un cinéma très sensible et plein d’humanité. typiquement français, dans le bon sens du terme…… 40 ans plus tard, on en redemande
… ou mauvais père ? Car si le fils a fait des bêtises et veut se ré-insérer, le père est loin d’être irréprochable. Une mise en scène efficace sur un scénario qui en fait peut-être un peu trop, prétexte à une analyse psychologique passionnante de personnages bien campés. Dewaere est à son top-niveau habituel et Dufilho étonnant en libraire homosexuel passionné d’opéra (remarquable scène d’écoute de la Bohême, tirade sur l’homosexualité…). Excellent.
Un film d'une autre époque qui dépeint le prolétariat d'une autre époque. Difficile d'accrocher à ce drame quand l'on n'a pas connu cette période. Les acteurs sont bons mais le film, très lent, ne m'a jamais vraiment aspiré dans les tourments de ses personnages. Un film qui parlera sans doute beaucoup plus aux générations précédentes à la mienne.
Bon jeu d'acteurs de Patrick Dewaere et Yves Robert qui sont excellent en père et fils. L'histoire se définit par leur rapport de force par rapport au décès de la femme et mère de Patrick Dewaere dans le film.
Au fond une scène pourrait résumer à elle seule ce qui me plaît dans ce film. Elle se trouve en son début. C'est ce moment où Bruno, le fils, retrouve René, le père, après près de six ans d'absence.
Une porte. Bruno y frappe. Celle-ci s'ouvre en laissant apparaître derrière elle le visage de René. On y lit soudainement un mélange d'émotions difficile à décrire. De la colère peut-être. De la surprise, c'est évident. Et puis peut-être aussi une part de joie, mais c'est plus difficile à cerner. En contrechamp le visage de Bruno est tout aussi complexe. L'homme est démuni comme nous le sommes. Alors il se décide à poser une question, toute simple. « Je peux ? » René hésite. Il ne dit pas un mot. Il finit par se décaler pour ouvrir le passage à son fils. Bruno rentre puis s'arrête, ne sachant où aller vraiment ni que faire. Il se retourne vers René qui, pendant ce temps là, refermait la porte. Les deux hommes se retrouvent alors face-à-face. Un instant de suspension et puis ils se prennent soudainement dans les bras l'un de l'autre.
Voilà. Pour moi, toute la justesse d'un « Mauvais fils » se trouve là. Au final seulement deux mots sont prononcés mais tellement de choses sont dites. Car - et c'est trop rare dans le cinéma français pour ne pas être souligné - « Un mauvais fils » est un film qui n'oublie pas que le cinéma est avant tout un art qui parle par l'image ; qui parle par les regards et les silences. Un art où le mot n'a pas besoin de proliférer pour porter.
Aussi dans « Un mauvais fils » on parle peu. Non pas que la parole soit rare, mais on se contente du strict nécessaire. Les phrases sont courtes. Les sous-entendus et les regards disent le reste. Pas besoin de longs discours pour voir le mal-être de Catherine ; pour comprendre les raisons de la sympathie de Dessart ; pour saisir les sentiments exacerbés qu'un père et son fils masquent derrière des épaisseurs de « cornes » pour reprendre les mots d'un des personnages.
Et dans ce jeu très délicat, la réalisation de Claude Sautet saisit par sa sobriété. Pas de tape-a-l'oeil ni de m'as-tu-vu. Juste ce qu'il faut au service du dire er du vu. Ainsi le cadre se mouvoit-il avec la plus grande des discrétions mais toujours à la recherche de ces regards et de ces visages qui parlent tant. Ici c'est le regard curieux et presque surpris d'un Bruno à l'égard d'un Dussart si sensible à tout : à l'humain, à la vibration, aux moments. Là c'est une énième retrouvaille entre un père et son fils durant laquelle le fils reste l'essentiel du temps en hors-champ, focalisant l'attention ce père toujours aussi ému mais toujours aussi bourru.
Rien n'est superflu mais rien n'est laissé au hasard non plus. C'est juste une recherche de l'épure qui entend s'appuyer sur l'essentiel. Et ici l'essentiel ce sont les acteurs, remarquables dans leurs non-dits, dans leur sous-entendus ; dans leur capacité à dire autant, si vite et avec si peu. Forcément le tandem Patrick Dewaere / Yves Robert est celui qui rayonne avec le plus d'évidence, mais que dire de seconds rôles aussi riches que ceux ici offerts par Jacques Dufilho ou bien encore Claire Maurier (Brigitte Fossey m'apparaissant légèrement un ton en-dessous). D'ailleurs Claude Sautet se dispense de musique et autres effets de montage. L'épure jusqu'au bout. L'épure au service des sens. Et quand je parle des sens je parle ici de ceux du spectateur que ce film s'efforce d'exacerber.
Car c'est bien de cela dont il s'agit dans « Un mauvais fils ». Il s'agit de sentir les gênes qui apparaissent sitôt on perçoit un mensonge pudique ou un silence honteux. Il s'agit de sentir les coeurs s'ouvrir et se soulager sitôt un geste doux dissout une tension intérieure. Il s'agit enfin de sentir - toujours - ces mêmes coeurs qui volent soudainement en éclat alors que d'apparence rien n'a l'air de s'être passé.
Er c'est cela, moi, que j'ai particulièrement aimé dans ce « Mauvais fils ». Ce n'est pas cette histoire au fond banale. Ce n'est pas ce dénouement qui finalement ne dénoue rien. Non, c'est simplement ce geste ; cette justesse à avoir su saisir une délicatesse dans l'humain ; une beauté souvent invisible et pourtant présente presque partout.
Au fond c'est ça la définition même de l'art. Ce talent à transmettre dans l'oeuvre quelque-chose qui dépasse sa simple fonction. Cette lucidité à savoir peindre l'évidence d'un trait là où d'autres ne font que l'esquisser en s'agitant vainement.
Car ce que parvient à nous montrer si habilement ce « Mauvais fils », c'est que le peu est le plus bel ami du bien et que le sobre est le plus sûr chemin vers le juste.