Le cinéaste a choisi un personnage terrible et monstrueux et il en a fait un film incroyable. Quelle interprétation pour les deux acteurs...... Une reconstitution exemplaire et un film fort.
Un grand Tavernier si ce n'est son chef d’œuvre porté par 2 monstres sacrés du cinéma français au plus fort de leur talent. Galabru s'offre l'un de ses meilleurs rôles dans une France d'autrefois où les cheminots comme on appelait ces vagabonds étaient aussi fréquents que des auto-stoppeurs. Le duel entre les 2 hommes aux antipodes sociales, les jeux de manipulation pour atteindre la psychologie du tueur, obtenir sa confiance et ses aveux... tout est présenté avec brio et excellence en pleine tempête médiatique de l'affaire Dreyfus.
Film reposant presque exclusivement sur les performances de ses acteurs (façon polie de dire que le reste est moyen), ce film complexe nous trace le portrait de 2 hommes, des portraits là aussi très complexes. B. Tavernier s'attache à nous décrire ces 2 hommes que tout oppose et qui vont nouer des liens très... complexes en fait. P. Noiret est au summum de son art, M. Galabru est magnifique et J-C Brialy tire vraiment son épingle du jeu. Film militant, le message qu'il diffuse est sans ambiguïté sur un sujet difficile mais il marque son territoire et soulève quelques questions intéressantes. Très long (voire ennuyeux), le scénario très bien dialogué est parfois agaçant et la fin apparaît sans aucun rapport avec le reste et arrive comme un cheveu sur la soupe, même si le message final, très fort, interpelle. Mais il est mal amené et on se demande si B. Tavernier ne se serait pas gourer de sujet. D'autres critiques sur
QUE LA FETE COMMENCE. A l'assassin! au meurtrier! justice, juste ciel! le juge est l'assassin. Directs du droit pour l'anarchiste accordéoniste de dieu. Un délit d'opinion pour un ordre cynique et une morale publique. Galabru le conquérant pour finir la tête dans le panier.
Adaptation cinématographique de l'histoire de Joseph Vacher, "Le juge et l'assassin" laissera les férus d'Histoire sur leur faim. Le contexte religieux, avec la question de l'école, est bien rendu. De même d'ailleurs que le contexte politique, avec l'Affaire Dreyfus et l'effervescence socialiste. En revanche, les arcanes du système policier et judiciaire français restent désespérément obscurs. Paradoxales pour un film ayant un tel titre. On voit juste les gendarmes vadrouiller dans la montagne et notre petit juge s'agiter sans son coin. Le problème des juridictions judiciaires qui empêche de suivre des criminels itinérants, rien à faire. Seconde faiblesse historique, de moindre envergure, le débat des criminologues de l'époque sur la responsabilité de l'assassin. Naît-on ainsi (hypothèse de Cesare Lombroso) ou le devient-on à cause de la société (hypothèse de Lacassagne). Au lieu de cela, on nous sert un pseudo-débat sur la folie et la criminalité. De même, la phrénologie est évoquée en coup de vent à la faveur d'un : "après dissection les médecins s'accordent à dire qu'il était fou". Quatre secondes c'est vraiment top généreux, merci les mecs. Sur la forme du film à présent, le bilan n'est pas non plus fameux. A part la partie centrale, qui voit le duel juge-assassin prendre une tournure intéressante, le reste du film n'a rien de passionnant. Trop de parlotte, mais pas grand chose à se mettre sous la dent. La cerise sur la gâteau, c'est quand même les dernières secondes du film. Bertrand Tavernier ne trouve rien de mieux que d'afficher un texte du genre "ouais, ok, il a tué une dizaine de personnes, mais pendant ce temps là des milliers de gens crevaient dans les mines !". Putain mais c'est quoi cet amalgame de mauvais goût ? J'avoue que ce passage à assassiné le plaisir que j'avais pu ressentir en regardant le film.
Bon film, bonne histoire, excellents acteurs et belle prestation de Michel Galabru. Jolis décors, belle image. Malheureusement ça traine et peu et y'a un trop grand débit de paroles à mon goût.
En 1893 le juge Rousseau tente de prouver la culpabilité de Joseph Bouvier, tueur en série de bergers et bergères... Tavernier au sommet de son art orchestre un passionnant face à face avec en toile de fond la vision critique d'une époque. Le film doit beaucoup à la rencontre de deux acteurs d'exception : Philipe Noiret et Michel Galabru qui trouvait là son meilleur rôle et décrochait un César d'interprétation en 1977. Une œuvre majeure pour le cinéma français c'est certain
Allez, je craque et je mets trois étoiles ( après avoir longtemps hésité pour n'en mettre que deux ). Bertrand Tavernier n'a pas son pareil ( du moins dans le cinéma français des années 1970 ) pour diriger aussi bien ses acteurs. Michel Galabru est magnifique et les qualificatifs ne manquent pas pour exprimer le caractère de son personnage: bourru, maladroit, mélancolique, attachant... mais en aucun cas antipathique. En revanche, le personnage du juge Rousseau ( joué par Noiret ) n'inspire guère la sympathie, et il en devient presque détestable ( c'est pourquoi j'ai des réserves sur le film de Tavernier ): son acharnement à vouloir pousser Bouvier ( qui est probablement fou, et donc irresponsable ) vers la guillotine le rend d'autant plus excécrable. Mon propos se doit cependant d'être nuancé : en effet, le magistrat apparaît aussi comme un être humain dans les scènes où il parle à sa mère ( notamment la scène finale ). Mis à part cela, les décors ardéchois sont somptueux, la musique de Philippe Sarde est bouleversante ( les chansons promettent des instants de pure grâce ) et le scénario d'Aurenche et de Tavernier est intéressant ( malgré quelques longueurs ). Le Juge et l'Assassin permit à Galabru de travailler son potentiel d'acteur dramatique jusqu'alors inexploité ( l'acteur était alors abonné aux seconds rôles inintéressants : la série des Gendarmes, etc...). Un très beau film au final, mais je persiste à dire que le personnage de Noiret n'enjolive pas l'ensemble.
L'histoire ne m'a pas séduite, certains moments m'ont paru même un peu grotesque ! L'interprétation de Philippe Noiret est comme toujours excellente et celle de Galabru nous prouve largement qu'il vaut bien mieux que de jouer dans le gendarme et les gendarmettes !!! Les prises de vue du film sont très belles, mais ce film ne risque pas de rester gravé bien longtemps dans ma mémoire...
J’ai trouvé cet opus de Bertrand Tavernier très réussi. Tiré d’une histoire vraie (« l’éventreur du sud-est » fin 19ème siècle), on est habilement plongé dans la France d’alors, et grâce à une composition magistrale de Michel Galabru et de Philippe Noiret, le jeu du chat et de la souris nous emporte sans peine. Bel hommage de FranceTv à ce réalisateur talentueux.
Un film qui vaut surtout pour l'opposition entre deux très grand acteurs : Philippe Noiret qui incarne le juge face à Michel Galabru qui incarne l'assassin. Noiret est excellent dans le rôle du juge qui cherche à faire craquer l'assassin par tous les moyens. Face à lui Michel Galabru est exceptionnel, prouvant si besoin qu'il est un très grand acteur et pas seulement un acteur comique. La reconstitution historique est soignée et les seconds rôles sont aussi très bons (Brialy en procureur très chic ou encore la jeune Isabelle Huppert). Un film indémodable.
Le Juge et l’assassin est surtout connu aujourd’hui pour avoir révélé le talent dramatique de Michel Galabru (pourtant déjà grand comédien de théâtre issu de la Comédie française). En effet, son rôle de meurtrier déséquilibré lui permit d’obtenir le César du meilleur acteur en 1977, faisant ainsi oublier les rôles comiques qui lui avaient apporté le succès (la série du Gendarme). Si au vu de la prestation de Galabru, on peut trouver cette récompense méritée, on peut aussi la juger injuste envers le reste de la distribution. En effet, tous les comédiens, des plus gros rôles (Philippe Noiret, Isabelle Huppert, Jean-Claude Brialy…) aux plus petits (Gérard Jugnot qui la même année se trouve à l’affiche, toujours dans de courtes apparitions, de films comme Le Locataire de Roman Polanski ou Monsieur Klein de Joseph Losey), sont d’une justesse telle qu’elle ne peut être due qu’à la présence d’un grand directeur d’acteurs. Bertrand Tavernier réussit ainsi à rendre extrêmement crédible sa retranscription d’une France de la fin du XIXème siècle coupée en deux (avec, d’un côté, une France maurassienne et antisémite et, de l’autre, les mouvements anarchistes, influencés par Ravachol, et socialistes). Cette période très politisée est symbolisée par l’affrontement entre les défenseurs d’Alfred Dreyfus et les antidreyfusards, ce qui explique les nombreuses références à Émile Zola et l’affaire. Le Juge et l’assassin constitue donc une excellente reconstitution de cette époque trouble servie par de grandes prestations d’acteurs. Tavernier privilégie ces aspects et choisit donc une mise en scène extrêmement classique (choisir au scénario Jean Aurenche et Pierre Bost, symbole du cinéma de Qualité française tant décriée par François Truffaut et la Nouvelle Vague, est une revendication claire de cette forme de cinéma). Ainsi, si les amateurs d’œuvres cinématographiques où la forme est mise en avant pourront regretter ce manque d’audace visuelle, la qualité de l’interprétation, le travail de reconstitution (n’oublions pas que, même si les noms ont été changés, le film s’inspire d’une histoire vraie) et la beauté de la photographie permettront au Juge et l’assassin d’intéresser une grande partie du public adepte de cinéma français classique.
Tavernier réussit l'exploit de traiter d'un sujet de serial killer sans qu'il nous donne à voir des scènes de violence. Pourtant, le dénommé Vacher ou Bouvier dans le film, a commis des meurtres horribles avec des mutilations sexuelles. Seulement, ce qui intéresse le réalisateur, c'est la personnalité de l'assassin et son histoire. Puis sa rencontre avec le juge Rousseau et la relation de confiance qui s'établit entre les deux. Ce juge, très habilement va l'amener à avouer ses crimes pour le faire condamner. Galabru campe le personnage principal, homme complexe à la fois brutal et poète, anarchiste qui a une grande dévotion envers la Vierge Marie. Noiret dans son personnage d'homme ambitieux et perspicace a un beau rôle qui lui va comme un gant. Excellent film d'un grand réalisateur français.
Un grand film devenu un classique avec un Michel Galabru époustouflant dans le rôle du tueur en série Bouvier, illuminé, qui defraya les chroniques dans la France de la fin du XIX ème siècle. Philippe Noiret joue en face magistralement le rôle du juge. Tavernier signe là l'un de ses plus grands films.