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NomdeZeus
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3,5
Publiée le 3 décembre 2014
Manon est une adaptation du célèbre roman de l'Abbé Prévost, Manon Lescaut, dont les évènements sont transposés à la fin de la seconde guerre mondiale. Le réalisateur en profite pour régler ses comptes avec tous ceux qui lui avaient interdit de travailler à la libération en donnant une image très sombre de la France de l'après guerre. Ici, point de héros vaillants ni de grandeur d'âme, juste des individus prêt à toutes les combines pour sortir de la misère. Aujourd'hui cela semble peut être anodin, mais dans le climat de l'époque c'était assez risqué. L'histoire de ces amants maudits s'avère extrêmement sombre et pessimiste et l'ensemble a plutôt bien résisté au passage du temps.
Clouzot transpose le drame de l'abbé Prévost dans l'immédiate après-guerre. L'histoire d'amour entre Manon Lescaut et Robert Desgrieux se décline pour partie sous la forme d'un long flashback et débute à la Libération sur fond de village normand en ruine. Le FFI sauve Manon, jeune femme sensuelle et mutine menacée par de petits suppôts de l'Epuration. La suite, c'est une passion sulfureuse et impossible entre un jeune homme intègre et sa maîtresse capricieuse aimant les plaisirs et l'argent. Le décor moderne qu'applique Clouzot à ce classique littéraire n'est pas pour autant de nature à transcender son intrigue d'essence romantique et plutôt conventionnelle. Toutefois, la mise en scène de Clouzot ne laisse pas indifférent. Soit qu'elle parait excessive ou démonstrative, soit que, par fulgurances, on y retrouve la brutalité et la noirceur du cinéaste caractérisant sa vision de l'humanité. A cet égard, le procédé inattendu et allégorique consistant à associer la destinée du couple,spoiler: tentant de rejoindre, à travers le désert, une illusoire Terre Promise, à celle du peuple juif gagnant dans la douleur la Palestine, nous fait balancer, dans la dernière partie du film, entre une impression de grotesque et de tragique insolite. Enfin, on jugera que dans le rôle-titre, Cécile Aubry compense ses insuffisances dans le jeu par son physique atypique de femme-enfant qui se révèle un choix judicieux de Clouzot.
Lion d’or à Venise et vaguement inspiré par Manon Lescaut, un opus très romanesque autour de la femme fatale incarnée par Cécile Aubry « Tu sentiras toujours l’homme... » Depuis la Libération jusqu’à l’exode vers la Terre Promise, un mélo appuyé aux portraits psychologiques improbables, avec de bonnes scènes comme celles de la mère-maquerelle ou du train bondé d’après-guerre, mais on est loin du niveau du Salaire de la Peur.
Brillante adaptation du roman, la réalisation est parfaite et particulièrement bien servie par le jeu des acteurs, notamment Cécile Aubry. Le scénario est d'une grande noirceur, il se termine par une longue séquence surréaliste pour un final marquant !
Malgré une histoire intéressante et un scénario bien construit, je trouve ce film moyen car le couple principal (les personnages) sont pas terribles. Manon est antipathique et Robert énervant (seul personnage qui est bien celui joué par Reggiani). Le début de l'histoire d'amour ont n'y croit pas une seconde, enfin certaines séquences sont inspirées et bien réalisées surtout la fin avec les scènes dans le désert ou les personnages deviennent enfin attachant.
Clouzot est plus à l’aise dans le thriller que dans le mélo. Pourtant, grâce à une mise en scène impeccable, une talentueuse direction d’acteurs (bons mais sans plus) et des dialogues enlevés, cette revisite moderne de l’histoire des personnages de l’Abbé Prévost tient fort bien la route. On oublie la naissance peu crédible de l’amour des deux tourtereaux, on passe sur le caractère plus que pénible de l’héroïne et sur ce qu’elle fait endurer au pathétique Robert… On se laisse, comme eux, embarquer…
Sur un bateau, des juifs et rescapés du génocide immigrent vers l’Israël alors sous mandat britannique. Mais deux passagers clandestins sont menacés d’être livrés à la police d’Alexandrie à leur arrivée. Ceux-ci décident de raconter leur histoire. Un long flash-back démarre en 1944 dans une petite ville normande ravagée par les combats où le jeune couple doit fuir vers Paris pour vivre leur liaison mais qui se perdent dans un chao clandestin. Avouons-le, Henri-Georges Clouzot nous a habitué à des films plus subtiles. En voulant transposer un roman de l’Abbé Prévost à son époque, le cinéaste aurait pu faire un choix plus malin quant au casting. Déjà que certaines séquences tombent trop vite dans le cliché du bien ou du mal, ses comédiens frôlent très souvent le ridicule par leur prestation mineure. Ces deux défauts empêchent sérieusement de ressentir de l’empathie pour ces deux âmes perdues, pourtant l’objet principal de ce mélodrame. D'autres critiques sur notre page Facebook : Cinéphiles 44 et notre site cinephiles44.com
Je ne connaissais que les versions opéra de Massenet et Puccini. Le côté humain de ce film est noir et tragique dans chaque période amoureuse. Par humain je veux dire que les sentiments ne sont pas toujours raisonnables. Ici la passion prime sur la raison mais la fin est toujours la même. La tragédie…..
Henri-Georges Clouzot imagine Manon Lescaut à l'après-guerre. N'ayant pas lu le livre, je ne sais pas à quel point fonctionne la modernisation, mais je sais que c'est diablement réalisé ! De la première partie du film saisissant le chaos de l'après-guerre àspoiler: un final tendant vers une abstraction le rapprochant du cinéma muet , Manon captive rien que par son image.
Ce film en noir et blanc romantique, dramatique mais surtout tragique est assez inintéressant à regarder, les effets mélodramatiques sont juste vieux bien que l'on puisse croire que c'est assez sophistiqué du moins pour l'époque.
Libre adaptation de Manon Lescaut dans la France de la Libération, Manon raconte une histoire improbable entre un jeune homme naïf et une jeune femme arriviste. La première partie s'enlise dans les magouilles de l'après guerre mais le film décolle enfin dans le désert. Les dernières minutes sont superbes.
La transposition de "Manon Lescaut" dans l'après-guerre est plutôt intéressant, la tragédie inhérente notamment à l'épuration impose à la fois une empathie pour la jeune Manon mais aussi le soupçon d'un passé indigne. Pourtant ce début s'avère un peu trop expédié avec entre autre un coup de foudre express totalement improbable symptomatique du film et de maladresses très rares chez Clouzot habituellement. Ainsi on aime sa mise en scène, ses fulgurances, sa dualité ange/enfer magnifiquement incarnée par une Manon/Aubry en femme-enfant pouvant être aussi angélique que vénéneuse puis une symbolique religieuse superbement filmée comme les statues témoins des premiers ébats ou moins subtiles avec cette fin exotique et en filigrane le chemin de croix vers la Terre Promise. Quelques séquences déçoivent aussi, la plus étonnante reste quand Manon/Aubry apprend la mort de son frère, elle réagit si froidement que ça en est étonnant, voir perturbant car cela brise complètement le côté ange de Manon, serait-elle donc simplement un poison de femme ?! Clouzot n'est donc pas à son meilleur, mais ça reste un mélo intéressant, bancal assurément mais les qualités indéniables compensent suffisamment pour passer un bon moment. Site : Selenie
Transposition audacieuse dans l’après-guerre du roman de l’abbé Prévost mettrait en scène l’itinéraire tragique d’un couple maudit entraîné dans la spirale de la déchéance. 3,25
Un film intense, intéressant qui reprend le thème du livre « Manon Lescaut » , mais transposé dans la France de 1944/45, sortant tout juste de l’occupation. Un prologue et une conclusion nous montre l’exode de juifs , rescapés de la Shoah. Le prologue nous les présente à l’embarquement d’un bateau de contrebande à Marseille, où le groupe paie des passeurs pour les emmener en Palestine , terre promise, pour fuir les persécutions. Beaucoup de douleurs et de souffrance. L’épilogue se passera à l’arrivée en Palestine, où ces mêmes réfugiés doivent traverser un désert très hostile pour arriver en terre promise. Mais bien sûr les héros principaux sont Manon Lescaut et son fiancé qui ont fuit Paris, tout juste libérée, après avoir commis un meurtre .Manon est une fille assez vénale qui veut saisir toues les occasions pour s’en sortir, y compris en utilisant ses charmes. Une bonne description de la vie politique de l’époque, la résistance, la collaboration, les trafics en tout genre , car la famille de Manon fait partie de ce milieu un peu mafieux , petits truands , alors que Michel Auclair est un fils de bonne famille qui se plie aux caprices de Manon même si cela les conduira au drame . Une réalisation sobre, exigeante, néo- expressionniste, une image noir et blanc superbe et très soignée. Les acteurs sont bons, même si il y a parfois un peu de surjeu, trop théâtralisé. Belle performance de Cécile Aubry pour son premier rôle, elle qui deviendra effectivement une star, entre autre, auteure du cultissime feuilleton « Belle et Sébastien » Le final dans le désert égyptien, pendant cette traversée impossible est un peu longue, même si le final avec les héros couchés et enfouis dans le sable du désert est assez fort, presque surréaliste . Un bon film de Clouzot, qui déjà questionne la morale classique, et essaye de se placer hors du cadre, même si ce n’est pas un de ses chefs- d’œuvre.
Vénalité, cupidité et lâcheté c'est pas beau à voir surtout le personnage de Manon mais cela reflete également une certaine réalité d'après guerre. Pas le meilleur de Clouzot mais c'est à voir.