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3,5
Publiée le 20 novembre 2016
"Marie-Octobre" commence sur un ton léger qui fait penser à du Audiard, puis au bout d'un quart d'heure, la révélation survient: l'un des dix personnages, anciens membres de la Résistance, est celui qui les a dénoncés, provoquant la mort du chef du réseau quinze ans auparavant. Chacun devient donc un suspect potentiel aux yeux d'autrui: l'enfer, c'est les autres dans ce huis clos qui respecte avec une belle rigueur la règle des trois unités, ne cédant à aucun flash-back explicatif et faisant d'un salon élégant le théâtre d'un procès où chacun se fait tour à tour juré, juge, témoin et accusé. Des questions se posent (que faire du traître une fois identifié ? L'exécuter ? L'obliger au suicide ? Ou bien y'a-t-il prescription après quinze ans ?) et la tension monte, soutenue par d'impeccable dialogues (signés Henri Jeanson) prononcés par des acteurs aussi brillants que complémentaires, du flegmatique Paul Meurisse au bouillonnant Lino Ventura en passant par l'inimitable Bernard Blier. Sans passage à vide, le film tient son suspense jusqu'au bout et reste un bel exemple du savoir-faire de Duvivier, même si l'on regrette quelque peu de ne pas y trouver l'audace et la férocité de ses meilleurs films, comme le puissant "Panique".
Julien Duvivier interroge l’ambivalence des comportements humains en période troublée. Il réunit à l’écran un casting prestigieux pour donner vie à un scénario imparable et intelligemment construit qui ménage un suspense sans faille jusqu’à un final surprenant. A travers un schéma narratif respectant une triple unité (temps, lieu et action) et sur des dialogues d’Henri Jeanson, le cinéaste propose un cluedo en huis clos, vaste jeu de rôle(s) durant lequel le protagoniste principal change sans cesse. Marie-Octobre est à redécouvrir dans sa version superbement restaurée disponible en DVD et Blu-ray. Plus de détails sur notre blog ciné :
Quel casting ! J'espère que je ne serais pas déçu...C'est si bien interprété qu'on en oublie que ce sont des acteurs qui jouent un scénario déjà écrit. Une intrigue classique mais toujours efficace, la recherche du traitre parmi des amis... intrigue qui fait ressortir le caractère de chaque personnage, ses fonctions dans la vie, ses fonctions publiques, en exagèrent les traits... Tour à tour on suspecte l'un ou l'autre sans être vraiment fixé. Il paraît que Duvivier a "poussé le bouchon" si loin que même les protagonistes ont découvert lors du tournage de la scène finale, le nom de celui qui incarne le traître. Je croyais avoir vu le meilleur huis clos avec Garde à vue, je me trompais !!!
Je n'aime pas ce genre de film, car il essaye de dire que tous ceux qui sont des traitres sont des pourris, sans pour autant avoir du recul. Je ne suis pas preneur de ce genre de morale.
Les acteurs sont tous bons, la réalisation est impeccable, mais que ce huis clos est laborieux et convenu. De plus le rôle de Darrieux est très réduit, ce qui n'est guère pardonnable!
Julien Duvivier réalisateur prolifique ayant à son actif plus de 70 longs métrages entre 1919 et 1967 est un des plus grands réalisateurs du cinéma français même si à tort il ne jouit pas de la même aura auprès de la critique que d’autres de sa génération comme Jean Renoir, Marcel Carné, Henri-Georges Clouzot, ou Jacques Becker. Parmi ses films les plus remarquables figurent : « Poil de carotte » (version muette de 1925 puis film parlant de 1932), « La Bandera » (1935), Pépé le Moko » (1937), « La fin du jour » (1938), « Panique » (1946), « Marianne de ma jeunesse » (1955), « Voici le temps des assassins » (1956) et « Marie-Octobre » tourné en 1959 au crépuscule de la carrière de Julien Duvivier qui s’achèvera tragiquement au volant de sa voiture alors qu’il s’attelait à la production de « Diaboliquement votre » son dernier film avec Alain Delon. Inspiré d’un roman de Jacques Robert paru en 1948, le film traite du sujet très sensible des dessous moins glorieux de la Résistance dont on parle à demi-mots depuis que la mort de l’ancien préfet Jean Moulin consécutivement à la trahison d’un membre de son groupe est évoquée comme possible. « Marie-Octobre » comme le roman se veut être un suspense aussi haletant qu’étouffant, orchestré autour d’un « whodunit » se déroulant à huis clos. Duvivier sans aucun doute impressionné par la maestria dont a fait preuve Sidney Lumet pour son premier film « Douze hommes en colère » réunit douze ans après la Libération dix anciens membres d’un groupe de résistants au prétexte de retrouvailles amicales et festives. Une réunion d’anciens camarades qui après les palabres d’usage en telle circonstance, consistant à prendre des nouvelles de chacun révèle par l’intermédiaire de Marie-Octobre (Danielle Darrieux) la seule femme du groupe le véritable objet de cette rencontre inattendue. Quand est évoqué la certitude acquise que le chef du groupe assassiné par la Gestapo en 1944 a été dénoncé par un des dix membres présents, la stupéfaction suivie du déni laisse vite la place aux hostilités qui révèlent, les hommes étant ce qu’ils sont, que derrière les amabilités de façade se cachent des rancœurs et des jalousies qui ne demandaient qu’à percer au grand jour. Ayant réuni comme Lumet un casting de premier choix composé d’acteurs chevronnés que Duvivier connait bien (Bernard Blier, Danielle Darrieux, Paul Meurisse, Lino Ventura, Robert Dalban, Noël Roquevert, Daniel Ivernel, Paul Frankeur, Serge Reggiani et le moins expérimenté Paul Guers), le réalisateur sait que chacun sera en mesure de donner le meilleur au sein d’une intrigue imparable sans pour autant tenter de tirer la couverture à soi. Pour parvenir à ses fins d’un film complètement abouti, Duvivier a choisi d’effectuer les prises dans l’ordre exact du scénario afin de préserver l’énergie du jeu et surtout l’unité de ton. La mécanique est en effet parfaitement huilée, chacun des protagonistes dévoilant progressivement ses failles et petits renoncements à la probité, alimentant pour le plus grand plaisir du spectateur les fausses pistes. Julien Duvivier pour son dernier grand film frappe juste rappelant que les hommes sont toujours faillibles, les héros parfaits étant le plus souvent fantasmés voyant leur légende gonfler avec le temps, devenant pour certains intouchables avant que parfois le temps une nouvelle fois révèle l’envers du décor. L’unité de lieu requise pour l’occasion est parfaitement gérée par le réalisateur aidé de son chef opérateur Robert Lefevre et de son chef de plateau Roger Corbeau. Du cinéma certes de facture très classique mais bougrement efficace car porté par des acteurs se renvoyant la balle avec allégresse pour faire vivre une intrigue parfaitement charpentée.
Excellent film signé par J. Duvivier, plus connu auprès du grand public pour ses comédies populaires, mais qui s'attaque ici à un sujet encore douloureux et prégnant dans la société d'après-guerre. Bon, il faut déjà souligner l'excellence du casting, réunion de certains des plus gros talents de l'histoire du cinéma français, ce qui permet au texte d'H. Jeanson de prendre toute son ampleur. Les répliques claquent, les dialogues, pourtant compliqués, sont dits avec une diction et un rythme délicieux, l'interprétation est parfaite de bout en bout tandis que l'intrigue centrale arrive à multiplier les rebondissements tout en gardant une certaine cohérence. Quant à la mise en scène, c'est à aussi du très haut niveau, Duvivier ayant pensé son découpage en amont, répétant ses scènes avec des maquettes et des poupées afin de choisir les meilleurs axes, angles et cadres possibles. Un huis-clos jamais pénible à suivre, passionnant sur le fond parfois, qui fait beaucoup de bons choix, et qui se révèle assez intense. Très grand film. D'autres critiques sur thisismymovies.over-blog.com
Quinze ans après la Libération, un réseau de la résistance se réunit dans le but de démasquer le traître qui les a balancés. Un huis-clos Hitchcockien magistral à l'intrigue haletante, porté par de très grands numéros d'acteurs. Alors le coupable, c'est...
Dans la veine "whodunit" à l'ancienne, ce film français, au casting exceptionnel, réalise la prouesse de captiver son spectateur de bout en bout sans une seule scène d'action. La mise en scène brillante et le noir et blanc impeccable sont de réels atouts et le scénario de qualité est intelligemment traité, allant de rebondissement en rebondissement. Une excellente surprise.
Un huis clos extrêmement bien mené qui éclaire tour à tour chaque protagoniste, entraînant sans les multiplier à outrance les fausses pistes tout en offrant à chacun un nuancier de qualités. Malgré une musique parfois trop dramatique, la mise en scène manifeste la précision du réalisateur qui instille humour, causticité et tension, aidé en cela par des acteurs qui se plaisent à jouer leurs rôles. Divertissant tout en interrogeant évidemment le rapport à la justice ou à la vengeance.
Quand un réalisateur s'attaque à un huis-clos, le résultat peut être un film passionnant s'il réussit son coup. C'est le cas ici. Les anciens membres d'un réseau de résistance se retrouvent 15 ans après. L'enjeu : démasquer la balance qui a donné aux Allemands le réseau, entraînant la mort de leur chef ainsi que la liquidation du réseau. C'est l'occasion d'un déballage progressif du passé, rendu difficile par la tension qui règne, en raison de la présence d'un traître au sein du groupe. Les souvenirs, les rancœurs, les mesquineries, tout vient autant éclaircir que brouiller la recherche du coupable. Les mots ou gestes qui semblaient autrefois anodins deviennent suspects. L'intrigue est bien ficelée, permettant aux acteurs de briller à tour de rôle. Certains sont très à l'aise, tels Bernard Blier, Noël Roquevert ou Lino Ventura. Hélas d'autres surjouent, à l'instar de Paul Frankeur. Plus embêtant, je n'ai pas trouvé Danielle Darrieux très convaincante ni d'ailleurs Serge Reggiani. La mise en scène est impeccable et appuie les duels oratoires ainsi que le sentiment d'oppression que ressentent tour à tour les personnages quand ils se retrouvent au centre des regards, suspectés par tous les autres, unis telle une meute. Le film a un peu vieilli mais reste une vraie réussite.
Un très bon film pas assez connu. Il faut dire qu'il sort en 1958 l'année de l'explosion de la nouvelle vague; Tout le cinéma français prend un coup de vieux d'un seul coup, et les grands réalisateurs des années 30 on du mal à "survivre" . Pourtant c'est un film absolument remarquable , tant par le style que le fonds. La mise en scène est très soignée, très stylisée, classique certes, mais élégante. Des plans surper cadrés avec des Zooms et des arrières plan très originaux. Des acteurs impeccables , Ventura , Blier et surtout Paul Meurisse , fantastique , un très grand , un peu oublié aujourd'hui. Bien sûr Danielle Darrieux , d'une grande beauté , intransigeante, manipulatrice et romantique à la fois.Et la thématique est complètement d'actualité. Faut -il faire ressurgir le passé? Est-ce qu'il peut y avoir prescption pour les crimes contre l'humanité? Ou commence le pardon ? . Est-ce que la vengeance est un plat qui peut se manger froid . L'idée de ce réseau de résistant qui traque un traître , nous rappelle l'affaire Jean Moulin , ou le procès Barbie. Et Duvivier très intelligement ne tranche pas sur le fonds . Toutes les thèses sont expliquées , par chacun des intervenants. Toutes les visions et interprétations sont "acceptables". Et le final assez srupernant , déroutant , permet de sauver la face et de ne pas prendre position.Un régal de cinéma à "l'ancienne " mais proche de la perfection.
Un huis-clos en N&B signé Julien Duvivier, servi par d'excellents acteurs ( de Paul Meurisse à Danielle Darrieux en passant pas Lino Ventura et Serge Regianni). Quinze ans après la fin de la guerre, Marie-Octobre, après avoir appris par un ancien officier de l'armée allemande que leur réseau avait été donné, réunit les anciens membres d'un groupe de résistants dont le chef est mort assassiné,... et elle a la preuve que le donneur est parmi eux....tour à tour le soupçon va peser sur chacun, y compris Marie-Octobre, des révélations vont se faire, les vraies personnalités vont se dévoiler.... Le suspens est bien présent, le jeu de sacteurs est excellent, mais, et c'est là que j'ai été gêné, au total ce film ressemble plus à une pièce de théâtre filmée qu'à du cinéma
Un huis-clos policier prenant avec une très belle brochette d'acteurs : Marie-Octobre est une sorte de Cluedo qui se déroule durant une seule et unique soirée, et qui repose sur des révélations savamment distillées pour suspecter tour à tour les 10 personnages présents. Dommage que le film ne cherche pas à utiliser davantage le lieu dans lequel l'action prend place, mais en l'état, on peut tout de même se réjouir des dialogues ciselés et du suspense indéniable qui augmente au fil des minutes. Je n'ai pu m'empêcher de penser au chef d'oeuvre de Sidney Lumet, 12 Angry Men, sorti peu avant, et qui a sans doute influencé les mécaniques efficaces du film, sans pour autant atteindre les mêmes sommets.
Que de grande gueule du cinéma français; Blier, Reggiani, ventura, Darrieux, Meurisse, Dalban, Roquevert et bien d'autres, dans un huit clos sur le soupçons d'un des malfrats de la soirée sur le vole de trois millions de francs et un crime. De bon dialogues, un scénario intéressant, de l'humour délicieux, une réalisation simple sans fioritures, de long plans séquences, des plans d'ensembles et inventif qui peut faire la transition avec un match de boxe qui traverse la télé et le salon luxueux. Une enquête minicieuse sur le coupable parmi les suspectw qu'on ne connaîtra qu'à la fin.