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Un visiteur
3,5
Publiée le 22 mars 2020
Un huis-clos policier prenant avec une très belle brochette d'acteurs : Marie-Octobre est une sorte de Cluedo qui se déroule durant une seule et unique soirée, et qui repose sur des révélations savamment distillées pour suspecter tour à tour les 10 personnages présents. Dommage que le film ne cherche pas à utiliser davantage le lieu dans lequel l'action prend place, mais en l'état, on peut tout de même se réjouir des dialogues ciselés et du suspense indéniable qui augmente au fil des minutes. Je n'ai pu m'empêcher de penser au chef d'oeuvre de Sidney Lumet, 12 Angry Men, sorti peu avant, et qui a sans doute influencé les mécaniques efficaces du film, sans pour autant atteindre les mêmes sommets.
Un huis clos extrêmement bien mené qui éclaire tour à tour chaque protagoniste, entraînant sans les multiplier à outrance les fausses pistes tout en offrant à chacun un nuancier de qualités. Malgré une musique parfois trop dramatique, la mise en scène manifeste la précision du réalisateur qui instille humour, causticité et tension, aidé en cela par des acteurs qui se plaisent à jouer leurs rôles. Divertissant tout en interrogeant évidemment le rapport à la justice ou à la vengeance.
Quel casting ! J'espère que je ne serais pas déçu...C'est si bien interprété qu'on en oublie que ce sont des acteurs qui jouent un scénario déjà écrit. Une intrigue classique mais toujours efficace, la recherche du traitre parmi des amis... intrigue qui fait ressortir le caractère de chaque personnage, ses fonctions dans la vie, ses fonctions publiques, en exagèrent les traits... Tour à tour on suspecte l'un ou l'autre sans être vraiment fixé. Il paraît que Duvivier a "poussé le bouchon" si loin que même les protagonistes ont découvert lors du tournage de la scène finale, le nom de celui qui incarne le traître. Je croyais avoir vu le meilleur huis clos avec Garde à vue, je me trompais !!!
« Marie-Octobre » marque définitivement la fin des grandes réalisations de Julien Duvivier. Construit selon la trame typique des romans d’Agatha Christie, le film aligner une galerie d’acteurs prestigieux, aux prestations contrastées – Lino Ventura, Paul Frankeur et Jeanne Fusier-Gir font un concours de cabotinage - pour interpréter une suite de pistes qui finit par devenir aussi pesante que répétitive, les seules respirations étant apportées par un match de catch retransmis à la TV dont l’intérêt est voisin du zéro absolu. Naguère le cinéaste nous aurait offert une dissection tout en noirceur de ce petit monde. A la place, il réalise un huis clos à peu près aussi convenu que les enquêtes de Colombo ou de Jessica Fletcher, la couleur et les clins d’œil en moins, sauvé par instant par la grande Danielle Darrieux qui forme avec Paul Meurisse un couple plein de classe. La deuxième étoile c’est pour eux.
Une distribution époustouflante pour ce suspense en huit clos. Quelle joie de revoir des comédiens de l'envergure de Danielle Darrieux, Paul Meurisse, Noel Rocquevert, Paul Frankeur et Ventura à ses débuts, pour ne citer qu'eux. Unité de temps et de lieu, Duvivier s'est plutôt bien tiré d'une histoire qui risquait d'être trop théâtrale et statique. La chute est sans doute un peu tirée par les cheveux, mais ce sont surtout les numéros d'acteur, les dialogues de Jeanson et l'atmosphère fifties-sixties qui font la différence. Pas un chef d'oeuvre mais un classique. Au passage, on remarquera que Darrieux, qui avait participé au voyage à Berlin organisé par les services de communication de l'armée allemande sous l'Occupation, joue ici un rôle de grande résistante. Contrairement à d'autres qui ont vu leur carrière brisée pour moins que cela, telle Mireille Balin, elle a su tirer son épingle du jeu...
Excellent film signé par J. Duvivier, plus connu auprès du grand public pour ses comédies populaires, mais qui s'attaque ici à un sujet encore douloureux et prégnant dans la société d'après-guerre. Bon, il faut déjà souligner l'excellence du casting, réunion de certains des plus gros talents de l'histoire du cinéma français, ce qui permet au texte d'H. Jeanson de prendre toute son ampleur. Les répliques claquent, les dialogues, pourtant compliqués, sont dits avec une diction et un rythme délicieux, l'interprétation est parfaite de bout en bout tandis que l'intrigue centrale arrive à multiplier les rebondissements tout en gardant une certaine cohérence. Quant à la mise en scène, c'est à aussi du très haut niveau, Duvivier ayant pensé son découpage en amont, répétant ses scènes avec des maquettes et des poupées afin de choisir les meilleurs axes, angles et cadres possibles. Un huis-clos jamais pénible à suivre, passionnant sur le fond parfois, qui fait beaucoup de bons choix, et qui se révèle assez intense. Très grand film. D'autres critiques sur thisismymovies.over-blog.com
Ce film est un joli moment de cinéma, ou devrais-je dire de théâtre? Car oui il y a presque un seul et unique décor, celui d'une grande pièce à vivre, un grand salon un peu comme dans un château. Cela donne un peu plus d'espace aux acteurs pour jouer, ce qui est aussi mieux pour le spectateur. De plus certains acteurs semblent jouer plus théâtre que cinéma mais peut-être ne pouvaient-il faire autrement? En tout cas c'est un plaisir de revoir dans cette version restaurée Lino V., P. Meurisse, S. Reggiani, D. Delorme, B. Blier et R. Dalban. Ce film est un huis-clos, 10 personnes plus la gouvernante, qui essaient de démasquer le traite qui se cache parmi eux. Les amateurs d'enquêtes policières notamment style Agatha Christie vont adorer. Les autres comme moi devront essayer de se rabattre sur d'autres critères, comme les comédiens par exemple. Même s'il a vieilli, on le sent par la musique par exemple et le jeu assez raide des acteurs, ainsi que par les longues tirades de ces derniers, ce film est vivant, agréable à regarder.
Un très bon film pas assez connu. Il faut dire qu'il sort en 1958 l'année de l'explosion de la nouvelle vague; Tout le cinéma français prend un coup de vieux d'un seul coup, et les grands réalisateurs des années 30 on du mal à "survivre" . Pourtant c'est un film absolument remarquable , tant par le style que le fonds. La mise en scène est très soignée, très stylisée, classique certes, mais élégante. Des plans surper cadrés avec des Zooms et des arrières plan très originaux. Des acteurs impeccables , Ventura , Blier et surtout Paul Meurisse , fantastique , un très grand , un peu oublié aujourd'hui. Bien sûr Danielle Darrieux , d'une grande beauté , intransigeante, manipulatrice et romantique à la fois.Et la thématique est complètement d'actualité. Faut -il faire ressurgir le passé? Est-ce qu'il peut y avoir prescption pour les crimes contre l'humanité? Ou commence le pardon ? . Est-ce que la vengeance est un plat qui peut se manger froid . L'idée de ce réseau de résistant qui traque un traître , nous rappelle l'affaire Jean Moulin , ou le procès Barbie. Et Duvivier très intelligement ne tranche pas sur le fonds . Toutes les thèses sont expliquées , par chacun des intervenants. Toutes les visions et interprétations sont "acceptables". Et le final assez srupernant , déroutant , permet de sauver la face et de ne pas prendre position.Un régal de cinéma à "l'ancienne " mais proche de la perfection.
Un huit clos oppressant et passionnant. Mais ce n'est pas du théâtre filmé, sinon on n'aurait pas ces expressions de visages et ces mouvements de caméras. On pourra sans doute reprocher certains personnages trop caricaturaux (Roquevert, mais surtout Francoeur); mais l'interprétation est remarquable, dominé par Blier, Reggiani et Ventura, laissant Darrieux un tout petit peu en retrait, mais ils sont tous bons.
Un huis-clos en guise de pièce de théâtre déguisée, c'est assez casse-gueule a priori et pourtant lorsque la maîtrise est là, lorsque l'écriture est là, lorsque les acteurs sont là... alors ensemble tout devient possible (dit comme ça, on dirait un discours de politicard en instance de placard mais tel n'est pas le but, l'auteur vous en prie).
Le sujet cela dit est presque politique et tout-à-fait polémique... il donne matière à réflexion sur la chasse aux sorcières et la recherche de la vérité. Il est aussi moral et se pose les questions que tout un chacun se pose dans une telle situation, à tel point que l'on se demande ce que l'on ferait à leur place. On hésite comme eux, tiraillé par le doute et le soupçon !
Mise en scène en béton armé, tension qui va crescendo, rebondissements et fausses pistes, comédiens qui donnent le meilleur d'eux-mêmes... nous voilà happés dans un tourbillon et en présence d'un sans-faute ou presque. La fin peut-être, la toute fin est sans doute discutable mais quel brio pendant 1h30 qu'on ne voit vraiment pas passer !
Julien Duvivier interroge l’ambivalence des comportements humains en période troublée. Il réunit à l’écran un casting prestigieux pour donner vie à un scénario imparable et intelligemment construit qui ménage un suspense sans faille jusqu’à un final surprenant. A travers un schéma narratif respectant une triple unité (temps, lieu et action) et sur des dialogues d’Henri Jeanson, le cinéaste propose un cluedo en huis clos, vaste jeu de rôle(s) durant lequel le protagoniste principal change sans cesse. Marie-Octobre est à redécouvrir dans sa version superbement restaurée disponible en DVD et Blu-ray. Plus de détails sur notre blog ciné :
Dans ce huis-clos élégamment mis en scène, onze personnages, tous anciens membres d'un réseau de Résistance livré à la Gestapo quinze ans auparavant, doivent démasquer le traître qui les avait dénoncés. Les révélations et les fausses pistes vont bien évidemment se multiplier jusqu'au dénouement final. Le film est aussi prétexte à de superbes numéros d'acteurs, aux noms plus impressionnants les uns que les autres : Danielle Darrieux, Paul Meurisse, Bernard Blier, Lino Ventura, Noël Roquevert, Robert Dalban, Paul Frankeur, Serge Reggiani,... Passionnant.
"Marie-Octobre" commence sur un ton léger qui fait penser à du Audiard, puis au bout d'un quart d'heure, la révélation survient: l'un des dix personnages, anciens membres de la Résistance, est celui qui les a dénoncés, provoquant la mort du chef du réseau quinze ans auparavant. Chacun devient donc un suspect potentiel aux yeux d'autrui: l'enfer, c'est les autres dans ce huis clos qui respecte avec une belle rigueur la règle des trois unités, ne cédant à aucun flash-back explicatif et faisant d'un salon élégant le théâtre d'un procès où chacun se fait tour à tour juré, juge, témoin et accusé. Des questions se posent (que faire du traître une fois identifié ? L'exécuter ? L'obliger au suicide ? Ou bien y'a-t-il prescription après quinze ans ?) et la tension monte, soutenue par d'impeccable dialogues (signés Henri Jeanson) prononcés par des acteurs aussi brillants que complémentaires, du flegmatique Paul Meurisse au bouillonnant Lino Ventura en passant par l'inimitable Bernard Blier. Sans passage à vide, le film tient son suspense jusqu'au bout et reste un bel exemple du savoir-faire de Duvivier, même si l'on regrette quelque peu de ne pas y trouver l'audace et la férocité de ses meilleurs films, comme le puissant "Panique".
Avec une telle distribution, on était en droit d'attendre un huis-clos fort et spectaculaire; celui-ci se révèle assez décevant, non pas à cause d'acteurs qui prennent un certain plaisir à camper des personnages s'accusant à tour de rôle, mais plutôt à cause d'une écriture qui bégaye et qui donne l'impression que le film tourne en rond. Ce ne sont pas les dialogues qui posent problème mais un scénario finalement peu progressif, au point que les nombreux indices dévoilés paraissent interchangeables sur la durée. Ce problème de disposition des éléments amoindrit logiquement la tension dramatique qui, au lieu de monter en puissance, n'agit que par intermittence, dans ces moments où la mise en scène se fait plus inventive et filme les visages avec une réelle intensité. Sans se foutre totalement de savoir qui est le traître, on suit cette histoire avec un certain détachement en se disant, au bout du compte, qu'elle était bien ficelée mais que le film, lui, était peu habité.