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il_Ricordo
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3,0
Publiée le 27 décembre 2011
André Cayatte est un spécialiste du film social : Mourir d'aimer en 1971 raconte la liaison d'une enseignante avec l'un de ses élèves, âgé de 16 ans, inspiré d'un fait divers. Quatre ans plus tôt, il s'attaque à un autre fait divers, sur le drame de la pédophilie, d'après un livre de Simone et Jean Cornec, un couple d'avocats. Avec Jacques Brel en instituteur accusé de pédophilie, ce film dramatique rappelle la France des années 60 : les juges avec leurs euphémismes, les jeunes filles avec leurs "oui monsieur.", "non monsieur" (ce qui ne les empêche pas de mentir, évidemment). Emmanuelle Riva s'érige en conscience du film, avec cette même voix languissante qui ponctuait Hiroshima mon amour. Mais Les Risques du métier est surtout l'un des plus beaux rôles de Jacques Brel au Cinéma.
Un film assez froid sur l'écrasement d'un individu. Le film est assez lisse et l'enquête policière vraiment d'une autre époque. En cela je trouve qu'il a vieilli.
En menant ce drame à une enquête à suspense, le sujet choc de la pédophilie se suit sans frayeur par la nostalgie de lécolière éprise de linstituteur exemplaire, et trouve du sens dans la question de savoir ce qui se cache dans la tête des petites filles.
Bon film très bien joué, aussi bien par les adultes que par les adolescents, et bonne reconstitution des mœurs et ragots au sein de petits villages français,
« Les risques du métier » d’André Cayatte avec le grand Jacques Brel dans le rôle de cet Instituteur faussement accusé de viol par une de ses élèves, revu 50 ans après sa sortie en 1967 a « vieilli ». Vieilli dans la façon dont il est tourné et dont les jeunes acteurs jouent, et surtout dans la façon dont est mené l’enquête (emprisonnement avant même que l’instruction soit close) et dans la mentalité des hommes et des femmes de ce petit village avec ses ragots et son opprobre. Mais il reste un sujet d’une grande actualité et il y a 50 ans Cayatte - qui était avocat avant de devenir écrivain puis réalisateur - avait fort bien dessiné les enjeux de ce grave sujet.
Pas mal, le film a vieilli tout de même et Cayatte ne laisse pas assez de doute aux spectateurs. Sinon on remarque Nathalie Nell dans un premier rôle pour lequel elle est déjà un peu trop agée, Delphine Desyeux correspond déjà plus à l'idée de la jeune ado de l'époque.
En 1967, André Cayatte est épaulé dans l’écriture du scénario des Risques du métier par Armand Jammot, homme de télévision, auteur notamment de l’émission Les dossiers de l’écran. Ces deux amis s’attèlent ici à adapter au grand écran le livre éponyme publié la même année par Simone et Jean Cornec. Un livre inspiré d’une histoire vraie sur les témoignages ambigus d’élèves accusant leur professeur de pédophilie. Critique complète sur incineveritasblog.wordpress.com/festivals/lumiere/lumiere2019/
Quittant l'école en pleurs et en courant, une jeune fille traverse tout son village pour aller s'enfermer dans sa chambre. Que s'est-il passé ? Selon elle, son instituteur lui a fait des attouchements, ce qu'il dément, puis deux autres élèves vont l'accuser de pédophilie.
Suite à ce long plan-séquence d'ouverture, Jean Cayette met peu à peu son récit en place et va mettre cet instituteur face aux témoignages des trois filles en question. Alors, et ce assez vite, il est bien difficile de croire Jacques Brel coupable, d'ailleurs c'est dans ce sens-là que va Cayette, notamment via les flash-back et lorsqu'il s'intéressera à la vie d'une des jeunes filles. Du coup, tout va tourner autour du pourquoi elles disent cela et comment peut-il s'en sortir et c'est là l'une des forces du film, tant il va nous plonger dans l'enfer que va connaitre cet instituteur abattu, sans pour autant être K-O, et réussir à nous faire passer par diverses émotions autour de son sort.
Le sujet est très délicat, Cayette abordant la pédophilie, les faux témoignages ou encore la parole d'enfants mais tout cela est plutôt intelligemment traité, sans excès et s'intéressant surtout à la galerie de personnages où chaque rôle à son importance. Dans ce petit village, il montre aussi l'importance de l'opinion publique, capable d'injustes lynchages et comment elle peut influer, tout comme l'humiliation que va subir Brel, parfois à travers de simples scènes silencieuses qui en disent bien plus que n'importe quel mot. L'ensemble bénéficie d'une écriture solide et de qualitée, sachant toujours trouver les mots justes pour exprimer toute la complexité et difficulté de cette situation.
Alors, s'il y a un léger regret, ce serait plus au niveau de la mise en scène où Jean Cayette, spécialiste du film judiciaire, fait plutôt bien le boulot et se montre efficace, sans pour autant être transcendant. Le sujet est similaire à celui de La Chasse de Thomas Vinterberg, pourtant on ne ressent pas complètement toute l'horreur de la situation de l'instit et la plongée en enfer qu'il y aurait dû avoir. Enfin, ça reste tout de même plus que correct et Cayette met en place une ambiance difficile et un peu lourde, prenante tout le long, trouvant toujours le bon rythme et sachant prendre son temps lorsqu'il le faut. Devant la caméra, Brel représente l'innocence même et s'en sort merveilleusement bien dans ce rôle très compliqué, son premier au cinéma par ailleurs. Face à lui, les gamines sont aussi excellentes (surtout Delphine Desyeux), tout comme Emmanuelle Riva qui ne perdra pas pied et soutiendra jusqu'au bout son mari.
Pour son premier rôle au cinéma, le grand Jacques se fond merveilleusement dans le rôle d'un instituteur en proie à de graves accusations. Sans être totalement transcendant, Les risques du métier est efficace et traite avec intelligence et justesse de thèmes assez compliqués.
« Monsieur le Juge, regardez-moi est-ce que j’ai une tête de crapule ? »
En 2023, le pitch de ce film peut dénoter quelque peu, après tant de scandales pédophiles avérés et une légitime condamnation unanime d’actes abominables, commis parfois à l’époque où ce film a été tourné.
Quoi qu’il en soit, si le sujet est scandaleux, tenons-nous en au film. André Cayatte a déjà fait parler de lui en présentant des thèmes de société durs, filmés sans concession. Son style, résolument réaliste, se rapproche de celui de la Nouvelle Vague malgré les critiques féroces que Truffaut émet contre le réalisateur. Les dialogues sans emphase, en phrases courtes, l’élocution monocorde des interprétations, tout renforce l’aspect documentaire filmé. L’histoire est adaptée d’un roman de l’avocat Jean Cornec (Cayatte est lui-même avocat de formation), qui a eu à défendre une affaire similaire, co-écrit avec sa femme. On pourra être surpris de retrouver Armand Jammot au scénario et aux dialogues mais cela s’explique par le fait que l’homme de télé vient de créer, quelques mois plus tôt à peine, la célèbre émission « Les Dossiers de l’écran », où un film était débattu après visionnage. Celui-ci y sera d’ailleurs diffusé le 1er juin 1976.
Au centre de cette histoire, Jacques Brel interprète son premier grand rôle au cinéma, souhaitant s’éloigner de la scène qui l’épuise. Il signe également la musique, accompagné de son fidèle arrangeur François Rauber. Pour lui donner la réplique, on notera Emmanuelle Riva, Christine Fabrega, René Dary et des gamines dont le jeu certes un peu faux apporte une couche réaliste supplémentaire. On notera d’ailleurs la part prise par les femmes, des jeunes filles aux femmes adultes, dans une œuvre qui dénote à une époque où les castings sont ultra-majoritairement masculins.
La caméra de Cayatte se veut la plus discrète possible et parvient, prouesse, à disparaître alors même que le réalisateur use d’artifices, comme ces arrêts sur image lorsque l’instituteur prend des photos.
Revenons enfin au thème du film ou plutôt aux thèmes. En effet, si la mise en doute de la parole des enfants semble être au coeur de la narration (c’était le thème choisi lors de la diffusion du film aux Dossiers de l’Ecran), il en est deux autres sans doute plus importants encore et qui servent de fil rouge à la plupart des œuvres de Cayatte : la machine judiciaire et son cortège de drames et de déshumanisation ainsi que l’hypocrisie crapoteuse de la bourgeoisie. C’est sans doute ce qui rend cette œuvre intemporelle.
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4,5
Publiée le 3 mai 2021
Les Risques du Métier est un classique négligé du cinéma français. Avant la sortie de ce film personne n'avait la moindre idée des risques qui sont généralement associés à un métier. Il n'y a pas beaucoup de gens qui envisageraient qu'un innocent instituteur soit harcelé par des villageois sans que ce soit de sa faute. C'est l'un de ces rares films qui doit être ressuscité afin que la jeune génération d'aujourd'hui puisse profiter d'avoir un aperçu du célèbre chanteur français Jacques Brel dans un rôle fait pour lui. C'est avec ce film que le réalisateur français André Cayatte a décidé de jeter de l'ombre sur le sujet tabou du viol d'enfant et ses implications sur la société .Jacques Brel est absolument merveilleux dans le rôle d'un professeur d'école qui est faussement accusé de viol. Il n'y a pas beaucoup de films qui capturent la méchanceté des petits enfants comme celui ci. Ce film ne se contente pas de montrer ces petites mauviettes il décrit aussi en détail le comportement des petites gens dans un village de campagne Français...
Monté comme un polar des plus rigoureux, le film se révèle également -et contre toute attente- un étonnant thriller avec ses multiples retours en arrière, ses petits rebondissements, ses détails qui font mouche, ses faits soigneusement exposés... une véritable petite course contre la montre qui tient en haleine du début à la fin... et sans procédure procédurale procédurière outrancière, Dieu merci ! une course contre les travaux forcés à perpétuité pour notre cher instituteur, car ça ne rigolait pas à l'époque, ce n'était pas comme maintenant...!
Jacques Brel est très à l'aise et démontre qu'il est capable du meilleur dans un rôle dramatique et difficile. Mais il n'est pas seul : l'ensemble des acteurs et bien entendu des actrices et jeunes actrices sont à la hauteur des enjeux d'un sujet forcément scabreux et délicat, très habilement traité par le metteur en scène André Cayatte.
Certes, il est sans doute un reproche qu'on pourrait lui faire -qui tient plus d'un choix et de son époque : on ne doute en effet que rarement ou pour ainsi dire pas du tout de l'innocence de l'instit', car c'était bien avant les "grandes affaires" de pédophilie très médiatisées qui ont suivi ici et là au cours des décennies que l'on connaît. Mais on sait aussi que l'instituteur -cela peut arriver !- n'est pas toujours coupable, et cela, le film l'illustre avec intelligence et sobriété.
Rarement réalisation n'aura été aussi mauvaise... ces retours incessants alourdissent le propos. L'interprétation est maladroite... même le grand Jacques semble empoté, malhabile... Le propos est trop dialectique... Un film qu'il faudrait oublier.
Allez savoir ce qui peut parfois se passer dans la tête des mômes... Leur psychologie est complexe, mais ce qui est certain, c'est que leurs mensonges peuvent faire aussi mal que ceux des adultes. André Cayatte n'avait certes pas la virtuosité d'un Renoir, d'un Gremillon ou d'un Duvivier, mais pour traiter de sujets forts, fondés sur des histoires vraies ou non, mais toujours révélateurs des failles de la société du moment, tout en alliant pudeur et sensibilité, il était imbattable. Et comble du bon goût, il ne prenait jamais parti. "Les risques du métier" sont une preuve évidente (s'il fallait encore le prouver) de ce talent, bien plus rare qu'on pourrait le penser.
Comme on pouvait s'y attendre, l'ancien avocat André Cayatte décrit, à travers le délicat fait divers qu'il rapporte, le mécanisme d'une erreur policière et judiciaire. Sans toutefois occulter la dimension psychologique que requiert le sujet, Cayatte manque parfois de rigueur et d'habileté dans la mise en scène des attitudes de chacun des protagonistes. L'histoire est pourtant crédible, qui présente un instituteur tout ce qu'il y a d'aimable et de respectable...mais quand même accusé d'attentats à la pudeur par plusieurs de ses élèves. Victime d'un enchainement de circonstances et des affabulations de jeune filles, non pas délurées, mais fragiles et tourmentées, le personnage de Jacques Brel est l'instrument par lequel Cayatte met en cause, une fois de plus, la subjectivité et la complaisance des témoignages. Il montre du doigt l'hypocrisie, sans trop la charger ni sans la causticité satirique d'un Claude Chabrol, de la France provinciale (gaullienne). En définitive, les quelques réserves qu'on peut principalement opposer au film tiennent à sa mise en scène. Curieusement, Cayatte se montre bref et concis, efficace en un mot, pour certaines scènes tandis que, d'autres fois, afin d'étoffer le récit et s'imaginant devoir éventer un suspens qui n'est que relatif, il s'en remet à des flashback très explicites et pratiquement inutiles puisqu'on a déjà bien compris la situation et les personnages, tout autant que le postulat que poursuit obstinément le cinéaste.