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inspecteur morvandieu
94 abonnés
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2,5
Publiée le 13 décembre 2024
Pendant l'Occupation, une poignée de convives se met à table en toute insouciance pour fêter l'anniversaire de l'une d'entre eux. Mais la tragédie du temps, qu'ils ignorent et avec laquelle ils s'accommodent les uns et les autres, va se rappeler à eux.
Je ne connais pas la pièce de théâtre de Vahé Katcha dont est tiré le film mais elle semble cruelle pour le genre humain. Au-delà de quelques considérations sur des comportements franchouillards de l'époque, relativement à la complaisance avec l'occupant, à l'adhésion pétainiste ou au marché noir, le sujet place les sept convives dans une posture morale intenable qui révèle, pour certains, l'ambivalence au minimum, et pour d'autres la veulerie la plus abjecte. La nature humaine, ni plus ni moins. Pour autant, plus on avance dans le film de Christian-Jaque et dans ce huis-clos théâtral, plus se dessine une caricature épaisse et redondante, notamment à travers le personnage particulièrement gratiné de Francis Blanche ou celui du médecin, lesquels accumulent les attitudes odieuses. Je préfère à ces portraits outranciers la belle métaphore du réprouvé -le fourreur juif à peine entrevu- qui parait donner du sujet de Vahé Katcha une idée plus subtile.
Se peut-il que Christian-Jaque et son dialoguiste Henri Jeanson aient forcé la trait? Se peut-il qu'ils aient affubler l'officier allemand, ce nazi dont la cruauté gratuite introduit la question morale qui hante le film, de ce rictus inutile et grotesque? Le film devient trop évident et lisible. On y trouve une vraie noirceur concernant la nature humaine mais j'aurais bien aimé voir ce qu'un Clouzot en aurait fait. Et en y ajoutant l'espèce sociale des personnages, qui sait ce qu'aurait imaginer un Luis Bunuel? Simple extrapolation. En l'état, l'adaptation de Christian-Jaque et le casting pas très homogène sont par moments indigestes.
Revoir Le repas des fauves (1964) de Christian-Jaque fait immédiatement penser à un autre film français en l’occurrence à Marie-Octobre (Cluedo en triple unité) réalisé cinq ans plus tôt par Julien Duvivier. Si le cadet ne dépasse pas son aîné, il n’en demeure pas moins vrai que Le repas des fauves a su conserver des propres saveurs. Les liens cinématographiques qui peuvent être tissés entre Marie-Octobre et Le repas des fauves sont tels que le second pourrait paraître comme une simple variation du premier nommé. En dehors d’une première et rapide analyse filmique du long-métrage de Christian-Jaque, ce jugement serait pour le moins cavalier et ne pourrait être accepté comme définitif. Les deux huis-clos très ressemblants différent plus sur le fond que sur la forme. Critique complète sur incineveritasblog.wordpress.com
En accord avec les critiques de Néopolis et Gonnard, j'ajouterais qu'il s'agit en fait d'un véritable petit chef d'oeuvre, où l'on retrouve toute la palette des forces et faiblesses de la nature humaine, le tout boosté par une extrême situation de crise (la classique prise d'otages) où l'amitié est confrontée à la volonté de survivre. cruel dilemme ! Francis Blanche est génial dans un rôle assez infect, et Antonella Lualdi fait preuve d'un certain caractère, que l'on retrouve 50 ans plus tard (un peu moins jeune, mais toujours aussi pertinante) dans la série des Cordiers juges et flic !!!!!!
Excellent film qui reflète bien l'état d'esprit de nos compatriotes de l'époque, tiraillés entre la peur de l'ennemi brutal, le patriotisme, et la préservation de leur intérêt personnel. La fin laisse un peu à désirer malheureusement. Il faut reconnaître que Christian-Jacque met le doigt là où ça fait mal.
Impressionnant huis clos réunissant quelques amis de longue date se retrouvant pour fêter l'anniversaire d'une des leurs... La scène se passe en 1942, dans la France occupée, et un attentat est commis devant l'immeuble réunissant les amis. Deux officiers allemands sont tués et un officier de la Gestapo décide de prendre 20 otages aux alentours, dont deux dans cet appartement, et, terrible ironie du sort, ils doivent eux-mêmes choisir les deux sacrifiés... Suit alors des échanges redoutables où chacun joue à sa peau. Excellent film avec de bons acteurs et des dialogues écrits avec la plume trempée dans le vitriol de Henri Janson, à voir...