Je ne suis pas fan de cet univers qui mêle le burlesque au ridicule. J’admets que la frontière est mince. B. Keaton ne la dépassait jamais. Tati par exemple était constamment du mauvais côté. Ici quelques scènes auraient pu faire un beau film mais de multiples détails fâchent la personne ronchonne que je suis. L’ensemble manque de poésie pure. Le film n’en est pas dénué certes mais c’est le mélange des deux qui pour moi est mal assorti. Rajoutez en plus qu’on a du mal à différencier l’acteur de la fin de l’acteur du début. Évidemment c’est le même sauf qu’il est censé être le fils du père. C’est confus
Hommage au monde du cirque, une fresque pleine d’humour burlesque, de poésie et de mélancolie, qui s’écoule sur quarante années, des Années folles aux Trente Glorieuses, servie par une mise en scène pleine d'inventivité.
Avant tout, Yo-yo est un film inspiré de la propre expérience d'Etaix en clown. Ici, ce n'est pas l'auguste qu'il incarne mais un clown triste et mélancolique. Issu d'une famille forcée par la pauvreté de rentrer dans les arts du spectacle, il s'attache à cette passion et devient clown, jusqu'à devenir célèbre, mais se rendant compte que, dévoré par sa passion et la fermeté de la haute bourgeoisie, il perdra le respect de ses parents et de la fille qui l'aimait. Cette mélancolie racontée subtilement, par gestes et expressions par Etaix, est exprimée avec poésie dans le cadre et la musique, petite valse d'errance qui devient le thème du film. On le voit dans les symétries parfaites, qui ne permettent pas une volonté de cadrage déjanté ; notons la référence picturale au tableau de Jean-François Millet, l'Angélus. Le son est très travaillé et est une des marques de fabrique du cinéaste. Il ajoutera quelques absurdités trouvées avec Carrière au scénario : la nature morte en trompe-l'oeil, la liaison Karl / Groucho Marx, le clin d'oeil à Chaplin. L'absurdité mélée à la poésie enfantine, voilà ce qu'est le film de Etaix, qui compare, dans le plan final, la cour du château au chapiteau d'un cirque.
Pierre Etaix propose de nombreux clins d' oeil et rend hommage en particulier à Max Linder dans une première partie totalement muette, attention la suite ne sera pas beaucoup plus bavarde ça peut en refroidir un certain nombre. C'est première partie est assez géniale et esthétiquement très réussie ensuite le réalisateur fait évoluer son scénario en fonction des événements historiques ce qui donne encore lieu à de bons gags. Cependant le final reste un peu moins inspiré.
j'ai vu ce joli film très poétique quand j'avais 13 ans et je l'avais adoré, lus tard j'ai emmené mon fils de 6ans le voir et il voulait devenir clown ..... dommage, çà ne s'est pas fait, mais il le regrette et moi aussi !! Pierre ETAIX un grand monsieur que je salue bien bas ....
Considéré comme le meilleur film de Pierre Etaix,"Yoyo"(1964)est autant un vibrant hommage au cinéma muet,qu'un manifeste pour l'univers du cirque,qui a toujours fasciné Etaix.Quel plaisir de redécouvrir cette oeuvre qui emprunte à Chaplin,Keaton et aux Marx Brothers dans un humour burlesque et poétique,qui laisse perçer une mélancolie durable.Beaucoup d'humanité,et l'envie de vivre ses rêves d'enfant.Ici,le petit Yoyo,riche,et vivant dans un manoir,recherche les plaisirs simples de la vie itinérante,de la camaraderie et de l'épate.Etaix est fort sur les gags sonores et pour se muer en clown blanc.Il est beaucoup moins à l'aise,lorsqu'il s'agit de mieux répartir les moments forts.Son film accuse des longueurs,et est un peu avare en rires.Mais il provoque indéniablement un sentiment de plénitude,et on a envie de conserver en mémoire ce petit trésor du genre.Et il fallait du culot pour tourner une première demi-heure muette,ou mettre à l'image un faux-journal télévisé dans une toute petite lucarne.
Chassez le naturel, il revient au galop comme une expression toute faite : pour son deuxième film, Étaix retournait déjà au cirque. Il fait le clown, mais c’est bien plus que ça : on le connaît principalement pour Yoyo car il y est un peu tout. Il était temps de reprendre sa filmographie dans l’ordre.
Il démarre en cinéma muet jusqu’à la crise économique de 1929 ; avec la guerre, c’est le seul évènement qui vient influer sur le cours de l’histoire de Yoyo. Et ce n’est pas rien de tout faire en fonction d’un genre éteint depuis si longtemps : intertitres et gros plans fixes ne font pas tout et les gags doivent être dimensionnés en fonction. Par contre, le film doit acquérir bien vite les traits d’une compilation, succession oiseuse de petits sketchs.
Il y a quand même du bon à prendre de tous côtés : en clown ou en magnat, Étaix est drôle, ses moqueries un peu absurdes à la hauteur de son air égaré. Il est le digne secrétaire général du groucho-marxisme, et non content de déposer des petites pépites comiques comme un Grand Poucet heptartistique, il vise la transformation, la rétrospective.
Étaix, de bourgeois, devient père et clown. Quand le personnage s’efface, il se met à incarner le fils, Yoyo, qui lui ne rencontrera ni de crise économique ni de guerre. Il jouira de sa célébrité dans un cirque qui devient métaphorique, puis télévisuel, puis le déshérite. De ce questionnement sur la légitimité d’une vie, le clown fait rejaillir une thèse bien sérieuse, sans morale, où Étaix semble se juger lui-même sans sévérité ni encourager au vice.
Plus qu’un film mimé où se rencontrent Chaplin et les arts du chapiteau, c’est une comédie mal scénarisée et inconstante, mais c’est surtout sincère. Quand on a vu Le Soupirant et qu’on en a été un autre devant les affreux parents de Le Grand Amour, c’est un soulagement et un plaisir de voir quelque chose d’autre encore que cela ou le surréalisme sortir de l’esprit d’Étaix.
Une fois de plus je suis épaté par Pierre Étaix. Toute les dix secondes, il y a une idées ou trouvailles visuelles, un gag ou bien encore un moment de poésie. Les 30 premières minutes sont les meilleures et muette mais les bruitages sont géniaux, en plus de tout cela je trouve que ce film est bien réalisé.
Le début, la séquence du père de Yoyo en sa richesse et sa villa-palais, est du pur génie burlesque. Le principe du plaquage du mécanique sur le vivant est mis en pratique avec beaucoup d’intelligence, le jeu avec les règles de l’écriture cinématographiques, avec les conventions du cinéma muet en particulier, est virtuose, que ce soit dans la chorégraphie des personnages et des objets que dans l’utilisation du bruitage… La suite vaut surtout pour le sens du gag. La fin, avec Yoyo dans la villa restaurée, reprend la veine burlesque, en version parlante et plus moderne. C’est du très grand comique, inspiré et original. Le principal défaut est l’artificialité, le manque de cohésion d’un scénario qui semble là surtout pour faire la liaison entre des scènes.
Dans "Yoyo", Etaix revient à ses premières amours, le cirque. Les films d'Etaix ont en commun avec ceux de Tati un mélange d'humour burlesque et de poésie. Si "Le Soupirant" lorgnait plus du côté du burlesque, "Yoyo" est plus poétique, plus nostalgique aussi. Etaix est l'héritier de Tati, évidemment, de Keaton aussi (les gags sur la route, avec la roulotte, sont de la même veine), mais on pense ici évidemment à Chaplin, réalisateur d'un "Cirque" en 1928. Etaix n'avait peut-être pas le talent de ses prédécesseurs, et son films accuse certaines longueurs. La première partie du film, muette, manque de gags, et l'humour y est essentiellement sonore, avec un bruitage certes très drôle (le grincement des portes est culte). La suite présente de beaux moments, qui ne s'enchaîne pas toujours très bien. "Yoyo" est, à mon avis, un film surestimé par les critiques. Ce qui ne l'empêche pas, bien sûr, d'être intéressant, car après tout il ne ressemble à rien d'autre de ce qui se faisait à l'époque, en 1964. Un film qui est né "daté", et donc un peu hors du temps.
Ce film est considéré comme le sommet de l'oeuvre de Pierre Etaix, ce qui est juste. Passons sur le début du préambule muet qui se déroule à l'intérieur d'un château un peu trop répétitive et longue ainsi que sur un final un peu prévisible et décevant. Entre les deux, c'est du tout bon. La mise en scène est très ambitieuse et très imaginative et les gags sont très finement élaborés qu'une attention soutenue est vraiment requise. Certaines séquences sont prodigieuses notamment la mise en abyme télévisuelle qui arrive totalement à duper le spectateur. Tout cela pour dire qu'on a vraiment affaire à une comédie intelligente où Etaix y ajoute de la profondeur en mettant du spectacle dans la réalité et en mettant de la réalité dans du spectacle. Les hommages sincères et affectueux un peu à l'univers de Chaplin mais surtout à celui du cirque ne font qu'ajouter au plaisir. Brillant.
Un film tantôt triste, tantôt gai, mais toujours profondément poétique que signe là Pierre Étaix. Le noir et blanc est absolument sublime, l'histoire pleine de tendresse et de mélancolie, la mise en scène inspirée, les gags inventifs, fins, parfois désopilants. C'est peut-être un peu long, mais c'est assurément charmant, drôle, et enchantant. J'aime déjà beaucoup Pierre Étaix, dont l'univers, aussi bien visuel qu'émotionnel, me touche énormément.
Le synopsis est un total contresens. Il serait bon de le réécrire, désolé. Le millionnaire joué par Pierre Etaix reconnaît son ex-amour, dont le fils lui ressemble, etc.
Avec Yoyo, Pierre Étaix rend hommage au burlesque muet dans une forme élégante et mélancolique. Le film séduit par son inventivité visuelle et son sens du gag, hérités de Charlie Chaplin et Buster Keaton. Pourtant, cette filiation assumée peut parfois donner le sentiment d’un exercice de style plus que d’une œuvre pleinement personnelle. La narration, fragmentée, avance par tableaux inégaux. Reste un film charmant et poétique, mais dont la nostalgie limite légèrement l’impact.