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Peter Franckson
81 abonnés
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4,0
Publiée le 23 septembre 2024
En 1830 (probablement au début de la monarchie de Juillet, sous le règne de Louis-Philippe), à partir de la rencontre entre Aurore de Cheroy (Françoise Fabian, 38 ans), jeune veuve vertueuse, et Raphaël de Loris (Maurice Ronet, 44 ans), dandy cynique (il ne désire plus les femmes qu’il a eues), noctambule, Michel Deville réalise une œuvre épurée (photographie de Claude Lecomte, 40 ans, 3e collaboration sur 5 avec le réalisateur) sur l’amour, ses pièges et ses tourments, bien filmée et bien dialoguée (grâce à Nina Companeez, 34 ans, 12e collaboration sur 12 avec le réalisateur), beaucoup plus pertinente que les gloses d’Éric Rohmer (1920-2010). Sans oublier la musique de Vincenzo Bellini (1801-1835).
Bon film qui sent vachement les années 70 dans les coiffures et le maquillage, certes, mais avec un récit intéressant et de très beaux décors. Je suis tomée sur ce film par hasard et j'ai aimé le visionner, la sublime Françoise Fabian y est pour beaucoup.
On est complètement dans l’esprit des de la « princesse de Clèves » pour le style et dans les « liaisons dangereuses » pour les aventures osées. On y retrouve d’ailleurs cette femme discrète et pudibonde qui découvre avec malheur les plaisirs défendus. Des décors et des costumes soignés pour un récit intéressant.
Chaque fois que je revois Françoise Fabian, j'ai un souvenir presque ému qui me revient en tête : celui d'un petit papy du quartier qui nous disait souvent "ah les môme, z'y connaissez rien aux femmes, c'est bien normal, z'êtes encore trop jeunes, mais j'peux vous l'dire, Françoise, c'est d'la gonzesse, la tête bien faite et bien remplie, du caractère et de la classe bien française". Digression accomplie, venons-en aux faits. J'ai toujours eu du mal avec ces films d'époque. Je m'y suis souvent bien ennuyé. Peu nombreux sont ceux qui auront réussi à me cueillir. "Raphaël ou le débauché" n'a jamais été de ceux là. Ce qui m'a toujours gêné, ce n'est pas la mise en scène étrangement atone de Michel Deville, ni même une histoire qui passe pas mal de temps à essayer de combler les brèches. Ce qui m'a toujours gêné, ce sont ces dialogues. Parfois surécrits et ampoulés le reste du temps. On est loin de la détestable pédanterie d'un "Mademoiselle de Joncquières" par exemple, mais quand même, ça fait mal aux oreilles. Toujours cette sempiternelle erreur que de croire que même dans l'aristocratie du XIXe, on pouvait converser de la sorte sans jamais s'interrompre. Que des cuistres ou des auteurs voulant faire bon genre puissent commettre ce genre de grossière erreur, c'est une chose, mais venant de quelqu'un comme Nina Companeez, c'est inexplicable. Des dialogues en pareil décalage avec le réel sont la méthode parfaite pour faire déjouer même les bons acteurs. On n'a jamais vu Ronet et Fabian jouer aussi faux. Aucune de leurs répliques n'est naturelle. Par ricochet, leur duo, pourtant quasi royal sur le papier, ne fonctionne pas. Leur talent respectif fut bien mieux servi ailleurs.
Michel Deville conte avec soin et style la rencontre, en 1830, entre Raphaël, le débauché, et Aurore, la vertueuse, et consécutivement l'amour impossible entre un séducteur cynique et une jeune veuve parfaitement digne. spoiler: Un temps parallèles, leurs existences contrastées se rejoignent dans une passion inaboutie.
Alimenté par des indices psychologiques simples, le drame de Deville s'élabore sur un mode romantique sans mièvrerie ni affectation, c'est-à-dire qui préserve la vérité des personnages et n'élude pas le caractère licencieux qu'introduisent nécessairement les moeurs de Raphaël.spoiler: L'incapacité de ce dernier à rompre avec son existence de vice, son refus, par amour, d'y entrainer Aurore conduiront celle-ci, par amour aussi, à s'y fourvoyer avec répugnance. C'est l'originalité du scénario de Nina Companeez.
L'interprétation de Maurice Ronet et de François Fabian est inspirée, et si l'histoire de leurs personnages peut parfois sembler un peu étriquée sur un plan scénaristique, elle s'inscrit dans une reconstitution d'époque convaincante et d'une grande beauté formelle.
Au XIXe siècle, Aurore une veuve fortunée et indépendante et Raphaël un jeune homme libertin tombent amoureux l'un de l'autre. Mais Raphaël refuse d'entamer cette relation par peur de se perdre en perdant sa liberté. Le film se propose de nous donner une image précise de l'amour. On ne peut l'éviter au risque de se perdre, même si l'accepter n'est pas sans conséquence. La vie peut être parfois un labyrinthe. Film précédé d'une forte réputation et que je n'avais jamais vu. Pourtant, il n'est pas sans défaut : la première demi-heure manque vraiment de rythme et les scènes de parties fines ne sont pas réussies. Il reste le thème et le casting excellent dominé par la sublime Francoise Fabian ( à mon sens une des plus belles actrices du cinéma français des années 70) et Maurice Ronet ( disparu trop tot) qui est lui aussi formidable. Il dira même à Michel Deville que Raphaël c'était lui. Sur un thème voisin , un an plus tôt, eric Rohmer, avec "ma nuit chez maud" avait tué le match entre les deux films. Raphaël est une petite déception à mes yeux, mais rien que pour Fabian, le film est à voir. Initialement les deux rôles principaux devaient être tenus par Deneuve et Delon qui refusèrent.