Enorme succès au box-office à sa sortie, le film est aujourd'hui complétement oublié. On comprend pourquoi : Le film a eu des moyens (costumes figurants…) mais souffre de son académisme, voire même au début d'une certaine confusion. Le réalisateur dans la première partie préfère insister sur l'ambiance de la cour (il ay a d'ailleurs de fort jolis plans) plutôt que sur la précision de l'intrigue. De plus le rôle de Cagliostro joué par Pierre Dux frise le ridicule. Néanmoins la première heure du film reste tout à fait regardable d'autant que le charme de Viviane Romance fonctionne fort bien. Quand commence le procès, le film fait naufrage, la longue scène du procès est ratée tant sur la forme (il n'est qu'à comparer ce que font les américains en la matière) que sur le fond (on est jamais obligé de respecter la vérité historique mais il y a des limites tout de même…) quant aux dernières scènes : L'herbier en fait trop tirant son film vers la tragédie avec une lourdeur d'hippopotame. Sur le sujet on regardera les film "l'affaire du collier" de Charles Shyer (2001) qui raconte la même histoire de façon bien plus intéressante.
L'histoire d'une escroquerie et d'une manipulation initiée par la disgraciée et désargentée comtesse de la Motte. Si la deuxième partie du film, lorsque les masques tombent et que l'affaire est révélée, est un peu plus animée, quel ennui jusque là avec cette interminable mise en place et présentation des protagonistes. La réalisation tout en intérieurs de Marcel Lherbier évoque, par son académisme et sa théâtralité, une pâle dramatique en noir et blanc de l'ORTF. Les personnages sont parfois tellement figés dans leurs costumes qu'on croirait une visite du musée Grévin.
L'intrigue, au demeurant pas bien compliquée, qui fait quelques dupes, ne méritait sans doute pas les presque deux heures que dure le film; en tout cas pas mise en scène aussi mollement. Le cinéaste s'est endormi sur le scénario probablement. Sa direction d'acteurs est insupportable dans les conventions des films de cour royale. Et sans doute les comédiens ont passé plus de temps à se costumer et à se maquiller qu'à répéter: ils sont tous mauvais. C'est joué sur le mode ampoulé du théâtre historique d'autrefois. La servilité et les insolence des courtisans, les serments chevaleresques, tout est affecté selon les canons bien ringards de l'époque. On ne trouvera aucune idée ni personnalité dans la réalisation, aucune créativité dans le jeu des acteurs. Lherbier, et une partie du problème du film est là, n'a pas de point de vue sur l'histoire qu'il raconte.