Au départ il est indispensable de savoir que malgré sa notoriété l’existence de Barabbas n’a jamais pu être établie avec certitude, la vérité semblant à ce jour impossible à connaître. Le scénario est donc imaginaire et tiré du roman de Lagerkvist, prix Nobel suédois. Seul le contexte de l’époque et des lieux peut se discuter. Son coté spectaculaire violent et ses valeurs morales en font un film très complexe. Je crois que Richard Fleischer s’est fourvoyé en voulant traiter un tel sujet. On ne peut pas multiplier les thèmes religieux et existentiels dans un seul film s’en risquer d'en sortir mal à l’aise. C’est ce qu’il se passe. Entres autres séquences ratées, la confrontation entre Barabbas et Lazare est si déprimante que la TV française l’a coupée au montage. Les seuls sujets de satisfaction en dehors de la mise en scène demeurent la reconstitution des mines de Soufre de Sicile et la vision des admirables arènes de Vérone, les mieux conservées à ce jour et qui à 40 ans prêts, étaient terminées à l’époque des événements du film.
Les péplums bibliques ne sont pas forcément ma tasse de thé, mais avec l excellent faiseur qu était Richard Fleischer aux manettes Barabbas sort encore aujourd hui du lot. La première partie ou l on découvre le personnage du voleur qui a échappé à la crucifixion avec en toile de fond la passion du Christ a une esthétique particulièrement soignée. La seconde passe plus par les dialogues et les états d âme de son personnage principal avant un final qui mise sur le spectaculaire avec une scène d arène impressionnante. Le film n a pas le côté suranné que peuvent avoir avec le regard d aujourd hui beaucoup de productions de l époque et offre en prime l un des rôles les plus marquant d Anthony Quinn.
Un péplum biblique grandiose et spectaculaire qui retrace le destin tourmenté et la quête de sens, entre culpabilité et désir de rédemption, d’un homme hanté d’avoir été libéré à la place de Jesus, porté par la performance solide d’Anthony Quinn. 3,25
"Barabbas' de Richard Fleisher avait les moyens et l'ambition pour faire un péplum biblique mais qui comporte malheureusement à mes yeux des longueurs ! Le début me plaisait , le personnage "Barabbas" devait être exécuté mais c'est un certain Jésus De Nazareth qui portera la croix et crucifié. Notre héros est libéré et les gens des alentours voient le ciel obscur auquel le prophète était peut être dieu mais le personnage en titre ne croit pas. La suite ou il est esclave et gladiateur promettait du bon mais sent le déjà vu, voir l'ennui. C'est dommage , il y a de bons comédiens comme Anthony Quinn, impeccable dans le rôle titre, entouré par Vittorio Gassman, Arthur Kennedy, le méchant Jack Palance qui a la gueule de l'emploi ou Ernest Borgnine pour citer les plus célèbres. Même les combats de gladiateurs , qui sont généralement des scènes réussites au cinéma, sonnent ici le déjà vu sans plus, c'est bien dommage, ça avait de l'ampleur pourtant.
Barabbas est un personnage fascinant. De par les brumes qui l'entourent. Et pour cause, jamais personne n'a pu démontrer s'il avait vraiment existé. D'où l'existence des trois versions à ce sujet. La première consistant à dire qu'il ne fut qu'un bandit comme il en existât des milliers d'autres, la deuxième (celle du Nouveau Testament) consistant à dire qu'il fut gracié par le peuple de Jérusalem et que c'est Jésus qui prit sa place sur la croix et la troisième, la plus explosive, que Barabbas et Jésus furent la même et unique personne. Fleisher, quant à lui, joue la sécurité et adopte la théorie du Nouveau Testament, en plus de s'appuyer sur un roman, donnant à Barabbas une vie créée de toutes pièces. De sa grâce, jusqu'à la chute de Rome. Une vie condamnée aux travaux forcés. Dans les mines de soufre puis les champs de Sicile, avant de finir gladiateur. Sur ce point, il est d'ailleurs amusant de constater que 40 ans séparent "Gladiator" et "Barabbas" et que ce dernier lui damne le pion haut la main. Et puis il y a Anthony Quinn. Toujours aussi brutal et viril qui porte tout sur ses balèzes épaules. Si bien que même Jack Palance et Vittorio Gassman ont du mal à exister face à lui.
Raconter le destin du bandit Barabbas après que sa vie a été mise en balance avec celle d'un certain autre n'est pas initialement une mauvaise idée. De ce brigand fruste et brutal -emploi qui revient de droit à Antony Quinn, suivant ses rôles habituels- de ce gredin sans foi ni loi, Richard Fleischer présente le tout neuf sentiment de culpabilité et l'incompréhension que Barabbas, l'être néfaste et inutile épargné au détriment d'un homme d'exception, exprime confusément. Le réalisateur évoque sa transformation morale, incertaine, selon que Barabbas épousera ou pas la religion nouvelle. Toutefois, ce caractère psycho-mystique attaché au personnage composé par Quinn est bien trop superficiel et démonstratif pour que Barabbas dépasse le héros commun du péplum. Peu soucieux des tourments moraux de son héros historique, Fleischer exerce son savoir-faire certain dans le spectacle antique à la sauce hollywoodienne. D'abord dans les mines de soufre où le bagnard Barabbas purge une peine de vingt ans qui paraissent deux semaines ; puis, surtout, dans la partie la plus développée du film, dans les arènes où le vieillissant bandit fait office de gladiateur. Il y a fort à parier que, sans ces jeux du cirque, où Jack Palance compose avec une expressivité bien à lui un combattant aussi méchant que sadique, le cheminement de Barabbas aurait moins intéressé et préoccupé les producteurs de ce film spectaculaire mais dénué de la sensibilité, de la profondeur spirituelle et de l'intensité dramatique que requérait le sujet.