Premier film américain à être intégralement tourné au Japon, "La Maison de Bambou" utilise le contexte riche et complexe de son pays pour en tirer une histoire simple évoluant tout de même sur plusieurs échelles de genre. Si le pays n'est plus officiellement occupé par les Américains, ils sont bel et bien présents sur l'île, dans la police, dans la politique et dans la pègre. Aussi quand un américain meurt de ses blessures à la suite de l'attaque d'un train, Eddie Kenner débarque à Tokyo pour mener l'enquête, mandaté par la police militaire... Suite de la critique sur
Voilà un film en adéquation avec le stress économico-financier que nous vivons, cette agressivité au quart de tour... Fuller a vécu la guerre plus d'une fois et dans sa chair, il sait l'illustrer en autant de plans vertigineux qui captivent. Aucun ennui à suivre ce polar tourné au Japon dans les fifties. Déjà la soudaineté du règlement de compte, ce train qui s'arrête crée la stupeur nécessaire... Peu après une danse qui fait presque frivole. Une mafia avec son caractériel chef hystérique. Drame, amusement. On en a pour son argent... Superbe picturalement dans sa version cinemascope et pourtant méconnu... Remarquables intérieurs japonais désormais familiers en occident (à croire que rien dans leur design et leurs coloris n'a changé depuis le tournage de ce film). Encore et toujours des combats d'une violence qui fait si authentique qu'on plaint les acteurs ! Et puis cette ultime séquence sur le monument tournant (des décors naturels faisant penser au gigantisme d'Orson Welles). Cela se veut sérieux sur le fond. Du fait de la férocité sous-jacente, le rire peut s'inviter. La raclée à chaque réunion à l'écran devenir "gag"... T'es pas d'accord avec moi je te cogne, la manière primitive de se dire bonjour, réflexe plus que méchanceté (au contraire de celle qui sourd chez Kitano par exemple). Le personnage d'Eddie Spanier (Robert Stack plus ferme que dans "Les incorruptibles") et la belle Mariko (au minois plus eurasien que japonais) sont les civilisés de service. Un rideau tiré le soir entre leurs couchages les interdit de fréquentation, quoique (la scène du bain !)... A eux deux le symbole du fossé entre culture occidentale ascendante et féodalité nipponne d'alors (1955). Le propos universel supporte la transposition. Suffit d'avoir le coeur bien accroché. Les amateurs de vidéo-castagne de 2013 devraient même être à leur affaire.
16 201 abonnés
13 142 critiques
Suivre son activité
4,0
Publiée le 21 octobre 2010
Une autre forme de l'aventure est celle qui sous prètexte d'exotisme choisit l'Extrême-Orient - et de prèfèrence le Japon - pour dècor! L'action qui se dèroule dans cet excellent film de Samuel Fuller n'est pas toujours une rèelle "aventure", l'arrière fond est gènèralement politique, comme en tèmoigne ce thriller aux accents shakespearien à l'atmosphère particulièrement brutal! L'aventure passe par une association criminelle d'anciens G.I aux règlement de comptes dans un parc d'attractions en passant par des sèquences spectaculaires de premier ordre! Robert Ryan et Robert Stack sont prodigieux dans ce film trop longtemps mèconnu qui ne dissimule pas la violence qui règne dans le monde! Fuller est bel et bien l'un des plus grands cinèastes amèricains...
Certes l’intérêt que porte Fuller pour certains aspects culturels du Japon rend assez innovante cette transposition de « The Street With No Name ». Hélas, plusieurs éléments empêchent le film d’atteindre la qualité de « The Crimson Kimono ». Premièrement, le traitement de certains personnages est trop primaire. Face à son excellente partenaire japonaise, Stack est encore plus fade et peu expressive que d’habitude en l’absence de précisions psychologiques. En outre, le favoritisme ultra protecteur et aveugle de Robert pour l’autre Robert (Ryan pour Stack) semble peu crédible. S’il s’agit d’une attirance homosexuelle refoulée, elle est tout aussi maladroitement présentée que s’il s’agit d’une trop grande confiance en soi de la part d’un commandant-chef de gang, présenté comme un dur à cuir infaillible. Deuxièmement, l’aspect mièvre et longuet des scènes du duel final est indigne du grand réalisateur qu’est Fuller.
La maison de bambou est un des classiques de Samuel Fuller. Bien que très inspiré de le dernière rafale de William Keighley, la mise en scène est virtuose, et la photo absolument superbe, avec de très belles couleurs. De plus, le fait que le film se passe au Japon est une idée très novatrice. De plus, ce film est très intelligent, s'appuyant sur les rapports troubles entre les différents personnages, et démontrant une homosexualité latante chez le personnage principal. Excellente distribution, dominé néanmoins par Robert Ryan. Un vrai bon film.