Comédie réalisée par Josef Fares, qui fait ses premiers pas derrière la caméra, Jalla ! Jalla ! est un film sacrément plaisant. L'histoire nous fait suivre Roro et Mans, deux copains employés municipaux chargés de l'entretien des parcs, qui coulent des jours heureux en Suède. Seulement, leur quotidien va être perturbé lorsque le père et la grand-mère du premier l'obligent à se marier avec Yasmine, selon la tradition ancestrale, alors qu'il est secrètement en couple avec Lisa, et que le second est lui victime de pannes sexuelles avec sa copine Jenny. Les deux amis vont alors, pour l'un, tenter d'échapper au mariage, et pour l'autre, tenter de retrouver l'appétit sexuel. Mais ils ne sont pas au bout de leurs peines. Ce scénario s'avère franchement réjouissant à visionner tout du long de sa durée d'une heure et demie. On assiste pendant tout ce temps à une intrigue simple mais terriblement efficace nous faisant vivre les mésaventures de ce duo parfois chacun de leur côté et parfois de façon croisée. Les multiples ennuis rencontrés occasionnent des scènes divertissantes ayant tout de même du fond. En effet, le metteur en scène d'origine libanaise ayant migré en Suède met de son vécu et de sa sincérité dans ce récit en traitant notamment de l'intégration culturelle, plus particulièrement en confrontant les aspirations traditionnelles familiales et celles de la jeunesse, plus moderne. Ces thématiques donnent de la profondeur tout en étant traitées sur un ton léger. L'humour, souvent en dessous de la ceinture, raccord avec la problématique de Mans, fait lui toujours mouche et décroche de nombreux rires et sourires de bout en bout. L'ensemble est porté par des personnages hautement sympathiques et attachants véhiculant de la bonne humeur malgré leurs galères. Des rôles joués de façon naturelle par une distribution convaincante comprenant plusieurs membres de la famille Fares, à commencer par son frère Fares Fares, ainsi que son père Jan Fares, sans parler des autres membres plus secondaires. On retrouve également Torkel Petersson, Tuva Novotny, Laleh Pourkarim, Leonard Terfelt ou encore Sofi Helleday. Tous ces individus hauts en couleur entretiennent des rapports procurant de belles petites émotions, notamment marrantes. Des échanges soutenus par des dialogues amusants déclamés tantôt en suédois, tantôt en libanais. Sur la forme, la réalisation du cinéaste en herbe s'avère plutôt rudimentaire mais tout de même de bonne facture. Sa mise en scène comporte quelques effets de style bienvenus qui lui donnent une certaine énergie. De plus, elle évolue dans des environnements agréables. Ce visuel qui ne paie pas de mine est accompagné par une bande originale mêlant titres reggae et titres rock qui collent bien à l'ambiance générale. Reste une fin sans grande surprise mais tout de même satisfaisante, venant ainsi mettre un terme à Jalla ! Jalla ! qui, en conclusion, est un long-métrage faisant passer un très bon moment, méritant donc d'être découvert.