La Parole donnée
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Parkko
Parkko

191 abonnés 2 020 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 29 août 2012
Attention, spoilers. La parole donnée fait parti de ces films palmés à Cannes mais oublié. On y retrouve un homme, Zé, qui tient à honoré sa promesse Sainte-Barbara après un sauvetage qu'il lui attribue. Pour faire, il décide de porter une croix, tel Jésus, et marcher jusqu'à une église de la capitale afin d'aller la déposer.
Le film prend le parti pris de se focaliser sur 24 heures en gros. On n'a pas à subir le voyage de Zé, mais juste son apogée, le moment où il est censé déposer la croix dans l'église. Mais les choses se compliquent. La première chose qui surprend c'est ce scénario assez rocambolesque qui est une très bonne idée pour dépeindre le Brésil de l'époque. On y retrouve une religion chrétienne qui est imposée mais que les populations ont su adapter à des croyances anciennes et antérieures, païennes. Cette dualité constante oppose continuellement les fidèles, ici représenté par Zé, et le dogme, ici représenté par le prêtre de l'église.
Le réalisateur dépeint également une société où s'entremêlent un peu tout, on y comprend pas toujours grand chose, on ne sait plus qui est avec qui, qui est contre qui.
On pourra peut-être regretté que le scénario ne sache pas rester simplement fixé sur cette histoire de promesse à tenir et qu'il aille parfois s'aventurer dans des choses plus convenues (les passages avec sa femme) mais tout de même, La parole donnée est un film intéressant, assez drôle par moment, plutôt bien foutu et qui vaut le coup d’œil.
🎬 RENGER 📼 Cinéphile Nostal𝙂𝙚𝙚𝙠

8 850 abonnés 8 170 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 6 mars 2008
Anselmo Duarte s’est vu attribuer la Palme d’Or lors du 15ème Festival de Cannes en 1962. Il adapte avec La Parole Donnée, la pièce de théâtre O Pagador de Promessas, du poète et écrivain Brésilien Dias Gomes.
S’il existe des Palmes d’Or auxquelles on adhère, il y en a d’autres (fort heureusement, chose rare) auxquelles on a du mal à comprendre comment une telle distinction peut être remise pour un film à la base si « pauvre ».
L’histoire en elle même est archi simpliste, son dénouement se fait attendre et une fois qu’il a lieu, on est étonné de sa sobriété. Reste finalement les acteurs, attachants et crédibles. Mais de là à lui avoir attribuer la récompense suprême !?!
Cadreum
Cadreum

59 abonnés 776 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 27 mai 2025
On l’aperçoit de dos, silhouette têtue, presque animale, qui avance au pas lent, syncopé, d’un homme en dette. La croix n’est pas une image : elle pèse, elle scie les épaules, elle creuse l'estomac. Zé do Burro n’est pas un prophète, il n’a rien d’un mystique, il est simplement celui qui a dit, et qui fait ce qu’il a dit. Et c’est là que le scandale commence.

Car La Parole donnée n’est pas un film sur la foi, ni même sur la religion, mais sur la radicalité d'un geste : tenir parole. Tenir envers et contre tout, y compris contre ceux qui se réclament de Dieu. Cette parole, Zé ne l’a pas donnée à l’Église, mais à une prêtresse, à un saint du Candomblé, panthéon des invisibles, des refusés, des corps noirs, des voix cachées du Brésil. Et le film entier se tend autour de cette promesse : une ligne droite dans un monde tordu.

Duarte filme la parole comme une ligne droite qui blesse l’espace. Chaque plan devient la surface d’un conflit : entre le poids du bois et la légèreté d’un vœu, entre la clarté brutale des promesses et les labyrinthes de la doctrine, entre la foi comme présence et la religion comme structure. Ce n’est pas la croix que l’Église refuse, c’est le mélange. Ce n’est pas la foi de Zé qu’on conteste, mais son impureté. Et c’est cela, le crime

On comprend que La Parole donnée ne met pas en scène une opposition abstraite entre tradition et modernité, mais un conflit plus souterrain, presque viscéral, entre deux manières d’habiter le sacré. L’une hiérarchique, savante, exégétique. L’autre immédiate, confuse, mais viscéralement juste. Zé est analphabète mais il est pur ; le prêtre sait lire mais il ne comprend plus rien. Le conflit n’est pas seulement religieux, il est politique parce qu’il engage la possibilité même de croire sans intermédiaire, de vivre sans médiation, de parler sans autorisation.

Alors le parvis de l’église devient une scène de théâtre, mais un théâtre cruel, où chacun vient projeter sur Zé son discours : les journalistes, les politiques, les militants, les marchands de discours. Tous veulent parler à la place de Zé. Tous veulent faire de lui un symbole, alors qu’il ne demande qu’à accomplir son geste.

Et le film, subtilement, refuse de céder à ce même geste de capture. Il ne fait pas de Zé un martyr héroïque, ni un saint laïc. Il le laisse opaque, têtu, à la limite du mutisme. Son corps parle plus que ses mots. Et la mise en scène épouse cette opacité : cadrages serrés, plans fixes, contre-plongées. Il installe l’inconfort d’une parole que personne n’écoute vraiment, et que pourtant tout le monde veut s’approprier.

Ce que Duarte filme, c'est un combat. Une dépossession. Sa foi n’est pas tuée, elle est rendue illisible. Et c’est peut-être là le cœur du film : le tragique ne réside pas dans la mort, mais dans la perte de lisibilité d’un geste. Dans l’impossibilité d’un acte pur dans un monde saturé de discours.

Et pourtant, quelque chose subsiste. Le film s’achève sur une image qui n’est ni désespoir, ni rédemption. Comme si, dans ce geste, il restait encore une place pour la parole nue. Celle qui n’a pas besoin d’être interprétée. Celle qui se donne et se porte.

La Parole donnée est un film sur l’impossibilité d’exister dans l’absolu, et pourtant c’est un film qui filme l’absolu jusqu’à la dernière image. Ce que Zé porte, ce n’est pas seulement une croix : c’est l’idée folle qu’un homme, même simple, même ignorant, peut engager sa parole comme on engage un monde. Ce que le film nous tend, c’est cette question sans réponse : que reste-t-il, dans nos sociétés modernes, de cette capacité à tenir une promesse jusqu’à la mort ?
Plume231

4 406 abonnés 4 639 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 3 octobre 2015
Palme d'or 1962 et par l'occasion seul film brésilien à avoir reçu la récompense suprême à Cannes jusqu'ici avant de tomber dans l'oubli. Ce qui n'est guère étonnant. Enfin... si c'est étonnant qu'il ait remporté la Palme, par contre ça l'est pas du tout qu'il soit tombé dans l'oubli.
Le cinéaste Anselmo Duarte a réalisé un film qui m'a fortement rappelé le chef d'oeuvre de l'immense Billy Wilder "Le Gouffre aux chimères", sauf qu'ici il y a de la religion en plus, en ayant le droit à une critique féroce de la Société brésilienne où les institutions religieuses, policières, les médias, le public en général vont s'en prendre plein la gueule en les montrant profiter sans vergogne des malheurs du protagoniste, seul personnage à sauver du lot, devenant à cause des autres une figure quasi-christique. On comprend aisément d'ailleurs que celui-ci considère son âne comme étant son meilleur ami.
Mais l'ensemble qui aurait pu franchement être très puissant s'égare malheureusement trop dans un rythme décousu et peine trop à faire exister les personnages secondaires pour être efficace. Seule la fin, la toute fin, trouve in-extremis cet éclair de puissance qui fait désespérément défaut au reste.
Pascal
Pascal

253 abonnés 2 400 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 27 avril 2025
Palme d'or ( Cannes 1962) " la parole donnée" est à ce jour le seul film brésilien titulaire de la récompense suprême du festival de Cannes.

Il arrive parfois que dans des classements effectués ici ou là par des magazines, " la parole donnée" soit considérée comme une palme d'or pas vraiment à la hauteur de ce prix. Ce n'est pas mon avis.

Même si la sélection officielle des films qui concouraient cette année là à Cannes, comportaient plusieurs titres qui sont passés au rang de classiques du septième art ( " l'éclipse " d'Antonnioni ou " Jeanne d'Arc" de Robert Bresson ), le film d'Anselmo Duarte mérite largement d'être connu.

Le manque de reconnaissance de " la parole donnée" vient sans doute de son sujet plus que de son aspect formel ( filmé presque entièrement en extérieur dans les rues de Salvador de Bahia, sans doute une des villes brésiliennes les plus esthétiques du pays).

Tiré d'une pièce de théâtre ( il y a en effet un côté théâtre filmé dans cet opus de Duarte), c'est surtout une attaque en règle, mais subtile, de la religion catholique.

Cette dernière est présentée à travers l'exemple d'un curé autoritaire, rigide et pas sympathique qui refuse l'entrée dans son église à un croyant ayant effectué une promesse adressée à une divinité de la religion des saints.

Duarte nous montre cet aspect, pas très connu sous nos latitudes, celui des mélanges entre la religion afro brésilienne ( le candomblé) qui descend des anciens esclaves et du Catholicisme.

Les scènes de danses, de capoeira, les plans léchés en noir et blanc sur les scènes de la vie Bahianaise, les plans sur les visages du cru, sont belles et même parfois envoûtantes. Une palme d'or pas si mineure que certains le laissent entendre.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 17 février 2008
La force de ce film tient dans son avancée inéluctable vers sa fin, son accumulation d'intrigues, de personnages, de toute la société brésilienne qui va finalement se retrouver et se déchirer autour du personnage central. Et pourtant, finalement l'histoire est simple, mais très bien écrite, et portée par une mise en scène relativement sobre mais précise et quelques plans superbement trouvés (la croix inversée à la fin par exemple!).
Bref, du beau travail, intelligent, pas forcément subtil mais qui frappe fort. J'aime beaucoup.
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 14 juillet 2012
Bon film qui laisse à penser. Des situations cocasses mais qui tournent au drames, le Brésil dans toute sa folie et démesure, réflexion sur la cohabitation entre religion et tout ce qui s'y greffent (politique, commerce, ...). La fin du film est assez forte et éloquente.
norman06

425 abonnés 1 820 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 17 février 2008
Fabuleuse Palme d'or, injustement oubliée, cette oeuvre vaut par sa tonalité bunuelienne mais aussi son ton néoréaliste, qui dénonce les hypocrisies d'une certaine culture dominante. Le récit est prenant et le dénouement d'une force rare.
Yeti CarbonOffset
Yeti CarbonOffset

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5,0
Publiée le 30 novembre 2025
Il existe des films qui, dès leur première image, semblent avancer avec la force tranquille d’un mythe. O Pagador de Promessas appartient à cette catégorie rare. On croit entrer dans un drame social, presque documentaire ; on découvre une tragédie antique portée par un pays entier. Anselmo Duarte, premier (et encore aujourd’hui seul) cinéaste brésilien couronné par une Palme d’or, orchestre ici un poème de chair, de terre et de foi, un portrait incandescent du Brésil des années 60 qui n’a jamais cessé de résonner.
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