L'aura de l'immense Clint Eastwood n'aura pas été suffisante pour faire de ce western, ou un étranger se retrouve dans un village de lâches martyrisés par trois bandits, un film totalement plaisant.
Un western qui doit rester dans les annales et qui devrait faire parti de l'histoire du cinéma : le scénario est ciselé comme un chef d’œuvre, Clint a un rôle qui colle parfaitement à son charisme, et la musique idéalement adaptée. Les décors naturels sont parfaits. C'est du grand, du très grand cinéma. On notera quelques incohérences : mourir après avoir reçu une vingtaine de coup de fouet, mourir après une blessure dans le bras. Et les effets spéciaux avec dégoulinures de sang à base de ketchup (Heinz ne parait pas au générique comme sponsor). Mais on passera au dessus de cela, et on se délectera de ce monument du cinéma américain. Dernier détail ; le film est très sexiste tant les 2 femmes des rôles principaux sont traitées bassement. Tout une époque! Mais il ne faut pas s’arrêter à cela. A voir par tous sans exception, si l'age est supérieur à 7 ans.
Ce premier western réalisé par Clint Eastwood peut laisser perplexe. D’un côté, on trouve une ambiance onirique, quasi-surréaliste et très sombre qui montre le savoir-faire évident d’Eastwood derrière la caméra. Plans audacieux, emprunts, pastiches, recréations incarnent l’ambition du réalisateur. Le choix du sujet est, par ailleurs, audacieux. A mi-chemin entre le thème classique de la vengeance et son traitement à la limite du fantastique (c’est vraiment le cas dans la version originale), le film pousse à son extrême le caractère de ses personnages. La lâcheté des villageois est telle qu’on laisse à l’étranger faire tout et n’importe quoi jusqu’à la plus profonde des humiliations. Cette histoire de vengeance (forcément meurtrière) et d’humiliation dans un climat crépusculaire fait toute l’originalité de ce film inclassable qui ne ressemble que de façon lointaine à un western. Et son personnage principal laconique, pervers à bien des égards et violent, qui inspire une crainte étrange à tous ceux qui l’entourent, façonne un « type » qui dépasse les anti-héros des « westerns spaghettis ». Curieusement, l’ambition artistique se heurte ici au genre qu’elle entend enrichir. Car si le film ne manque pas d’atouts (réalisation, interprétation), il pèche par un scénario parfois trop démonstratif et un rythme trop lent. Cet autre côté peut décourager l’amateur du « western d’action » qui trouvera que l’ensemble manque de tension et de rebondissements. D’où cette sensation inévitable de se trouver face à un film étrange, posé entre le film d’auteur et le film de genre. On peut aussi bien comprendre l’enthousiasme qu’il suscite auprès de certains que les réserves qu’il peut soulever.
Une fois encore, voici un bon western de Clint, aussi bien dans l'intrigue que dans le jeu d'acteur. spoiler: J'ai lu des discussions dans les commentaires sous la page de présentation du film où certains se demandaient s'il s'agissait d'une vengeance familiale ou d'un mort qui était revenu pour se venger. Difficile de savoir quelle est la bonne réponse... A la fin, lorsque le nain lui dit "j'ai jamais su votre nom", Clint dit "c'est celui que tu graves, celui de mon frère". Comme j'ai lu que ce n'était pas la même chose pour la version originale, je me la suis procurée et, en effet, après que le nain dise "I never did know your name" (je n'ai jamais su votre nom), il lui répond "yes you do" ("si tu le sais"), c'est tout.
A noter que, dans la VO, le film finit sur ces paroles : Clint dit "take care" (traduit en "bonne chance" dans les sous-titres, mais qui devrait plutôt l'être par "prends soin de toi", le "of you" étant sous-entendu) en faisant mine de soulever son chapeau de quelques centimètres pour lui dire au revoir, et le nain répond en se touchant couvre-chef à la manière d'un militaire "yes sir captain" comme il l'appelait durant tout le film, alors que dans la VF, Clint dit "prends-en soin" et le nain répond "oui mon capitaine".
Donc la réponse qu'il donne dans la VF et le fait que l'homme qui est mort fouetté l'ait été au visage et que Clint ne soit pas balafré laisse penser qu'il est son frère. Mais la réponse dans la VO, qui peut faire douter, avec la musique du genre "fantôme" de début et de fin, laisse planer le doute sur le côté surnaturel.
Cela dit, j'ai aussi lu dans les commentaires un spectateur qui écrivait "Clint Eastwood a declaré que le scénario d'origine indiquait clairement que le personnage de l'Etranger était bien le frère du shérif Jim Duncan. D'ailleurs, Clint a declaré avoir joué le rôle comme s'il était le frère. Cependant, il était séduit par le fait qu'on ne sache pas vraiment qui est ce personnage: s'agit-il du frère du shérif assassiné ? D'un ange de la mort ? Ou bien du fantôme du shérif assassiné ? Cette ambiguité lui a plu. C'est à chaque spectateur d'interpréter le film".
Pour moi, si le réalisateur-acteur principal a dit ça, alors c'est son avis qui est à prendre en compte, pas les doutes de certains spectateurs...
Quand il entame le tournage de "L'homme des hautes plaines" en 1972, Clint Eastwood a déjà une réalisation à son actif avec "Un frisson dans la nuit" (1971), suspense assez conventionnel lui ayant permis de se roder au maniement de la caméra et à la direction d'acteurs. On ne peut être surpris qu'il en vienne rapidement au western, genre qui lui a permis d'accéder à la célébrité. Sur un scénario de Ernest Tidyman, oscarisé deux ans plus tôt pour "French Connection" (William Friedkin en 1971), très vaguement inspiré d'un fait divers sanglant (le meurtre de Kitty Genovese en 1964 à New York), il rend hommage à ses deux mentors que sont Sergio Leone et Don Siegel tout en trouvant immédiatement sa propre tonalité. Le cowboy qui pointe à l'horizon comme flottant sur le lit de vapeur d'eau provoquée par la chaleur du désert pourrait très bien être "l'Homme sans nom" des deux premiers "dollars" de Leone. Mais l'absence d'humour qui succède à la scène d'ouverture où toutes les tronches caricaturales du western sont passées en revue par l'Etranger impassible qui pénètre dans le village où il a décidé de faire une halte, indique que c'est aussi dans le cynisme et le désespoir de Sam Peckinpah qu'Eastwood puise son inspiration. Le village en question est un condensé de toute la vilénie humaine dont seul est à sauver Mordecal (Billy Curtis), le nain servant d'employé corvéable à merci et de souffre-douleur aux plus sadiques de ses habitants. Ironiquement, l'Etranger va le nommer tout à la fois shérif et maire. Le traitement qu'il réserve à chacun d'entre eux y compris aux femmes qu'il viole sans ménagement et sans aucune réaction de quiconque, ressemble fort à une vengeance en bonne et due forme qui va prendre peu à peu sa consistance à l'aide de flashbacks. Pour le portrait sans concession qu'il dresse de ces descendants des pionniers qui ont déjà presque achevé de massacrer puis de parquer les indiens, Clint Eastwood sera taxé de discours réactionnaire. La suite de sa filmographie montrera que la critique faisait fausse route. L'Etranger n'est en réalité rien d'autre que la spoiler: matérialisation imagée de la mauvaise conscience d'une communauté ayant selon ses membres commandité ou laissé faire le lynchage de son ancien shérif . La nature humaine dans sa dimension la moins noble nous est mise sous le nez sans ménagement par Clint Eastwood. C'est assurément dans ses westerns (quatre au total) qu'Eastwood se laisse aller à l'expression la plus débridée de sa vision pessimiste des Etats-Unis puisée dans le mythe de l'Ouest qu'il juge trop généreusement fantasmé. La fin du film dans sa version originale contrairement à la version française trop explicite laisse planer le doute sur l'identité de l'Etranger, offrant ainsi au moins deux lectures possibles. Magnifiquement photographié par Bruce Sturtees qui effectuera un long compagnonnage avec Eastwood, "L'homme des hautes plaines" donne une idée du talent précoce d'un nouveau réalisateur qui est aujourd'hui installé au firmament de sa profession.
Je suis bien fane de Clint Eswood, aujourd'hui âgé de90 ans, ces westerns me resteront gravés dans ma mémoire, je suis vraiment touché par la réalisation de ces films, je pose la question, et si je vivais en 1885, et qu'une personne comme Clint Easwood venait pour me sauver, je cracherais pas dessus, assis sur son cheval, il sème l'ordre et la justice dans chacun s de ses films, bien que je pose la question, la vie est elle mieux aujourd’hui, ou autrefois, parfois le gros point ?????.
Bien qu'il ait l'air ridicule sur son cheval, qui avance de travers, devant les rires des gens, mieux vaut ne pas se frotter à lui. La scène de départ a vite fait de convaincre le village qui fallait pas le provoquer dans ce bar.
Mais disons franchement, on s'est pas cassé la tête sur les décors, on voit rarement que se sont des cabanes de cinéma peux contrattaquantes de l'époque, c'est la que le bas blesse dans ce film, on se croit mal en 1880.
On a beau vouer une grande admiration pour Clint Eastwood,l'homme des hautes plaines est incontestablement le moins bon de toute ses réalisations de westerns. Le scénario tient sur un demi post-It ,les acteurs sont mal dirigés et en deviennent caricaturaux,les plans sont "bof". Bref on pouvait s'attendre à beaucoup mieux. Le fait de vouloir en faire un film amoral et un tantinet baroque ne suffit pas à nous accrocher. A sa décharge,il faut savoir qu'il en était à ses tous débuts derrière la caméra. Il fera beaucoup mieux par la suite
L homme des hautes plaines est le premier western réalisé par Clint Eastwood . On est proche de l esprit des Sergio Leone avec qui il a déjà tourné la trilogie du dollar. C est seulement la deuxième réalisation après un frisson dans la nuit de Clint. Le réalisateur reste fidèle à ses principes . Son personnage demeure l'homme « Sans nom » et un étranger arrivant dans une ville qu'il ne connaît pas. C’est parfois minimaliste en dialogue et en décor mais le réalisateur a un talent pour vous faire rentrer dans l’histoire. Le scénario n'est pas extraordinaire au final en restant un film de vengeance venant de l'enfer (couleur des maisons, feu, punition, sentence, ...). Pas un super film pour Clint Eastwood qui fera mieux par la suite avec notamment impitoyable.
Je n'ai pas compris les critiques élogieuses de ce pseudo western des années 70. Clint Eastwood en justicier solitaire hargneux laconique sans foi ni loi qui vient profiter de la naïveté de pauvres habitants d'un patelin perdu au milieu de nul part, c'est légèrement déroutant quand on a vu la trilogie de Sergio Leone.
Les dialogues sont insipides au possible, la moralité proche du zéro absolu et le scénario au ras des pâquerettes, les scènes mal tournées et longuettes... rien ne vient sauver ce nanard du début à la fin, je ne lui ai trouvé que des défauts. C'est limite si l'on trouve les "méchants" moins pires que le héros incarné par Eastwood !
Un western classique! Comme d'habitude,Clint Eastwood a le rôle qui lui colle à la peau. Les autres acteurs sont très moyens. Ensuite, l'histoire n'a rien d'originale et de surprenante. On ne s'ennuie pas mais pas plus !
On va pas tourner vingt piges autour du pot, c'est mauvais. Franchement mauvais. Pourtant, au début, à défaut de présenter les critères du chef d'oeuvre, ça ne commence pas si mal. Eastwood déboule sur son cheval dans cette petite ville, tout vêtu de noir, cigare au coin des babines et dézingues les trois gusses qui lui cherchaient des noises. C'est plutôt cool quoi. C'est après que ça se gâte. Le film sombre complètement et l'on s'ennuie prodigieusement. Et en plus de ça, c'est filmé avec les pieds. D'accord, Clint n'en était alors qu'à son deuxième film; mais là, c'est quand même abusé. Ça n'est pas propre du tout. Cet "Homme des hautes plaines" a beau ne pas durer longtemps, il n'empêche, qu'à part au début, il est un véritable calvaire. Le générique de fin est libérateur.
Pour son premier western en tant que réalisateur, on peut considérer que Clint Eastwood combine l’influence de ses deux principaux mentors. En effet, on y trouve un univers, des personnages et une violence qui pourraient sortir de l’Ouest de Sergio Leone (associés à une musique de Dee Barton possédant par moments des faux airs d’Ennio Morricone) et une manière de filmer plus proche du classicisme hollywoodien (forme qu’il conservera tout au long de sa carrière), tout en faisant un clin d’œil à sa première réalisationspoiler: (une femme attaque un personnage avec une paire de ciseaux comme dans Un frisson dans la nuit) . Comme dans le reste de sa carrière, le cinéaste-acteur ne cherche aucunement la morale rendant son personnage principal détestable par certains de ses actesspoiler: (les deux viols dont le peu de considération qu’y accordent les personnages masculins montre le peu d’importance que les hommes accordaient à la condition féminine à cette époque) alors que d’autres lui donnent un aspect de redresseur de tortsspoiler: (il met sur le devant de la scène un nain et des mexicains accordant une revanche aux maltraités de la ville) . On découvrira au fur et à mesure les raisons de ce comportementspoiler: qui vise à punir les habitants de cette ville constituée d’hypocrites qui, sous des dehors de bons chrétiens, se méfient des étrangers (il suffit de voir comment l’Étranger est observé à son arrivée pour se rendre compte que,dès le départ, les habitants s’attendent à ce que celle-ci entraîne des dégâts) et sont collectivement responsable d’un acte abominable. Ainsi, le personnage incarné par Clint Eastwood, malgré ses agissements contestables, peut être vu comme une espèce d’ange de la vengeance venu pour punir ces faux dévots (surtout dans la V.O. où, contrairement à différentes versions étrangères dont la française, la personnalité de l’Étranger n’est jamais véritablement révélée : il peut être vu comme un membre de la famille du marshall Duncan ou comme le fantôme de ce dernier, réincarné sous une autre forme) . Le résultat est un western totalement maîtrisé où la violence n’est jamais éludée et où l’Ouest est montré sous un jour plus que réaliste (John Wayne refusera une proposition de collaboration avec Eastwood trouvant ce film trop révisionniste à son goût). Avec L’Homme des hautes plaines, Clint Eastwood prouve ainsi qu’Un frisson dans la nuit n’était pas un coup de chance mais qu’il est bel et bien un cinéaste sur qui il faut désormais compter.
Un chef d'oeuvre, le scénario, le son, les plans, les répliques, la musique idéalement conçue et avant tout un film sur la lâcheté, certains se reconnaîtront...