Pénultième film du grand Julien Duvivier, oeuvre totalement oubliée de nos jours sûrement en grande partie parce qu'il a été tourné à une période où le réalisateur était (très injustement !!!) mal considéré à cause des jeunes turcs de la Nouvelle Vague, où sa noirceur et son pessimisme récurrents trouvent parfaitement leur place. L'intrigue s'inspire pas mal du "Facteur sonne toujours deux fois", en tous les cas on retrouve beaucoup d'éléments du roman de James M. Cain dans ce qui est une adaptation d'un autre roman américain, cette fois écrit par James Hadley Chase ; on est aussi dans une station-service-restaurant isolée, le mari est trop débonnaire et confiant, la jeune et belle épouse est une garce, etc... Mais l'efficacité technique du réalisateur est impossible à prendre en défaut encore une fois, l'histoire regorge tout de même de pas mal de séquences fortes parfois avec une grosse dose de suspense. Côté casting, si Jean Sorel apparaît comme un Alain Delon du pauvre (et je dis ça tout en n'étant pas du tout fan de l'acteur du "Samouraï" !!!) et qu'il y aurait pu fastoche avoir un meilleur choix que Robert Hossein, Catherine Rouvel est très convaincante en garce vénale et manipulatrice et on peut compter aussi sur de très bons seconds rôles en particulier George Wilson, Lucien Raimbourg ou encore la belle Nicole Berger (qui au passage fait partie, avec notamment Julien Duvivier, de l'exceptionnellement longue liste des vedettes de cinéma a être mortes à cause de la route en 1967 !!!). Un bon film noir français imparfait mais qui mérite d'être un peu plus connu.
Ce film démontre que même quinquagénaire (2014) un film, même en noir et blanc, sait être captivant...On est pourtant à l'époque de ses immenses progrès techniques : cinémascope, tood AO 70 mm. Mais peut-être que ce film intimiste en noir et blanc ajoute au côté noir de l'intrigue. Car Julien Duvivier est quand même un grand pro de la pellicule avec 70 titres au compteur : on pourra donc dans ses oeuvres trouver quelques ressemblances avec tel ou tel autre film... Ici, il ne faut pas Bac + 5 pour déchiffrer l'intrigue et c'est reposant : il n'y a qu'à se laisser guider par les acteurs. Ce polar ne fait pas dans l'originalité et joue aux gendarmes et aux voleurs comme on le faisait dans nos cours d'écoles : sauf qu'aujourd'hui, si comme dans 'Chair de Poule", les forces de l'ordre tiraient dans le dos de malfrats en train de fuir, on hurlerait à la bavure policière ! Seul grand rôle féminin, la sculpturale Catherine Rouvel est l'évènement qui vient troubler la sérénité de cette tribu d'hommes qui a élu domicile dans un relais routier garage et station service dans un endroit qui, forcément désertique, ajoute au côté angoissant du film. Mais tant pis pour nous, la jolie Catherine pourtant peu avare de ses charmes, restera visuellement très pudique quoique réussissant merveilleusement dans son rôle d'enjôleuse et de garce. Quelques moments de grand suspense ou presque d'horreur lorsque Robert Hossein (merveilleux !) balance au visage du roué Lucien Raimbourg une huile de friture bouillante ! Au moins, le film permet de redécouvrir "cette gueule de cinéma" hélas disparue depuis longtemps et qui ne vivait que pour son métier, notamment au théâtre. Bref, malgré son âge, j'ai bien aimé ce film, l'avant dernier du maître Duvivier. Il a dû s'éteindre avec la satisfaction du travail accompli avec près de 800 000 entrées, ce qui était considérable à l'époque du développement de la concurrence télévision... willycopresto
Un beau film noir de Duvivier, un cinéaste à redécouvrir. Le casting est très réussi, une mention spéciale à Catherine Rouvel, femme fatale et manipulatrice. Dans la lignée Du Facteur sonne toujours deux fois, mais en Provence, avec le chant des cigales et la merveilleuse BO de Georges Delerue ! Une très bonne suprise !
Que de belle images ! L'ombre du tireur sur le mur de l'immeuble au début du film etc...Superbe Catherine Rouvel, on comprend que le pauvre Robert Hossein soit devenu le jouet de ses "caprices". Une autre oeuvre très noire et splendide de Monsieur Julien Duvivier. Tout est déjà dit donc je m'abstiendrai d'en rajouter, du cinéma comme je l'aime. Simplement dire aussi comme bien d'autres que la B.O. est vraiment somptueuse.
Au pitch étrange, sinon tronqué (Un homme rencontre une femme, sauf que tous deux ne sont absolument pas ce qu'ils semblent être, avec leurs buts qui sont tout autres de ce que l'on pense) Chair de Poule est le polar par définition: Ici, dans la chaleur du sud, gérante de la station-service et avant-tout alliée, l'arrogante et très belle "femme fatale" (Maria/Catherine Rouvel) est bien trop avide et sûre de sa victoire programmée selon son plan, et le gangster (Daniel Boisset/Robert Hossein), qui ne cesse de faire des mauvaises rencontres, sans doute le plus honnête d'entre tous. Et puis une lourde atmosphère homoérotique dûe à la tension entre les protagonistes principaux et le complice arriviste (Paul Genest/Jean Sorel) charge implacablement ce vrai huis-clos en tension effective et en suspense, tout en donnant enfin à l'ensemble une patte unique, parmi le soleil et la poussière d'un lieu-dit lointain. Une vrai tragédie, car même si des milliers de solutions sont possibles par-delà l'énoncé de base, c'est l'effroyable cupidité et les bas-instincts qui renverseront tout malgré le bon sens et les 10 millions à la clé. Brrr...
L'intrigue est excellente, les lumières dans ce col de Vence désertique éblouissants, la musique est très bonne (Georges Delerue) les personnages tous plus cupides les uns que les autres, le personnage principal attachant mais justement un peu trop (Robert Hossein), la beauté arrogante et fatale de la seule femme dans le film (on ne peut faire que cliché avec ce rôle et cette actrice, la magnifique Catherine Rouvel), l'irruption du beau gosse plus cupide que les autres (Jean Sorel), des personnages secondaires parfaits comme par exemple la furtive apparition d'une jolie Lolita qui joue à BB en dansant dans le bar (Sophie Grimaldi), le cupide ouvrier lumpen (Lucien Raimbourg) et son ignoble fils. Tous sont trop avides, le mari un peu trop confiant et gentil .... Mais contrairement à d(autres je trouve que la relation entre les deux hommes n'est pas formidablement mise en scène et c'est probablement ce qui fait que le film n'est pas parfait ! C'est un polar plus qu'honnète, avec une belle intrigue, bien filmé...