Shéhérazade
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gimliamideselfes

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2,5
Publiée le 14 juin 2014
Cela fait maintenant un an que j'ai appris que ce film existait complètement par hasard, un extrait était diffusé à l'institut du monde arabe où était présenté une exposition sur les 1001 nuits. Imaginez ma surprise de voir Anna Karina au casting ! Difficile de ne pas avoir une demi-molle rien qu'à l'idée de ce film. Seulement voilà, il n'est pas facile à trouver car il semble avoir été totalement oublié. Et il y a des raisons…

J'ai pas trop envie de jeter la pierre à ce film, parce que malgré tous ses défauts je l'aime bien, enfin disons que j'aime surtout l'idée de ce que j'aurai pu y trouver plus que le film en lui-même.

Parce qu'en vrai c'est très banal… On a un film qui veut se la jouer grand film en costume avec une histoire d'amour tragique sur fond de 1001 nuits et d'Orient, mais en vrai ça dure 2h qui semblent en dure 4 (véridique).

Parce que c'est un peu chiant, ouais, faut le dire, parce que tout est prévisible et trop plat, trop lisse, on sent l'envie de faire Cléopâtre sans y parvenir, mais l'intention était louable.

En fait ce qui tue le film c'est le héros chrétien : Renaud (on a aussi un Didier et un Thibaut) qui est d'une fadeur inégalable, on s'en fout de lui, on se demande ce que Shéhérazade peut bien lui trouver. Du coup forcément on ne croit pas au point de départ de l'histoire… alors bon… les péripéties qui s'en suivent…

Cependant le meilleur personnage est celui du Calife qui n'est pas un homme mauvais, bien au contraire, il aime juste une princesse qui ne l'aime pas en retour et il tente juste de ne pas perdre la face.

Le personnage de Shéhérazade est trop informe et unilatéral dans sa représentation du bien, du sacrifice (avec Anna Karina qui fait la gueule durant tout le film) que ça ne le fait pas trop non plus…

Je ne parle pas des costumes qui font vraiment "vieux", les mecs chevauchent dans le désert et pas une goutte de sueur, pas de sable, nan ils sortent du pressing… c'est d'une autre époque.

Je ne peux que saluer la tentative de représentation de l'orient sensuel avec Karina qui fait une sorte de danse du nombril, on voit quelques filles à moitié nues dans des bains, mais ça ne suffit pas, c'est trop superficiel. En fait Gaspard-Huit n'a pas su saisir l'essence des 1001 nuits, ce qui fait le charme de l'Orient et la fascination que je peux avoir à son égard. Le truc c'est que ça se passe dans un cadre réel et réaliste, il manque toute la dose fantastique des 1001 nuits, ce côté envoûtant, limite on aurait pu croire voir un péplum particulièrement plat. C'est dommage. Les deux versions du voleur de Bagdad avaient bien mieux saisi (sans pour autant adapter les 1001 nuits) le côté aventure fantastique (malheureusement sans érotisme).
Là c'est fade et lisse, alors on a quelques moments de bravoure, j'aime bien lorsque le Calife est à l'écran ou lorsqu'on ne voit pas la frange ignoble de Karina et qu'elle se retrouve quelque peu essoufflée dans le désert, elle véhicule quelque chose (bon pas autant que chez Godard, mais quand même).

C'est trop froid et mécanique pour moi. Et en parlant de mécanique je ne peux pas m'empêcher de citer ce magnifique Deus ex machina (au premier degré) à la fin du film… Il y a plusieurs moments comme ça où je me suis demandé si je devais rire tant c'était un brin ridicule.

Cependant, malgré tout, je n'ai pas réussi à le détester, malgré que ça ne m'a même pas diverti, rien que le fait de se plonger dans l'Orient, même s'il n'est pas bien représenté, ça m'a fait du bien, ça m'a fait plaisir et ça m'a donné envie de continuer les 1001 nuits. Et puis il y a Karina… Même si la voir passer de vivre sa vie à ça, ça fait un peu mal.
Rodrigue B
Rodrigue B

27 abonnés 220 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 28 juillet 2018
Pierre Gaspard-Huit nous prouvait déjà son talent avec son chef-d'oeuvre : « Christine ». Avec « Shéhérazade », il nous confirme son don à travailler l'esthétique d'un film et également son goût pour les histoires d'amour impossible (à la « Roméo et Juliette).
La photographie de « Shéhérazade » est d'une rare beauté, tous les plans sont majestueux, ce film n'a rien à envier à une production américaine épique du style des Howard Hawks (« La terre des pharaons » par exemple, film réalisé presque une décennie auparavant), rappelons néanmoins que « Shéhérazade » bénéficie d'une grande coproduction. Les décors somptueux nous bluffent complètement, on se croit transporté dans le Bagdad du 9ème siècle.
L'histoire est simple mais efficace. Bref que d'ingrédients mélangés afin de nous servir une belle réussite.
Parlons du plus étonnant : Anna Karina dans le rôle-titre ! Que vient-elle faire dans cette production ? La figure emblématique de la Nouvelle Vague fait une « pause Godard » pour ce film à gros budget. Force est de constater qu'elle a eu raison. Même si ce film se laisse injustement oublier (dvd rare, difficile à se procurer... Merci « Gaumont à la demande »), il remporte un gros succès lors de sa sortie et parvient à remplir les salles. Anna Karina nous offre une Shéhérazade sublime, ravissante et charismatique, un plaisir pour les yeux !
Je garde un souvenir impérissable de la scène où l'on impose les épreuves aux trois femmes proposées au calife mais également de la danse destinée à rendre jaloux Renaud de Villecroix (scène choisie pour plusieurs affiches du film dont celle utilisée pour la jaquette du dvd).
inspecteur morvandieu
inspecteur morvandieu

91 abonnés 4 228 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 5 octobre 2025
Du côté de Bagdad, Renaud de Villecroix, envoyé de Charlemagne, prend le temps de libérer Shéhérazade d'une tribu bédouine. Coup de foudre. Le charme latin pour l'un, l'accent de Copenhague pour l'autre, sans doute.
Sur un plan formel, cette coproduction franco -italo-espagnole est pimpante. Les couleurs et le scope, les panoramas naturels somptueux et la clinquante déco intérieure des palais arabes font illusion. Mais pas longtemps. Le dessein des auteurs d'élever les sentiments entre Shéhérazade et Renaud au rang d'amour absolu et mythique, façon Tristan et Iseut, tourne à l'emphase et au ridicule et plombe l'aventure. Les deux personnages sont quasiment dans l'abstraction, invariablement douloureux et affligés. Par conséquent, si mal dirigés, Anna Karina et Gérard Barray sont mauvais. La première n'est manifestement pas à sa place ici ; et elle a la témérité d'exécuter cette danse lascive très kitsch, qui l'expose et qui nous convainc qu'elle est bien mieux chez son mentor Godard !
Je ne sais pas ce que le scénario doit aux Mille et une nuits, pas grand 'chose probablement, mais son orientalisme tout en poncifs -avec calife cruel et pervers en prime- est une coquille vide, faute d'un bon scénario et d'un contenu romanesque dense. L'aventure a le souffle court, à l'image des rares moments mouvementés, très faibles. Le réalisateur Pierre Gaspard-Huit n'est, à l'évidence, pas qualifié pour le film d'action.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 22 août 2018
J’ai adorer le film malgré que les acteurs soient amateurs, ils ont très bien jouer leur rôle. J’ai eu la chance de les voir lors de l’avant première à Montpellier. Film très touchant qui montre l’amour qui se cache derriere les histoires de quartier.
A voir !
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