Film à thèse très dénonciateur sur un sujet encore tabou au lendemain de la seconde guerre mondiale, Le mur invisible traite avec une virulence sans précédent la discrimination qui touchait les juifs aux Etats-Unis. Le personnage qu’interprète avec brio Gregory Peck nous fait découvrir, à travers une enquête immersive, le regard et les comportements méprisants que peut avoir son entourage dès lors qu’il se fait passer pour un juif. En plus de cette façon efficace de mettre en lumière l’antisémitisme omniprésent dans tous les milieux de New-York, Elia Kazan, qui n’a jamais caché ses opinions politiques socialistes, va jusqu’à citer des politiciens contemporains connus à l’époque pour leurs discours racistes, c’est dire si sa motivation est de créer la polémique. Cependant, le réalisateur a, après coup, regretter ce film, et ce à cause de sa sous-intrigue romantique qui aurait, selon lui, pris le pas sur le brûlot politico-social, et pourtant, même si elle allège la charge et rend l’ensemble un peu édulcoré, la relation qu’a la belle Katy avec Phil est intéressante dans le sens où elle nous fait partager les doutes que peuvent avoir tous les non-juifs devant cette intolérable situation.
Un beau film traitant pour une fois de l'antisémitisme et du racisme (les deux sont mis au même niveau dans une phrase, chose assez courageuse dans les Etats-Unis de cette époque) au quotidien. Ici, pas de démonstration violente et voyante comme ce fut le cas dans les films anti-nazis des années précédentes. Elia Kazan nous montre comment de petits préjugés, de petites remarques et de petites discriminations peuvent amener doucement vers les horreurs que les USA venait de combattre en Europe. De plus, Kazan a l'intelligence de montrer que l'inaction des personnes n'ayant pas ces pensées en est également un peu responsable et que les préjugés peuvent venir de tous types de personnes, même quand ceux-ci concerne leur propre communauté spoiler: (la secrétaire souhaitant que l'on évite d'engager un juif sans que celui-ci cache son appartenance religieuse car, s'il était mauvais, il pourrait nuire à la réputation des autres juifs) . Même si le film n'est pas exempt de défauts (le temps qu'il faut pour que Gregory Peck trouve son astuce de reportage est trop long, alors qu'il avait déjà utilisé cette technique pour d'autres enquêtes), Le Mur invisible a le courage de montrer de manière réaliste à l'Amérique victorieuse que les erreurs de ses ex-adversaires peuvent également se retrouver chez elle. Malgré un aspect parfois un peu trop didactique, Le Mur invisible est, pour l'époque, un film hollywoodien suffisamment courageux par son sujet pour retenir l'attention.
Premier films du diptyque de Kazan sur le racisme, avant « « L’héritage de la chair ». Ici le cinéaste s’attaque à l’antisémitisme, sujet encore tabou à l’époque, même après les horreurs de la guerre et la découverte des camps. Le thème est pourtant traité de manière relativement douce, sous une forme assez classique, très hollywoodienne, ménageant ainsi le spectateur. Kazan égratigne tout de même l’hypocrisie et la lâcheté de la bourgeoisie démocrate, soit disant progressiste, mais son pamphlet ne va pas plus loin. Il faut dire que c’était peut être déjà beaucoup pour l’époque. Le charme du casting (Grégory Peck, Dorothy Mc Guire, John Garfield et l’excellente Celeste Holm, oscarisée pour son rôle) fait que l’on passe tout de même un agréable moment, bien plus que devant n’importe quelle film de Dieudonné.
Le Mur invisible est un film sublime traitant avec brio d'un sujet très lourd : l'antisémitisme. L'histoire, abordant un sujet très lourd, réussit à frapper où il faut. Le personnage central est absolument génial, représentant un idéal de journalisme, sans compromission mais déchirant d'humanisme. Le film prend le risque de démontrer que l'antisémitisme existe et même est très présent dans le pays qui a pourtant libéré le monde du joug nazi, le propre pays du réalisateur et de l'équipe de tournage et de production : les États-Unis. Le film pointe du doigt, des attitudes et des comportements qui paraissent anodines et innocentes de la part de personne se proclamant ouverts d'esprit et respectueux à l'encontre de l'obédience judaïque (certaines personnes le pensant même profondément), mais qui sont en réalité le résultat d'une intolérance religieuse. En alignant bout à bout ces gestes anodins, Elia Kazan (le réalisateur) démontre à quel point l'antisémitisme ronge la société. Gregory Peck est, comme à son habitude, brillant. Quelle claque ! Une telle aura se dégage de cet acteur. Il nous prouve une fois de plus, qu'il s'agissait bien d'un des meilleurs acteurs de sa génération. Dorothy McGuire et John Garfield complète bien le casting. Un film qui mérite d'être revu aujourd'hui, où nous avons beau nous proclamer tolérants et écœurés par la discrimination, certains de nos gestes et comportements en disent long sur ce que nous sommes vraiment.
C'est un film intriguant et somme toute passionnant dans son thème. On croit qu'on va assister à une mascarade de déguisement et un défilé de scènes dégradantes mais on va en vérité s'attacher à l'essence même de la croyance. Celle qui fait l'homme. Et le couple sera le catalyseur de cette prise de conscience. Vraiment bien
Un sujet très sensible traité avec tact, talent, brio. Mise en scène archi classique, mais somme toute le film se regarde agréablement, retient l'attention, bouscule.
8 décembre 2025 Les scénaristes Laura Z. Hobson et Moss Hart, ainsi que le réalisateur Elia Kazan évoquent un sujet grave mais on note quand même qu'il n'y a AUCUN noir dans ce film qui traite du racisme aux états unis !!! Le film date de 1947 et c'est la ségrégation raciale moi qui m'a rapidement interpellée, en fait. AUCUN noir dans ce film américain de 1947 quoi !!! La seule chose que j'ai retenu de ''le mur invisible'' c'est que d'autres victimes de racisme n'ont même pas à supporter un mur invisible puisqu'ils le sont eux-mêmes... totalement invisibles !!! Le film n'est pas mal mais bon... aborder un sujet comme l'antisémitisme aux états unis et cautionner ouvertement l'apartheid qui y régnait par l'absence d'acteurs noirs, franchement, c'est assez grotesque.
Élégance des cadrages ,fluidité du découpage ,direction d'acteurs souveraine: Du Kazan pur jus pour ce film oscarisé et qui choisit d'aborder un antisémitisme qui ne dit pas son nom. Difficile de ne pas faire le rapprochement en tous points avec le cordon sanitaire mal camouflé , mis en place ces derniers temps en France , autour de... l'Islam. Ironie du sort , une bonne partie des participants au film ( notamment Kazan et Garfield) atterrirons quelques années plus tard sur les listes noires du Maccarthysme.
Le journaliste Phil Green entame une vaste enquête sur l'antisémitisme dans la société américaine. Et quel meilleur point de vue que de se faire passer lui-même pour juif... Sans bruit ni fureur, tournant le dos à une intrigue intense ou spectaculaire, Elia Kazan choisit le didactisme plutôt que le "divertissement", s'attache à découvrir l'antisémitisme latent et culturel de certains citoyens américains plutôt que d'évoquer l'antisémitisme violent, extrême, qu'on sait exister dans une frange de la société. A cet égard, le personnage de Dorothy McGuire, accessoirement fiancée de Gregory Peck dans le film, est le plus significatif d'une majorité d'Américains à laquelle le cinéaste reproche son silence. Non suspectes d'antisémitisme, la passivité de Kathy, son indifférence peut-être, sont, selon Kazan, une façon de compromission avec les racismes et ostracismes de toute nature. Bien peu s'en indigne comme le journaliste Green. J'aurais voulu me passionner pour le sujet mais le film, en raison même de son approche pédagogique et au détriment d'une intrigue dès lors peu animée, verse dans une expression discursive et démonstrative. A tel point que l'engagement de Green prend moins la forme du combat que du sermon.
Film de commande (1947) souhaité par le producteur hollywoodien mythique qu'est, encore aujourd'hui Darryl Zanuck, " le mur invisible" ne fit pas l'objet d'une grande considération de la part de son metteur en scène Elia Kazan.
Sorte d'opus dossier sur les préjugés religieux ( ici il s'agit de l'antisémitisme aux usa, après la seconde guerre mondiale), " le mur invisible" vaut pourtant mieux que ce qu'en a dit Kazan.
Certes, ce n'est pas une des meilleures réussites du cinéaste, mais la renommée de son casting ( Grégory Peck surtout et John Garfield), la qualité des dialogues ne sont pas étrangères aux 3 oscars qui lui furent attribués ( dont celui du meilleur film).
Comme dans le scénario, écrire un article en se faisant passer pour..., l'idée a été, mise en œuvre dans la vie réelle par des journalistes de renom.
On pourra peut-être reprocher au déroulement de l'intrigue, sa seconde partie, qui ne me semble pas posséder le même degré de fluidité que la première, mais " le mur invisible" mérite sans nul doute d'être connu.
Kazan poursuivra avec " l'héritage de la chair" sa défense des droits des minorités, en abordant le thème des préjugés raciaux. Toutefois, au strict plan cinématographique " le mur invisible" est ( selon moi), plus accompli.
Tout indiqué de visionner cette perle d'Elia Kazan en 2009, époque aux relents d'obscurantisme ! C'est une analyse complète du phénomène de rejet, le pire, celui "entendu", jamais formulé clairement mais qu'on devine aux expressions, aux actes... Bien sûr, c'est hollywoodien par nécessité mais Kazan, l'exilé (qui a ensuite connu les affres du Mc Carthysme), excelle ici à démontrer les aspects de cette sottise séculaire : pourquoi l'instinct humain pousse-t-il toujours à rameuter un maximum de ses semblables pour en écarter une catégorie dès lors affublée de tous les maux ? Et qu'est-ce-qu'on en fait, de cette tare ? Kazan imagine un stratagème, par le biais du journalisme. Tout simplement admirable !
Film assez lourd, dont le sujet est très démonstratif et militant, il dénonce l'antisémitisme avec acharnement, mais il est particulièrement piquant de voir qu'on y aperçoit pas un seul noir ! Il y avait encore pas mal de chemin à faire......
Elia Kazan réalisateur du cultissime Un Tramway nommé désir (1951) avait auparavant réalisé un film dénonçant l’antisémitisme dans les années 30/40 avec Le Mur invisible (1947), son quatrième long-métrage. Il s’agissait à l’époque d’un des premiers films à affronter le sujet tabou de la ségrégation raciale, son œuvre en dit long sur ce qu’on vécu les juifs à cette époque, sans retenue, ni tabou, il dresse un fâcheux constat, lourd et gênant. La mise en scène est parfaite, tout comme ses acteurs, à savoir : Dorothy McGuire, John Garfield et surtout, le personnage principal : Gregory Peck, découvert auparavant dans La Maison du Docteur Edwardes (1945) et dans le sublime Duel au soleil (1949). Une œuvre édifiante & révélatrice, qui fut couronnée de succès en 1947 avec pas moins de 3 Oscars, dont celui du Meilleur Film, du Meilleur Acteur et de la Meilleure Actrice dans un Second Rôle. Une belle leçon de morale, à la fois citoyenne et humaine.
Un des nombreux classiques de Elia Kazan indémodable. Film sur l'humanité et l'antisémitisme (cela fait toujours du bien un peu de morale). Gregory Peck est le meilleur choix pour ce rôle, mise en scène sobre par contre avec un regard actuel on peut trouvé les traits des personnages et des situations un peu grossit mais faut se rappeler que le film date des années 40 ou le racisme était plus flagrant.