Déjà, il faut voir "Django" avec un certain second degré et ne surtout pas s'attendre à du grand cinéma. On n'est pas dans les films de Sergio Leone, seulement dans un western-spaghetti respectant tous les codes du genre, mais pas désagréable pour autant, loin de là. Il y a une ambiance et une esthétique à ne pas négliger, car c'est le principal point positif du film. La première partie est jubilatoire : elle reprend le thème de l'homme inconnu et mystérieux avec panache. Sans génie, certes, mais le métier est là et Franco Nero est charismatique. Il parle très peu et compose soigneusement un personnage violent et fascinant, qui sort facilement les armes. Bon, d'accord, il n'y a rien de très original dans tout ça mais j'ai pris un plaisir fou (je devrais avoir honte) à assister aux fusillades excessives mais remarquablement bien amenées. Il y a une tension qui se fait sentir, un découpage appliqué et les regards qui se font de plus en plus inquiétants. Niveau psychologie, il n'y a pas grand-chose à dire car aucune étude de caractère n'est observée mis à part une évocation rapide de la cupidité du héros. C'est bien superficiel et la magie disparait petit à petit que les protagonistes se font nombreux : le mystère (et celui du début qui faisait tout le charme) s'envole et tout se fait sans finesse mais toujours en conservant un certain humour et une légèreté bienvenue. Pour les fans de westerns-spaghetti comme moi, "Django" s'avèrera être un très bon moment. Pour les autres, ce ne sera qu'une vulgaire série B violente et sans intérêt, voire ringarde.