Le Vent
Note moyenne
4,3
123 notes En savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné

22 critiques spectateurs

5
11 critiques
4
8 critiques
3
2 critiques
2
1 critique
1
0 critique
0
0 critique
Trier par :
Les plus utiles Les plus récentes Membres avec le plus de critiques Membres avec le plus d'abonnés
Benjamin A

818 abonnés 1 930 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 28 janvier 2017
Alors que le cinéma muet, en passe de se faire remplacer par le parlant, en est au crépuscule de son existence, ses dernières années verront des cinéastes atteindre leur sommet sous cette forme-là, à l'image de Lang, Murnau ou encore Borzage. Arrivé à Hollywood en 1924, Victor Sjöström va participer à cet apogée créatif en signant The Wind, où il met en scène le destin d'une jeune fille arrivée de Virginie pour travailler avec son cousin, au risque d'attirer la jalousie de la femme de ce dernier.

Dès les premières images puis le passage dans le train, Sjöström impose déjà une vraie force à son oeuvre, une vraie dimension qu'il va travailler jusqu'à un final magistral, où il terminera de faire ressortir toute la puissance et l'émotion de son personnage principal. Ici, il dresse le portrait d'une femme fragile qui va voir la vie ne lui faire aucun cadeau, rôle que Lillian Gish aura souvent obtenu dans sa carrière à l'image de ses somptueuses collaborations avec D.W. Griffith comme Way Down East ou Broken Blossoms. Elle non plus ne survivra pas vraiment au muet, continuant sa carrière à la télévision avec parfois quelques seconds rôles au cinéma. Dans The Wind elle propose à nouveau une composition d'une rare justesse et puissance, sachant faire passer tout un panel d'émotion, surtout la détresse, peur et amour à travers de simples gestes et regards. Elle confirme encore qu'elle est bien l'une des plus belles et talentueuses actrices qui m'ait été donné de voir.

En adaptant le roman éponyme de Dorothy Scarborough, Victor Sjöström met en scène à sa façon la conquête de l'Ouest à travers le destin de cette femme qui va connaître les pires souffrances, souvent dues aux autres. Une descente aux enfers non préméditée, où elle débutait le film heureuse de retrouver son cousin, avant de voir les défauts de la nature humaine (jalousie, viol, hostilité, convoitise etc) empêcher son bonheur et précipiter sa chute. Un malheur annoncé, et symbolisé, par des vents d'une immense force qui ne font qu'accentuer sa peur. Bien que Sjöström reste constamment braqué sur elle, il ne néglige pas les autres rôles, où chacun apportera sa pierre à ce triste édifice, qu'il soit bon ou mauvais mais toujours traité avec une certaine justesse. L'histoire est épurée, sachant aller à l'essentiel sans détours inutiles. Il trouve toujours le bon équilibre entre les tons, sachant donner une vraie dimension à son mélodrame et le retranscrire à merveille jusqu'à un final déchirant, capable de prendre aux tripes et montrant, à nouveau et s'il y avait besoin, la magie et l'intemporalité du cinéma.

Usant de quelques symboles, à l'image des spectres animaux, il montre surtout une grande maîtrise de la caméra, jouant dans un style expressionniste et donnant une ambiance de plus en plus prenante à l'oeuvre, oscillant entre angoissante, cauchemardesque, fascinante, intense, violente ou encore magnifique. Une vraie poésie se dégage de l'oeuvre, sublimée à la fois par le parcours de l'héroïne, qui devra puiser des forces inespérées en elle pour s'en sortir, que par les plans de Sjöström ainsi que son utilisation des décors (à l'image des scènes de vents). Il ne tombe pas dans le pathos ou quelconques excès, mais retranscrit avec justesse toute l'émotion des enjeux, sachant capter au mieux les pulsions et émotions des personnages, parfois à travers une simple expression ou regard.

Une oeuvre d'art d'une rare intensité émotionnelle, où un regard ou geste en dit bien plus que n'importe quel mot, où chaque image se révèle d'une rare richesse et sensation et où Lillian Gish, merveilleusement fragile, incarne à elle seule la magie et l'intemporalité du cinéma.
chrischambers86

16 219 abonnés 13 170 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 22 octobre 2009
C'est en 1928 que sortit "Le vent", drame original qui est sans doute la meilleure rèussite amèricaine du metteur en scène suèdois Victor Sjöstrom, en même temps que l'une des oeuvres les plus achevèes du cinèma muet! Cependant, le personnage le plus important du drame est le vent lui-même, symbole du conflit qui anime les personnages, eux-mêmes saisis dans une vèritable tempête de sentiments contradictoires! Lilian Gish fait une crèation exceptionnelle dans le rôle de la jeune femme, tandis que Lars Hanson incarne avec une très grande vèritè le rôle du cowboy, homme frustre peu à peu transfigurè par l'amour! La conclusion de l'oeuvre ètait très audacieuse pour l'èpoque! Sjöstrom rèussit le tour de force de rendre extraordinairement prèsent, dans un film pourtant muet, le sifflement du vent à travers les ètendues de sable et sur la maison isolèe dans la tempête! Cette oeuvre atteint les limites expressives du muet...
Alasky

464 abonnés 4 736 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 23 mai 2009
Un western féminin, muet, avec Lillian Gish. Bref pour moi c'est que du bonheur :)
Marc V.
Marc V.

18 abonnés 63 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 14 juin 2008
Admirable chef d'oeuvre du cinéma muet, jamais un film n'aura aussi bien porté son nom. La manière dont Victor Sjöström, le réalisateur, parvient à matérialiser le vent et à en faire un personnage à part entière tout au long du film est un véritable tour de force... (Il fut aidé en cela par huit avions venus faire tourner leurs hélices sur le plateau du film). La mise en scène, naturaliste, arrive à nous rendre le vent palpable et une fois le film terminé, il semble que le souffle de la tempête résonne encore dans nos oreilles. Ce qui n'est pas un mince exploit pour un film muet ! Sombre et émouvant, le récit est porté par une Lilian Gish admirable qui trouve là un de ses plus beaux rôles.
Léa H.
Léa H.

38 abonnés 225 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 26 mars 2014
Le vent dont il est question ici, c’est le souffle des pulsions que déchaîne une adorable jouvencelle mais aussi celui de la passion que la jeune fille tente de repousser avant qu’elle ne la submerge. C’est donc celui de la vie qui traverse ce magnifique mélo, âpre et poétique. Lillian Gish apporte toute sa fragilité et son intensité à ce rôle bouleversant d’une femme qui découvre que l’amour passe par l’acceptation de l’altérité - de l’autre mais aussi du monde. Bref, un grand film métaphysique !
TwinPeaks2003
TwinPeaks2003

6 abonnés 138 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 10 mars 2025
Super film à la mise en scène spectaculaire avec toutes ces tempêtes inimaginables. Comment ils ont fait à l’époque ?

Mélange de genres passant de la romance à du western tout en faisant aussi un peu de l’horreur.

Lilian Gish formidable

Le vent, peut-être, un symbole de cette supériorité de l’homme par rapport aux femmes qui malheureusement ne peuvent rien faire face à cela, elles doivent vivre cette souffrance ainsi. Peut-être, un jour le vent se lèvera autant sur les femmes que les hommes, on l’espère.
L'Arène d'Airain
L'Arène d'Airain

34 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 2 juin 2021
Petite perle d'onirisme, d'étrangeté et d'ambiance fascinante. La symbolique et le rêve sont omniprésents. Un souffle, un vent, et une musique comme j'en ai rarement ressenti dans un film muet. Il ne manquera pas de faire penser à La femme des sables de Hiroshi Teshigahara. Du langage cinématographique à l'état pur qui se passe de commentaires et de dialogues inutiles.
Les meilleurs films de tous les temps
  • Meilleurs films
  • Meilleurs films selon la presse