Honkytonk Man
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soniadidierkmurgia

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4,0
Publiée le 19 août 2026
Tout au long de sa carrière de réalisateur forte de 40 longs métrages en 43 ans d’activité, Clint Eastwood aura su montrer une autre face de son talent en réalisant entre policiers et westerns efficaces quelques films intimistes (« Breezy », « Bronco Billy », « Sur la route de Madison », « Million Dollar Baby ») ou quelques autres consacrés à l’univers musical qui à travers le jazz surtout, le blues mais aussi la country n’a jamais cessé de le passionner (« Honkytonk Man » », « Bird », Piano Blues », « Jersey Boys »). « Honkytonk Man » réalisé en 1982 à partir d’un roman de Clancy Carlisle à la suite du peu digeste « Firefox » constitue une sorte d’hommage à ces musiciens talentueux qui durant la Grande Dépression et les années qui l’ont suivie, exercèrent leur talent dans des conditions précaires, parcourant le pays à la recherche d’engagements et de possibilités d’enregistrer pour accéder à la reconnaissance mais aussi goûter à un certain confort matériel. « Honkytonk Man » produit par The Malpaso Company lorgne d’évidence sur les carrières courtes et tragiques de Jimmie Rodgers et Hank Williams tous deux morts prématurément après avoir connu le succès durant un bref moment.
Red Stovall le guitariste et chanteur de country qu’incarne Clint Eastwood n’aura même pas spoiler: l’ultime récompense de voir son talent reconnu, mourant durant l’enregistrement de son premier vinyle. D’origine rurale, Stovall est un homme entre deux âges sans attache, vivant d’expédients et de petits contrats passés avec des tenanciers de bar par l’intermédiaire de managers quelquefois peu scrupuleux n’honorant pas ses cachets. La tuberculose qui le mine, ajoutée à son alcoolisme et à son addiction au tabac, le voit débarquer ivre mort en Oklahoma où vivent sa sœur (Verna Bloom), son mari (Matt Clark) et son père (John McIntire) ainsi que son neveu (Kyle Eastwood) exploitants d’une très modeste ferme. Une étape avant de se rendre à Nashville (1000 km) le temple de la musique country dans le but d’auditionner pour le fameux Grand Ole Opry (depuis 1925 émission de radio hebdomadaire). Un homme au corps usé sans doute conscient que se joue là sa dernière occasion de faire connaître son travail.
Devenu inapte à la conduite, Stovall demande à son neveu Whit de l’accompagner. Le grand-père originaire du Tennessee profite de l’occasion pour aller finir ses jours dans la région qui l’a vu naître. Marlene une jeune fille délurée (Alexa Kenin) se joint à eux.
S’engage alors une sorte de road-movie tout à la fois picaresque à travers les événements cocasses qui vont pimenter le voyage pour le plus grand plaisir du jeune Whit mais aussi émouvant et pathétique par le lien que tissent l’homme en bout de course et la jeune pousse rêvant de mener la vie de bohème de son oncle loin de la morosité de sa ferme en Oklahoma. Comme souvent chez Eastwood l’émotion est très pudique faisant tout le prix de films magnifiques comme « Breezy », « Bronco Billy » ou encore « La route de Madison ». Elle est ici encore renforcée par le choix du réalisateur de travailler avec son jeune fils Kyle alors âgé de treize ans.
Aidé de son chef opérateur Bruce Surtees qui avait fait des merveilles pour Bob Fosse sur « Lenny » (1974), Eastwood se saisit parfaitement de l’époque notamment pour rappeler que le rêve américain pour certains n’était encore dans les années 1930 qu’un mirage comme l’explique avec nostalgie le grand-père lors d’une scène particulièrement juste et touchante.
« Honkytonk Man » est donc une franche réussite même si on a un peu de mal à s’habituer à un Clint Eastwood chanteur de country en fin de vie. On appréciera aussi les petits inserts musicaux avec des pointures ( Marty Robbins, Porter Wagoner, Ray Price et Merle Travis) de la country ou du blues comme la grande Linda Hopkins. Tout comme la scène finale, joli hommage aux « Lumières de la ville » de Charlie Chaplin voyant Whit et Marlene partir main dans la main sur le chemin de la vie. Pour sa sixième réalisation, Clint Eastwood ne déçoit pas, salué par la critique avec en sus son film au sujet peu vendeur recueillant tout de même un appréciable succès d’estime ( spectateurs en France)
Arkab Prior
Arkab Prior

5 abonnés 128 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 21 juillet 2026
Dans ce film de 1983, Clint Eastwood (Red) partage la vedette avec son propre fils de 14 ou 15 ans, Kyle (Whit). L'action se passe pendant la Grande Depression et la Prohibition, entre l’Oklahoma des petits fermiers ruinés qui s'exilent dans une nouvelle terre promise, la Californie, et Nashville dans le Tennessee où convergent des rêves de gloire dans l'industrie naissante du disque. spoiler: Le jeune Whit, fils d'agriculteurs ruinés,
n'a guère de perspectives dans la vie quand débarque son oncle Red dans une grande voiture couverte de boue qui devient rutilante quand elle est propre, et surtout armé de son unique richesse, sa belle guitare. Dans cette famille de pauvres gens, Red est le plus à plaindre car il est malade, alcoolique et célibataire. Pourtant, cet homme excentrique incarne pour le garçon la possibilité d'un autre monde, celui d'une carrière artistique. D'ailleurs, Red a un projet : se rendre à Nashville pour tenter à nouveau sa chance. Whit a pour mission de l'accompagner pour veiller sur lui !

L'arc narratif du film a trois flèches : la transmission oncle-neveu, le destin d'un loser presque total, et le "coming of age" ou passage à l'âge adulte de Whit, le tout sur trame de road movie picaresque.
("Le roman picaresque (de l'espagnol pícaro, « misérable », « futé ») est un genre littéraire né en Espagne au XVIe siècle et qui a connu sa plus florissante époque dans ce pays. Un roman picaresque se compose d'un récit sur le mode autobiographique de l’histoire de héros miséreux, généralement des jeunes gens vivant en marge de la société et à ses dépens. Au cours d’aventures souvent extravagantes supposées plus pittoresques et surtout plus variées que celles des honnêtes gens, qui sont autant de prétextes à présenter des tableaux de la vie vulgaire et des scènes de mœurs, le héros entre en contact avec toutes les couches de la société." Wikipédia).

Au fil du voyage, spoiler: les rôles adulte / enfant s'inversent. Whit conduit la voiture. Whit encourage, protège, tente de soigner son oncle. Red confie ses tourments. Red abandonne parfois son neveu à un sort incertain. A la mort de Red, Whit chantonne un air de gospel devant la tombe, il hérite de la guitare et reprend la route. La bouche est bouclée. Durant le voyage, Whit s'est initié au sexe, aux femmes, au monde interlope des adultes, à la débrouille, au vol, à la survie dans les marges. Et une perspective s'est ouverte à lui.


L'acteur et réalisateur à succès Clint Eastwood choisit de jouer le rôle d'un artiste raté spoiler: au piteux destin, si ce n'est finalement sa mort, si on prend en compte les deux jours qui la précèdent, et qui lui permet de transcender sa pauvre vie de troubadour vagabond.
Cela tisse sans doute le thème philosophique de cette histoire : une vie réussie / une vie ratée.

La représentation de l'époque est crédible, qu'il s'agisse de la poussière de l'Oklahoma ou de la déglingue des bordels de campagne ou des honky tonk, ces bars musicaux de musique country pour les blancs.

J'ai apprécié la musique et la jolie chanson emblématique du film : "Throw your arms 'round this honky tonk man / And we'll get through this night the best way we can !"

Défauts du film : le jeune Kyle a les cheveux toujours beaucoup trop luisants et bien coupés pour être vraiment crédible dans son rôle de miséreux ; les péripéties trainent un peu en longueur.
inspecteur morvandieu
inspecteur morvandieu

96 abonnés 4 408 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 9 octobre 2025
"Honkytonk Man" est un road-movie désenchanté sur fond de musique country. Désenchanté car l'existence des personnages du cinéaste Eastwood est pénible, laborieuse et sans espérance. Et surtout parce que l'avenir de Red Stovall, atteint par la tuberculose, ne fait pas guère douter.
Dans cette Amérique agricole et pauvre, véritable contre-publicité de l'American way of life, les personnages traversent ou ont traversé la vie sans pouvoir jamais devenir "quelqu'un". Chanteur de country, Stovall place ses dernières illusions et ses derniers souffles de vie dans l'enregistrement d'un disque grâce auquel il laissera, peut-être, une trace de son passage ici-bas.
Sur la longue route qui conduit le chanteur et son neveu -un parcours initiatique pour ce dernier- vers les studios de la ville, Eastwood met en scène un voyage fait d'incidents ordinaires et de rencontres parfois cocasses. En toute simplicité, car le réalisateur ne donne ni dans la psychologie ni dans le sentimentalisme. Son film résonne comme un hommage aux couches populaires de l'Amérique, à leur musique, à leurs espoirs défaits par la vie dure. C'est un film atypique, très personnel, qui rompt avec l'univers de brutalité plus habituel d'Eastwood et qui révèle la sensibilité de son auteur-interprète.
Justin  Navi
Justin Navi

5 abonnés 314 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 13 octobre 2024
Encore un très beau film de Client Eastwood, sur le thème de la rencontre improbable de personnages très différents qui parviennent à se comprendre et à faire un bout de chemin ensemble. C'est bien évidement très bien réalisé et joué. Eastwood est incroyablement crédible en quinqua très malade, on dirait qu'il l'est vraiment. Evidement c'est un mélodrame, donc c'est un peu lent parfois.
Claude DL
Claude DL

124 abonnés 1 940 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 29 juin 2024
Sans doute un film mineur dans la production de Clint Eastwood. L’originalité est qu’il tourne avec son propre fils jouant le rôle de son neveu ange gardien. Les chansons folk qui émaillent l’ensemble sont sympa et Clint a manifestement un don à ce sujet. Pas inoubliable mais se laisse regarder agréablement : on reconnaît le sens du récit, toujours impeccable, du réalisateur.
steevevo
steevevo

11 abonnés 648 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 4 avril 2024
Eastwood joue avec sa légende comme il n'a jamais cessé de le faire, et avec celle de l'ouest américain et du cinéma de ses pairs, en premier lieu de celui de Ford. Ce film est exemplaire dans le fond, empreint de tendresse et de nostalgie mais pour mieux nous emmener vers un ailleurs. C'est sans aucun doute une leçon d'apprentissage, pour le neveu mais aussi pour Kyle, le fils. Double, triple... lecture. Donc pas besoin d'en rajouter. Et c'est là que le fils prodigue de Leone et Ford se montre talentueux. Maintenant le film n'est pas exempt de défauts, mineurs à mon sens. Quelques facilités narratives... Un très bon film à voir dès 10 ans, avec un guidage parental, mais la leçon vaut bien ce petit exercice.
Hotinhere

798 abonnés 5 507 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 4 juillet 2022
La dernière audition d'un chanteur vieillissant, malade et alcoolo.
Film de transmission où un Clint sobre et émouvant montre la voie à son fils dans un road-movie tendre et profond mais aussi plein d'humour. 3,75
shuffleup
shuffleup

9 abonnés 363 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 5 janvier 2022
Voyage initiatique d'un enfant fasciné par son oncle artiste, ça parle de la vie, de la mort, des regrets...
Le tout sur fond de blues et de country, un road trip américain, somme toute assez classique.
Alain D.

744 abonnés 3 449 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 22 juin 2021
Chanteur de Country malade et alcoolique, Oncle Red part avec son neveu pour Nashville où il va passer une audition. Un sympathique road movie musical dans une superbe voiture à travers les routes de l’Oklahoma, les bars de l’Arkansas et du Tennessee.
Le scénario assez pauvre de Nancy Carlile, nous conte une histoire assez tristounette se déroulant aux États-Unis dans les années 20 ; le rythme est très lent et les scènes intenses se font rares. L'intérêt de ce film réside dans l'ambiance et le jeu d'acteur du grand Mr Eastwood.
Cinéphiles 44

1 683 abonnés 4 674 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 5 mai 2021
Avec “Honkytonk Man” signe un film mélancolique sur la maladie et l’amour de la chanson. Le réalisateur s’attribue le rôle principal, celui d’un homme alcoolique et tuberculeux qui part avec son neveu et son grand-père pour une dernière audition à Nashville. Sur la route, les trois générations partent en croisade dans les bars et les hauts lieux de la country. “Honkytonk Man” est un voyage initiatique où chaque personnage appose son empreinte personnelle. Un road movie touchant, drôle et profondément humain.
D'autres critiques sur notre page Facebook : Cinéphiles 44 et notre site cinephiles44.com
Ykarpathakis157

6 217 abonnés 18 103 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 26 avril 2021
Un film étrangement antipathique réalisé et interprété par Clint Eastwood (d'humeur maussade). Le drame concerne un chanteur alcoolique de l'époque de la Dépression vivant dans l'Oklahoma,qui a des problèmes de santé mais qui est sur le point de prendre la route en emmenant son neveu comme chauffeur. L'association entre le père et le fils Eastwood n'aboutit jamais à quelque chose de spécial car le jeune Kyle ayant du mal à s'exprimer. De nombreux crooners country célèbres font des apparitions et la voix de Clint est plutôt agréable mais cette histoire est discrète et incertaine si elle est censée être réconfortante quelqu'un a oublié d'y mettre du cœur. Et surtout je ne regarde pas un film avec Eastwood pour l'entendre chanter....
Benjamin Baldous
Benjamin Baldous

16 abonnés 5 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 26 mars 2021
Une ambiance légère d'un chanteur de country, malade qui emmène son neveu et le spectateur dans un road-movie à la Clint, film émouvant, beau, du Clint quoi !
onsefaitunetoile
onsefaitunetoile

86 abonnés 1 513 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 11 décembre 2021
Les films de cet acabit dans la carrière de Clint Eastwood marquaient le contre pied des héros froids et durs qu'il avait l'habitude de jouer. Sortir de ces personnages récurrents pour montrer à tous qu'il étaient capable d'autre chose, avec une qualité parfois bien supérieur, et c'est le cas cette fois-ci. Il faut avoir la maturité nécessaire pour voir ce film, et apprécié ses qualités. La premières scènes nous montre une famille qui n'a presque pas évoluer depuis la conquête de l'ouest, et à travers les quelques villes où l'on passe, on se rend compte de ce qu'est l'Amérique. Un road movie, qui nous dépeint cet grande nation avec tendresse, mais aussi sans compromis, où on a plus souvent affaire au médiocre plutôt qu'au splendide. C'est un film attachant, avec un certain humour et, comme toujours Clint s'est très bien joué sur la corde sensible, avec l'économie du superflu, il nous offre une belle prestation, touchante et qui démontre tout son talent.
Alasky

459 abonnés 4 653 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 8 novembre 2020
Road movie dépaysant au coeur de l'Amérique des années 30. Clin Eastwood nous entraîne dans une sorte de voyage initiatique en compagnie de son jeune neveu (en réalité son fils dans la vraie vie). On sent que c'est un film personnel pour le réalisateur, qui va puiser dans ses sources musicales et son amour pour son pays. Film trop longuet par moments mais agréable à visionner.
Ricco92
Ricco92

290 abonnés 2 340 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 26 février 2019
Dire qu’Honkytonk man est un film qui a décontenancé le public est le moins que l’on puisse dire ! Il ne rapporta en effet qu’un peu plus de 4 millions de dollars sur le territoire américain et n’eut qu’un peu plus de 50.000 entrées en France ! En effet, le héros de films d’action se transforme ici en un chanteur de country alcoolique et sans succès évoluant dans l’Amérique de la Grande Dépression. Ainsi, Eastwood signe un film se déroulant dans un univers rappelant plus Les Raisins de la colère que L’Inspecteur Harry. Moins dramatique que le roman de John Steinbeck et le film de John Ford, il offre ainsi un hymne au mode de vie typique de la campagne du Sud des États-Unis de cette époque spoiler: où on laisse un enfant conduire une voiture et où on emmène un enfant au bordel afin de le déniaiser (le passage du roman où ce même enfant fume un joint sera, par contre, transformé en une séquence où il ne fait que sentir les vapeurs des joints l’entourant, Eastwood étant radicalement contre l’usage des drogues)
. Le film reflète ainsi la vie dans son entièreté avec de nombreux moments assez drôles et d’autres beaucoup plus dramatiques reflétant une véritable philosophie de la vie spoiler: (Red enregistre coûte que coûte ses chansons malgré sa maladie dans l’espoir de laisser une trace de son passage sur Terre)
. Eastwood offre une prestation d’acteur remarquable en contre-pied total avec son image publique (même si Clancy Carlile, qui a écrit le roman et le scénario,trouva que le personnage interprété par Clint Eastwood était trop en forme par rapport à celui qu'elle avait créé) et nous fait découvrir un Kyle Eastwood (dans son premier véritable rôle) étonnant de naturel. Ce road movie touchant fait donc par partie des sommets de la carrière de Clint Eastwood malgré son lourd échec public et critique lors de sa sortie (il fut quand même nommé pour le Razzie de la pire chanson, même si les aberrations sont légion avec cette cérémonie). Fidèle à sa politique d’alternance entre films personnels et films commerciaux de l’époque, il n’est pas étonnant de voir qu’Eastwood enchaînera en tant que réalisateur et comédien avec un autre film au potentiel commercial clairement plus grand, Le Retour de l’inspecteur Harry.
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