J'ai vu ce film à l'age de 5 ans, et curieusement sa violence ne m'a pas choquée. J'ai été tout de suite envoûtée par l'atmosphère spirituelle de l'oeuvre, et son caractère symbolique. C'est fou comme avec peu de moyens Boorman créé du merveilleux! Merlin posant la main sur une ancienne idole païenne recouverte de mousse, l'air nostalgique, suffit à nous évoquer l'âge d'or des sorciers et des esprits mythologiques... Et cette chevauchée finale, dans un verger en fleurs, accompagnée de carmina burana, est l'essence même du genre épique. On est transporté par cette renaissance du monde, couplée avec celle du roi ("qu'est ce que ça veut dire être roi? -tu seras la terre et la terre sera toi. Si tu grandis en son sein elle s'épanouira de fleurs...")Cette scène est fabuleuse. Mais quelle scène ne l'est pas dans excalibur? Les dialogues sont fantastiques, pleins de grâce, et de brutalité parfois, à l'image de l'homme dont ils reflètent tour à tour son caractère bestial et divin... Merlin ne pourrait pas être meilleur, ambigu, ironique, puissant... et Nigel Terry, qui fait d'arthur un roi très humain, entre grandeur d'âme et faiblesse, pourquoi a-t-il disparu des écrans?
Même si aujourd'hui, le look des acteurs et la faible utilisation d'effets spéciaux rend ce film ringard pour certains, il reste et restera pour moi la superbe fresque de mon enfance, aux couleurs chatoyantes et aux symboles riches et puissants.
J'éprouve à le regarder une nostalgie qui n'existe qu'avec Excalibur... celle d'un temps ou les films qui relataient des mythes ne cherchaient pas à mettre de côté l'aspect merveilleux et symbolique de ces mythes. Parce que c'est là, à mon sens, que réside la force première d'excalibur, et qui le place bien au dessus des roi arthur, lancelot ou autres troy, c'est la qu'est sa magie. Un film qui véhicule une grande nostalgie, à travers les thèmes éternels de l'amour et de la mort, et une nostalgie du cinoche à l'ancienne qu'il fait bon retrouver...