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ml-menke
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3,0
Publiée le 20 février 2013
Fiction qui porte bien son nom on a envie que cette tragique mélodrame nous arrive. L'image sale fantasmagorique à son charme. Transparence des sentiments qui produit une forte identification.
Si on veut apprécier ce film il ne faut surtout rien en lire avant de le voir, sinon ce n'est même pas la peine. Et c'est vrai qu'on se demande dans quoi on s'embarque, une comédie romantique ? Un thriller psychologique ? Eh bien, non pas du tout, il s'agit d'un remarquable scénario hitchcockien maîtrisé de bout en bout et dominé par l'interprétation magistrale de Geneviève Bujold. Cliff Robertson ayant paradoxalement mais volontairement un rôle en retrait. La réalisation est minutieuse à ce point que si pendant la vision du film on relève des détails qui nous paraissent absurdes, leurs évidences éclatent au fur et à mesure que la vérité se fait jour. La fin est fabuleuse avec juste ce qu'il faut de sulfureux. Un très grand De Palma mais qui fera encore mieux dans Pulsions et dans Body Double. On notera au passage la superbe musique de Bernard Herrmann
C’est le film où De Palma se confronte le plus frontalement à Hitchcok, puisqu’il s’agit tout simplement d’une variation autour de « Vertigo », le grand film conceptuel du maître. Sans complexe, De Palma affirme même avoir « amélioré» le chef-d’œuvre matriciel. On n’en dira pas autant, bien que cette nouvelle version se démarque astucieusement de l’original. Cette fois, l’obsession du héros masculin endeuillé se complexifie par la présence de sa propre fille dans le rôle de la revenante. Si la pirouette est énorme (difficile de croire que la jeune fille ne soit pas d’avantage déstabilisée en retrouvant son père), elle ouvre sur une abîme vertigineuse qui questionne l’inceste et la complexité des rapports père/fille. C’est d’ailleurs ce qui fait vraiment décoller le film et l’étreinte ambiguë de la fin est certainement une des séquences les plus émouvantes et les plus troublantes de tout le cinéma de De Palma. D’autant que le tour de force de faire jouer à Geneviève Bujold sont propre rôle enfant se révèle percutant, autant par la maestria de la mise en scène que par l’hallucinante performance de l’actrice. Le reste du film est tenu, présentant une grande rigueur visuelle, comme jamais le cinéaste ne l’avait atteinte jusqu’ici, et qui annonce celle de ses chefs-d’œuvre à venir (Carrie, Fury, Scarface, L’impasse ou Mission Impossible). De Palma parvient aussi à insuffler un vrai souffle romanesque à ce récit d’une passion morbide, malgré la présence un peu molle de Cliff Robertson - Heureusement que la magnifique Geneviève Bujold est là pour revitaliser leur duo ! On peut considérer « Obsession » comme le premier grand film de Brian de Palma, non sans défaut (le rythme est parfois un peu trop languissant et la manipulation d’identité un peu trop alambiquée), mais il est indéniablement marqué par une grande cohérence formelle et par un vrai geste de cinéaste.
Avec "Obsession", Brian de Palma réalise sans aucun doute l’un de ses plus beaux films). Le scénario est vraiment parfaitement construit du début jusqu’à sa fin qui est toujours aussi bouleversante à visionner, la photographie de Vilmos Zsigmond est d’une rare élégance et la BO de Bernard Herrmann est juste sublime. Mais ce qui retient aussi l’attention dans ce thriller dramatique, c’est aussi et évidemment la mise en scène quasi parfaite d’un réalisateur qui est alors quasiment au sommet de son art. Ne pas oublier de citer non plus la brillante performance du casting (Cliff Robertson et Geneviève Bujold sont époustouflants), car sans celui-ci, ce chef-d’œuvre du 7ème art n’en serait peut-être pas un.
La première variation de-palmesque pleinement assumée d'une œuvre hitchcockienne, à savoir bien évidemment "Sueurs froides" que la musique, sublime, de Bernard Herrmann, compositeur attitré du "Maître du suspense", et la sensation de rêve diffus tout au long de l'histoire ne font qu'accentuer. Mais résumer "Obsession" à une simple variation serait la plus grosses injustice que l'on pourrait commettre envers ce film. Car rarement le réalisateur a été aussi inspiré et inventif que pour celui-ci, son usage du panoramique est d'une maestria pour ainsi dire jamais vu ni avant ni après au cinéma, et la scène dans le couloir de l'aéroport est superbement imaginée. Pour le scénario, on suit très attentivement le déroulement de l'intrigue, décortiquant le moindre bout de phrase, le moindre petit plan pour savoir le fin mot de l'histoire avant la fin ; et si on peut parvenir à trouver quelques ingrédients, pour la recette entière on se fait entuber et ça n'en est que plus agréable. Loin d'habitude d'être fan de Cliff Robertson, surtout quand il se fait écraser par la présence d'un acteur nettement plus charismatique genre Michael Caine ou Rex Harrison, je reconnais qu'ici il est pleinement excellent en jouant subtilement le carte de la sobriété pour ce qui est certainement le rôle de sa carrière. Geneviève Bujold s'en sort tout aussi magistralement dans une interprétation qui était certainement loin d'être évidente et qui aurait pu virer facilement au ridicule. Le ton feutré et élégant, qui contraste fortement avec la frénésie et le grotesque volontaires et entièrement maitrisés qui seront les chevaux de bataille par la suite du réalisateur, colle parfaitement à l'univers de De Palma. Une belle réussite.
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3,0
Publiée le 12 décembre 2012
Encore une oeuvre envoûtante de Brian De Palma où le rèalisateur transporte ses fantasmes très « hitchcockiens » dans un suspense / psychologique captivant, ce qui ne lui rèussit pas mal car la fascination pour "Obsession" s'accompagne d'une grande virtuositè expressionniste! Cliff Robertson est remarquable mais c'est Geneviève Bujold qui remporte le morceau dans une prestation particulièrement ambigüe, en èvitant (parfois de peu) le ridicule! Pas un must cependant de De Palma (le film a quelque peu vieilli depuis 1976) mais une ètrange histoire d'amour avec des moments fascinants: les intèrieurs (comme les extèrieurs) de la magnifique basilique San Miniato al Monte, la très belle scène du cimetière florentin (beaucoup trop courte malheureusement) ou le ralenti èblouissant dans le final à l'aèroport! La musique est de Bernard Herrmann, compositeur fètiche d'un certain Sir Alfred Hitchcock...
Assez grosse déception en revoyant ce film, bien que je sois un fan de Brian de Palma et de Hitchcock. Dans ce genre de thriller, on admet volontiers une certaine dose d'invraisemblance, voire d'incohérence, pour peu qu'il tienne en haleine et emporte la conviction par la subtilité de sa réalisation. Mais ici, c'est vraiment trop : le scénario, lourdingue et mal ficelé, n'est absolument pas crédible. De plus, l'élève de Palma n'a pas la finesse du maître, dans les détails notamment. Les comédiens n'ont pas non plus le charme et la présence des grands comme James Steward, Grace Kelly, Cary Grant et autres interprêtes hitchcockiens. Heureusement, De Palma a fait beaucoup ensuite...
Excellent film de De Palma. Encore une fois, le réalisateur montre qu'il sait magnifiquement capter les images et possède un vrai talent de mise en scène! L'histoire, intrigante, tient habilement le cinéphile en haleine jusqu'à un dénouement en apothéose. De Palma s'inspire bien évidemment de Hitchcock et on retrouve aussi plusieurs analogies entre ce film et "Body Double" qu'il filmera un peu plus tard (scène où la caméra tourne autour des 2 personnages...). Bon film qui s'intègre parfaitement dans la filmographie du réalisateur!
Magnifique relecture du "Sueurs Froides" d'Alfred Hitchcock, ce drame onirique et flamboyant est finalement bien plus personnel qu'il ne veut bien le laisser croire. De Palma s'est complètement approprié les thèmes de l'original en y ajoutant une perversité supplémentaire. Superbe hommage, outré et inspiré jusque dans la sublime musique qui finit de boucler la boucle.
Encore bouleversé par la mort de sa femme, un homme d'affaire rencontre le sosie de celle-ci, et en tombe fou amoureux. De Palma reprendra souvent des thèmes d'Hitchock pour ses propres films, mais "Obsession" est peut-être le plus marquant à ce niveau. On y retrouve plusieurs similitudes avec "Vertigo", sans compter la BO signée Bernard Hermann. Mais loin de pondre une simple copie, De Palma s'approprie ces thèmes avec son style très personnel (on retrouve quelques doubles focales, contre plongées, etc.). Le film oscille ainsi entre drame, et suspense sur les premières et dernières 20 minutes. John Lithgow débute sa collaboration fructueuse avec le réalisateur, tandis que Cliff Robertson incarne subtilement et tout en retenue le protagoniste. Il ne s'agit pas là du meilleur de De Palma, mais "Obsession" est loin d'être inintéressant.
Situé entre 2 films phares de la filmographie du maître, "Phantom of paradise" et "Carrie", "obsession" déçoit face à ces 2 perles. Le style se rapproche étrangement de certains Hitchcock dans le déroulement et l'intrigue mais l'on a du mal à se passionner dans la quête de notre héros. Final en revanche intéressant et qui donne une bonne impression d'ensemble, mais je ne le situerais pas parmi les meilleurs De Palma.
De Palma a passé sa vie de cinéaste à rendre compte et à se défendre de sa parenté stylistique et narrative avec Alfred Hitchcock qui a parfois été assimilée à un pur plagiat preuve d'un manque d'inspiration. Rapidement qualifié de petit maitre, De Palma a été classé pour toujours un cran en dessous de ses frères d'armes Martin Scorsese, Steven Spielberg ou Francis Ford Coppola. Le fait de s'être maladroitement défendu lui a sans doute été préjudiciable. Il suffit de regarder "Obsession" pour se rendre compte qu'il fait partie des quatre films hommages à Hitchcock avec "Pulsion", "Body Double" et "Blow out". Ici pas d'équivoque possible c'est à "Vertigo" que de Palma et Paul Schrader dédient leur film. Les allusions au chef d'œuvre du maître sont nombreuses comme celle où Geneviève Bujold fait face au portrait en pied de la femme défunte de Michael Courtland (Cliff Robertson) rappelant la naissance de l'obsession de John Ferguson (James Stewart) quand il découvre le portrait de Carlotta (Kim Novak) dans le musée jouxtant une chapelle où l'a mené sa filature. Si on s’en tient à la comparaison entre les deux films, il est certain que la partition de De Palma un peu too much fait pâle figure. Tout d'abord Cliff Robertson un peu mécanique n'est pas James Stewart qui rendait à merveille le trouble causé par la dualité de la femme dont il devait assurer la filature qui ravivait jusqu'à l'obsession dans son esprit encombré le souvenir d'un amour disparu. spoiler: De son côté, Geneviève Bujold encore relativement méconnue s’accommode parfaitement des deux rôles comme autrefois Kim Novak. Femme enfant elle fait merveille dans la scène phare du film où elle est tout à la fois la mère et sa fille de neuf ans au moment du kidnapping à l’origine de toute la dramaturgie du film . La photographie de Vilmos Zsigmond très marquée de son époque avec son aspect brumeux (« Ne vous retournez pas », « Les duellistes ») paraît aujourd’hui un peu désuète, alors que la luminosité de « Vertigo » remplie de tons chatoyants lui donne une intemporalité propre à son statut de chef d’œuvre du septième art. La musique de Bernard Hermann dont c’est la deuxième collaboration avec de Palma (« Sœurs de sang ») renforce encore une parenté affirmée. Mais c’est surtout dans le déroulement de l’intrigue que l’exercice de style montre ses limites. Le nœud de celle-ci facilement décelable selon une volonté manifeste de Schrader qui donne des indices immédiats orientant clairement le spectateur, nuit gravement à la fluidité du récit. Si de Palma et Schrader avaient été déçus par la conclusion de « Vertigo » jugée peu crédible à leur yeux, au moins Hitchcock avait-il pris le soin de dérouter son spectateur jusqu’au bout ? Ce parti pris trop évident montre sans doute la volonté des auteurs de faire pencher le film sur son versant romantique. De ce strict point de vue on peut dire que De Palma a réussi la relecture d’une des œuvres majeures du maître du suspense en misant sur un romantisme et une sensualité plus affirmés. Geneviève Bujold dont la beauté gracile inonde l’écran est sans aucun doute le meilleur atout de De Palma dans cette entreprise. On sait qu’Hitchcock avait un conflit intérieur avec les choses du sexe qui l’empêchait peut-être outre la censure d’aller au bout de ses intentions cinématographiques. Avec sa manière quelque fois outrancière, De Palma icône du nouvel Hollywood décomplexée ayant connu le flower power, approfondit dans ses quatre films dédiés au maître cette face inaboutie des œuvres originales.