Comédie, coécrite et réalisée par Wes Anderson, dont c'est le premier long-métrage derrière la caméra, Bottle Rocket est un film correct. L'histoire nous fait suivre trois amis, Anthony, qui séjourne volontairement dans un hôpital psychiatrique pour cause d'épuisement, Dignan, un idiot n'ayant pas compris que son comparse était libre et veut le faire évader, et Bob, un chauffeur qui est la seule personne qu'ils connaissent possédant une voiture, qui s'associent pour devenir de vrais voleurs. Leur plan consiste à faire plusieurs braquages d'entraînement avant de s'associer avec un certain Monsieur Henry, qui utilise sa société de jardinage comme couverture pour commettre des cambriolages avec ses hommes. Ce scénario, adapté du court-métrage sorti trois ans plus tôt du metteur en scène, s'avère agréable à visionner pendant toute sa durée d'une heure et demie. L'intrigue raconte donc les mésaventures de ces trois jeunes Texans désœuvrés qui veulent devenir de vrais criminels mais qui sont trop bêtes et maladroit pour y parvenir. Cela donne lieu à des scènes cocasses abordant des thèmes comme la famille dysfonctionnelle, l'amitié, ou encore la tentative d'accomplir ses rêves. Seulement, le tout manque un peu de péripéties emballantes. Il y a au final beaucoup de parlotte inutile et peu d'action. Le ton se veut lui loufoque et déborde d'une énergie sympathique et d'un humour inoffensif provocant quelques sourires, mais qui ne parvient pas à faire rire aux éclats. Il faut dire que l'ensemble est porté par des personnages appréciables, peu malins, interprétés par une distribution comprenant la fratrie Wilson avec Luke, Owen et Andrew, qui font tous les trois leurs premiers pas au cinéma, avec des premiers rôles pour les deux premiers. Ils sont entourés par Robert Musgrave, Lumi Cavazos, James Caan, Jim Ponds, Kumar Pallana, Tak Kubota, Donny Caicedo ou encore Shea Fowler. Tous ces individus un peu paumés entretiennent des rapports saugrenus, soutenus par des échanges un peu trop bruyants et pas assez drôles. Sur la forme, la réalisation du cinéaste américain s'avère qualitative. On sent un vrai sens de la mise en scène avec une caméra en mouvement, souvent proche de ses protagonistes, offrant de jolis cadres, associés à une photographie soignée et lumineuse. De plus, elle évolue dans des environnements variés. Ce visuel propret est accompagné par une très bonne b.o. aux titres légers et dynamiques collant parfaitement avec les situations et les images. Reste une fin satisfaisante venant mettre un terme à Bottle Rocket, qui, en conclusion, est un film faisant passer un bon moment et méritant donc le coup d'œil, même s'il ne laissera pas un souvenir impérissable.