Pour réaliser « Le ciel est à vous », Jean Gremillon s’est inspiré de l’exploit d’Andrée Dupeyron. Cette femme de garagiste de Mont-de-Marsan a établi un record de distance aérienne en 1938. Le film nous place donc au cœur de la famille Gauthier. Pierre et Thérèse viennent de s’installer en ville avec leurs deux enfants. Ils s’occupent de leur nouveau garage et se passionnent de plus en plus pour l’aviation. C’est alors qu’ils décident d’acheter un avion. Avec le soutien de Pierre, Thérèse envisage de battre le record de distance. Cette femme ambitieuse s’envole alors pour la Méditerranée mais disparaît sans laisser signe de vie. « Le ciel est à vous » est un film joyeux et amoureux, bien que leur rôle de parents ne soit que regrettable. A la fois féministe et passionnelle, l’histoire délivre un message de liberté aux cœurs des campagnes françaises. Elle invite également à ne pas se ranger au rang du conformisme, comme ce troupeau de moutons qui ouvre le film et qui est clairement une allégorie du conservatisme. Un film d’amour réalisé sous l’occupation allemande. D'autres critiques sur notre page Facebook : Cinéphiles 44 et notre site cinephiles44.com
Si à l’origine l’histoire du film évoque un record aérien historique, l’aviation n’est ici que le faire valoir d’une histoire d’amour et de tendresse. Pour une femme dont le portrait occupe de pleines pages dans un scénario surligné. Au cœur d’une famille où la passion de l’avion du mari garagiste exaspère son épouse, femme maîtresse déjà à la pointe d’une émancipation qui ne disait pas encore son nom. Quand la dame est à son tour emportée par l’ivresse des airs, rien n’arrêtera le couple pour qu’elle puisse atteindre ses objectifs. Il y a une certaine naïveté dans la mise en scène et des panoramiques ( intérieur-extérieur ) toujours intéressants. Le mélange des genres qui confinent Jean Grémillon dans un classicisme aujourd’hui de bon aloi. La grisaille de l’image et le son un tantinet nasillard ne sont que des alibis . Pour en savoir plus : lheuredelasortie.com
Ce film est plus sur la passion d'un couple pour l'aviation que sur l'aviation elle-même. Pas ou peu d'images des pirouettes ou cascades que l'on nous décrit au sol avec des acteurs qui regardent en l'air. Je trouve d'ailleurs le couple principal assez ennuyeux voir même goujat avec leurs enfants. Le tout est bien réaliser mais pas de quoi non plus m'enthousiasmer.
Excepté Remorques, je ne pense pas avoir vu ou entendu parler d'autres films de J. Gremillon donc cette mouture restaurée était une découverte. Le réalisateur nous livre ici une belle histoire de femmes et d'émancipation avec comme toile de fond des faits réels et l'aviation représentant le progrès technologique et social. L'aviation est l'avancée de l'automobile semble-t-il et C. Vanel, mécanicien pour les deux, est donc prêt pour les deux, il va aussi y entrainer sa femme un peu par mégarde et cette dernière, miraculeusement va devenir une championne. Ca semble tout de même un peu tiré par les cheveux mais ce film a pu en faire rêver et c'est ça le cinéma aussi, surtout en temps de guerre.
Un naturel sensitif féminin est récupéré par une virilité masculine. La machine volante offre une voie de sortie à la pire des scléroses, l’ennui existentiel d’un couple combattu et vaincu par les attraits du ciel.
Le mari entre azur bleuté et terre contraignante laisse sa femme se ronger les sangs sur le plancher des vaches. Suite à une révélation le concept tout en restant identique s’inverse, le mari cloué au sol fait connaissance à son tour avec les affres de l’inquiétude pendant que Madame s’offre un intérêt et une indépendance dans les airs.
Le couple Gauthier éteint par une petite vie se dynamise à tour de rôle en craignant pour la vie de l’autre.
« Le ciel est à vous » est avant tout le cadeau offert à une Mère éjectée de ses fourneaux ayant la possibilité de vivre une passion découverte suite à une illumination. Une femme en bleu de travail rivée aux manettes dans les airs apprend la ténacité et l’ambition menant vers l’élaboration d’une identité teintée d’égoïsme surtout envers une progéniture rêvant également d’une autre vie mais dans une autre discipline.
On pense que pour soi en délaissant les devoirs ménagers et les besoins de ceux que l’on distingue de moins en moins. Un mécanisme d’auto détermination s’établit sur un monceau de préjugés et de contraintes. Les incertitudes d’un vol sont plus salutaires qu’une vie familiale sans surprises.
Thérèse Gauthier redécouvre ce que d’autres ont offertes à la résignation, une peur et une inconscience livrée à une mécanique incertaine mais garante de sensations, un contexte d’homme conquis brillamment par une femme ne subissant plus de choix imposés par la distribution des rôles dans la société.
Pierre Gauthier devient féminin, cloisonné dans un espace réduit, harcelé de reproches, rongé par l’anxiété, un transfert logique suite à l’acquisition d’un nouveau statut sédentaire.
La mère n’est plus la, elle est dans les nuages et porte le nom de femme. "
Un film solide mais pas très palpitant par contre vu la période de tournage le parti pris féministe était osé comme celle de faire voler des avions symboles de liberté.
Film au scénario mal construit, mal filmé (plans trop longs, pas de rythme) et aux dialogues affligeants (jamais dans la vie les gens disent ce qu’on a fait dire aux acteurs, il y a une espèce d’explicitation permanente des sentiments qui est totalement ridicule. C’est le syndrome des acteurs marionnettes). Film qui fait très amateur, très maladroit, d’un bout à l’autre.
le ciel est à vous a souffert de son image pétainiste car ayant été promu par un journaliste vichyiste et vu par Pétain ,il a connu un grand succès populaire sous l'occupation. Pourtant mis à part qu'il parle des petits gens qui selon la propagande vichy sont la "vraie France" ce film n'a rien d'idéologique ou réactionnaire et montre au contraire un couple qui met en danger sa famille pour vivre sa passion aventureuse. Le film arrive à donner chair à deux personnages qui ont réellement existé en livrant leur portrait psychologique de manière réaliste (avec leurs qualités mais aussi leurs défauts )Cela dit je préfère à la gentillesse de ce film touchant mais un peu vieillissant la noirceur du corbeau, autre grand film qui a été réalisé sous l'occupation et qui est nettement plus marquant.
Basé sur l’histoire vraie d’Andrée Dupeyron, épouse d’un garagiste, qui a battu en 1938 un record de vitesse en avion, « Le Ciel est à vous » nous offre d’abord un superbe portrait de femme, à la fois mère et femme d’action, un portrait féministe bien en avance sur son temps. C'est aussi un film, réalisé pendant l’occupation, profondément anti-vichyste : Grémillon y exalte le féminisme au moment où le pouvoir en place considère que la seule véritable place de la femme est au foyer, ce que ne manque pas de rappeler le film dans la séquence où le comité refuse la subvention au couple sous le même prétexte. Par ailleurs, sous l’aspect trompeur d’un film plein de « bons sentiments », Grémillon nous offre aussi une œuvre d’une grande subtilité et d’une étonnante ambiguïté. Car, dès le premier plan, qui nous montre une file indienne d’orphelins dont on ne comprend pas bien au début le rapport avec le film, se profile le sort funeste qui attend notre couple passionné d’aviation. Pourtant, la fin n’est-elle pas heureuse ? Sans doute, mais elle ne l’est que par un renversement qui arrive vraiment au dernier moment et qui peut sembler un peu irréel. C’est sans doute pour cela que cette file d’orphelins revient aussi dans le dernier plan du film, comme si elle remettait en question cette fin heureuse et confirmait le sort qui guette les enfants du couple.