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ElAurens
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3,0
Publiée le 16 octobre 2011
Construit de la même manière que La comtesse aux pieds nus ce drame de Vincente Minnelli nous raconte l'histoire de trois personnages devenus stars grâce à un producteur sans scrupules interprété par une des légendes d'Hollywood Kirk Douglas. Le monde du cinéma et même du travail en général prend une sacré claque, oui pour parvenir au sommet il ne faut pas être un enfant de chœur. En plus de cela le film est brillamment mis en scène, bref les qualités sont nombreuses, après je dois reconnaître que je me suis un peu ennuyé par moment. Un homme dit dans le film qu'un film doit avoir des temps forts et des temps faibles, c'est exactement le cas de celui-ci, mais ce n'est pas une bonne chose.
Très bon drame des années 50, bien mené et divisé. C’est un bon exemple pour illustrer un genre de cinéma très présent à cette époque, par ces décors, ce jeu et la trame. Un beau noir et blanc.
Même si comparé à un chef d'oeuvre absolu sur le monde du cinéma comme «Boulevard du crepuscule», il fait pâle figure ce film mérite quand même d'être vu. «Les Ensorcelés» souffre peut être du fait que Vincente Minelli n'est pas un cinéaste réaliste. Sa vision de la pauvreté par exemple est très idyllique et la scène de l'accident de voiture est plus fantasmagorique que réaliste. Mais justement le point faible du film est peut être aussi son point fort car Vincente Minelli est avant tout un cinéaste visuel et il faut reconnaître que la scène précedemment citée est réalisé de telle façon qu'on est pas près de l'oublier. Je disais donc que au niveau visuel ce film est une très grande réussite. Le scénario qui s'inspire de la vie de David O'Selznick, de Val Newton ou encore qui évoque celle de John Barrymore en est une aussi car il est non seulement très cruel mais aussi très élégamment écrit. Et puis, le réalisateur montre aussi qu'il est un très brillant directeur d'acteurs comme le prouvent les interprétations de Dick Powell et de Kirk Douglas, tous deux remarquables, et surtout celle de Lana Turner prodigieuse. Un classique.
Il faut avoir vu Les Ensorcelés pour comprendre le génie de Vicente Minelli. Comment ne pas croire que ce réalisateur voue un amour sans borne pour ses acteurs? Kirk Douglas signe là son meilleur film. Son interprétation est tout bonnement exceptionnelle. Lui d'ordinaire, si "carré", si "hollywoodien", exprime ici toute sa force. Comment ne pas frémir encore en repensant à la scène de la rupture avec Lana Turner? Nul doute que Kubrick s'en est souvenu quand il l'a dirigé dans "Spartacus". Près de lui, Lana Turner montre encore toute l'étendue de son talent, loin de l'image figée des blondes hollywoodiennes. Avec le "Facteur sonne toujours deux fois", elle signe là son meilleur rôle. Minelli n'a plus qu'à faire tourner sa caméra... Moteur!
Sulfureux, irrespectueux, le film possède une force imprévisible, une interprétation de Douglas parfaite, le côté génie, machiavélique, le monde peint du cinéma sur une toile craquelée, qui ne se réduit pas à sa plus simple expression. Le noir et blanc est sublime, les ombres qui donnent la force de la lumière, le traitement de chaque petite histoire est juste. Génialissime.
Ce film se laisse regarder mais il manque de tension. Il n'a pas choisi suffisamment clairement la gravité.. La musique semble vouloir porter un entrain pailleté qui joue sur le contraste rêve hollywoodien/l'envers du décor mais du coup l'ambiance manque de noirceur et d'intensité. On suit le film avec son cerveau et un certain plaisir des yeux (il faut dire que la réalisation est très belle) mais pas avec ses tripes, ce qui est bien dommage. C'est moins subtil et prenant que "La comtesse aux pieds nus" et on n'osera pas le comparer au "Boulevard du Crépuscule" de Wilder qui culmine bien trop haut au panthéon du cinéma.
Quel merveilleux film ! Des personnages denses, tour à tour attachants et détestables, un Kirk Douglas formidable d'ambiguïté et d'expression, une mise en scène originale et prenante. Tout y est pour s'immerger 2 heures durant dans l'univers de ce film intense qu'on voudrait faire durer bien plus longtemps.
"Les Ensorcelés" ("The Bad and the Beautiful") est une charge lucide sur les coulisses d’Hollywood. Le récit semble d'ailleurs très inspiré de figures réelles, notamment du célèbre producteur de l’époque, David O. Selznick. Construit en trois volets, le film brosse le portrait d’un homme prêt à tout pour réussir. Mais s'il se comporte de manière impitoyable, c'est aussi lui qui ouvre la voie du succès à ses proches. Faut-il pour autant tout lui pardonner ? C’est là tout l'enjeu du film. Un drame captivant et particulièrement bien exécuté.