La première chose que l'on se demande tout de suite après avoir vu "Trouble in Paradise" du génial Ernst Lubitsch, c'est où le film serait éventuellement imparfait. En fait nulle part, chaque cadrage, chaque réplique, chaque situation, n'importe lequel des autres détails de la mise en scène sont chacun parfaitement à leur place. Quand à le chercher dans l'interprétation, il vaut capituler tout de suite avec l'éblouissant trio de charme Herbert Marshall-Miriam Hopkins-Kay Francis. Et c'est pas la peine de chercher non plus dans les seconds rôles surtout quand on sait qu'ils portent les noms d'Edward Everett Horton, de Charles Ruggles ou de C. Aubrey Smith. En bref, c'est un raffinement et une élégance extrêmes qui règnent tout au long de cette comédie bien que le sexe soit évoqué d'une manière très frontale, puisque les personnages d'Herbert Marshall et de Miriam Hopkins trouvent un aphrodisiaque très puissant à travers le vol, et ceci dès le générique du début. "Trouble in Paradise" est incontestablement la reine des comédies sophistiquées, la fameuse Lubitsch Touch à son zénith, qui se déguste comme une coupe de champagne, et attention ce n'est pas que du bon champagne, c'est carrément du Dom Perignon.
Autant pour son intrigue que pour son sujet ( Le racket obligé par 1 entourage à 1 héros pour vivre & "survivre"... ), ce polar un peu léger ne manque pas d'atouts; quoique l'ensemble et ses nombreux intermèdes pourront choquer ceux qui ne vivent pas - ou plus - en 1959.
76 ans après la premier projection, ce film fonctionne toujours, c'est toujours drôle, bien construit, bien joué, certains scénaristes américains devraient regarder un peu plus les films qui ont été fait, et de même pour les français car une simple idée avec quelques bonnes idées peu faire un très très bon film
Une comédie sophistiquée très drôle où l'on se délècte des dialogues subtils et des va-et-vient perpétuels. Ce n'est pas une comédie où l'on rit à gorge déployée, mais où l'on savoure véritablement la dôlerie, s'opposant ainsi aux comédies de Hawks. J'ai aussi apprécié le jeu élégant de Herbert Marshall (qui fait penser à un George Clooney avant l'heure !). Bref, une comédie tout à fait charmante.