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titusdu59
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3,0
Publiée le 31 mars 2012
Voyage à tous les sens du terme pour un homme au bout de sa vie, qui reconsidère à l'aide de sa belle-fille sa position et son attitude vis-à-vis des personnes qu'il a côtoyées. L'introspection est crédible, et plutôt profonde et intelligente, mais malgré l'indéniable qualité du traitement, le film peine à décoller et est à vrai dire franchement ennuyeux. D'autant plus que l'ensemble est assez inégal: une scène sur deux est merveilleuse de beauté, de poésie et de modernité, et l'autre moitié est soit terne, soit trop exubérante, soit a un peu vieilli. C'était mon premier Bergman: le type a clairement la capacité de me transcender et de me faire rêver. Mais "Les fraises sauvages" est clairement trop peu équilibré pour me convaincre totalement.
Le problème après la vision de ce genre de film, c´est que l´écrasante majorité des films qui sortent actuellement sont ravalés au rang de pollution vusualo-sonore. Beaucoup de cinéastes se réclament de Bergman, à titre d´exemple le sinistre Haneke. Cependant, tout les sépare : le cinéma de Haneke possède en lui un haine féroce pour tout ce qui est humain en général et allemand en particulier. Il y a au contraire chez Bergman un amour manifeste pour l´humain et son peuple en particulier : simplement, il nous dit que tout ceci n´est pas facile. Les Fraises sauvages : une forme "proustienne", une philosophie néo-chrétienne bien comprise et un doute lucide sur la modernité. Le résultat : une amélioration de l´état général du cinéphile tant du point de vue esthétique que de sa philosophie personnelle, merci aux docteurs Bergman et Sjöström.
Un surprenant road-movie du génie Bergman dans lequel transparaît ses inquiétudes face au temps qui passe et l'approche de la mort. Sur fond de réminiscence, il distille une atmosphère de nostalgie particulière, qui accompagne le héros incarné par le légendaire Victor Sjöström, figure éternel du cinéma suédois et grand nom du cinéma international qui apporta énormément en tant que réalisateur. Ici dans son dernier rôle, on le voit en quelque sorte faire lui-même face aux démons de Bergman, qui semblent être aussi les siens. A voir sans hésiter.
Derrière l'aspect austère et déprimant (qu'on aime ou qu'on n'aime pas), les films de Bergman se révèlent souvent être d'une belle modernité. Dans "Les Fraises sauvages", il raconte l'histoire d'un vieux médecin, qui à la veille de recevoir une récompense pour sa carrière, fait la point sur sa vie. Entre scènes de vie banales et rêves inquiétants (le premier rêve est sublime), Bergman ne choisit pas la façon la plus évidente de raconter l'histoire de cette homme, mais il ne perd pourtant jamais le film, chaque scène creusant un peu plus la psychologie du personnage, incarné avec beaucoup de justesse par l'ancien réalisateur suédois Victor Sjöström. Regarder un film de Bergman, c'est de toute façon toujours enrichissant : au niveau du cinéma, et au niveau de la vie.
Bergman est en continuel recherche de transparence artistique. les personnages sont suivis par la caméra,le rythme du montage est trés novateur.Le film est une lecon d'humanité et de recherche du bonheur.Nous sommes déja inscrit dans un cinéma moderne.
C'est dans ce genre de film que je préfère le cinéma de Bergman je pense en fait. C'est avec Une leçon d'amour que j'avais découvert le réalisateur suédois et depuis je n'avais jamais retrouvé cette légèreté. Je pense que malgré leur qualité, les autres films que j'ai vu de lui parlant de l'homme, de sa condition etc. sont bien trop lourds. Ca manque cruellement d'air. C'est avec un traitement plus simple que je le trouve au final bien plus touchant. Car tout d'un coup il y a un charme qui se dégage de son film. Pourtant, j'ai eu peur au début avec le rêve du mec. Car l'histoire du mec qui sort du cercueil et lui tend la main, dans le genre je voudrais un symbole bien lourdingue pour commencer mon film, c'était pas mal. D'ailleurs de façon générale les scènes de rêves ne sont pas du tout mes préférées dans Les fraises sauvages. Mais passons. Bref, il y a quelque chose qui se dégage des fraises sauvages, on s'attache à ce personnage, la relation qu'il entretient avec le personnage de Bibie Anderson est cool. Et puis c'est un film sur le temps qui passe, sur ce qui s'est passé ou au contraire ce qui ne s'est pas passé, ce que la vie aurait pu être et ce qu'elle n'a pas été.
Réalisation captivante avec un art du montage pointu, un noir et blanc immaculé. Une histoire à la fois mélancolique (souvenir d'un vieillard) et simple (malgré des flash-backs et des scènes oniriques). Tous les acteurs sont convaincants, pas le meilleur Bergman mais c'est du tout grand cinéma.
L’examen de conscience d’un vieux médecin hanté par sa disparition et sur le point de recevoir les honneurs pour sa carrière. Le cinéma de Bergman est souvent sous influence explicite ou plus occulté de la psychanalyse. « Les fraises sauvages » est dans cette veine, il y est question de complexes et de violences familiales refoulés ou feutrés, de réminiscences, d’onirisme plus ou moins théâtrale, de personnages en correspondances et identifications trans-générationnelles. C’est une des œuvres du réalisateur ou l’inspiration psychanalytique est la plus féconde et la mieux maîtrisée. L’émotion est là, sans pathos, et le film se clôt sur une vision d’apaisement. Très beau.
De l'intelligence dans la mise en scène de Bergman, une intensité cinématographique réelle, une interprétation géniale de docteur fournissent matière au spectateur pour la réflexion.
Un premier Bergman qui m'a convaincu et me pousse à voir d'autres films du réalisateur, bien que mon avis soit assez mitigé. Je n'ai pas était pris par le film dès le début mais plus l'histoire s'installe, plus le personnage incarné par Victor Sjöstrom prend forme et devient touchant. On est dans du cinéma assez académique, enfin je ne vais pas me proclamer historien du cinéma, et apparemment ce film est assez moderne sur des techniques de mise en scène, notamment pour les nombreux flash back, mais je ne suis pas assez calé sur la question pour juger. Tout ce que je peux dire c'est que malgré un démarrage diesel, le film est fluide, sans trop de longueurs. Les scènes changent régulièrement, même si on ne comprend pas trop leurs importances dans le déroulement du récit mais qu'importe. Ce que nous conte Ingmar Bergman ici c'est l'histoire d'un vieux docteur parfaitement campé par Victor Sjostrom qui s'approche de sa fin de vie; la reception d'un titre honorifique en témoigne. De là, il se remémore de sa jeunesse; comble du hasard, j'ai regardé dans la même journée Tabou de Miguel Gomes, et celui-ci faisait état d'un passé joyeux et onirique, où le présent était regret; au contraire ici, Sjostrom est un viellard qui regrette sa jeunesse, sa vie entière même, qu'il a le sentiment d'avoir raté. Rongé par son égoïsme et son caractère asociale, il semble vouloir rattraper le temps perdu alors qu'il approche de la fin. Il redécouvre par l'intermédiaire d'auto-stoppeur, de sa belle fille ou encore d'une vieille amie la tendresse des relations sociales, tout en montrant ses difficultés à s'adapter, étant toujours hésitant sur la façon de procéder. Le récit est plutôt bien mené, avec de nombreux flash back dans les souvenirs d'enfances qui ne nous perdent jamais. On comprend quand isak (victor sjostrom) est dans ses rêves grâce à une esthétique particulière, d'ailleurs il y a souvent un superbe jeu de lumière dans ces scènes, ou dans la réalité, avec des scènes volontairement moins onirique, plus quelconque. Ce film est en grande partie touchant grâce à l'interprétation de l'acteur principal, bien épaulé par Ingrid Thulin et Bibi Andersson. Il reste assez inégal cependant, notamment le démarrage difficile. Et hormis la fin qui se démarque, le film reste assez redondant (effet limité par la courte durée du film) dans les situations et sentiments, mêmes si cela tourne beaucoup, mais tout en ressentant des emotions, celles-ci ne sont pas intenses, comme celles plus touchantes de la fin.
Jamais l'onirisme et le rêve n'ont été aussi bien traités que dans les films de Bergman. Les fraises sauvages en est une des preuves les plus évidentes tant le rapport du réel au rêve est subtil, ténu et se manifeste essentiellement dans des paroles lancées dans le vide que les autres personnages n'entendent pas. L'intrigue paraît simple de prime abord: un professeur répondant au nom d'Isaac se rend à Lund et, au cours de son périple, il se réconcilie avec lui-même et les fantômes de son passé. La narration menant le récit est fluide ainsi que les mouvements de caméra. Les dialogues s'enchaînent avec un naturel inimitable. La beauté plastique est toujours en clair-obscur, ne basculant jamais dans une forte concentration lumineuse ou dans une absence totale d'éclairage. Il y en a certaines qui sont drôles, à l'exemple des scènes de ménage, il y en a d'autres qui sont macabres comme lorsque le professeur imagine se voir dans un cercueil. A ce propos, on peut saluer la performance de Victor Sjöström qui est magistrale aussi bien dans sa retenue que dans la force qu'il confère à son personnage. En outre, la remémoration du passé par l'intermédiaire des fraises sauvages -qui sont à l'origine de ladite oeuvre- n'est pas sans rappeler la madeleine de Proust, cette comparaison révèle toute sa pertinence si on tient compte de l'atmosphère champêtre, bucolique, contemplative voire même conviviale. Dans l'absolu, les fraises sauvages sont une suite de la vie quotidienne, toutes brillamment mises en scène et agrémentées de dialogues à la fois ordinaires et dotés d'une certaine profondeur philosophique. Le génie de ce film réside particulièrement dans la subtilité et la sensibilité que Bergman a installé dans ce film. La mélancolie se traduit sur des visages, sur les branches des arbres, tous les plans étant maîtrisés à la perfection. Plus fondamentalement, les fraises sauvages peut se lire comme une leçon de sagesse à l'usage de la vieillesse à propos du temps qui passe, celui qui ne laisse de la vie qu'une pléiade de souvenirs confus et estompés et qui est magnifiquement symbolisés par une horloge sans aiguilles.
Entre drame poignant et film sur l'introspection d'un homme en fin de vie, un film qui hésite et ne trouvera jamais son point d'orgue tant le happy end se ressent comme necessaire!
Je n'avais jamais vu de Bergman et j'espérais me prendre une claque. Cela n'a pas été le cas. Reste quelques moments plutôt marquants et un film bien fait autour d'une histoire intelligente et bien construite. En somme, un bon film qui a plutôt bien vieilli mais pas à la hauteur de ce que je m'imaginais ou de ce qu'on m'avait inculqué à attendre d'un réalisateur si renommé. Toutefois, j'ai ressenti la même frustration en voyant des Fassbinder et j'avoue que j'ai été encore plus déçu.