Un policier subtile et efficace, Jean-Paul Belmondo nous montre un côté beaucoup moins 'guignolesque' et Bernard Blier est à l'aise dans son rôle d'homme d'affaire véreux
Le Corps de mon ennemi, 1976, d’Henri Verneuil, avec Belmondo, Marie-France Pisier, Bernard Blier, Nicole Garcia. Sans être un chef d’œuvre, ce polar bien scénarisé se laisse voir, mené par un Bebel émouvant plus que grandiose. Les dialogues auraient pu être plus percutants et le rythme global plus enlevé, d’autant que le procédé narratif est excellent. Quand le héros, ex tenancier d’une boîte de nuit, sort de prison, il cherche et découvre avec nous, par des flash-back astucieux, qui a bien pu l’y conduire en le rendant coupable de deux meurtres, rien que ça ! Le tout se situe dans une ville du Nord ou l’industrie textile, la laine en l’occurrence, en incite plus d’un à faire sa pelote pour un tricot peu conventionnel. La vengeance de notre Bebel n’épargnera pas le « beau linge » du coin !
Jean Paul Belmondo est excellent dans ce polar. Les petits notables de province y sont decrits avec justesse et noirceur. C'est l'histoire d'une vengeance qui se déguste glacée. Au passage, Marie France Pisier (qui avait juste 32 ans à l'epoque) incarne un sublime fantasme vivant. Un excellent moment de cinéma, sans trucage, sans effet speciaux, mais dense, profond et humain.
Une bavarde et singulière histoire de vengeance de par son rythme cahin-caha,truffée de flasbacks qui peuvent dérouter si on suit pas du début à la fin.Belmondo y est très bon,mais cela ne sauve pas ce polar d'H.Verneuil de 1976 d'un certain ennui du au manque d'action,et les seconds rôles sont peu exploités.
Un Bebel d'assez bonne facture. Le trio Verneuil/ Audiard/ Belmondo nous propose cette fois une histoire de vengeance, sorte de Compte de Monte-Cristo moderne, relativement intéressante et bien construite. L’interprétation est très correcte avec notamment un Belmondo qui reste sobre. On dénotera juste un manque de rythme qui ralentit ce film classique mais efficace.
Verneuil reste un de nos monuments cinématographiques injustement un petit peu oublié. Sa filmographie en ferait palir plus d'un et ce film de vengeance avec un grand Bebel est une esquisse de ce dont était capable ce grand cinéaste français né en Turquie. La narration est originale est rythmée, ce qui donne un charme tout particulier à cette histoire de trahison et de vengeance qui sonne creux sur le synopsis mais qui s'avère être un film intense émotionnellement et au final très réussi.
Pas évidente à suivre cette histoire, avec les incessants flashbacks. Surtout que Bébel ne prend pas une ride entre les deux périodes. Bon sang, il existe une charmante profession que l'on appelle maquilleur et dont le seul but dans la vie est de résoudre ces problèmes. Les dialogues ne sont pas trop mal. Bébel a la classe, comme toujours.
Belmondo revient à un jeu plus subtil, j'ai bien aimé l'ambiance du film, typique de ces années. Pas de quoi sauter au plafond mais simplement du bon cinéma.
On tient ici le meilleur rôle dramatique de Bébel, avec "Borsalino" et "Léon Morin, Prêtre". Une histoire remarquable, celle d'un homme ayant passé 7 ans en zonzon pour un doube meurtre dont il est innocent. Seulement, voilà, l'homme (Bébel) était en concurrence très forte avec une puissante famille d'industriels de la ville du Nord d'où il vient. Une famille qui dirige plus ou moins la ville. Pour s'être mis en travers de leur chemin, Bébel va passer 7 ans en taule. A sa sortie, l'envie de se venger sera la plus forte, et une vendetta personnelle, subtile et discrète, se met en place... Un chef d'oeuvre signée Verneuil, qui signe un de ses meilleurs films. Un des plus grands films de Belmondo, dans sa meilleure période, avec des acteurs épatants (Bernard Blier, Marie-France Pisier, Nicole Garcia...). Un must.
Un film qui coupe avec tout ce qu'on avait vu du tandem Belmondo-Verneuil jusque là. A défaut d'être spectaculaire Le corps de mon ennemi est très bien pensé et nous donne une certaine vision de la société Française des 70's, en rapport avec le thème de la vengeance son mode de fonctionnement par flashs back progressifs apporte une certaine originalité jusqu'à ce que l'on puisse rassembler en même temps que le personnage toutes les pièces du puzzle. On connaissait Belmondo cascadeur, flic à tout épreuve et grand comique, là on découvre un Belmondo presque tragique et tout à fait dans le ton du film. Henri Verneuil a dit : "Si j'avais fais ce film à mes débuts je l'aurais loupé", force est de constater qu'en 1976 il l’a très bien réussi, que ce soit dans la mise en scène ou dans les mouvements de caméra tout est très soigné, c'est d'ailleurs peut-être le film le plus abouti du duo. Entouré de plusieurs de ses amis : Pisier, Beaune, Brosset, Gérard intervenant au tour par tour et apportant toujours plus au film, Belmondo gagne en poids au fur et à mesure du film. La présence de Bernard Blier présenté comme son adversaire est d'ailleurs très bien choisie. On retrouve aux dialogues Michel Audiard, toujours aussi fort dés qu'il s'agit de trouver des répliques percutantes. Côté bande son, à noter la grande réussite de Francis Lai qui berce le film sur une de ses meilleurs partitions. Bien entendu il ne faut pas s'attendre à découvrir ce film sur un ton virevoltant, ce n'est d'ailleurs pas l'objet de Verneuil ici, bien que l'on pourra reprocher quelques petites longueurs et quelques petits manques de clarté, Le corps de mon ennemi reste un incontournable du cinéma Français des années 70.
Après 7 ans de prison pour double meurtre, François Leclercq revient dans sa ville natale du Nord. Il est bien décidé à se venger de ceux qui, après l'avoir adopté parmi les leurs, l'ont fait sombré dans une sinistre machination. Sorte de relecture du Comte de Monte Cristo, "Le Corps de mon ennemi" propose en réalité une intrigue de revanche assez simple. L'originalité (et l'intérêt) du film est son montage complètement déstructuré, qui mélange des flashbacks de diverses époques (jeunesse, ascension, et chute du héros) avec les images du présent. Une manière de dépeindre avant tout les relations entre notre protagoniste et une bourgeoisie hypocrite et sinistre, plutôt qu'un scénario linéaire. La critique de la bourgeoisie est donc très présente, mais toutefois un peu grossière. Henri Verneuil reste cependant un metteur en scène professionnel, jouant avec les zooms et une galerie de "gueules" du cinéma français des 70's pour captiver le spectateur. Et bien sûr, il exploite le charisme d'un Belmondo dans son rôle habituel de cogneur au grand sourire.
Un Belmondo un peu à part servi par un scénario bien écrit et une mise en scène adéquate (malgré un montage qui aurait pu être meilleur) qui dévoile peu à peu les motivations du héros. Moins drôle mais plus fort émotionnellement, ce film bénéficie aussi de la présence au générique de Bernard Blier (égal à lui même) et Marie-France Pisier (magnifique) qui entoure un Jean-Paul Belmondo moins Bébél que d'habitude (et parfois c'est une bonne chose).