Un Spielberg mineur s'assure tout de même en tant que sacré bon film, et c'est le cas de ce Terminal, fameuse leçon de vie, petit Forest Gump rêvé de Mr Dent de la Mer-Duel, qui réussit à créer de l'excitation et de la bonne humeur sur une joyeuse musique de John Willimas avec un brio inespéré. Ne snobez donc surtout pas ce film qui distille un appétit de la vie avec la même pureté qu'un Frank Capra, qui donne un éternel sourire et qui redonne espoir à nos rêves. Le casting estampillé Tom Hanks génial dans son rôle de Russe candide (décidément, Mr Hanks s'adapte avec une perfection ahurissante à tout les personnages qu'il incarne) se compose aussi de nombreux rôles secondaires dont la prestation n'est guère négligeable. Ils tournent tous autour de la caricature humoristique, mais en s'implantant fermement dans le message qu'ils livrent en eux-même, d'où les louanges qu'ils méritent. Spielberg continue sur sa lancée initiée avec Catch Me If You Can en se concentrant sur une mise en scène dynamique et englobante, emballant des plans fournis de multiples détails colorés par les vifs jeux de lumière de son génial photographe attitré, Janusz Jaminski, tout en n'hésitant pas à dynamiser le tout à l'aide de travellings virtuoses. On ne s’ennuie jamais, c'est parfois un peu trop bête et naïf, bien sûr le regard d'enfant du réalisateur fait beaucoup plus d'ombre que dans Catch Me If You Can, il n'y a pas la même finesse des propose ni la même habileté à présenter les nuances et les paradoxes. C'est donc à prendre tel quel, pour se tartiner un bonne tranche de rire pétillant, se divertir tout en sentant la vie nous agripper au cœur. Ce qui constitue déjà en soi un remarquable accomplissement, digne d'être regardé avec bienveillance par le grand maître Frank Capra. Et, comble de tout, cela traite d'un sujet tout à fait atypique : un aéroport. Bon sang, où Spielberg est-il aller piocher son cadre ? Cet insufflation de magie dans ce décors pour le moins banal relève presque de la formidable capacité d'humanisation du studio Pixar ! On l'aime, cet aéroport, au bout d'un moment, on savoure l'exploration de ses entrailles et les petites manigances qui agitent ce « petit-grand » lieu dont les mécanistes sont paradoxalement assez coupés du monde. Bref, c'est une petite pépite émotionnelle ultra positive que nous avons là, à ne pas négliger sous peine de sa place anecdotique dans la filmographie de son prestigieux auteur.