Avec cette fable humaniste chaleureuse,Steven Spielberg nous donne le sourire et nous permet de croire à l'impossible,le tout avec une nostalgie de rigueur,qui a de quoi faire fondre,même le coeur le plus endurci.Si à l'époque,les critiques ont reproché au "Terminal"(2004)de verser dans l'excès de bons sentiments,je trouve au contraire que c'est sa plus belle force,Spielberg jonglant avec un équilibre parfait,entre le mélodrame et le burlesque.Il y a du Capra et du Tati dans ce film-là,et cela le rend intemporel.Dans cet aéroport impersonnel,où les gens se croisent à toute vitesse sans se connaître,Le débonnaire Victor Navorski,devenu apatride,donc coincé là,va vivre son rêve américain à échelle réduite.Il se trouvera des amis,gagnera de l'argent dans le bâtiment,rencontrera furtivement l'amour,et réalisera de bonnes actions.Tom Hanks,visiblement amusé à l'idée d'emprunter un accent slave fictif,est très touchant.Catherine Zeta-Jones rayonne en hôtesse de l'air,amoureuse du mauvais bonhomme,alors que Stanley Tucci,avec son air pincé et sa hargne,est un condensé de l'Amérique réactionnaire et cynique de l'après 11 septembre.La candeur de Navorski(alter-ego du réalisateur)finit par faire chavirer tout le personnel du terminal,et nous avec! Très précieux.