Un diptyque aussi culte que mémorable de Norman Jewison à l'image léchée et au fond passionnant. Les plans d'entrée et du final avec cette musique sont simplement somptueux et les phases de rollerball sont excellemment mises en scène, c'est âpre, dynamique et violent, notamment pour l'époque. James Caan hérite en outre d'un rôle taillé sur mesure, très charismatique en Jonathan E, ce qui va par ailleurs lui poser quelques soucis dans le film. Le vrai problème ici réside dans l'intrigue politique, certes intéressante à souhait et assez visionnaire mais qui prend une place beaucoup trop importante. Hors du stade, c'est très plat et très lent et on sent passer les 2 heures. C'est d'ailleurs malheureux que ce pan de l'intrigue prenne autant de place tout en étant étayé que de très peu d'images, probablement dû au budget. En attendant, Rollerball aurait pu/dû être un chef d'œuvre d'anticipation mais il s'est pris les pieds dans le tapis de son scénario trop développé et souvent représenté de manière rébarbative. Dommage mais il reste à voir, bien évidemment, pour ce côté subversif et violent qui ne devait pas être monnaie courante en 1975.
"Rollerball" est resté comme une œuvre marquante du cinéma de science-fiction et pourtant les reproches qu'on peut lui formuler sont nombreux. Sa représentation du futur prête à sourire et il est évident que le film a pris un sacré coup de vieux, mais c'est plus la représentation du monde où se déroule l'action qui pêche. On devine un univers très riche derrière tout ça, mais quasiment rien n'est expliqué et les éléments exploités servent très peu l'histoire. On se sent donc assez étranger à ce qu'on nous raconte, d'autant plus que de nombreuses scènes sont peu passionnantes, mais heureusement celles des matchs permettent de sortir de la somnolence. Sans être des plus remarquables en terme de réalisation, on peut quand même en apprécier l'efficacité, surtout pour l'époque.
Dès les premières minutes, on est frappé par les choix artistiques et esthétiques de Norman Jewison si proches du film de Stanley Kubrick sorti 4 ans plus tôt, « Orange mécanique ». Même utilisation des zooms, de la musique classique (ici le superbe « Toccata et fugue » de J.S. Bach), de l’architecture massive béton et verre, pour des thématiques aussi très voisines ; comment une société peut broyer les individus sortant de la masse ?
Le pitch est simple pour ce film d’anticipation tourné en 1975 et qui se projette en 2018 !!! En 2018 donc, les Etats ont disparus au profit de 6 cartels gérant chacun d’eux un besoin vital humain (Alimentation, Energie, Transport,…) pour le bien de tous puisque les guerres tout comme la pauvreté ou la famine ont été éradiquées. « Le meilleur des mondes » dirait Aldous Huxley ; que nenni, puisque cette société nie l’individu au profit du collectif. Eloquent sur un point déjà, les GAFA ne prennent-ils pas le pas sur les Etats, ne sont-ils pas déjà des supra Etats nous vendant un monde meilleur normé et prêt à consommer ? Donc plus de politique, ce sont les cadres qui ont pris le pouvoir, et pour assouvir le besoin d’adrénaline des foules, rien de mieux que du pain et des jeux. Et c’est le rollerball, sport violent entre le hockey, la boxe, le foot US qui jouera le rôle de catharsis ; le confort matériel ne suffirait à obtenir un peuple bien docile.
Et en face de ce système hyper puissant, un homme pense pouvoir faire vaciller l’organisation ; Jonathan E qui est ni plus ni plus moins que le meilleur joueur de rollerball ; adulé des foules. Portant ce numéro 6 comme l’illustre « Prisonnier », hasard ou clin d’œil, il refuse de prendre sa retraite et commence à prendre conscience que par ce choix il fait de l’ombre au système. Rien de prédestinait cet homme à remettre en cause le système, on assiste alors chez lui à l’éveil progressif d’une conscience politique. L’écriture est minimaliste, James Caan (Jonathan E dans le film) s’en plaignit, et c’est bien la vraie faiblesse d’un film s’étirant sur 2h10. Heureusement que les scènes d’action à la violence crescendo viennent apporter du rythme au film ; surtout que près de 50 ans plus tard, elles sont toujours aussi percutantes.
Une référence parmi les distopies cinématographiques des 70’s que l’on prend plaisir à revoir et qui pose de bonnes questions sur la violence, le sport catalyseur de cette dernière, l’individu écrasée par la société. Juste une consistance trop légère pour tenir sur la durée. tout-un-cinema.blogspot
Plus kitsch, tu meurs ! Bien que peu nombreuses, les scènes du jeu sont suffisamment longues sans pour autant être redondantes. Leur violence va crescendo pour finir par spoiler: un massacre . Si ces scènes ont vieillies comme tout le film, elles conservent pour moi un certain charme. Je ne peux pas en dire autant pour le reste. Si le sujet est intéressant, il est ici maladroitement amené. Le but du réalisateur n’est pas clair. Trop souvent le ridicule côtoie l’ennui (spoiler: la soirée orgiastique à l’occasion de la rétrospective sur la carrière sportive du champion, le scientifique et l’ordinateur garant de la mémoire de l’humanité, le retour de l’amour du héros , etc.). Il y a pourtant de bonnes idées comme spoiler: les tirs au pistolet assez impressionnants contre les arbres par des convives éméchés ou encore la perte de la mémoire de tout le XIIIème siècle ... Sinon, il est regrettable que la voix de l’acteur principal soit si atone (à cause du doublage ?). En tout cas c’est un film qui ne laisse pas indifférent et qui se distingue du lot aussi bien grâce à ses atouts qu’à cause de ses défauts.
Sorte de 1984 du sport, le long-métrage dépeint une société future asservie à travers laquelle le sport est un catalyseur. Une œuvre qui représente parfaitement l'expression "l'opium du peuple", et qui met en exergue les dangers de la violence autorisée.
Ce film, réalisé par Norman Jewison et sorti en 1975, qui joui d'un certain statu de film culte, notamment depuis la sortie de son (apparemment) catastrophique remake en 2002, n'est quand même pas terrible. Et c'est bien dommage car il y a de l'idée ! Dans un futur dystopique (plus précisément en 2018), le monde est régi par les corporations. La population humaine qui a alors accès à tout le luxe possible se doit d'être divertie par un sport particulièrement violent : le rollerball. Sorte de mélange entre le football américain et la crosse où les participants sont sur des patins à roulettes ou des motos, je pensais que ça allait être la partie du film qui allait le plus m'ennuyer. Effectivement, je ne suis pas bien fan de sport et encore moins de films sportifs donc mais c'est au contraire les scènes les plus réussies du film ! En effet, surtout qu'elles sont de plus en plus violentes et et en deviennent ainsi de plus en plus fascinante, on est vraiment pris dans le jeu et on se voit même supporter une équipe, comme si nous étions de "réels" spectateurs face à un "vrai" sport, ce qui questionne par ailleurs notre propre rapport à la violence. Mais le cœur du film du film, ce n'est pas vraiment le sport mais plutôt de comment détourner l'attention des masses en leur offrant des sports violents. Car dans cette dystopie, si les humains vivent dans le luxe, ils sont aussi contrôlés de près par les corporations, au point de faire penser à "1984". Mais le gros problème du film, c'est que ce n'est pas un sujet assez développé, il reste de grosses zones d'ombre et puis surtout, entre les matchs, qu'est-ce que le film est long ! S'il intrigue au début, l'histoire devient de plus en plus lente et monotone car le film ne sait pas entretenir son suspense, ce qui est bien dommage ! "Rollerball" est donc un film qui aurait pu être bien plus intéressant si son intrigue avait été plus claire et plus développée.
Datant du milieu des années 70, « Rollerball » est un film d’anticipation qui a méchamment vieilli. Difficile d’y trouver son compte hormis les 3 séquences de ce sport à la violence extrême. Pour enfoncer le clou encore plus profondément, James Caan est le seul à tirer son épingle du jeu.
Très typique du cinéma d'anticipation des années 70, Rollerball dénonce autant la violence, en tant qu'orgie de spectacle, que l'abrutissement des masses dans le confort. Illustrant en cela la vieille formule césarienne "du pain et des jeux" de manière jusqu'au-boutiste, le film est porté sur les solides épaules de James Caan qui mène la danse avec beaucoup de brio, aidé en cela par des partenaires de choix (John Beck notamment) qui permettent à Rollerball de verser dans la furie avec délectation, la mise en scène de Norman Jewison faisant le reste et assurant dans le spectacle aussi bien que dans les moments introspectifs, sans même parler d'une bande-son idéalement choisie. Le style accuse certes un coup de vieux et, en un sens, le propos est sans doute un poil trop simplificateur, mais il n'empêche que le film marquerait encore des points aujourd'hui.
Sorti en 1975, Rollerball est un film exigeant et étrange, typique d’un certain cinéma intello américain de cette décennie. L’histoire se déroule dans un futur plus ou moins lointain où plusieurs corporations se partagent les richesses du monde – les êtres humains ont quant à eux accepté de sacrifier leur liberté en échange d’une vie sécurisée et opulente. Inventé pour purger les gens de leurs pulsions violentes, le rollerball est un sport extrême pratiqué par des gladiateurs modernes, dans lequel tous les coups sont permis et où il n’est pas rare que plusieurs équipiers trouvent la mort. Mélange de scènes sportives ultra-violentes, de passages hors du temps où l’on suit des néo-hippies bourgeois s’enfiler de mystérieuses pilules et incendier des arbres pour se détendre, et de séquences de réflexions sur le danger d’un monde privé de libre-arbitre, Rollerball est une œuvre hybride et ambitieuse de très bonne facture.
Classique des années 1970 préfigurant des concepts comme celui du Running Man, Rollerball dépeint une société futuriste où les cadres ont remplacé les hommes politiques dans la direction d’un nouvel ordre mondial, censé offrir un confort matériel inégalé à tous. Les guerres étant terminées, un jeu dangereux est inventé par les cartels afin de satisfaire les pulsions violentes de l’humanité. Le rollerball consiste à confronter deux équipes de joueurs se déplaçant en roller ou à moto sur une piste circulaire entourée d’un public. Munis de casques de football américain, ces derniers doivent s’emparer d'une balle de métal et la jeter dans un unique panier aimanté pour marquer des points.
Jonathan E, le capitaine de Houston interprété par James Caan (Le Parrain, Le Solitaire, L’Effaceur), brise le tabou de cette dystopie (« Le jeu est plus grand que le joueur. ») faisant en sorte que les vedettes individuelles ne durent pas en survivant à des matches disputés avec de moins en moins de règles. Sa popularité devenant gênante, le dirigeant Bartholomew fait pression en lui demandant de se retirer avant les deux derniers matches, prévus contre Tokyo et New York. Ne l’entendant pas de cette oreille, et ayant déjà perdu sa femme par le passé, Jonathan refuse que l’annonce de son retrait soit diffusée et met au défi Bartholomew en participant aux matches, plus ou moins soutenu par Maud Adams (L’Homme au pistolet d’or, Octopussy), qui semble remplacer sa femme.
Le concept du rollerball est très intéressant et montre que c’est surtout la violence des coups portés aux joueurs adverses qui extasie le public, les matches devenant de plus en plus dangereux avec des membres ensanglantés et des joueurs blessés voire neutralisés. La tentative de background autour des matches reste assez soporifique à cause du rythme relativement lent, les deux heures de film se trouvant bien trop longues. Le mystère autour du personnage reste bien mieux réussi, spoiler: rien de plus n’étant dévoilé sur la disparition de sa femme et le scénario s’arrêtant net lors de la victoire . Un film correct bien que vieillissant.
Dans un avenir qui ne dit pas son âge, la société est aux mains de corporations financières dont le pouvoir est tel que l’idée même de nation n’a plus cours ni sens. Administrée par les « cadres », gestionnaires taiseux et rivés à leurs privilèges d’aisance et de femmes faciles, l’humanité laisse faire et se gave de l’apport légal en pain et en jeux – tous les chemins mènent à Rome. Le plus emblématique de tous est bien-sûr et sans conteste le rollerball. Mix de hockey, de hand, de football américain et de courses à motos, le sport du futur est un cocktail archi-violent affranchi de toute règle et dont personne ne doit sortir vainqueur. Dans les gradins le public se masse, hystérique, applaudit les morts et houspille l’adversaire ; ainsi, il ne s’inquiète pas de qui dicte sa vie. Assisté de l’auteur de l’œuvre originale, le sous-estimé Norman Jewison délivre une dystopie écrasante, vision glaçante par le parallèle qu’elle offre avec notre ère, et plus particulièrement ces années 70 fondées sur la surveillance et les divertissements meurtriers, marquées par le Watergate et où les fans de F1 avaient coutume de pleurer leurs stars. James Caan rayonne en meneur adulé qui fait peur aux puissants, légende en devenir qui fait obstacle à la paix moutonnière. C’est un film dur, brutal et rugueux, et qui reste toujours malgré les années un plaisir coupable féroce et dérangeant.
Je n'avais pas spécialement d'attentes envers ce film mais à son visionnage j'ai été déçu. La première scène d'introduction donne le ton du film. C'est plat, froid, vieillot, et sans grand intérêt finalement. On ne ressent rien, malgré une histoire intéressante néanmoins: la lecture du roman doit largement surpassée le visionnage du film. Les scènes de rollerball ont perdu de leur charme, et la description de cette société corporatrice n'est pas non plus détaillée suffisamment pour susciter un intérêt profond chez le spectateur. Il n'y a pas non plus de scènes en extérieur, dommage.
On a trop souvent tendance à limiter la réussite de "Rollerball" à ses spectaculaires scènes de jeu. Or, le film (sorti il y a maintenant 35 ans) possède une force thématique sous-estimée. Dans une société où les états ont progressivement disparu au profit d'immenses conglomérats financiers, le rollerball est devenu (comme au temps du circus maximus) un formidable instrument de manipulations des foules. James Caan (qui a pratiqué le football américain à haut niveau) y impose sa carrure et s'avère également convaincant dans les scènes hors de l'arène.
Bon film que ce "Rollerball". Un concept plutot simple mais soutenu par une bonne réalisation et une petite dose de suspens non négligeable. Les règles du Rollerball auraient méritées d'être un peu plus étoffées et les acteurs ne sont pas toujours crédibles. Mis à part ceci et quelques rares longueurs, ce long métrage sans sort avec les honneurs.
Si les décors se voulaient futuristes à l'époque, ils sont beaucoup trop ringards aujourd'hui; mais les scènes d'action ne sont pas mal. Quant au message: le contrôle de la société par des spectacles et autres amusements, il était déjà d'actualité avant notre ère, et Rollerball ne propose aucune solution pour remédier à ce méfait.