Mitchell Leisen nous offre avec " Hold back the Dawn ", un drame émotionnellement riche et bien prenant, grâce à un solide scénario ( écrit notamment par un certain Billy Wilder ), à une mise en scène d'une grande fluidité et surtout grâce à un trio de comédiens totalement impliquer. Charles Boyer campe un bien cynique personnage, jusqu'a un dernier acte qui le rend au contraire bizzarement sympathique, et l'acteur français s'en sort remarquablement au niveau de son interprétation. La superbe Paulette Goddard est particulièrement étonnante dans celle d'une femme manipulatrice. Quand à l'adorable Olivia de Havilland, elle est la grosse satisfaction de ce long métrage dans le rôle d'une femme totalement naive, mais sa douceur et sa délicatesse font qu'elle se trouve être immédiatement attachante. Le jeu des acteurs est donc le gros atout de cet excellent drame américain qui se doit d'être découvert.
Remercions d'abord Allociné de nous spoiler quasiment l'intégralité du film (hormis les 10 dernières minutes)... Dans une élégante réalisation doublée d'un montage fluide, l'intrigue spoiler: inspirée d'un double fait de société toujours actuel (l'immigration & les mariages blancs) présente un triangle amoureux extrêmement efficace grâce à la complexité des personnages (une ex faussement blasée, une institutrice attendrissante par son innocente pureté, un manipulateur ému par un amour sincère) interprétés avec pertinence (ardente Paulette Goddard, désarmante Olivia de Havilland, dense Charles Boyer). Bien que le synopsis apparaisse cynique, ce drame amoral se mue en mélo optimiste quant au pouvoir de Vénus... Touchant.
C'est merveilleux de découvrir ce genre de film, est-ce que les choses ont changer 80 ans après, pas vraiment, le rêve Américain fait encore traverser la frontière dans l'espoir de trouver une vie meilleure. Mais là, n'est pas le point, et si on découvre un Charles Boyer peu scrupuleux et une Paulette Goddard manipulatrice, on est tout de suite attendri par Olivia De Havilland. Et dès cet instant, le film ne tient plus debout. Car, Si Boyer m'était son plan à exécution avec une mégère, on pourrait y croire, mais la fin ne serait pas la même. Mais Dès que Olivia De Havilland apparait, on sait ce qui va arriver, car, oui, comment résister à cette beauté, cette fraîcheur, ses yeux pétillants et attendrissants; non, c'est impossible de ne pas tomber amoureux d'une femme comme elle. Alors, toute l'intrigue s'effondre, on sait pertinemment comment tout cela va se terminer, et même si on rajoute un peu de mélo drame, c'est exactement ce qui se passe. C'est une gentille comédie dramatique, qui ne vaut surtout que pour la présence de ces grands acteurs, et actrices.
Une bonne surprise avec un scénario ou se mélange avec brio le sujet de l' immigration, des personnages manipulateurs, un certain suspense et pour finir du romantisme, le tout parfaitement joué.
Je ne sais pas vous, mais personnellement j'adore ce genre de personnages évoluant radicalement au contact de quelqu'un d'autre (comprenez un homme malintentionné qui se prend d'amour pour la personne qu'il avait au départ l'intention de rouler). Le problème, c'est que souvent cette idée est faussée par un scénario peu crédible, ce qui rend cette transformation hautement improbable. Ici, rien de tout cela, et pas besoin de chercher bien loin pour comprendre pourquoi : Mitchell Leisen à la réalisation, et surtout Charles Brackett et l'immense Billy Wilder au scénario. Cela change tout, et c'est d'ailleurs le film entier qui est une réussite : script engagé sans jamais en faire trop, narration intelligente, intrigue bien construite, personnages jamais lisses, interprétation remarquable (Olivia de Havilland est bouleversante, sans aucun doute l'une des plus belles prestations de sa riche carrière)... Les motifs de satisfaction sont nombreux et c'est presque avec tristesse que l'on voit apparaître « The End » lors d'un final très émouvant alors qu'il avait toutes les chances d'être risible. Bref, merci Mitchell, merci Billy, merci Charles (Brackett et Boyer), merci Olivia, merci Paulette, et surtout merci « Par la porte d'or » (qui est bien le vrai titre du film, contrairement à ce que peut écrire Allociné) : ces moments de cinéma sont devenus rares.
C'est toujours difficile de voir un beau film et de ne pas l'apprécier à son juste mérite. ''Par la porte d'or'' fait partie de ceux là car sa mise en scène ,son scénario, son trio d'acteurs de premiers plans et son absence absolue de racolage du public mériteraient tous les éloges. Seulement voilà, la première partie est trop longue et n'est guère vivante. Le perfectionnisme de Mitchell Leisen est ennuyeux, il s'attarde énormément sur les détails au détriment de l'action et de plus, ces détails sont d'ordres décoratifs et non caractériels. Il faut attendre un certain temps et, notamment d'approfondir la personnalité de Emmy, pour que ce film décolle. Coté direction d'acteurs, en dehors de dans ''A chacun son destin'', je trouve que c'est le deuxième point faible de Leisen, car lorsque on a un Charles Boyer dans son équipe, il est inadmissible de ne pas en tirer le maximum. Paulette Godard n'est pas non plus à son meilleur, elle n'est pas naturelle et joue un rôle; ce qui n'est jamais bon au cinéma, contrairement au théâtre. Olivia de Havilland, elle, est totalement merveilleuse et d'un naturel à tomber à genoux. Il y a dans ce film de très belles trouvailles visuelles comme lorsque Emmy chausse ses lunettes d'institutrice ou lorsque un coup de vent emporte les phrases que Georges écrit sur le sol poussiéreux d'un jardin public.
Une très bonne surprise pour ce film sur un immigré et un mariage blanc qui trouve un très fort écho aujourd'hui. Paulette Goddard est excellente dans le rôle d'une femme manipulatrice et calculatrice et trouve son pendant masculin avec Charles Boyer, qui malgré l'aspect odieux et cynique de son personnage, insuffle suffisamment de complexité et de subtilité à ce dernier pour nous le rendre finalement sympathique. Surtout quand son cynisme se retrouve petit à petit désarmé face à la simplicité et à la gentillesse d'une Olivia de Havilland très touchante et plus-que-justement nommée à l'Oscar dans ce rôle d'institutrice naïve. Le scénario signé Charles Brackett et Billy Wilder est excellent et la mise en scène de Mitchell Leisen est d'une solidité et d'une fluidité remarquables. Je regrette que la fin soit un peu trop vite expédiée, 10 minutes en plus de film aurait été l'idéal, ce qui m'empêche hélàs de donner à cette oeuvre terriblement attachante, comme les deux personnages principaux, son droit d'entrée dans les films 5 étoiles. Mais j'ai franchement adoré ce film, pour moi le meilleur de son réalisateur, et je le recommande à tout le monde sans exception.
Des scènes d'exposition un peu longues et une dilution de l'intérêt avec la multiplication des personnages secondaires auxquels on peine à s'attacher dans la première partie. Puis l'intrigue se noue et les enjeux apparaissent. Le récit, porté par une Olivia 'oie blanche' De Havilland encore une fois remarquable, qui maîtrise ce personnage à fond, avec un point culminant dans 'Autant en emporte le vent', sollicite alors l'attention du spectateur. On peut alors assister à l'évolution du personnage de George (Ch Boyer) balançant entre son passé , symbolisé par la piquante Anita (Paulette Goddard) et son avenir (la douce Emmy, Olivia De Havilland), le tout sur fond d'immigration vers les USA. Trois ans plus tard, il interprétera un personnage bien plus détestable dans le 'Hantise' de Cukor.