Le titre fait allusion à Sugarpuss O’Shea (Barbara Stanwyck, 34 ans), chanteuse, danseuse et future épouse d’un gangster, Joe Lilac (Dana Andrews, 32 ans) qui vient se planquer dans une belle demeure près de Central Park à New York, où vivent 8 professeurs qui rédigent une encyclopédie, financée par la fondation Totten (achèvement prévu dans 3 ans, étant arrivés à la lettre S, comme slang). L’un d’eux, le Pr Bertram Potts [Gary Cooper, 40 ans et qui vient de tourner avec Barbara Stanwyck dans « L’homme de la rue » (1941) de Frank Capra] vient de découvrir, grâce à un éboueur, que son article sur l’argot (slang) est totalement obsolète ; il décide de profiter de la présence de Sugarpuss pour l’améliorer, en plus de la rencontre de gens du peuple. Voilà une comédie [photographiée par Gregg Toland, 37 ans, qui vient de terminer « Citizen Kane « (1941) d’Orson Welles] légère, pétillante, et touchante, illustrant l’aphorisme de Blaise Pascal (1623-1662), « Le cœur a ses raisons que la raison ne connait point » [« Les pensées » (1669), n°277)] ainsi que de la supériorité de l’intelligence sur la force. Cela préfigure « Certains l’aiment chaud » (« Some like it hot ») (1959) de Billy Wilder, avec des chanteuses et des gangsters. Sans oublier la revisite du conte « Blanche Neige et les sept nains », même s’il y a 8 professeurs mais le plus jeune faisant office de prince charmant ! Etonnement, Howard Hawks en fera plus tard un remake, « Si bémol et Fa dièse » (« A song is born » (1948), sous forme d’une comédie musicale (des chercheurs en musicologie rédigent une encyclopédie et découvrent le jazz).