Comédie noire réalisée par Lindsay Anderson, Britannia Hospital est un film pas trop mal. L'histoire se déroule alors que l'Angleterre est en plein conflit social et économique avec des émeutes et des attentats sanglants qui perturbent son quotidien, et nous fait suivre le Britannia Hospital qui s'apprête à fêter ses cinq-cents ans d'existence en recevant la reine mère pour une visite de ses différents services, ainsi que pour l’inauguration d'un tout nouveau bâtiment réservé au Professeur Millar, un chirurgien aux méthodes extravagantes mais ayant fait leurs preuves. Seulement, rien ne va se passer comme prévu car l'administrateur de l'hôpital, Potter, est confronté à une série de problèmes entre manifestants protestant contre la présence d'un dictateur africain venu comme patient VIP, auxiliaires en grève qui s'opposent aux exigences gastronomiques exotiques des patients privés, exigences protocolaires de l'entourage royal, faux pas du professeur Millar, et enfin, ce qu'il ignore, l'infiltration d'un journaliste tournant un documentaire clandestin sur la nouvelle aile et ses pratiques douteuses, avec la complicité d'une jeune infirmière. Ce scénario s'avère plutôt prometteur et tient ses promesses pendant une partie de son intrigue d'une durée d'une heure et cinquante minutes. Celle-ci débute de façon un peu foutraque en nous faisant suivre plusieurs groupes de personnes qui gravitent autour et au sein de cet hôpital, et il faut attendre plusieurs minutes pour enfin comprendre toutes les motivations, ainsi que tout les tenants et les aboutissants de ces différentes situations qui finissent par se rejoindre. Et cela est assez plaisant car l'enjeu est que la visite de la reine se déroule pour le mieux malgré les nombreuses embûches rencontrées. Cela donne lieu à des scènes sympathiques, traitant via ce fiasco de sujets sérieux comme de la lutte sociale. Hélas, le ton humoristique ne prend pas vraiment. On sourit à quelques reprises mais c'est très loin d'être foncièrement drôle. L'ensemble est porté par des personnages appréciables, notamment le professeur Millar qui agit en mégalomane. Des rôles joués par une distribution convaincante comprenant Leonard Rossiter, Malcolm McDowell, John Moffatt, Graham Crowden, Marsha A. Hunt, Brian Pettifer, Fulton Mackay, Vivian Pickles, Barbara Hicks, Jill Bennett, Peter Jeffrey, ou encore Mark Hamill. Tous ces individus entretiennent des rapports de force amusants. Des échanges soutenus par de nombreux dialogues bien écrits, même s'ils manquent de mordant et de drôlerie. Sur la forme, la réalisation du cinéaste britannique se veut de bonne facture. Sa mise en scène parvient bien à relier tous les conflits. Cependant, elle reste assez scolaire et manque d'identité. Celle-ci évolue dans un unique décor, à savoir dans l'hôpital et son parvis où se déroule toute l'action. Et la grandeur de ce lieu est bien exploité, permettant de se renouveler malgré son unicité. Ce visuel, sans plus-value esthétique, est accompagné par une bande originale discrète signée Alan Price. Ses compositions se font peu entendre mais sont agréables lorsqu'elles pointent le bout de leurs notes. Reste malheureusement une fin très décevante, alors qu'on s'attendait tout du long à une conclusion toute autre. En conclusion, Britannia Hospital est un long-métrage méritant le coup d'œil, sans pour autant être incontournable.