Michael Caine qui aborde la cinquantaine retrouve Lewis Gilbert pour lequel il avait été le dragueur impénitent d'"Alfie" 18 ans auparavant. Le jeune séducteur à laissé place à un professeur de littérature universitaire alcoolique dont le couple bat de l'aile, sa femme le trompant avec son supérieur de la faculté. Revenu de tout et sans illusion sur sa petite gloire passée d'écrivain, Frank Bryant ne prend même plus la peine de s'alcooliser en cachette et officie très souvent ivre devant ses élèves médusés. C'est là que se pointe Rita jeune femme en quête de s'élever intellectuellement qui a choisi Bryant comme professeur pour lui enseigner le maniement des lettres. Les deux extrêmes vont apprendre à se connaître et s'enrichir mutuellement. On sait que Michael Caine est très attaché à ce rôle charnière de sa carrière qui lui a permis d'offrir une facette plus nuancée du snobinard british un peu veule qui lui collait à la peau. Il parvient à rendre à merveille le désespoir de cet homme qui s'accroche à la formidable énergie de celle qui n'a rien reçu de la vie et qui tente de s'ouvrir au monde de la connaissance. L'homme d'âge mûr va, sans jamais le manifester ouvertement, tomber amoureux de cette boule d'énergie qui ne voit en lui, même avec respect et tendresse, qu'un Pygmalion pouvant lui permettre de se trouver un autre chemin de vie. L'entreprise sera réussie et malgré un handicap de départ important, Rita décrochera son examen de fin d'année. De son côté le docteur Bryant n'aura pu se sortir de son intempérance et devra s'exiler un moment en Australie suite à ses nombreuses incartades. Le film se termine sur cette image d'aéroport où Bryant part vers un avenir que l'on devine incertain. Un beau film qui montre qu'au-delà des James Bond, Lewis Gilbert comme avec "Friends" possède un talent protéiforme.
J'avais vu ce film en 1984 à sa sortie et en gardait un très beau souvenir. Certes il a légèrement vieilli, mais le duo d'acteur est formidable. Julie Walters et Michael Caine sont touchants et leur face à face est merveilleusement mis en valeur par un scénario simple et intelligent. Ils furent d'ailleurs tous deux, ainsi que le scénariste, nommés aux Oscars en 1983 pour ce film, mais c'était l'année du triomphe de Tendres passions. Il y a deux ou trois ans, j'ai vu la pièce sur scène à Paris avec Mathilde Seigner et Pierre Santini. C'était un joli moment aussi, la pièce et le film sont vraiment très proches.
Voilà un très beau film, magnifiquement interprété, un film touchant sur ce professeur alcoolique (c'est l'une des meilleures prestations de Michael Caine) et cette jeune coiffeuse en quête de culture littéraire. Une belle musique accompagne ce film vraiment original. Sa fin est émouvante et pleine d'espoir.
Professeur d'université alcoolique et avachi, Frank Bryant compte une nouvelle étudiante en la personne de l'exubérante coiffeuse Rita, consciente de sa vacuité culturelle et soucieuse d'y remédier par des cours du soir. Entre la béotienne et l'intellectuel s'instaure une relation sur le mode Pygmalion. Julie Waters et Michael Caine forment un couple complice, parfois drôle dans l'opposition formelle entre la spontanéité et l'énergie de l'une et le renoncement, sinon le nihilisme, de l'autre. Le plaisir des lettres que Frank transmet à Rita, il ne l'éprouve plus lui-même. Pas d'histoire d'amour en vue entre ces deux personnages attachants sur lesquels se fonde exclusivement le sujet tel que le met en scène l'insuffisant Lewis Gilbert. On croit assez peu à la rapide transformation intellectuelle de Rita se confrontant désormais à Tchekov et Shakespeare; mais ce qui "plombe" le film, c'est assurément la réalisation de Lewis Gilbert, complètement terne, sans imagination, sans idée. L'indigence de sa mise en scène dessert les deux comédiens, maintenus dans un récit intimiste sans éclat ni vigueur. La réalisation, dès lors, stigmatise ce que le rapport et le contraste entre Frank et Rita peuvent avoir de conventionnel; les deux rôles méritaient davantage de causticité et de sous-entendus.
Assez long, plutôt marrant avec Julie Walters dans un de ses premiers rôles et Michael Caine tout jeune, dans une belle morale sur l'éducation des adultes qui rêvent d'un plus bel avenir et d'avoir une seconde chance.
1985, de Lewis Gilbert, avec Michael Caine et Julie Walters. Sympathique comédie qui tient à la fois du Pygmalion de B. Shaw (penser à My Fair Lady) et du Cercle des Poètes Disparus (Peter Wear) sorti 5 ans plus tard. Imaginez une petite coiffeuse de rien du tout, sorte d’orchidée, poussée sur un terreau de « mimiles » gros bidochons buveurs de bières (famille, mari, tous des cloches) qui, assoiffée de culture et de connaissances, va contraindre un prof d’université, déchiré entre ses deux passions (la littérature et la bouteille !) à la préparer aux examens. Michael Caine, avec son regard trouble imbibé de whisky, donne parfaitement la réplique à l’adorable fan de Shakespeare, Blake et Ibsen…Comme on le voit, la belle Rita n’aurait pas, aujourd’hui, été lectrice de Voici ou Gala !
Excellente interprétation, le thème de l'élévation sociale est toujours d'actualité. Film un peu vieillot, mais le texte du film n'a pas pris une ride ! Les conséquences de changements de classe sociale seront toujours problèmatiques dans nos sociétés, pas seulement au Royaume-Uni. A voir absolument.
Un des meilleurs films que j'ai vu de ma vie. L'évolution de cette jeune femme est écrite a la perfection et michael Cane est parfait dans le rôle du professeur désabusé. Un film a voir une fois dans sa vie