Le voyeur
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Yannickcinéphile

2 868 abonnés 4 582 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 30 janvier 2016
Ah, Tinto Brass ! Ce qui est bien avec lui c’est qu’on sait toujours à quoi s’attendre, et encore, à moins d’avoir mal vu, on échappe à la scène du bidet.
Bon, une chose est sure, Brass sait s’entourer à chaque fois de superbes actrices. Ah ça, il a du gout ! Vasilissa, Garavaglia, Offidani, des noms qui ne vous diront surement rien, certes car aucune n’a fait une véritable carrière d’actrice, mais elles ont de superbes corps et visages, et comme elles passent la moitié du temps nues, c’est quand même utile ! Bon, elles ne jouent pas vraiment bien, mais en même temps vu ce qu’elles ont à faire, vu le peu d’attention que Brass consacre à leur visage plutôt qu’à leur postérieur, elles sont assez largement excusées. Le casting masculin a un peu plus à faire, mais bon, l’interprétation reste convenue, et Brass semble assez largement se ficher de ses acteurs. C’est dommage.
Le scénario est médiocre au final. Les meilleurs Brass ce sont ceux où on rigole, où il y a de la potacherie, là ce n’est pas le cas. Parfois c’est amusant, mais vraiment rarement, Brass noyant le tout sous de la lourdeur appuyée, répétant certains gags jusqu’à l’indigestion, et puis il semble aussi complètement se désintéresser de son intrigue. En fait tout du long c’est un enchainement de femmes nues, de scènes de postérieurs, de scènes érotiques, et il y a tellement peu de liant que la narration est saccadée, brouillonne, et finalement décevante. Faut s’accrocher pour aller jusqu’au bout.
Formellement Brass fait le strict minimum. Comme toujours avec lui les plans sont très secs, avec des ruptures très nettes, un style qui peut donner du rythme mais dont la constance sur tout le film est lassante, et puis son obsession des entrejambes et des fesses prend ici toute sa dimension radicale. Ce n’est pas possible, la moitié des plans c’est ça ! A petite dose c’est sympa, c’est du Tinto Brass, mais alors sur le long terme ça finit par devenir complètement agaçant. Reste une bande son correcte signée Ortolani, quelques décors assez soft pour une fois, et une photographie pas vilaine.
Finalement Le Voyeur n’est pas un Brass bien connu, et je le comprends. C’est un film faible, à l’intérêt très limité. Brass pousse ses obsessions au maximum, et déjà qu’un Brass modéré ce n’est pas ce qu’il y a de plus digeste, un Brass immodéré vaut mieux avaler du bicarbonate de soude après ! Sérieusement je donne 1, et c’est pour le charme des actrices et les quelques points honorables soulignés en dernier lieu.
alouet29
alouet29

94 abonnés 1 514 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 26 février 2018
Ce film érotique flirte pas mal vers le porno par les plans rapprochés et le vocabulaire assez cru. Néanmoins, le casting est tout à fait correct.
anonyme
Un visiteur
2,5
Publiée le 15 octobre 2019
Ce qui m'intéresse c'est l'adaptation du roman de Moravia.

J'ai aimé la musique, le personnage principal. Je trouve le roman plus "dérangeant".

Sinon je trouve ça assez fidèle mais bon le film passe encore.
olivier francois
olivier francois

3 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 21 septembre 2025
Synopsis : Dans un collège de Rome, un professeur dénommé Dodo est en pleine dépression. Silvia, sa femme vient de le quitter pour un autre homme. Il ne cesse de penser à leurs ébats érotiques passés. En rendant visite à son exhibitionniste de père, Dodo fait la connaissance de Fausta, la servante de la maison. Cette jolie fille au tempérament torride va rapidement lui faire oublier ses déboires conjugaux. Plus tard, Dodo fait la rencontre de Pascasie, une ravissante étudiante métisse dont il va tomber amoureux…
Si Le Voyeur – L’Uomo che guarda est sorti sur les écrans en 1994, ce projet remonte en fait presque dix ans en arrière, mais avait dû être mis de côté suite à la mort de l’écrivain et journaliste Alberto Moravia. En effet, dès la publication du roman publié en France sous le titre L’Homme qui regarde, Tinto Brass désire l’adapter et ce avec la bénédiction de l’auteur avec lequel il était très ami. Avant le décès d’Alberto Moravia en septembre 1990, le cinéaste avait été obligé de reporter cette transposition. Suite à cette disparition, les deux anciennes compagnes de l’intellectuel transalpin s’en mêlent et refusent finalement que le nom illustre de l’auteur soit mentionné par Tinto Brass si son projet venait à naître. C’est finalement ce qui arrive en 1994. Le maître du cinéma érotique s’en donne à coeur joie et celui-ci plonge une nouvelle fois le spectateur dans son univers personnel, teinté de décors tiré du théâtre avec ses toiles peintes, dans lesquels déambulent des comédiennes aux formes très rebondies, allant là où Federico Fellini n’avait su ou pu s’engouffrer, parfois même jusqu’aux frontières de l’anatomie féminine, le tout sur une musique de Riz Ortolani qui mise sur le « sexophone ».. Ode au plaisir et, comme si son titre l’indique, au voyeurisme, « qui n’est pas une perversion, ni un vice, mais une vertu » comme l’a souvent indiqué Tinto Brass au cours de sa vie et de sa carrière, Le Voyeur n’est pas son opus le plus célèbre, mais reste marqué par quelques belles fulgurances et certains délires qui lui sont propres. Et puis, soyons honnêtes, L’Uomo che guarda demeure un film que l’on peut aisément qualifier de bandant.
Eduardo (surnommé Dodo par son entourage) enseigne la littérature française dans une faculté. Sa vie sentimentale n’est pas au beau fixe depuis sa séparation avec sa fiancée Silvia. Peut-être est-ce dû au fait que, faute de moyens financiers, le couple était obligé de partager le vaste appartement du père de Dodo, Alberto, un ancien professeur d’université, aujourd’hui retraité et confiné dans un lit après une mauvaise chute l’ayant privé de l’usage de ses jambes. Toujours est-il que Silvia a une liaison avec un autre homme dont elle refuse de divulguer l’identité à Dodo. Ce dernier est toujours amoureux de Silvia, qui reste l’objet de ses fantasmes. Dragué par une étudiante, puis intrigué par les rapports que son père entretient avec son auxiliaire de vie, la ravissante Fausta, Eduardo ne parvient cependant pas à chasser son ex-copine de son esprit. Et puis, une question le taraude : qui peut bien être son rival ?
Les aficionados de l’univers de Tinto Brass ne seront pas dépaysés. Tout y est et Le Voyeur est même une belle porte d’entrée au cinéma de l’intéressé. Évidemment, sans surprise, ce que l’on retient avant tout est la beauté des comédiennes et de ce point de vue, le réalisateur nous a encore gâté avec d’un côté la (blonde) polonaise Katarina Vasilissa (alors mannequin de Playboy) et de l’autre l’italienne (brune) Cristina Garavaglia. La première apporte un charme original au « harem » de Tinto Brass avec sa beauté de l’est et ses yeux bleus de félin, s’offrant volontiers à la caméra et donc aux spectateurs, en dévoilant son corps sculptural, même si étonnamment moins généreux en ce qui concerne le fessier, habituellement plus proéminent chez l’amico Tinto. La seconde rentre plus dans le carcan des créatures qu’affectionne le cinéaste avec sa large bouche et ses formes voluptueuses. Du point de vue dramatique, Cristina Garavaglia s’en sort nettement mieux, dans un rôle pourtant plus secondaire et celle-ci fait penser à un personnage échappé de chez Pedro Almodóvar. Peu de choses marquantes en ce qui concerne sa carrière, à part une incursion chez Dino Risi en 1996 pour Giovani e belli, l’un des derniers longs-métrages du maître. Le Voyeur est pour ainsi dire son moment de gloire, d’autant plus qu’elle vole la vedette à chaque apparition.
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