Irréversible
Note moyenne
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816 critiques spectateurs

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Krokodebil
Krokodebil

118 abonnés 23 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 17 avril 2010
Il est rare de pouvoir affirmer qu'un chef d'oeuvre peut-être abject. Cela fait mal même d'y penser, et pourtant, devant ce film, rien d'autre ne peut s'envisager. Plongés directement dans l'horreur pure et suffocante, la saleté et la violence, on sort peu à peu lentement du cauchemar, mais il nous hante, à chaque seconde. Tourné comme un interminable plan séquence (en réalité les coupures se font sur les ciels et plafonds) le film remonte le fil des Parques, inexorablement, jusqu'aux sources du drame : le bonheur et le temps. Constat terrible sur l'innocence, vision extrêmement pessimiste et démoralisante de la société. La virtuosité de Noé n'est pas à renier : il filme terriblement bien, et son travail sur le son est soigné (pas facile de rendre un aspect aussi chaotiquement maîtrisé...). Les acteurs sont grands, surtout Monica Belluci, qui nous tire dans sa tourmente. Insoutenables scènes dans le sex-club où tout n'est que mouvement, fureur et trouble, on émerge et on songe au début. Multiples échos, signes annonciateurs, le destin était en branle, et Alex enceinte. Vertige nauséeux mais nécessaire... De temps en temps, la caméra se fixe et tourne inlassablement sur un point, surtout dans le dernier plan dans l'herbe : spirale destructrice du temps, du destin, de la vie... Deleuze y aurait vu le trou noir des expressionnistes, on n'est pas loin.
Références à Kubrick justifiées dans ce drame coup de poing tiré au cordeau. Un film implacable, inexcusable peut-être, mais incroyablement intelligent.
Deli K.
Deli K.

45 abonnés 154 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 14 mars 2017
Un film assez indigeste. Le vrai coté dérangeant est que les scènes les plus choc peuvent provoquer de l'excitation. Et c'est au final, le plus terrifiant. La nature humaine a du bon (ce qu'on voit dans tous les films à "happy end") mais aussi un coté sombre servi sans détour par cette oeuvre. Ce film nous montre ce qu'on ne veut pas voir. Les pires pulsions enfouies au fond de nous mêmes. Crues, nues, sans enrobage. On ne s'attache à personne, même pas à la victime ou au héros. Sans parler du mal de crane avec cette caméra tournoyante et ce bourdonnement incessant. Si le but était de faire ressentir le dégout, c'est parfaitement réussi.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 30 juin 2013
Un parti pris de cinéaste, une vision globale de l'être humain sans concession et une performance d'acteur qui force le respect. "Irreversible" est un film qui met tout le monde d'accord, mais qui divise indéniablement sur sa finalité. La caméra volatile de Gaspard Noé n'est pas utilisé par hasard, car celle-ci nous force, dans les moments clés, à soutenir le regard sur l'insoutenable. C'est à la fois la force et la "faiblesse" du film, le point qui divisera le public sur la finalité du film. Noé a voulu, dans sa démarche, montrer les possibilités de l'homme, dans l'horrible et dans le meilleur. On obtient au final un portrait sincère et global de ce qu'est l'Homme, de ce qu'il est capable, dans l'ignoble et dans le merveilleux. Comment ne pas souligner le travail d'actrice de Monica Bellucci, qui nous "offre" une performance à faire rentrer dans le panthéon des acteurs passionnés par leurs métiers. Car c'est bien la passion de l'art qui pousse cette femme à jouer dans ce film. Respect madame. Et respect au cinéaste pour sa démarche qui lui a valu des tombereaux d'insultes et de critiques. Respect Mr Noé. Un film à voir, mais âmes sensibles s'abstenir.
Jerem69tt
Jerem69tt

138 abonnés 1 707 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 20 décembre 2016
Est-ce que la violence et le sexe permettent de faire un bon film ? Il faut croire que selon certains oui, mais malheureusement non. Non certainement pas. Ce film est long plat ennuyeux avec 25 premières minutes indigestes où la caméra ne fait que tourner et tourner ou encore une image finale qui fait littéralement mal aux yeux. La bande son du début est horrible, l’image tout autant. Il faut un petit moment pour comprendre le scénario ou le fait que le film soit chronologiquement à l’envers. Mais pourquoi cela ? Aucune idée, pour copier un certain Nolan peut être … Du coup, on n’y comprend strictement rien avec un début rapide et violent et une fin sexuelle ou quand ce n’est pas un discours sur le sexe, c’est un homme et une femme nu pendant 15min sans réel sujet de discussion. Tout ça pour quoi, quel est le but de ce film ? Honnêtement impossible à dire. De la violence gratuite (la scène du viol pour le coup ne rentrant pas dans cette case), une vision déformée du monde, du sexe inutilement omniprésent…et aucune réflexion. Pourquoi ? Mais finalement ce qui choque le plus avec ce film c’est le nombre de personne qui "aime" !
anonyme
Un visiteur
0,5
Publiée le 23 août 2010
Quand Gaspar Noé nous épârgnera-t-il l'insulte de sa bêtise ? Probablement jamais. Entre la tonalité méldramatique graveleuse et les aphorismes ultra-intellectuels du genre "le temps détruit tout". Mais la n'est pas le pire, si vous pensiez que le manque flagrant de professionnalisme de Noé s'arrêtait aux platitudes débitées par les personnages qu'il met tant bien que mal en scène, vous vous trompiez. En effet, ce dernier se permet d'utiliser une caméra vievoltante, faisant des tourbillons, avançan en faisant des spirales. Alors au-delà de ce mauvais goût inqualifiable, cela confère une atmosphère écoeurante, sans cohérence. Sans oublier le récit à la structure complètement éclatée, bourré d'analepses, d'ébats dépourvus d'intérêts, le tout enrobé d'une ambiance molle et ouatée. On est toujours pris entre le mélodrame indigeste et l'horreur inutile liée à la violence des rues. Le cinéma français s'enfonce dans des abîmes de bêtise année après année.
anonyme
Un visiteur
0,5
Publiée le 10 janvier 2015
Alors là ça risque d'être long, c'est un des plus mauvais films que j'ai jamais vu, tout simplement. Les mauvais points sont tellement nombreux que je ne sais pas par où commencer :

-L'histoire : Le grand principe de ce film, c'est la narration à l'envers. On commence donc là où l'histoire se termine, et on remonte petit à petit le cours des événements. Sur le papier, ça a l'air sympa, et dans les faits, eh bien c'est effectivement une manière originale de raconter une histoire, donc rien à dire de ce côté là. Je serais juste curieux de voir de meilleurs films tenter le coup.

- Le trio principal : Vincent Cassel ; Monica Bellucci (les deux formant le couple) ; et Albert Dupontel. Ces trois grands noms, qui pour moi furent une des raisons de regarder le film, n'arrivent pas à le sauver du naufrage. Leur jeu est bon, mais les personnages de Cassel et Dupontel sont pénibles, ça en devient affolant.

Dupontel en premier : spoiler: Le meilleur ami et ex de Bellucci, passant un quart d'heure à poser des questions au couple sur leur vie sexuelle, et si il n'y avait pas un problème entre lui et Monica à ce niveau-là quand ils étaient ensemble, et plein de trucs comme ça. Ce n'est pas que ce comportement est surréaliste, au contraire même, mais on ne fait pas une scène de 15 minutes, en plan fixe, dans le métro, en parlant que de ça, quand on dit vouloir faire du cinéma.


Et on touche ici à un des principaux problèmes : La longueur des scènes. Il ne s'agit que de plans séquences, qui bougent ou non, et qui s'éternisent encore et encore, augmentant le malaise provoqué. On assiste à une soirée arrosée se terminant mal, et toutes les étapes pénibles de ce genre de soirées sont fièrement montrées, comme un docu-fiction sans aucune inspiration.

La deuxième scène du film consiste à ce que Vincent Cassel, suivi par Dupontel, spoiler: cherchent l'homme qui a violé sa copine
dans une boîte de nuit gay et SM nommée "Le Rectum". C'est mal éclairé, ça dure là aussi 15 bonnes minutes (je ne vérifie pas la longueur exacte, je fais une estimation, et je suis gentil, je pourrais ne plus compter en minutes mais en journées), et on entend Cassel répéter 100 fois la même question à toutes les personnes qu'il croise, avec Dupontel qui l'implore de se calmer. De la grande écriture, même si elle reflète un réalisme certain (en tout cas, j'imagine sans trop de problème ce genre de scènes en vrai vu le contexte).

Parlons maintenant de la caméra. Voici ce que j'appelle de la mise en scène vomitive, ou pouvant provoquer des maux de tête : ça flotte, ça va dans tous les sens, c'est encore moins bien filmé qu'un found footage, et ça ne montre rien d'intéressant, pas un seul beau plan. La caméra tourne et suit les déambulations des personnages au cours de scènes interminables, sans même essayer de faire en sorte que ça ressemble à quelque chose.

Encore une fois, je comprends le concept, il s'agit de nous placer en spectateur de tous les événements comme si ce que montrait la caméra était notre regard. On assiste donc à la "mythique" scène du viol, que l'on suit, impuissant, sans pouvoir arrêter les choses, et la vague de violence que cet acte provoque. Mais quand on veut faire un truc comme ça, on s'arrange pour qu'il n'y ait aucune scène intimiste dans laquelle notre présence n'a aucune raison d'être. spoiler: Dans cette démarche, comment est-ce qu'on peut se retrouver dans l'appartement de Cassel et Belucci qui viennent de faire l'amour ? Cette scène n'a aucun sens dans ce récit. Même l'enchaînement est un peu foireux, on assisterait au viol sans bouger et on resterait vers Cassel après, pour le suivre dans son désir de vengeance, je ne vois pas la logique.


Et si jamais je me trompe, et que le principe n'est pas de nous mettre en spectateur, mais juste de donner une sensation de malaise, alors ça devait forcément être aussi mal filmé et écrit à part pour le plaisir de choquer gratuitement afin de recevoir la délectable étiquette de "cinéma subversif" ? Comparons avec Mysterious Skin, voilà un film traitant d'un sujet délicat de façon plutôt crue, mais bien écrit et filmé avec talent.

Quand on m'a parlé d' "Irréversible" la première fois, j'étais plus jeune, et on a préféré ne pas me prêter le DVD parce que je risquais d'être choqué. Alors effectivement, j'ai été choqué par la mise en scène, la débilité du déroulement de cette histoire, et son parti pris de choquer pour choquer avec du voyeurisme, juste parce que ce réalisateur n'a pas été fichu d'avoir une seule idée potable en dehors de la narration et du choix des acteurs (et encore, je ne sais pas si il est responsable du casting).

Les dialogues sonnent peut-être vrais, mais sont tellement poussés à l'extrême qu'on a juste envie de claquer les personnages (Allez savoir, peut-être que le réalisateur ne les aimait pas et donc n'a pas voulu apporter de soin à leur élaboration et à leur texte). On les entend insister, répéter les même questions, geindre, et avoir tous les comportements du quotidien qu'on peut détester ( spoiler: le mec trop fêtard qui fait n'importe quoi, l'ex qui veut tout savoir de la vie sexuelle de celle dont il est toujours manifestement amoureux
). C'est une espèce de torture-porn mal filmé, qui n'a aucune morale, et dont le soi-disant choc est au final complètement désamorcé par la pauvreté de sa mise en scène. Un échec complet que je déconseillerais aux gens, non pas parce que c'est un film violent, mais surtout parce que c'est un mauvais film.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 24 mai 2014
Dur, violant, dérangeant. Oui. Mais extrêmement puissant et une mise en scène sublime. La violence n'est jamais gratuite et Noé a un vrai message a faire passer.
Plume231

4 406 abonnés 4 639 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 23 mai 2015
LE film français qui a dû faire le plus scandale lors de ces quarante dernières années à cause d'une séquence en particulier à laquelle tout le monde a l'air de juste résumer tout le film. Je ne spoilerierais pas en disant que c'est la scène du viol dans le tunnel. Celle, avec peut-être le scène du début avec l'extincteur, qui a fait s'évanouir des spectateurs lors des premières projections à Cannes...

"Irréversible" a une originalité, que son réalisateur Gaspard Noé a "piqué" à "Memento" de Christopher Nolan, à savoir que l'ensemble est antéchronologique. La première séquence est donc la dernière dans l'ordre chronologique et ainsi de suite jusqu'à la dernière qui est donc la première, ce qui fait que cela se termine sur un faux happy-end.
Ce procédé narratif aurait pu fonctionner s'il n'avait pas été noyé sous l'interprétation des acteurs qui franchement jouent comme des pieds, mention spéciale à Vincent Cassel, des scènes totalement ennuyeuses comme celle du métro ou de la soirée, et une première demi-heure qui donne l'impression d'être filmée et jouée par des types défoncés au LSD, ce qui ruine entièrement la puissance qu'elle aurait pu avoir. Dans cette optique, la tabassage de l'homme à coups d'extincteur m'a laissé complètement de marbre.
Quant à la "fameuse" séquence, celles du même type que l'on voit dans "I Spit on Your Grave" et dans "Il était une fois en Amérique" m'ont beaucoup plus marqué, en grande partie parce que contrairement à ici on avait eu le temps de faire connaissance avec les futures victimes avant et de s'y attacher. Et le jeu pourri de Monica Bellucci pour les scènes qui viennent après (ou avant, ça dépend de quel point de vue on se place !!!) n'encourage pas l'empathie pour son personnage par la suite.
Seul instant de grâce, le moment d'intimité du couple sur "Mon Manège à Moi" version Etienne Daho, où l'alchimie entre Cassel et Bellucci écrase complètement la nullité de leurs interprétation.
Donc aussi étonnant (et choquant !!!) que cela puisse paraître, "Irréversible" qui m'a laissé indifférent.
anonyme
Un visiteur
0,5
Publiée le 12 mai 2007
Ce film se veut intelligent, mais qu'y a t il d'intelligent dans ce film ? Voir le film à l'envers, quelle imagination !... Hormis la scène de viol qui dure 20 minutes, insupportable, ce film est un film ultra-violent et complétement absurde dans le sens où il ne se passe rien : on voit simplement l'avant et l'après-viol, sauf qu'ils sont inversés. Un film à oublier... un navet, devrais-je dire.
anonyme
Un visiteur
0,5
Publiée le 29 septembre 2006
Une violence gratuite et complaisante, pour servir un message banal et simpliste. De la photo à la réalisation, tout est laid et paraît sorti tout droit de MTV. Une horreur.
Gwen R
Gwen R

54 abonnés 577 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 25 novembre 2006
Merdique, honteux! Quel interet a filmer un viol ? Pourquoi renbdre le spectateur passif et donc temoin de ce viol avec une camera qui ne bouge pas? Le realisateur a soit eu envie de nous dire que " bouh le viol cest moche" et c'est un con soit " regardez avec sadisme ce spectacle horrible" et c'est un pervers ignoble. Le tout nous montre une fin heureuse mais le spectateur lui sait, aux depends des personnages, l'horreur à venir, alors pas de doute Noé est un salaud pervers!
Acidus

872 abonnés 3 937 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 28 décembre 2021
De Gaspard Noé, je ne connaissais que "Enter the void", un véritable chef d'oeuvre. A l'époque de sa sortie, son précédent film, "Irréversible", avait fait beaucoup parlé de lui notamment avec cette longue scène de viol, réaliste et dure. Il est compréhensible que la violence graphique de ce long métrage en choque plus d'un et c'est tout à l'honneur du cinéaste de secouer un bon coup le spectateur et de le sortir de sa zone de confort. Original, "Irréversible" l'est assurément. Je retrouve avec plaisir les effets de mise en scène et les plans de caméras, quasi-expérimentaux, que l'on peut revoir, de manière plus maîtrisés, dans "Enter the void". Et comme Gaspard Noé ne peut et/ou ne veut pas faire comme tout le monde, il complique la trame narrative en nous la présentant dans un ordre antéchronologique. Dans ses mains, cet ensemble atypique n'a rien de brouillon et nous prend aux tripes. C'est ce que j'attend du cinéma et c'est la seconde fois que le réalisateur me balance une claque en pleine tronche. Merci, ça fait du bien... ou pas.
Kubrick's Club
Kubrick's Club

43 abonnés 694 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 5 septembre 2008
Totalement réversible, telle est la caméra de ce film, tout comme les scènes, découpées et remise dans n'importe quelle ordre. Par ce titre, sans doute le réalisateur voulait nous dire qu'à part ces aspects formels de la réalisation, la violence est irréversible, elle appelle toujours à la vengeance. Rien de très nouveau en somme, tout comme la seule explication apportée pour expliquer la motivation du viol: les tenues provocantes. Un film qui à part choquer, se voulait sans doute une grande réflexion sur la violence et le viol. C'est raté, car on est avant tout choqué de la nullité de la réalisation et de la vacuité du propos, le viol ne se justifie pas et quant à la violence, on a déjà de nombreux excellents films sur le sujet, d'"Orange Mécanique" à "La Haine".
anonyme
Un visiteur
2,5
Publiée le 18 août 2020
OK, la caméra bouge beaucoup, c'est violent, crade ... et orange, VOILÀ. J'ai envie de résumer ce film à ça tellement j'ai eu la nausée devant sa brutalité et sa radicalité. Sentiments de dégoût, d'énervement, c'est ce que j'ai eu tout au long de ce cauchemard ultime. Cet enfer nocturne cristallisé dans ce film provocateur. Alors oui le film possède une esthétique puissante controlée, oui le film propose une expérience troublante et déconcertante. Bien sûr le montage est extraordinaire et reste le point fort du film. Oui malgré sa violence qui me fait haïr ce film,il faut lui reconnaître sa capacité viscérale à mettre mal à l'aise. Parce que c'est aussi ça le cinéma, choquer, cogner où ça fait mal. Noé est un bon réalisateur, il est le Roi des cabrioles, des spirales et autres mouvements de caméra ingénieusement construits. Les plans séquences de ce film sont miraculeux. Impossible parfois de comprendre comment ils sont arrivés à un tel résultat. Oui techniquement, ce film est une merveille.

Seulement ce n'est pas ce que je retiens. Ici Noé dépasse la limite, pour certains ça peut-être une bonne chose, pour moi, c'est trop. Neuf minutes de viol caméra fixe sans coupure, c'est trop. Alors oui "nous", spectateurs sommes mis dans la position de témoins, de voyeurs impuissants.

Avec l'expérience, avec la vie, mon avis changera peut être au sujet de ce film, je suis pour dire que "l'art" doit, parfois, choquer. Marquer de manière viscérale une personne. En tout cas je ne veux pas revoir de si tôt ce long tunnel rouge mais que je préfère garder en souvenir l'avant-dernière séquence où la beauté des corps de Cassel et Bellucci fusionnant, apparaît comme réparatrice et apaisante.

Pour le moment je ne peux que écris ce petit texte pour comprendre peut être mieux, je n'ai certainement pas encore le recul nécessaire pour apprécier et comprendre ce film.
L'argument : "c'est un film qui ose, qui propose quelque chose de nouveau , d'unique...blablablabla" ne vaut rien. Certes il fait bouger les lignes, certes il nous provoque mais mes émotions ont pris le dessus et ce n'est pas de cette manière que je veux être surpris et bousculé par le 7ème art.
Kloden
Kloden

147 abonnés 997 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 18 février 2015
Au final, il en aura été de même pour Irréversible que pour Seul contre Tous. J'en aurais tant lu, des critiques choquées, ou plus positivement marquées, qui auront décrit ce deuxième long-métrage de Gaspard Noé comme une oeuvre à la violence extrême. Le résultat direct, c'est forcément la tendance naturelle de l'esprit humain à projeter des attentes, se préparer et tenter de vivre à l'avance ce à quoi il va être exposé, pas pour s'en protéger dans mon cas, mais pour tenter d'en jouir avec la plus grande plénitude le moment venu. Quand je parle de "pleine jouissance", ne comprenez pas catharsis, ni même un voyeurisme dégueulasse, simplement l'impression d'être en parfaite adéquation avec ce que le long-métrage propose, de s'y être rendu malléable. Bien sûr, cette séance préalable passée au crible de mon imagination était une erreur, comme toujours, et m'a empêché de laisser le film venir me chercher de lui-même. Au final, je n'ai pas été choqué plus que ça, ou alors le dégoût que j'ai ressenti s'est trop limité à un mouvement intellectuel, manquant de viscéralité, de puissance physique. Résultat principal, et très dommageable ; j'ai trouvé que les moments où les cadrages très libres de Noé cherchent, par leur tournoiement bordélique, à atteindre la folie d'un Vincent Cassel hors de lui plongé dans l'animalité (la sienne et celle du Monde), tournaient un peu à vide, sans trop de prise réelle. Heureusement, Irréversible n'est pas que ça, et a une vie en dehors de ses deux scènes chocs, dont beaucoup se sont servis pour le vilipender, en dresser une image de gratuité provocante. C'est d'ailleurs un des traits les plus respectables du film de Noé que de tendre la joue à de telles critiques, quand au contraire, il présente la violence de façon bien plus justifiée que la moyenne, certes longuement, certes sans détour, mais de fait armé d'un réalisme qui lui enlève tout penchant hypocrite. Car trop nombreux sont les films qui se servent de cette violence comme d'une arme, pour ébahir le spectateur, le rendre impuissant (voire même plus dangereux, fasciné) et s'arrêter juste avant de provoquer le rejet viscéral qu'a suscité Irréversible chez certains. Noé, lui, dénonce avec courage cette pratique généralisée d'instrumentalisation, en poussant à bout ses ressorts pour dévoiler ce qu'ils ont de gênant. Mais comme je le disais, Irréversible voit plus haut que cette crasse dégoûtante, que Noé peut je le conçois agacer en mettant en scène comme caractère humain sans assez y amener de nuances. Pourtant, son montage à l'envers, davantage que de rendre plus poignantes encore toutes les scènes qui précèdent le drame en les rendant désormais impossibles, témoigne d'une vraie démarche, d'un mouvement artistique plus large. Irréversible, en fait, est cette remontée vers l'humain, vers le beau, vers l'amour, qui cohabite avec la violence et le glauque, mais que le cours réel de cette histoire, si on la remet à l'endroit, dessine tristement comme un fantasme impossible et une lutte vouée à l'échec contre la nature profonde qui nous tient tous pieds et poings liés, dans le plus profond de nos êtres.
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