Il me semble que Le Solitaire soit le premier film de Michael Mann tourné pour le cinéma ; un réalisateur ayant fait plusieurs bons films (mais je n'ai pas aimé Heat et Collateral) . Il signe ici un polar dans un style oscillant entre celui des seventies et des eighties, un ton plutôt mélancolique voire sans espoir ; les scènes de cambriolage sont excellentes et le film comporte aussi un certaine dose de violence. James Caan y trouve un de ses meilleurs rôles et Tangerine Dream signe une bonne B.O. Dommage qu'il soit moins connu que Heat.
Chez Micheal Mann, je peux mettre en évidence deux périodes: avant les 90's et après. Avant il y avait ce solitaire, son deuxième film, son essai au fantastique avec La forteresse noire, et le chef d'oeuvre Manhunt. Jusqu'à ce dernier ses films étaient typiquement 80's, et c'est après qu'il changera de style pour s'attaquer à ce qui est pour moi la crème de sa filmographie: Heat, The insider, Collateral... Ce Solitaire fait partie de cette période eighties, et ça se voit, c'est l'archétype du polar de cette époque avec flics corrompus, voleurs et mafia et un héros cambrioleur sûr de lui avec un lourd passé carcéral qui veut sortir du système pour une retraite dorée avec sa femme, et qui organise un dernier cambriolage qui foire, bien entendu. C'est sympa, tout le film repose sur les épaules de James Caan, la musique de Tangerine Dreams plaisante mais envahissante, mais j'ai trouvé ça long. Trèèès long. Et surtout prévisible à dix lieues. Si vous voulez profiter du style essayez plutôt chez William Friedkin, style French Connection ou To live and die in L.A.
Deuxième film de Michael Mann sortit en 1981 peu avant qu'il se lance dans l'aventure "Deux flics à Miami". Produit par Bruckeimer qui est lui aussi à l'orée d'une fructueuse carrière et il est bon de le noter aussi, produit par un certain Danny Caan, frère de James l'acteur principal du film. Bien que extrêment conventionnel dans ce qu'il raconte, "Le solitaire" est un bel et bien un projet personnel de Michael Mann, cela se ressent dans l'univers qu'il cherche à retranscrire par son utilisation de l'image et du son. Le réalisateur de Heat à trés vite développé un sens aigu du découpage auquel je ne suis pas insensible tout comme son utilisation frèquente du gros plan. Le son du synthé typiquement eighties rappelle le travail de Giorgio Moroder sur Scarface (1983). Cela confère à l'ensemble un aspect de tragique. Une tragédie moderne, mais qui je le répète est platement construit au niveau du scénario. Cependant, M.Mann compense par une mise en scène réfléchie qui à du style et compte sur le charisme de Jimmy Caan et une trés bonne interprétation de l'ennemie de celui çi. On verra qu'avec le temps, le cinéaste américain s'est acharné à redéfinir son univers de polar noir ultra stylisé, Heat (95) Miami Vice (06) mais avec toujours d'énorme platidudes à ses scénario excepté Collatéral. On pourrait dans ce que là le rapprocher d'un autre cinéaste dénommé John Woo mais à l'opposé de ce dernier qui fait beaucoup usage de l'ironie, Mann instaure une atmosphère sèrieuse, voire tragique à ses films. Donc, voilà un cinéaste qui part du déjà vu pour nous en montrer l'aspect terriblement serieux, il prend à contre-pied la mode de l'ironisme façe aux clichés des polars (Tarantino, Woo, Coen et autres cinéastes de la génération 80, 90), ce qui à l'heure actuelle s'avère finalement tout à fait original. Le solitaire, bon travail qui pose les prémices d'un univers particulier qui malheuresement n'a pas énormément évolué, nous verrons son prochain film.
Appréciant le travail de Michael Mann, j'étais curieux de connaître son premier film. Malheureusement ce film n'est pas les prémices de la future carrière du réalisateur. Tout est très daté dans ce film, la musique est horrible et la mise en scène presque inexistante. Le film se déroule sur un scénario des plus prévisible sur une histoire mainte fois conté de bien meilleur façon.
Le premier film de Michael Mann est un bon polar quoique très banal. La musique synthétique très année 80 est bien utilisé et on ne s’ennuie pas trop devant ce film qui pose les prémices du génial Heat même si l’impression de déjà vu est malheureusement trop grande. Autre regret, le sous emploi du personnage de James Belushi, à voir tout de même.
Dans la vie, il y a les films (mais aussi les livres) qui vous laissent une trace et d'autres que vous effacez bien vite de votre memoire.Ce film je l'ai vu il y a déja bien longtemps et pourtant je m'en souvient encore. Maitrise total du sujet de la part du realisateur M.Mann, encore débutant à l'époque. L'histoire peut certes paraitre conventionnelle; un type qui veut se ranger des voitures (et pourtant dans le film il a une concession de voitures)veut faire un dernier casse et fait donc alliance avec un parrain de la mafia pour ce dernier coup, mais quand la mafia vous tient elle ne vous lâche plus et vont tuer son associé et menacer sa famille (une famille qu'il venait de créer, avec une femme perdue et un bébé adopté) pour l'obliger à bosser pour eux ,et lui va détruire tout pour ce quoi il a trimé pour ne pas vivre à genoux... Histoire banal d'un dernier coup et d'une vengeance? Non, car tout est dans la façon de la raconter, de filmer, d'émouvoir et c'est là qu'on voit que M.Mann est un grand. A noter la présence de Dennis Farina, qui va aussi apparaitre dans Miami Vice,Crime Story: des séries de M.Mann.
Second film de Michael Mann, ce "Solitaire" a il est vrai beaucoup de mal à captiver notre attention au départ. En effet, le film s'avère lent, un peu ennuyeux, et ayant beaucoup de mal à sortir de cet état, malgré quelques éclairs dus notamment à la bonne prestation de Robert Prosky. Mais à force d'insisiter, ce grand classicisme au niveau de l'intrigue finit par plaire, tant par la remarquable atmosphère nocturne qu'a réussi à rendre Mann (ce qui est quotidien dans sa carrière d'ailleurs) et à l'image certes bien connu du truand qui aimerait quitter les affaires mais qui est piégé par le destin. Si bien que même si l'ensemble a bien du mal à passionner, on peut trouver tout de même de beaux motifs de satsifaction dans une oeuvre au final assez maitrisée. Pas mal.
Premier film et première réussite pour Michael Mann avec cet excellent polar qui posait les bases du film de "cambriolage" moderne avec un casting hétéroclite comprenant James Caan en tête d'affiche, James belushi et le chanteur de country Willie Nelson !!. On retrouve tout ce qui a fait le succès de Mann avec toujours une maitrise visuel et sonore surprenante au ton très années 80, le film se planta à sa sortie mais un réalisateur de renom était né.
Pour son premier long métrage, Michael Mann nous livre ici un véritable petit bijou ! Produit par Jerry Bruckheimer, ce polar bénéficie tout d'abord d'une distribution solide avec James Caan en tête campant ici un de ses meilleurs rôles. La musique est sublime avec mention spéciale pour la musique de la scène finale qui à elle seule vaut la vision du film et c'est ici que je parlerai de la maestria avec laquelle Michael Mann utilise sa caméra. Mélangeant adroitement le drame et le polar pur et dur, Mann filme un peu à la manière de William Friedkin en captant dans chaque image et dans chaque séquence une telle intensité que ça en laisse parfois sans voix. Comme dis plus haut, les 10 dernières minutes du film valent leur pesant de cacahuètes avec un véritable déluge de scènes violentes filmées avec un tel génie qu'elles font penser à des westerns de Leone ou à des films de Peckinpah. On rajoute là-dessus une musique absolument incroyable, ajoutant encore plus de violence et de lyrisme et à la fin du générique, on en reste bouche-bée tant on s'est pris une claque dans la tronche ! Un must du polar des années 80 !!!
La solitude de l'extorqueur de fonds. Première réalisation et premier coup de maître pour le génial (au sens littéral) Michael Mann. Frank (James Caan) est un spécialiste de l'ouverture de coffres-forts au chalumeau. Son savoir-faire méticuleux et infaillible le voit se faire approcher par un parrain local du vol organisé. Décidé à se ranger définitivement pour fonder sa propre famille, Frank est dubitatif quant à la voie à prendre... Tout le cinéma à venir de Michael Mann se résume dans son "Solitaire", modèle du genre à bien des égards. La mise en scène est millimétrée, à l'instar du travail exécuté avec minutie par Frank; son antihéros (James Caan, impérial) se retrouve esseulé face à ses choix, et cela au péril de leur vie (dont celle de sa compagne, c'était aussi le cas de la femme de Russell Crowe dans le fumant "Révélations"). Son univers, indirectement machiste, dans lequel évoluent des hommes au bout du rouleau, prêts à concrétiser leurs rêves ruinés à l'avance, évoque le style épuré de Melville. Grâce à sa rigueur géométrique du cadrage, aucun autre cinéaste contemporain ne parvient à décrire aussi bien que lui, l'individu errant dans l'espace urbain qui l'entoure. "Manhunter", "Heat", "Ali", "Collateral", "Miami vice"; autant de joyaux polis des mains de cet orfèvre en la matière.
Le premier grand coup de Micheal Mann. Il réussi avec un scénario banale un excellent prémisse de Heat, car oui la ressemblance est frappante. Le personnage de James Caan est aussi dure et écorché que celui de DeNiro dans Heat. La réalisation est sublime, même si les quelques scènes de fusillades paraissent franchement amateur, c'était l'époque qui voulait ça. Le film est accompagné d'une musique électro-rock qui rythme parfaitement les ébats. On à le droit à un grand Caan qui s'accapare l'écran et rend les autres acteurs plus que secondaires. Une atmosphère composée pour beaucoup d'extérieurs sombres, se qui sera la marque de fabrique de Mann plus tard.
"Thief", réalisé en 1980 est le premier long-métrage de Michael Mann. S'il n'est pas mauvais, il n'en demeure pas moins banal à tel point qu'il ne parvient pas à captiver. Tous les clichés de base sont ici présents sans qu'aucun rebondissement n'échappe à la règle. On a la désagréable impression d'avoir déjà vu cette histoire de dernier casse un million de fois, de ce mec pourri cherchant à se repentir et mener une vie de famille avant que ses instincts primaires ne viennent reprendre le dessus tous les dimanche soir. L'originalité est un mot absent du vocabulaire de ce film, qui (je l'ai appris grâce au générique) était une des premières productions Bruckeimer. Tu m'étonnes ! Tous les prémices du non-cinéma étaient là, le premier mot d'ordre étant le divertissement sans risque aucun. Tout est définitivement plat, sans éclat, comme l'atteste une mise en scène pas audacieuse pour deux sous. C'est très fainéant dans son traitement mais méticuleux au possible dans l'optique de respecter au maximum les codes du genre. On finit par s'ennuyer avant de repartir pour une dernière demie-heure soi-disant plus intense. Pas convaincu... Mann plagie honteusement Peckinpah dans ses fusillades et se pose en sous-Scorsese au niveau de son ambiance. James Caan s'en va faire le justicier et sa femme se voit reléguée au rang de potiche. Le pire de tout, c'est que la technique n'est même pas maîtrisée, laissant traîner quelques faux-raccords par-ci par-là. Les seuls bons moments se situent dans la première partie, lors de l'exposition des personnages notamment, laissant la part belle à ses interprètes et planer un semblant de mystère avant les éventuelles explosions de violence. Le reste ne parvient pas à décoller et finit par se hisser péniblement à un rang de série B pas aussi noire qu'on l'aurait souhaité mais surtout bien loin de ses ambitions de départ.
Co-produit par Bruckheimer, "Le Solitaire" porte définitivement l'empreinte de Michael Mann, déjà scénariste et producteur exécutif sur ce premier long. "Thief" (titre original) détient tous les gimmicks visuels et narratifs de son cinéma à venir, et fait office de "brouillon de luxe" - terme il est vrai un peu sévère eu égard à la qualité du film, mais il faut reconnaître que "l'habillage eighties" de ce dernier ne plaira pas à tout le monde - du futur Hittite, pardon... hit "Heat" : une love-story qui démarre à l'arrachée pour finir en queue de poisson, une amitié inflexible entre les deux voleurs, un "héros" rédempteur qui touche au but et puis finalement tout s'effondre au moment ultime, L.A. by day - L.A. by night, une mise en scène à l'hyper-réalisme accru (scènes de casse, de filature, de repérages : tout y est millimétré). L'autre grande marque de fabrique de Mann concerne le final de ses films, toujours grandioses, souvent lyriques et empreints d'une très grande violence graphique qui contraste avec le reste du métrage. Ici, l'influence de Peckinpah se fait clairement sentir (influence qui perdurera quand même par la suite) : ralentis lors des fusillades, mises à mort outrageusement sanglantes, musique lancinante (Tangerine Dream au top) ; le devenir de Franck (excellent James Caan), lui qui a tout abandonné, est laissé en suspend. Pas de happy-end débile, du cinéma nerveux et réaliste... un coup d'essai pour un coup de maître : chapeau bas, Michael !