Globalement, j'ai apprécié l'oeuvre de Fritz Lang même si je ne peux que ressortir déçu de la projection. En effet, de part sa réputation, je m'attendais à une oeuvre grandiose, inquiétante et unique. On est relativement loin du chef d'oeuvre même si j'ai passé un bon moment que ce soit dans la réalisation et la photographie d'un Berlin urbanisé, mécanisé avec ses habitants qui sont méfiants (cela ressemble étrangement au début du nazisme) mais également dans la composition de Peter Lorre (inquiétant dans sa double personnalité). Bref, une petite pépite cinématographique que tout cinéphile doit avoir vu car cela pose les bases d'un genre, horrifique et thrilleresque. On s'amuse beaucoup devant ce film, sans temps mort où la musique et le silence deviennent des personnages à part entière. A découvrir !
Film très intéressant et très moderne dans sa construction si l'on regarde sa date de sortie : 1931 ! Ici, on ne suit pas un seul ou quelques personnages mais tout en groupe de personnages appartenant à des milieux différents (police, gangsters, mouchards, simples, citoyens) ce qui donne un ton spécial au film. Personnellement j'ai 3 critiques à adresser au film. La première est que la première moitié du film comporte trop de longueur et n'arrive pas à faire rentrer le spectateur dans le film qui ne décolle que dans sa deuxième moitié. La deuxième est l'absence de musique que je trouve très regrettable, on aurait pu donner un intensité tout autre à certaines scènes. La troisième est que la fin est en quelque sorte bâclée, j'en dis pas plus pour ne pas gâcher le film à ceux qui ne l'ont pas vu. Bref, un classique à voir même si il comporte des défauts notables à mon goût.
A savoir que, depuis 1931, nous vivons à l'ombre d'un faux film. Je veux dire en cela que la première mouture du film (celle qu'avait vraiment voulue Fritz Lang) n'a été projetée que quelques fois en Allemagne avant que la censure de tous les gouvernements ultérieurs ne le charcutent chacun à leurs convenances. Dur dur de se frotter à pareille vache sacrée. Surtout quand on fait partie des gens qui ne l'ont jamais aimée, ou si peu. Et j'en fais partie, je le regrette, mais je l'assume. En effet, pour dire les choses clairement, "M le maudit" m'a toujours royalement laissé de glace, exception faite des passages où ledit M se retrouve acculé à l'intérieur de l'immeuble de bureaux. Pour tout le reste, je ne me suis jamais senti concerné, pas même par le tribunal populaire clandestin. Peter Lorre est immense bien sûr, a marqué des générations entières de spectateurs et continuera à en marquer bien d'autres mais le simple plaisir du spectateur est ici quasi aux abonnés absents, du moins à mes yeux.
Un des plus grands réalisateurs de l'histoire du cinéma (et quelle histoire !) nous fait part ici d'un des plus grands films jamais produits. Et encore, M le Maudit n'est pas l'oeuvre phare de Fritz Lang... Des plans, un scénario et des acteurs (extraordinaire Peter Lorre) superbes nous plongent dans une métropole parfaitement restituée, très bien filmée lors de la poursuite du tueur par la pègre, qui symbolise la dangerosité de l'homme devant lui-même ... Au-delà de sa critique du nazisme, Lang dresse un portrait inédit d'un tueur en série, incarné, je le répète, à merveille par Lorre. Seul bémol qui est du à son ancienneté, l'absence de musique, masquée tant bien que mal par les sifflements du tueur. Si ce détail perturbe ou peut perturber le spectateur du XXIe siecle, M Le Maudit n'en reste pas moins un film qu'il faut voir dans sa vie...
On crie "chef d'oeuvre!", donnez donc une note de chef d'oeuvre ! Ce film n'est sûrement pas aussi révolutionnaire que j'ai pu le lire dans beaucoup de critiques : le cinéma des années 20 a déjà bien mâché le travail ! "Chaque plan a un sens!", certes, mais la réalisation n'est pas pour autant virtuose : chaque plan doit toujours avoir un sens ! et il en a toujours été ainsi, d'où sort cette fausse idée que M est ici aussi une révolution ?? Deux ou trois scènes intéressantes cependant, même s'il y a beaucoup, BEAUCOUP de longueurs qui s'avèrent au final inutiles (peut-on seulement le dire ?). Cessons de sacraliser le passé, il y a bien mieux, rien que chez Lang. Un film moyen, même pour l'époque.
Considéré comme étant l'un des chefs d'oeuvres de Fritz Lang, "M le Maudit" est un film emblématique de l’expressionnisme allemand et a inspiré toute une génération de cinéastes. Pourtant, je dois admettre que je suis quelque peu déçu. Si "M le Maudit" est, effectivement, un bon film, j'ai été surpris par plusieurs longueurs, notamment en première partie, qui plombent quelque peu le rythme du film. Jamais je n'ai été sur le qui-vive, jamais je n'ai ressenti la moindre nervosité durant la première heure, qui se concentre uniquement sur les moyens qu'utilisent la police et la mafia pour retrouver le tueur de gamines, et ce de par de longs dialogues. Ainsi, ça parle, ça parle, ça parle sans jamais quelque rebondissement ou quelque climax pour apporter du piment à l'ensemble. Heureusement, la seconde heure du film vient remédier à tout ça. Après avoir bien pris son temps à présenter les personnages et leurs objectifs quant à la traque du meurtrier, Fritz Lang accélère le rythme de son film de par une course poursuite entre le tueur et les membres de la mafia, ce qui m'a alors captivé au plus haut point. Quoi qu'il en soit, malgré les longueurs précédemment citées et qui ont quelque peu entaché pour plaisir de vision, "M le Maudit" demeure excellent dans sa mise en scène. Fritz Lang savait faire des films, il n'y a aucun doute. Il suffit de regarder cette séquence d'ouverture, symbolisant l'un des meurtres du tueur et tout en suggéré, pour être immédiatement dans le bain et être pris d'une tension folle. Dommage que la première heure vienne un peu enterrer ces sentiments mais heureusement, la deuxième heure renoue avec cette ambiance rappelant les meilleurs films noirs. Toutefois, plus qu'un simple thriller, "M le Maudit" est aussi représentatif de l'Allemagne du début des années 30, frappée par la montée du nazisme et la crise économique. On peut s'amuser à reconnaître dans le film des hommages aux peintres expressionnistes comme Otto Dix notamment, dans la séquence ou les clochards de la ville sont chargés d'enquêter sur le tueur. Ainsi, même si "M le Maudit" est victime de quelques défauts, Fritz Lang signe un film réussi, qui parvient malgré tout à captiver le spectateur dans son intrigue. Une réussite, même si ce n'est pas, subjectivement parlant, mon Lang préféré.
Un film magistral de Fritz Lang, exposant l'organisation douteuse de l'Allemagne de l'époque (la pègre ressemble étrangement à la police) et mettant magnifiquement en scène M (Peter Lorre), le plus terrifiant bad guy de l'histoire du cinéma !
Non, je ne suis pas un extra-terrestre mais je me suis beaucoup ennuyé. Du même Fritz Lang, "Métropolis" m'avait fait une bien meilleure impression. C'est dommage, le sujet était séduisant (se servir d'une histoire de tueur en série pour évoquer la crise Allemande des années 30, de même que l'esprit de paranoïa presque excessive des habitants, au passage encore d'actualité à mon avis aujourd'hui) et ça démarre vraiment bien. Sans musique, en jouant sur les ombres et les peurs primales de l'être humain, le sentiment d'insécurité s'impose aisément. Pas de dialogues inutiles mais un propos transmis visuellement. Malheureusement, cela ne dure que 10 minutes, et mis à part le final, le rythme comme la mise en scène sont très mous. Ca me fait penser à ce que Roger Corman disait à propos du cinéma : "il faut soigner la première bobine car les gens veulent savoir ce qui se passe. Idem pour la dernière, ils veulent connaître la fin. Le reste, on s'en fout". J'ai eu un peu cette impression tout au long de "M. le maudit". De la parlotte et encore de la parlotte, une interprétation très moyenne et une poussivité dans la réalisation hallucinnante. J'ai déjà vu plus mauvais mais rarement plus ennuyeux. Alors, comme je l'ai dit, ça se réveille sur la fin, avec une psychologie inexistante jusque là faisant son apparition. Le problème de la justice est évoqué en posant de nombreux dilemmes. C'est très complet, Lang est un élève sérieux qui a bien rendu sa dissertation à sa maîtresse ! Ce que je veux dire par là, c'est que, malgré toute la réflexion sur ce point, cela reste très académique avec un plan suivi rigoureux (plan d'exposition, pas de cinéma). Seule la dernière phrase, lucide mais terrible, hisse un peu le débat vers le haut. Peter Loore joue avec outrance et n'est pas franchement crédible dans la peau de l'être lynché par l'opinion publique. En bref, très long et pénible, à part pour son ouverture et sa conclusion. Ca ne fait pas beaucoup.
Contrairement à ce que j'ai lu dans des critiques,je n'ai pas vu dans ce film la montée du nazisme,ce qu'il raconte pourrait se passer à n'importe quelle époque ! A la fin,on voit M le Maudit terrorisé crier aux truands prêts à le lyncher qu'il est poursuivi par son double qui lui commande de passer à l'acte,qu'il ne peut pas s'en empêcher,il veut lui échapper mais n'y parvient pas,les truands l'écoutent médusés et c'est "l'avocat" qui leur demande de le livrer à la justice. C'est plutôt une interrogation sur la responsabilité ou l'irresponsabilité des psychopathes,comment la société doit s'en occuper,s'ils doivent être jugés,condamnés par la justice,exécutés ou internés en psychiatrie avec le risque d'être libérés sans être guéris et de recommencer à tuer !
Il faudrait une note à la Télérama pour transcrire ce que je pense de ce classique : d'un côté, un petit bonhomme hilare pour le chef d'oeuvre précurseur que M représente ; d'un autre côté, un petit bonhomme dubitatif avec ses yeux en l'air, navré du propos, et ce en dépit d'indéniables qualités.... Comme si le chef d'oeuvre pouvait se détacher de son contenu. Le film me paraît formellement parfait. Oh sans doute, l'on ferait moins théâtral aujourd'hui mais il ne serait pas correct de comparer les époques. Et même dans son théatralisme final, ça passe et obtient même le caractère intemporel que seuls les chefs d'oeuvre possèdent. La direction d'acteurs est fantastique, Peter Lorre en premier - ce qui suscita bien des peines pour la suite de sa carrière. D'avoir utiliser comme motif "dans l'antre du roi de la montagne", c'est particulièrement astucieux, tout comme d'avoir orienté le final vers une psychologie compréhensive, presque iréniste - une coutume judéo-chrétienne chez Lang. Pourtant, je n'aime pas les superlatifs.
Mais je vais tout de même évoquer la maladie du cinéma puisque cet engin est précurseur : M est un film expiatoire à une époque où l'Allemagne de Weimar essuie coup sur coup plusieurs tueurs en série : Fritz Haarmann, Karl Grossman, Karl Denke. Chacun de ces vrais protagonistes ont leur place attitrée dans M. C'était des tueurs effroyables comme on en voit dans les contes d'ogres, et encore aujourd'hui, ils demeurent légendaires au point de figurer parmi les personnalités historiques pour le tourisme local.
Oui, et Fritz Lang stimule ce constat, ces tueurs avaient terrorisé entièrement l'Allemagne, provoquant à la fois des réactions hystériques et de la résignation. Une Allemagne désemparée, dans une colère dissociée. Lang organise donc un état général : s'éparpille-t-il en fin de compte dans sa vision sociétale, dans sa macro-focalisation, c'est-à-dire avec avec une multiplicité des focales externes ? Je ne pense pas. Mais à quel prix ! Il se contraint à une pirouette que je trouve abject et une bonne partie du chef d'oeuvre repose sur un postulat que voici : la pègre est le miroir de la police et de la justice. Dans le déroulement comme dans la conclusion, avec ce tribunal populaire surréaliste. Dans un suspense un peu sot, il interrompt brutalement la loi du Talion pour replacer la morale au sein de la classe dominante et, ainsi, main dans la main, mafieux et fonctionnaires auront servi ou immunisé l'intérêt général. Est-ce crédible ? Oui. Est-ce cohérent ? Non. je trouve que le film s'est enfoncé, obstiné à voir trop grand, trop religieusement (mais alors la mère allégorique et allusive, chapeau moyen !) mais aussi trop dans la confusion des genres, celle-là même qui oblige au discours unique, de la traque menée jusqu'au bouc-émissaire, peut importe qui, du moment qu'il accumule les signes victimants. C'est d'ailleurs là, la plus grande pirouette de Lang : M était le tueur et il n'aurait pas fallu que c'en soit un autre.
Pourquoi Lang est-il poussé par ce final oeucuménique qui conduit finalement à sa réussite par l'arrestation de M et sa comparution spontanée ? Cela est expliqué par d'autres symptômes de cette maladie - qui n'est pas une malédiction ! : la démagogie et le voyeurisme sous-tendus. Lang donne au spectateur ce qu'il veut voir, le terrifie avec un bon sens du jeu, et le rend fasciné par ce fait divers dont la fiction est toute relative. Le spectateur fantasme cette arrestation. Ainsi, le film le complaît dans son préjugé et je trouve assez facile d'aimer à voir un vilain méchant se faire attraper dans une insoutenable terreur. De la pirouette, du facile et du sens unique ce film alors...
Il était hors de question de faire une critique moyenne pour ce film que je pense, lui aussi, en pleine dissociation mais je ne pense pas moins les désaccords sus-nommés. C'est un film prenant et passionnel et je l'ai traité comme tel. Pour faire court, le film est autant magnifique que spécieux.
Une oeuvre vieillisante mais dotée d'une mise en scène soignée avec une ambiance très sombre et oppressante. Ensuite, même si l'histoire est extrêmement simple, elle reste assez bien menée avec la double enquête civil-police.