M Le Maudit est un film de Fritz Lang sorti en 1932, classé parmi les plus cultes, qui raconte la recherche d'un meurtrier d'enfant par la pègre et la police, les premiers pour pour sauver leurs affaires et les seconds pour faire valoir la justice. Derrière le masque de ce tueur, se cache d'ailleurs un excellent acteur en la personne de Peter Lorre, avec une bouille inoubliable, et des mimiques qui vont avec. Ne montrant jamais rien à l'écran, tout est sous-entendu, et le final se dessine, tout comme Les Sentiers de la Gloire de Stanley Kubrick, en un procès inéquitable qui restera le coeur de ce film, mais de manière inversée dudit film de Kubrick. Malgré son statut de film culte, j'ai eu bien du mal à le suivre correctement, puisqu'il s'agit d'un film allemand et que malgré ses sous-titres, j'ai toujours eu du mal avec cette langue. De même, ses notes ne reflètent pas vraiment ce qu'il dégage. Dommage, il s'agissait du 1900ème film que je visionnais...
La tournure que va prendre le film, m'a beaucoup déplu. Je reprocherais aussi la lenteur de certaines scènes. Cela dit, je dois reconnaître que la première et la dernière partie du film sont d'une intensité affolante. Le jeu des acteurs, en particulier de Peter Lorre, est à saluer, tout comme la réalisation. Moi, je dis un grand Bravo !
Servi par une mise en scène expressionniste grandiose, un thriller oppressant qui met en scène la traque d’un tueur d’enfants au sein d’une ville allemande basculant dans la paranoïa et la justice expéditive.
C'est bien connu: plus le méchant est réussi, plus le film est réussi. Mais que se passe-t-il lorsque le méchant n'apparaît qu'une vingtaine de minutes dans le film? On trouve dans chaque film de Fritz Lang de bonnes idées tout le long, ou alors un potentiel énorme: univers mythologique fascinant dans les Nibelungen, histoire et ambiance marquantes pour le début de Métropolis, ambiance psychologique intéressante dans Fury. Tout cela nous permet d'avoir un aperçu du génie profond qui habite ce cinéaste. Mais dans chacun de ses films se trouvent également de malencontreux points négatifs: dimension merveilleuse sous exploitée dans les Nibelungen, morale extrêmement douteuse pour Metropolis ou encore fin décevante dans Fury. Ces points d'ombres contrebalançent malheureusemen le brio du réalisateur allemand et mettent un frein à ce génie que l'on perçoit à chaque instant mais qui ne parvient pas à décoller. M le Maudit n'échappe pas à la règle. Ce que vous retiendrez de cette oeuvre, c'est une lettre mais aussi un personnage: M. M, personnage absolument fascinant, rendu culte par son célèbre sifflotement, et dont le regard à la fois inquiétant et troublant n'est pas prêt d'être oublié par le spectateur. Monstre assoiffé de sang, psychopathe dérangé ou personnage victime de sa propre folie: ses multiples facettes ont concourues à en faire une figure archétypale dans le domaine du crime, au même rang que Mrs Bates de Psychose ou Hannibal Lecter du Silence des Agneaux. Dommage, donc, qu'un personnage aussi marquant n'apparaisse qu'une vingtaine de minutes dans tout le film. Il est certes au centre de l'intrigue (tout le monde ne parle que de lui), mais ce film est moins consacré à ce personnage qu'à une analyse de la réaction de la police et de la pègre face à ce meurtrier. Des hommes d'états qui tergiversent, qui arrêtent des criminels, qui instaurent des mesures de sécurité: voilà ce qui occupe les deux tiers du film. Un comble, quand on a un personnage de la trempe d'M. M le Maudit est donc un film foncièrement inégal: souvent verbeux et inintéressant, il devient envoutant et mémorable au moment où M et son regard de bête sauvage apparaissent. Le final mêle avec une rare habileté suspense et émotion grâce à une psychologie extrêmement travaillée, qui ressort des répliques mémorables de la scénariste Théa von Harbou et du talent du réalisateur Fritz Lang. On serait tenté de voire quelques références au régime nazi, mais celles-ci sont à prendre avec des pincettes: Théa von Harbou a adhérée au parti quelques années plus tard. La morale de M le Maudit marque néanmoins un tournant par rapport à celle de Métroplis (et de sa scandaleuse dernière partie), et on peut voire dans dans la scène finale de ce film une remarquable réflexion sur la peine de mort, thème extrêmement sous-estimé au cinéma (mis à part dans Batman Begins et dans le Fugitif....) et traité de manière intelligente ici. On retrouve ici le génie de Lang et les défauts de ses films poussée à leur paroxysme: M est l'un des personnages les plus fascinants jamais créés, mais le scénario est quasiment épuré de tout suspense à cause de la rareté de ce personnage. À voir, bien entendu, mais plus pour quelques scènes d'anthologie que pour le film dans son ensemble.
Si la mise en scène précise et l'attention minutieuse portée aux détails par Lang fait de "M le maudit" un film à voir pour ses nombreux procédés de style, l'histoire en elle-même devient profondément ennuyeuse une fois que le spectateur comprend que la petite fille ne reviendra jamais chez sa mère. Les stratégies de la pègre et des forces de l'Etat pour attraper le criminel sont beaucoup moins intéressantes, malgré l'intéressant montage parallèle lors de la séquence où ils en discutent chacun de leur côté. La scène du procès est ambiguë : la vindicte populaire s'oppose en apparence à la justice de l'Etat, même si le résultat final (la peine de mort) est le même ; le peuple assoiffé de vengeance rejoint donc un Etat que l'on devine nazi, seraient-ce alors les "assassins parmi nous" (terme qui a failli être le titre du film) ? Intéressant, ce film peut cependant dérouter à la première vision et Lang nous perd un peu en route avec ses exercices de style.
Un peu deçu, vu sa réputation... "M le maudit" n'est pas un navet ou une bouse, mais il manque quelque chose à son ambiance, une musique déjà. En effet il n'y en a pas une seule seconde de tout le métrage, c'est quasi expérimental vu que le son était nouveau à l'époque. Bien que par ci par là il y est de bonnes idées narratives ou de mise en scène, ce nest qu'à la fin que "M le maudit" dévoile tout son propos sur la peine de mort, thème que Fritz Lang abordera une nouvelle fois dans "L'invraisemblable vérité", sur la folie du meurtrier poussé par des pulsions incontrôlable, ou sr la situation allemande de l'époque.
M Le Maudit est un film trop surestimé, à mon avis. Sur la forme, le rythme est très lent. Sur le fond, je n'ai pas trop saisi où le réalisateur voulait en venir, ou du moins, je ne suis pas vraiment d'accord avec son raisonnement. Pour moi, je ne vois pas en quoi un homme qui tue des enfants est une victime et je ne vois pas la criminalité d'un individu comme une conséquence directe d'un dysfonctionnement politico-social du pays dans lequel il vit.
Un film qui en a inspiré beaucoup d’autres. Le scénario et le déroulement de l’intrigue sont parfaits. Le film aborde le sujet de la pédophilie, ce qui est assez hallucinant pour l’époque. Fritz Lang fait une critique de la société en présentant tout d’abord la peur du peuple et donc la soumission, la paranoia de la police puis la volonté de la mafia de faire justice soit même. En revanche, les acteurs ne sont pas excellent, M joue beaucoup sur ses yeux globuleux… Sinon, c’est assez marrant de voir comment ca fumait à l’époque !! on a l’impression qu’il y a un incendie durant tout le film.
Ce film a l'énorme avantage d'un scénario basé sur un thème qui reste encore d'actualité de nos jours. L'histoire est très bien écrite (la pègre qui recherche le tueur pour protéger ses intérêts), l'interprétation de Peter Lorre est immense mais pour moi, le défaut du film vient de son réalisateur car la mise en scène de Fritz Lang est molle et n'arrive pas à faire décoller le rythme. Le même film réalisé par Scorsese aurait été largement plus efficace. Reste aussi une fin bâclée qui aurait due être mieux exploitée.
Comment évoquer le crime sans le montrer? C'est sans doute ici l'un des premiers modèles du genre. Sans être forcément mémorable dans l'interprétation (excepté Peter Lorre), M le Maudit est un film à l'esthétique et à la réalisation très soignée, regorgeant d'ingéniosités notamment dans ses alternances de plans. Réflexion intéressante sur le développement de la paranoïa et sur la notion de justice, le film de Fritz Lang est un peu daté dans ses dialogues très théâtraux mais demeure d'une féroce actualité, tant dans son sujet et son évocation que sur le plan de la mise en scène et l'installation d'un climat d'angoisse. Le film n'est pas non plus dénué d'une certaine ironie,spoiler: à voir la pègre chercher à faire justice pour préserver ses intérêts propres... A voir absolument.