Non, je ne suis pas un extra-terrestre mais je me suis beaucoup ennuyé. Du même Fritz Lang, "Métropolis" m'avait fait une bien meilleure impression. C'est dommage, le sujet était séduisant (se servir d'une histoire de tueur en série pour évoquer la crise Allemande des années 30, de même que l'esprit de paranoïa presque excessive des habitants, au passage encore d'actualité à mon avis aujourd'hui) et ça démarre vraiment bien. Sans musique, en jouant sur les ombres et les peurs primales de l'être humain, le sentiment d'insécurité s'impose aisément. Pas de dialogues inutiles mais un propos transmis visuellement. Malheureusement, cela ne dure que 10 minutes, et mis à part le final, le rythme comme la mise en scène sont très mous. Ca me fait penser à ce que Roger Corman disait à propos du cinéma : "il faut soigner la première bobine car les gens veulent savoir ce qui se passe. Idem pour la dernière, ils veulent connaître la fin. Le reste, on s'en fout". J'ai eu un peu cette impression tout au long de "M. le maudit". De la parlotte et encore de la parlotte, une interprétation très moyenne et une poussivité dans la réalisation hallucinnante. J'ai déjà vu plus mauvais mais rarement plus ennuyeux. Alors, comme je l'ai dit, ça se réveille sur la fin, avec une psychologie inexistante jusque là faisant son apparition. Le problème de la justice est évoqué en posant de nombreux dilemmes. C'est très complet, Lang est un élève sérieux qui a bien rendu sa dissertation à sa maîtresse ! Ce que je veux dire par là, c'est que, malgré toute la réflexion sur ce point, cela reste très académique avec un plan suivi rigoureux (plan d'exposition, pas de cinéma). Seule la dernière phrase, lucide mais terrible, hisse un peu le débat vers le haut. Peter Loore joue avec outrance et n'est pas franchement crédible dans la peau de l'être lynché par l'opinion publique. En bref, très long et pénible, à part pour son ouverture et sa conclusion. Ca ne fait pas beaucoup.