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Une fois de plus, Fritz Lang a montré son talent avec ce film, "M le maudit", que beaucoup considèrent comme son meilleur film ou son chef d'oeuvre. Alors je n'ai pas vu toute sa filmographie, mais j'en ai vu 3 de ce réalisateur, et bien c'est celui que j'ai le moins aimé... Il y a en effet de très bonnes idées dans la réalisation, dans l'utilisation du son, du montage, mais je me suis pas mal ennuyé devant ce film.. Heureusement que la fin rattrape un peu le tout
Mon premier Fritz Lang, M le maudit est une satire vraiment très intelligente de la société de son époque, société dirigée par les gangsters et dans laquelle le personnage du tueur, véritable allégorie de la folie, va servir de bouc émissaire. Le film est vraiment lent, mais dans le bon sens, car envoûtant. La mise en scène est parfaite, sacahant créer l'angoisse par la suggestion et un sifflement, tout comme le montage, qui permet à Lang d'alterner avec fluidité les scènes avec la police et celles avec les gangsters. Peter Lore livre une prestation remarquable, même si on le voit au final assez peu. Ce que je regrette, c'est que le film perde un peu de rythme vers le milieu de film, et qu'il oublie un peu le personnage du tueur pour se concentrer trop sur la police et les gangsters.
Un film majeur de l'histoire du cinéma, et vraiment très intelligent. Il est de plus gratuit sur YouTube donc foncez.
Un film majeur de l'histoire du cinéma, et vraiment très intelligent. Il est de plus gratuit sur YouTube donc foncez.
Tout est dans le regard de Peter Lorre dans ce chef d'oeuvre du cinéma allemand : des yeux remplis de culpabilité, d'horreur vis à vis de lui-même et de ses propres actes. Il y a cette puissante séquence finale où la cour des voleurs et des hors la loi jugent l'assassin d'enfants et toute la critique du nazisme est là. Avec Hitler et ses sbires, ce sont les criminels qui arrivent au pouvoir, qui font la loi et qui condamnent...qui condament surtout.
Le moins que l'on puisse dire, c'est que Fritz Lang a parfaitement réussi son passage du cinéma muet au cinéma parlant avec cet excellent thriller. Le cinéaste allemand conserve d'ailleurs des traces de son expressionnisme passé notamment dans le jeu de lumières et celui des acteurs. Cette association/transition entre deux époques est du meilleur effet et joue beaucoup sur l'ambiance sombre et froide du long métrage. Autre mélange, celui des genres puisque ce thriller comporte de nombreuses touche d'humour. Fritz Lang est un génie de la mise en scène et "M le Maudit" en est l'énième preuve. Bravo !!!!!!!
Grand classique du cinéma expressionniste allemand d’avant-guerre, "M le maudit" résonne, aujourd’hui encore, dans la mémoire des cinéphilies, y compris de ceux qui ne l’ont pas vu, un peu comme "Citizen Kane", "Metropolis" ou "Le cuirassée "Potemkine". On a beaucoup parlé du génie visuel du réalisateur Fritz Lang, de la transgression du scénario qui touche à plusieurs tabous ou encore de sa grande lucidité face à la montée du nazisme qui transparaîtrait de son film. Et, s’il est bien évident que le film n’est pas resté par hasard aux Panthéons des grandes œuvres du 7e art, je dois admettre que je ne partage pas l’emballement général autour de ce "M le maudit", surtout plus de 80 ans après sa sortie en 1931. Car, contrairement à d’autres films sortis à la même époque (à commencer par les productions horrifiques Universal), "M le maudit" porte lourdement les stigmates du cinéma d’antan. Et c’est peu dire que le film est terriblement long dans son rythme et artificiel dans ses décors. Certains plans s’étirent au-delà du raisonnable et l’utilisation plus que modérée de la musique empêche d’apporter un peu plus de fluidité à l’intrigue (surtout lors des scènes de traque). La mise en scène de Fritz Lang m’a paru, d’ailleurs, assez inégale car, s’il est incontestable que certaines trouvailles sont brillantes (le jeu de champs et de contrechamps lors des affrontements verbaux, le plan séquence avec passage de caméra d’une pièce à une autre façon "Panic Room"… mais sans les effets digitaux) et certaines scènes sont terriblement évocatrices
spoiler:
(la disparition de la première gamine, le M marqué dans le dos du tueur, le final où le tueur est assailli par une foule haineuse…)
. J’ai beaucoup lu, ici et là, que la mise en scène était le gros point fort du film, voire un modèle du genre… mais, pour ma part, je n’ai pas été sensible au "travail d’orfèvre" de Fritz Lang… tout comme je n’ai pas été ébloui par l’intrigue, en tant que telle. Pour autant, "M le maudit" mérite d’être vu... ne serait-ce qu’en raison de son propos et de l’originalité avec laquelle elle traite ce fait divers terrible (inspiré de l’affaire du vampire de Düsseldorf). Car, l’intérêt de "M le maudit" ne réside pas dans l’enquête menée sur ce tueur d’enfant mais bien dans la traque organisée par la ville toute entière pour mettre un terme à ses agissements, à commencer par la pègre locale ! Les frontières du bien et du mal sont alors brouillées… et cette perte des repères habituels est bien évidemment renforcé par le portrait dressé de l’assassin, campé par un Peter Lorre, tout simplement ébouriffant. En faisant de son M un tueur d’enfant, Fritz Lang sait qu’il touche à un tabou sacré qui devrait empêcher le public de ressentir la moindre empathie pour le personnage (contrairement au "Scarface" de Howard Hawks, sorti à la même époque, avec son héros plus flamboyant). Mais, et c’est, à mon sens, son coup de génie, il prend le spectateur à rebrousse-poil en, le contraignant à entendre un discours différent venant expliquer, à défaut d’excuser, le comportement du tueur ! Le parti-pris du réalisateur donne, ainsi, lieu à une scène d’une terrible modernité spoiler: où une foule haineuse est prête à lyncher l’assassin, qui dévoile sous visage monstrueusement pathétique d’aliéné victime de ses propres pulsions meurtrières.
Fritz Lang ne se sert pas de ce subterfuge pour spoiler: amender son méchant (qui reste un danger pour la société et dont il taira, d’ailleurs, la sanction pénale à venir) mais pour dresser un état des lieux alarmant d’une société qui prône la loi du talion au lieu de réfléchir à une solution plus adaptée et efficace
. La dernière phrase prononcée dans le film spoiler: (par la mère de la première victime qui fait preuve d’une incroyable lucidité et appelle à une surveillance plus accrue de la jeunesse)
est, à ce titre, d’un pacifisme, qui frôle la naïveté dans cette Allemagne pas encore nazie mais déjà secouée par la montée de l’idéologie hitlérienne. "M le maudit" s’avère, donc, être un film au ton résolument moderne, qui s’autorise quelques artifices visuels intéressants (dans la veine expressionniste dont le film est un des fleurons) mais qui aurait, à mon sens, gagné à soigner davantage son rythme.
. J’ai beaucoup lu, ici et là, que la mise en scène était le gros point fort du film, voire un modèle du genre… mais, pour ma part, je n’ai pas été sensible au "travail d’orfèvre" de Fritz Lang… tout comme je n’ai pas été ébloui par l’intrigue, en tant que telle. Pour autant, "M le maudit" mérite d’être vu... ne serait-ce qu’en raison de son propos et de l’originalité avec laquelle elle traite ce fait divers terrible (inspiré de l’affaire du vampire de Düsseldorf). Car, l’intérêt de "M le maudit" ne réside pas dans l’enquête menée sur ce tueur d’enfant mais bien dans la traque organisée par la ville toute entière pour mettre un terme à ses agissements, à commencer par la pègre locale ! Les frontières du bien et du mal sont alors brouillées… et cette perte des repères habituels est bien évidemment renforcé par le portrait dressé de l’assassin, campé par un Peter Lorre, tout simplement ébouriffant. En faisant de son M un tueur d’enfant, Fritz Lang sait qu’il touche à un tabou sacré qui devrait empêcher le public de ressentir la moindre empathie pour le personnage (contrairement au "Scarface" de Howard Hawks, sorti à la même époque, avec son héros plus flamboyant). Mais, et c’est, à mon sens, son coup de génie, il prend le spectateur à rebrousse-poil en, le contraignant à entendre un discours différent venant expliquer, à défaut d’excuser, le comportement du tueur ! Le parti-pris du réalisateur donne, ainsi, lieu à une scène d’une terrible modernité spoiler: où une foule haineuse est prête à lyncher l’assassin, qui dévoile sous visage monstrueusement pathétique d’aliéné victime de ses propres pulsions meurtrières.
Fritz Lang ne se sert pas de ce subterfuge pour spoiler: amender son méchant (qui reste un danger pour la société et dont il taira, d’ailleurs, la sanction pénale à venir) mais pour dresser un état des lieux alarmant d’une société qui prône la loi du talion au lieu de réfléchir à une solution plus adaptée et efficace
. La dernière phrase prononcée dans le film spoiler: (par la mère de la première victime qui fait preuve d’une incroyable lucidité et appelle à une surveillance plus accrue de la jeunesse)
est, à ce titre, d’un pacifisme, qui frôle la naïveté dans cette Allemagne pas encore nazie mais déjà secouée par la montée de l’idéologie hitlérienne. "M le maudit" s’avère, donc, être un film au ton résolument moderne, qui s’autorise quelques artifices visuels intéressants (dans la veine expressionniste dont le film est un des fleurons) mais qui aurait, à mon sens, gagné à soigner davantage son rythme.
Quelques années après avoir subit l'injuste naufrage critique et commercial de Metropolis, Fritz Lang revient pour confirmer qu'il n'a rien à prouver à personne et signe M le maudit, un policier bénéficiant d'une excellente mise en scène. Le film raconte l'histoire d'une grande ville allemande terrifiée par un tueur d’enfants qui sévit depuis plusieurs mois. La police patauge tandis que le nombre de victimes s'accroît et que la paranoïa s'empare des habitants. A partir de là, le réalisateur fait comprendre sans peine au spectateur que M est l'obsession de tout le monde, à tel point que la pègre décide de s'organiser et de mobiliser un maximum de personnes pour réussir là où les autorités se sont révélées incapables. L'étau se ressert progressivement sur le meurtrier, ce qui est parfaitement illustré par le plan où l'on voit des hommes à sa recherche boucher les sorties du cadre. Mais le film traîne un peu la patte entre le moment où le spectateur et M savent parfaitement qu'il est fait comme un rat et le moment où il se fait pincer. Je ne pense pas qu'il était nécessaire d'insister autant sur ce moment. Sans rentrer dans les détails, la dernière scène révèle toute l'intelligence du film, qui possède un message intéressant sur la notion de justice de chacun, et même la justice en général. Peter Lorre se révèle alors la caméra et dévoile son talent d'acteur. Sa prestation est tout à fait juste. M le maudit est parfaitement réalisé, il suffit de voir la scène avec la petite Elsie, qui fait comprendre toute l'horreur qui lui est arrivée en utilisant simplement la suggestion. Lang utilise énormément de techniques visuelles (et auditives !) qui rendent son film riche. Néanmoins, il est dommage que le propos soit centré sur la fin, de ce fait on est dans l'attente de la suite tout le long du film (mais pas de la bonne manière). Cela reste un bon policier, très classique.
En 1930, en passant du muet au sonore, Fritz Lang réussit un film qui marque toujours l’histoire du cinéma. Une technique méticuleuse, une mise en scène qui compose avec le montage à venir. D'où ces nombreuses séquences merveilleuses, comme l’interrogatoire fabuleux des clients d’un bordel, le réquisitoire de l'ivrogne. La direction d’acteurs sans reproche permet à Peter Lorre d’endosser l’un de ses plus grands rôles, sur un scénario qui compte plus sur la psychologie des faits, que sur les faits eux-mêmes. Le coupable est connu d’entrée de jeu, la meute va s’acharner … Chef d'oeuvre ! S’il pressent à travers cette histoire de meurtriers d’enfants et de vindicte populaire la montée du nazisme, Fritz Lang réussit surtout une peinture universelle de l’humanité, qu’elle soit d’hier ou d’aujourd’hui. Il énonce aussi les principes judiciaires d’une autre vérité sur la maladie mentale, qui aujourd’hui tapissent encore les prétoires.
Pour en savoir plus
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Un superbe film qui démontre une fois de plus que Fritz Lang est un des pionniers du cinema actuel . M le maudit est un film qui émerveille par son scenario , sa mise en scène créatrice , ses acteurs (peter loore est rellement possèdé) , mais surtout par sa finesse : Cest quelquechose de totalement délaissé de nos jour mais qui fait a mes yeux la force du film . L'exemple le plus frappant est bien évidemment celui des infanticides ou tout est suggèré mais le film regorge de ces petites touche que l'on ne verrait nul part autre et qui lui permette de ne pas tomber dans la simplicité .
Au final C'est donc un excellent film , porté par un acteur fabuleux mais qu'il faut replacer dans son contexte d'avant guerre
Au final C'est donc un excellent film , porté par un acteur fabuleux mais qu'il faut replacer dans son contexte d'avant guerre
Comment évoquer le crime sans le montrer? C'est sans doute ici l'un des premiers modèles du genre. Sans être forcément mémorable dans l'interprétation (excepté Peter Lorre), M le Maudit est un film à l'esthétique et à la réalisation très soignée, regorgeant d'ingéniosités notamment dans ses alternances de plans. Réflexion intéressante sur le développement de la paranoïa et sur la notion de justice, le film de Fritz Lang est un peu daté dans ses dialogues très théâtraux mais demeure d'une féroce actualité, tant dans son sujet et son évocation que sur le plan de la mise en scène et l'installation d'un climat d'angoisse. Le film n'est pas non plus dénué d'une certaine ironie,
spoiler:
à voir la pègre chercher à faire justice pour préserver ses intérêts propres...
A voir absolument.
A voir absolument.
Un des passage obligé du ciné-club au Lycée, je n'avais pas revu ce film depuis. Et bien c'est encore meilleur que dans mon souvenir. A quoi voit-on que nous avons affaire à chef-d'oeuvre ? Facile : au fait qu'un film reste visible 80 ans après sa sortie ! Cinématographiquement, c'est du grand art : plans anguleux et séquences de folie, interprétation de Peter Lorre géniale, surpuissante, intemporelle et qui ringardise un peu le reste des acteurs encore figé dans l'expressionnisme muet, montage très audacieux, quelques traces d'humour, du suspens, de la psychanalyse dont l'Allemagne était friande (l'oeuvre de W. Reich apparait en creux) et la compassion - qui ne devait pas être la norme dans la République de Weimar rongée jusqu'à l'os... Et, à ce sujet, évidemment, on ne peut s'empêcher de replacer ce film dans sa perspective historique : la police mise en échec, c'est la République de Weimar incapable de rétablir l'ordre et la prospérité, la pègre et ses structures parallèles, menées par le sinistre Schränker habillé comme un gestapiste avant l'heure et décidant qui a le droit de vivre et qui doit mourir, ce sont évidemment les nazis. Autre thème abordé par Lang dans cette oeuvre vertigineuse aux multiples richesses, le lynchage, dont il fera un sujet central dans son premier film américain, également remarquable, Fury.
Film beaucoup trop long pour ce que c'est, des scènes longues et des gros plans long et les Allemands ne savent pas jouer. Toutefois le film est sympathique pour l'époque et la réalisation est très bien faite.
Un classique à voir au moins une fois dans sa vie.
Un classique à voir au moins une fois dans sa vie.
Quatre ans après avoir réalisé le chef d’œuvre qu'est Metropolis, Fritz Lang se lance dans le cinéma parlant en cette année 1931. Si cette transition fait croire que les temps ont changé, le parallèle entre le contexte de ce film d'un âge respectable (83 ans pour ceux qui ont la flemme de compter) et le contexte actuel nous fait rapidement suggérer le contraire.
M le Maudit, c'est l'histoire d'une ville en proie à la folie meurtrière d'un inconnu qui s'en prend à des enfants au hasard en les attirant et en les tuant. Autrement dit, on pourrait penser à de la pédophilie pure et simple. Pourtant, c'est plus compliqué que ça. Le meurtre d'une petite fille va soulever la colère de la population, et la faire réagir à l'unisson. D'un côté la police, amenée à faire son devoir, se voit en charge de mener de vastes rafles afin de dénicher le mystérieux tueur. De l'autre, la pègre, voyant la terreur qu'incite le tueur au sein de la population, et la menace que cela représente pour le bon fonctionnement de leurs affaires, se voit également dans le besoin de réagir afin de défendre ses intérêts. Le film se concentre donc sur cette vaste chasse à l'homme, qui aboutit finalement à un simple modeste personnage apeuré, presque ingénu.
C'est là que le film prend tout son sens. La façon dont est menée l'enquête nous fait suivre la population dans la colère qui l'habite, et on a envie de voir le vilain pervers tueur d'enfants se faire coffrer et recevoir la punition qu'il mérite. Au final, on tombe sur un bonhomme simplement fou, habité par des pulsions qu'il ne contrôle pas, nous faisant simplement imaginer le bonhomme innocent et tranquille qu'il serait sans cette folie qui l'habite. On arrive alors à un vrai mur : comment ne pas comprendre ceux qui veulent voir cet individu payer pour ses crimes, mais comment ne pas avoir pitié de lui ?
Et c'est donc là que nous arrivons à un phénomène courant aujourd'hui, où les évènements sensationnels, relayés par les médias, alimentent et inspirent la création de bouc-émissaires, centre de préoccupation du peuple, qui trouve en cette haine un os à ronger pour plonger dans le piège pervers de l'insatiable quête de satisfaction. De plus, M le Maudit jouit d'une réalisation très moderne, le rendant facilement accessible à ceux qui veulent le voir aujourd'hui. Une analyse brute nous le ferait considérer comme un vieux film avec un schéma narratif assez dépassé et longuet, et une fin plus qu'abrupte, mais avec du recul il nous fait réfléchir et penser que finalement, les mœurs n'ont pas tant changé que ça dans notre société.
M le Maudit, c'est l'histoire d'une ville en proie à la folie meurtrière d'un inconnu qui s'en prend à des enfants au hasard en les attirant et en les tuant. Autrement dit, on pourrait penser à de la pédophilie pure et simple. Pourtant, c'est plus compliqué que ça. Le meurtre d'une petite fille va soulever la colère de la population, et la faire réagir à l'unisson. D'un côté la police, amenée à faire son devoir, se voit en charge de mener de vastes rafles afin de dénicher le mystérieux tueur. De l'autre, la pègre, voyant la terreur qu'incite le tueur au sein de la population, et la menace que cela représente pour le bon fonctionnement de leurs affaires, se voit également dans le besoin de réagir afin de défendre ses intérêts. Le film se concentre donc sur cette vaste chasse à l'homme, qui aboutit finalement à un simple modeste personnage apeuré, presque ingénu.
C'est là que le film prend tout son sens. La façon dont est menée l'enquête nous fait suivre la population dans la colère qui l'habite, et on a envie de voir le vilain pervers tueur d'enfants se faire coffrer et recevoir la punition qu'il mérite. Au final, on tombe sur un bonhomme simplement fou, habité par des pulsions qu'il ne contrôle pas, nous faisant simplement imaginer le bonhomme innocent et tranquille qu'il serait sans cette folie qui l'habite. On arrive alors à un vrai mur : comment ne pas comprendre ceux qui veulent voir cet individu payer pour ses crimes, mais comment ne pas avoir pitié de lui ?
Et c'est donc là que nous arrivons à un phénomène courant aujourd'hui, où les évènements sensationnels, relayés par les médias, alimentent et inspirent la création de bouc-émissaires, centre de préoccupation du peuple, qui trouve en cette haine un os à ronger pour plonger dans le piège pervers de l'insatiable quête de satisfaction. De plus, M le Maudit jouit d'une réalisation très moderne, le rendant facilement accessible à ceux qui veulent le voir aujourd'hui. Une analyse brute nous le ferait considérer comme un vieux film avec un schéma narratif assez dépassé et longuet, et une fin plus qu'abrupte, mais avec du recul il nous fait réfléchir et penser que finalement, les mœurs n'ont pas tant changé que ça dans notre société.
Ayant vu le film très récemment, je n'ai pas du tout accroché. Pour l'époque, étant le premier film parlant de Fritz Lang, le film devait être bien. Cependant aujourd'hui, le film a mal vieillit. En effet le rythme du film est très lent par rapport aux films actuels, se qui m'a personnellement beaucoup dérangé. Je n'ai pas trouvé le jeu d'acteur très bon, et l'intrigue ne m'a pas accrochée.
spoiler:
De plus, je reste sur ma fin : l’assassin vas-t-il en prison ou à l'hôpital?
Les chef-d'œuvres ne vieillissent jamais, car s'en est assurément un. Bien sûr, c'est expressionniste, mais il s'agit d'un choix esthétique assumé, bien sûr certaines postures du cinéma muet sont encore là... Et alors ? Sinon la maîtrise de la forme est extraordinaire, un montage génial, des plans séquences insensés, l'utilisation de la caméra subjective et du leitmotiv, les éclairages, la direction d'acteur (Le meilleur rôle de Peter Lorre), des séquences de folie (l'introduction, la fouille de l'immeuble, le tribunal des malfrats). Quant au fond, il est très fort, le film ne contient aucun héros positif, mais on s'identifie à la meute qui veut la peau de M. jusqu'à ce que le malfrat jouant le rôle de l'avocat, puis M. lui-même nous fasse basculer dans la compassion. Lang ne juge rien mais pose les bonnes questions sur la justice, la vengeance, l'opinion publique. Si ce film reflète l'état de délabrement de l'Allemagne de 1930, il est erroné de dire qu'il critique la montée du nazisme, doit-on rappeler que la femme de Fritz Lang (lequel ne partageait pas ses opinions) dont les sympathies nazis étaient connues participa au scénario. Mais ce nécessaire aparté n'enlève rien au fait que ce film soit un chef d'œuvre.
Un classique !! Glacant ... Une reference du genre
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