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Serpiko77
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3,0
Publiée le 11 août 2021
Patty Hearst, ce nom a défrayé la chronique aux USA durant les années 70 c'est donc normal qu'Hollywood se soit penché sur son cas. Malheureusement ce film sans grande ambition bénéficie d'une mise en scène très moyenne qui ne permet pas de rentrer totalement dans l'histoire. C'est bien dommage car cette histoire, qui soulève encore aujourd'hui beaucoup de question, est passionnante, elle mériterait une autre adaptation.
Mouais, un peu bof quand même. J'ai trouvé la mise en scène très moyenne et pas très inspirée, et en plus une interprétation loin d'être convaincante. Je me suis laissé tenté par ce vieux Schrader après avoir vu "the canyons" qui ne m'avait pas non plus emballé mais fait connaître Schrader dont la filmographie en a intéressé plus d'un. L'histoire vaut la peine d'être connue mais c'est la mise en scène qui m'a paru très moyenne, en tout cas aujourd'hui parce qu'à l'époque ^peut être que celle-ci aurait fait son petit effet; puisque le film était sélectionné au festival de Cannes, marque d'un film qui vaut au minimum le coup d'oeil.
Après le succès mondial d’ « American Gigolo » en 1980, Paul Schrader pour ses trois films suivants s’est tourné vers des sujets plus personnels. « Mishima » (1985) narre de manière scrupuleuse avec un parti pris esthétique audacieux la mise en scène du dernier jour de sa vie par l’écrivain Yukio Mishima menant à un seppuku final. Avec « Patty Hearst » sorti sur les écrans en 1988, il cherche à percer le mystère du fameux « Syndrome de Stockholm » qui voit les victimes prendre le parti ou épouser la cause de leurs bourreaux. Le scénario est écrit pas Nicholas Kazan, le fils du grand réalisateur Elia Kazan d’après le livre écrit par Patty Hearst elle-même en collaboration avec Alvin Moscow. On connaît la rigueur de Schrader qui le pousse parfois jusqu’à la radicalité. Pour tenter d’expliquer la genèse de ce phénomène d’apparence paradoxale, Schrader divise son film en trois parties bien distinctes. Tout d’abord le kidnapping le 4 février 1974 de la petite fille du milliardaire William Randolph Hearst encore étudiante et seulement âgée de 19 ans suivi de 57 jours passés dans une garde-robe minuscule avec un bandeau sur les yeux. Ensuite ses actions délictueuses avec les membres de l’Armée de libération symbionaise jusqu’à son arrestation le 18 septembre 1975. Et enfin son procès quispoiler: la verra condamnée à une peine de sept ans prison finalement commuée en deux années par le Président Jimmy Carter après son arrivée au pouvoir . Paul Schrader mise beaucoup sur la première partie qu’il orchestre à dessein pour tenter de faire vivre au spectateur le traumatisme d’un enlèvement et l’angoisse qu’il génère chez la victime. C’est assurément là selon Schrader que tout se joue dans l’esprit d’une Patty Hearst terriblement affaiblie. Le syndrome de Stockholm est selon lui initialement consécutif à un réflexe de survie. Pari osé car plutôt répétitif mais diablement efficace comme toujours de la part du scénariste de « Taxi Driver » et de « Raging Bull ». Les deux autres segments plus conventionnels sont davantage informatifs et de moindre intérêt. Natasha Richardson la fille de la célèbre actrice Vanessa Redgrave et du réalisateur Tony Richardson, est terriblement convaincante, s’étant visiblement fortement imprégnée du scénario. Par ailleurs, le film brosse un portrait au vitriol des kidnappeurs de Patty Hearst dont à la fin du film les motivations profondes n’apparaissent pas vraiment lisibles et surtout solidement structurées. Schrader ne s’attendait bien sûr pas à un succès public. Il a donc dû se contenter d’une sélection à Cannes en 1988 et de réactions plutôt positives de quelques critiques américains reconnus comme Vincent Canby (New York Times), Roger Ebert (Chicago-Sun Times) et Pauline Kael (The New Yorker). Ce n’est pas si mal pour un film d’accès plutôt difficile.
La ressortie en salle de " Patty Hearst" permet de revenir sur un opus peu vu de Paul Schrader ( ex scénariste de Scorcese, De Palma, Pollack et collaborateur de FF Coppola), passé en 1978 à la réalisation pour son propre compte avec " blue collar" ( film favori de Bruce Springsteen et de Spike Lee).
Auteur ( il relève du courant cinématographique baptisé new Hollywood par une partie de la critique hexagonale) d'une filmographie de plus de vingt titres, il n'a connu le succès public qu'en de rares occasions ( " american gigolo" est sans doute son opus le plus connu du grand public), malgré de nombreux titres de grandes qualités, qui en font un cinéaste dont l'influence est incontournable.
Présenté en compétition officielle à Cannes en 1988, ou il est reparti sans aucune récompense, " Patty Hearst" est un opus politique très intéressant du cinéaste.
Retraçant un épisode qui marqua les esprits aux Usa, tandis que dans l'hexagone il eut aussi un certain retentissement.
Il s'est agit de l'enlèvement en 1978 de la fille d'un magnat de la presse américaine qui pris fait et cause pour ses ravisseurs d'extrême gauche ( l'ALS) et participa avec eux à des vols à mains armés, comparables à certaines actions commises par les Brigades Rouges en Italie ou la Bande à Baader en RFA.
Souvent cité comme un exemple du syndrome de Stockholm, l'affaire Hearst est sans conteste un film qui mérite d'être vu malgré ses imperfections.
L'actrice principale Natasha Richardson est la fille du cinéaste anglais Tony Richardson et de l'actrice de grand talent Vanessa Redgrave. Epouse de Liam Neeson, elle décèdera dans un accident de ski.
La ressemblance avec la véritable Patty Hearst est notable et son interprétation est vraiment remarquable ( elle sera employée de nouveau par Schrader dans " étrange séduction " ou elle est beaucoup moins convaincante qu'ici).
Réflexion sur l'influence du milieu social et ambiant sur les convictions intimes, on regrettera un peu la première demi-heure qui souffre un peu de son manque de moyens, avant de connaître une seconde partie beaucoup plus attrayante.
Malgré ces réserves, cet opus de Schrader se montre passionnant à suivre et permet de se replonger dans un épisode un peu oublié aujourd'hui de l'activisme politique violent en terre Nord-américaine pendant la période contemporaine.
Les amateurs de "unitéd red army" de Wakamatsu, de " la bande à Baader" d'Ulrich Seidl, voire de " buongiorno notte" ou de " esterno notte" de Bellochio , ne manqueront pas ce film.