La collectionneuse
Note moyenne
3,3
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EricDebarnot
EricDebarnot

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3,5
Publiée le 15 septembre 2010
Au premier regard, "la Collectionneuse" est construit sur un sujet assez proche de celui de "la Carrière de Suzanne" : deux hommes à la goujaterie insupportable - leur "supériorité" basée non pas sur la puissance de l'argent, mais celle de la pensée philosophiques (dandysme et nihilisme exhibés avec arrogance comme des armes de combat quotidien) - se moquent d'une jeune femme, la manipulent, mais ne révèlent en fin de compte que leur propre impuissance à vivre, derrière les mensonges d'une parole qu'ils imaginent toute-puissante. Néanmoins, Rohmer a fait des progrès infinis depuis son second "Conte Moral", et la luminosité du Sud de la France inonde le film d'une sensualité joyeuse qui élève (littéralement) le débat : face aux intellectuels pervers et ridicules (mais dont on ne saurait nier le pouvoir de fascination), la radieuse Haydée représente la supériorité solaire de la beauté, la liberté insolente de la nature, l'aveuglement que produit la vision de la liberté. Haydée est une "fille de la Nouvelle Vague", et peut-être l'une de ses représentations les plus charnelles. La force de "la Collectionneuse", c'est que les jeux théoriques chers à Rohmer affrontent pour la première fois, et en pleine lumière, dans son oeuvre la puissance charnelle de l'amour.
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 23 juillet 2010
S'il est le troisième conte moral filmé, il est le quatrième selon l'ordre dans lequel Rohmer a agencé ces films. C'est avant tout un film contemplatif, une contemplation du corps féminin que les réflexions d'un dandy viennent entrecouper de réflexions lucides même si parfois un peu tiré par les cheveux. En effet, cet homme, bien qu'attachant, est d'une mauvaise foi qui approche du comique. Un rythme lent, typique de Rohmer, pour les amoureux des aphorismes sagaces et admirablement écrits du normalien. Indirectement, c'est une vraie leçon de philosophie portant sur la beauté et les sentiments qu'un homme est capable d'éprouver pour une femme qui l'obnubile, aux dépens de son âme. Ca respire d'humanité et c'est bien là que réside la plus grande vertu de ce film. L'utilisation fréquente de la voix off, s'il enlève un peu de la poésie propre à la plastique merveilleuse de ce film, nous aiguillone dans les tréfonds de l'esprit du protagoniste dont nous suivons les diverses réflexions. Psychologiquement parlant, peu de films se sont révélés aussi profonds.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 28 juin 2010
La Collectionneuse, est l'un des premiers long-métrages réalisés par Eric Rohmer, en fait le deuxième je crois. Il fait partie du cycle des 6 contes moraux.
J'ai été charmée par le film, dont il se dégage une profonde sensation de vie. Par là j'entends que ces personnages ressentent la vie, son ennui, son poids, et réagissent chacun à leur manière, en se batissant plus ou moins une philosophie de vie, pour affronter cette linéarité vide qui s'offre à eux. Je l'ai vu comme un film sur la pluralité de sphilosophies de vie, sur la pluralité des modes de vie, des façons de tromper son ennui, de remplir son temps.

Outre ce côté intellectuel du film, résolument présent, par l'importance des mots, qui on le voit sont choisi avec une très grande attention,- outre cela donc, on est résolument bien dans ce film, en plein charme, en pleine futilité aussi (les personnages se baignent, profitent des vacances, parlent du sexe, et le pratiquent, s'adonnent avec délectation aux taches ménagères), on fait un petit voyage du côté de la légèreté, que les beaux sourires de l'actrice, Haydée Politoff, enchantent.

Un film sur l'esprit aussi, et ses méandres, un film sur la manipulation, bref tout ce qu'il faut pour charmer l'intellect et les sens à la fois dans ce film.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 8 juillet 2010
Mon film de chevet.
Une leçon de cinéma, un film brut, parfait.
gimliamideselfes

3 455 abonnés 4 019 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 29 novembre 2009
Mon premier Rohmer, j'ai beaucoup aimé, j'en verrai d'autres, ce film m'a intrigué dès les premiers plans, ces trois prologues, intéressants, différents, l'ont se demande qui sera le personnage principal. Je suis resté intrigué durant une bonne partie du film, mais après la première heure, le passage chez Sam m'a un peu fait perdre de l'intérêt pour le film, d'où le 3 et pas le 4. Il en reste un très bon film, très écris, très théâtre, mais j'aime ce genre de cinéma, le cinéma où la parole est importante, ce jeu sur le désir de son narrateur a de grandes qualités pour lui surtout Haydee Politoff, son regard souriant, source de désir.
stebbins

569 abonnés 1 747 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 26 janvier 2012
Quatrième volet des contes moraux d'Eric Rohmer, La Collectionneuse part d'une idée intéressante : celle de décrire l'évolution d'un homme aspirant au vide. A priori, le concept laisse présager un film hermétique et sec, totalement cloisonné sur lui-même et profondément égoïste... Chose à la fois défendable et discutable : car si Rohmer fait preuve - comme souvent - d'une pédanterie sans égale, son film nous emmène aussi vers un dépassement, un ailleurs. Le personnage d'Adrien ( Patrick Bauchau, intriguant ) semblerait évoluer dans la contradiction inhérente à ses désirs. Entre l'envie d'agir et celle de ne rien faire il y a la figure d'Haydée, jeune fille volage mais appétissante. Un peu comme dans Le Genou de Claire ( le conte moral suivant de Rohmer ), notre protagoniste semble à la fois attendre un évènement et atteindre un objectif. Si une majeure partie du métrage accumule une galerie de dialogues particulièrement suffisants, le dernier quart d'heure s'avère étrangement dramatique... Comme si, dans cette vacuité existentielle, il se passait quelque chose. Un bon film.
ferdinand75

739 abonnés 4 538 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 19 mai 2020
Un très joli film de Rohmer, probablement l'un de ses meilleurs. On est complétement dans son univers : dans la subtilitilité; , les beaux dialogues , les sentiments ..Mais c'est aussi une oeuvre très originale car plus "politique" que le reste de son oeuvre . On sent l'année 67 et mai 68 poindre son nez.On sent des parfums de Godard , du Godard marqué par sa contestation militante, on sent Truffaut , Rivette. Le personnage d' Adrien est une sorte de dandy situationiste , nihiliste Stirnérien qui s'oppose à un de ses client , riche bourgeois , repu du libéralisme . Le débat paraît très actuel , et on se régale de cette passe d'armes. Adrien ne croit à rien et pas non plus à l'amour, mais il est subjugué par l'héroïne, la superbe Haydee Politoff, magnifique actrice qui a malheureusement si peu jouée. Haydée tient une bonne partie du film sur ses épaules, dans ce rôle de fausse ingénue, coquine , collectionneuse d'hommes. En fait, elle annonce la femme libérée à venir, le MLF,: elle choisit ses amants , elle ne veut pas être une amoureuse soumise..Elle annonce tout le cinéma féminin à venir ; Kaplan, Ackerman... C'est une beauté fragile avec sa petite frimousse espiègle..Une sourire charmeur pour une vraie diablesse. Et Adrien qui croyait l'attirer dans ses filets , sera piégé, elle l'abandonnera au bord d'une route pour une virée en Italie, avec deux copains de passage, après un jeu de séduction complexe mais finalement stérile. Complétement libre et sans attache : très fort comme message, radical. Mais tout cela sur un ton badin, presque du marivaudage. Les dialogues sont superbes et pour ne rien gâcher le film est tourné à St Tropez en décor naturel . C'est un vrai plaisir de revoir tous les lieux magiques que nous connaissons maintenant par coeur, mais déserts ,sauvages , filmés en 67 , avant l'invasion du tourisme de masse.. Un vrai régal
BlindTheseus

349 abonnés 2 566 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 21 juin 2009
Nanar risible.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 19 mai 2009
Le plein, le vide et le monde. Le film est profond, mais d'une merveilleuse simplicité: il y'a l'âme, le corps, et l'entre deux, qui est l'homme. Entre deux, donc detaché et philosophe, mais aussi sous le plein fouet de la vie, dans un constant va et vient entre le monde (la femme, le desir, la société) et son monde (la solitude, la reflexion, les livres). Le goût de la beauté: des femmes, des hommes aussi, des idées, des paroles, des choses drôles. L'humour, forcement, y est de plein, car il s'agit toujours d'être à coté. L'humour est peut-être la liaison avec l'autre pillon du film, qui est le goût de la morale, c'est a dire d'une idée de soi-meme et du monde. Pourquoi tout ca, etant tres serieux, devient drôle? Allez-savoir, il faut du talent. Pourquoi c'est beau? Bah, c'est fait par Rohmer! Intelligence godardiesque, sensibilité truffautienne: la nouvelle vague continue de créer ce qui est de plus beau dans le cinéma francais, encore est pour toujours.
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