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inspecteur morvandieu
96 abonnés
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3,5
Publiée le 20 mai 2026
En préambule, les auteurs font bien de préciser que l'histoire racontée ici se fonde sur des faits authentiques. Sans quoi, comment croire que le modeste valet de chambre d'une ambassade ait pu s'approprier des secrets militaires alliés et décider de les vendre aux Allemands. La personnalité de Diello, bientôt surnommé Cicéron, est au cœur de ce film d'espionnage. Celui qui rêve depuis longtemps d'émancipation, qui a passé sa vie au service des autres se voit bien, dans un futur proche, rentier au Brésil. Employé modèle et discret le jour, Diello est cet espion arrogant et cynique la nuit. Deux faces d'une même personne. Avec ironie, Mankiewicz montre comment un sans-grade met en branle tout ce qu'Ankara compte d'espions et de diplomates. Et c'est avec non moins de causticité -ce ton qui caractérise si bien l'œuvre générale du cinéaste- que Mankiewicz s'amuse de la défiance des Allemands devant des renseignements de première main... L'ambition sociale et la cupidité du domestique, encore soulignées par les rapports ambigus qu'il entretient avec son ancienne patronne, aristocrate aujourd'hui fauchée -pour le coup, c'est un personnage inventé de toute pièce -et le ballet diplomatique sont les deux axes autour desquels Mankiewicz construit ce récit finalement moins grave que corrosif.
Avec L'Affaire Cicéron, Joseph L. Mankiewicz orchestre un film d’espionnage élégant, fondé sur une intrigue réelle aux multiples jeux de dupes. James Mason incarne un anti-héros raffiné, mû par une ambition ambiguë qui nourrit l’intérêt du récit. Mankiewicz privilégie les dialogues et la construction au détriment d’une tension plus immédiate. Le film séduit par son intelligence et sa sobriété, mais peut aussi sembler manquer de souffle dramatique. Reste une œuvre solide et maîtrisée, mais dont la retenue limite l’intensité.