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3,5
Publiée le 25 janvier 2011
Le film se passe dans les annèes 50 et raconte l'histoire d'une femme au foyer bien sous tout rapports, qui voit sa vie bouleversèe quand elle constate les infidèlitès de son mari et qu'elle se rapproche du jardinier noir...Todd Haynes a voulu rendre hommage aux mèlos hollywoodiens d'antan! Avec ce beau film aux belles couleurs automnales et à l'interprètation parfaite, ce sont les films mythiques de Sirk et de Minnelli qui nous reviennent ici en mèmoire! Mais le cinèaste ne se contente pas d'un habile "à la manière de"! S'il se glisse si bien dans le moule esthètique des mèlos d'alors, c'est pour en dètourner tous les codes et dresser un portrait au vitriol d'une sociètè rigoriste! Julianne Moore et Dennis Quaid sont magnifiques...
On ne s'éloigne pas vraiment des gros clichés américains du cinéma (le père qui élève seul sa fille, est orphelin et veuf, et comme si ça ne suffisait pas, est noir dans une société raciste; la mère de famille bien sous tout rapport; les femmes au foyer commères, étroites d'esprit et langue de vipère; et j'en passe...) mais pourtant Far from Heaven est un vrai moment de subtilité. Le film nous plonge dans les années 50, dans une Amérique puritaine et conservatrice, où les noirs n'ont pas encore été émancipés, où les femmes n'existent qu'à travers leur mari, et où on soigne les homosexuels... Sur une période aussi marquée par les ségrégations de tout genre, comment ne pas faire des personnages stéréotypés ? Et Todd Haynes, si l'on peut d'apparence trouver sa démarche facile ou vue et revue, nous offre en mélangeant tous ces thèmes de société un véritable bijou de poésie, une fable filmée. Bien sûr il dénonce l'injustice terrible qui régit à l'époque la condition de la femme (Cathy est blâmée quand elle sympathise avec un homme de couleur alors que son mari s'autorise, lui, à écouter son coeur et son amour homosexuel en divorcant peu de temps après), celle des noirs (est-il besoin de développer ?), et la toute-puissance du qu'en dira-t-on. Mais au delà de cette dénonciation habile et efficace, Far from Heaven est aussi une pomade pour le coeur. Mettant en scène l'évasion que s'apportent mutuellement deux personnes que tout oppose et que la societé refuse de voir réunies, Todd Haynes entoure son film d'une magnifique atmosphère de bienveillance. Tout semble doux et poétique lorsque Mme Whitaker et M. Deagan sont réunis. De leurs conversations, qui sans tomber dans de la philosophie de comptoir indigeste sont pleines d'humanité, à leurs regards habités, tout participe à ce climat délicat. Le film réussit en fait la lourde tâche d’apaiser les cœurs. Certains passages réussissent à effleurer l'universel, à parler à chacun d'entre nous. Cette bienveillance n'est sûrement pas étrangère à la présence au casting de Dennis Haysbert. Je suis surprise qu'il soit un habitué des petits rôles, car il dégage une classe et une humilité exceptionnelles qui répondent parfaitement à la beauté du personnage qu'il incarne. Juliane Moore en "femme-vitrine", qui ne laisse rien paraître de ses douleurs, livre une belle prestation. Le film est en plus doté de beaux décors, de belles couleurs, et d'une réalisation qui, tout en restant académique, est très soignée. On assiste à cette fin, douce et tragique à la fois, avec une belle mélancolie, un sentiment d'injustice qui n'est pas de la haine ou de la colère, non, car on est bizarrement apaisé. A voir.
La base du scénario de plus, le thème, sont très bien traités délicatement avec tous les ingrédients de l'époque, rejet de la différence, racisme, commérage, situation sociale, jugements, à priori ... mais si l'interprétation, dans son ensemble est correcte, la mise en scène avec tous les clichés de l'époque (script), photographie et attitudes poussées à l’extrême en devient, vite, pénible. 2.5/5 juste la moyenne pour ce gros défaut !!!
Superbe film d'époque et plongée magnifique au cœur de l'Amérique des années 50, dans la haute société d'une petite ville du Connecticut. La splendide reconstitution est un mélange d'hommage aux classiques des années 50 (comme le prouve les génériques, la reconstitution soignée) et de militantisme vibrant. Les acteurs sont très à l'aise et le début du film nous dépeint la petite famille parfaite (un mari qui gagne bien sa vie, une mère au foyer heureuse, des copines, 1 garçon et 1 fille comme enfants, des serviteurs dévoués) qui vit tranquillement sa vie parfaite. L'horizon se ternit quand la mère se lie avec le jardinier noir tandis que le mari voit resurgir ses instincts homosexuels. Et là, le film vire au mélo militant et nous montre une Amérique qui, sous ses airs policés et ses bonnes manières, cache une face bien moins parfaite, une Amérique rongée par un puritanisme pesant, une pensée qui paraît aujourd'hui datée (l'homosexualité est une maladie qui se soigne !!!!!) et un racisme très fort (racisme anti-blanc ou anti-noir car ça marche malheureusement dans les 2 sens) et ça donne lieu à quelques scènes très fortes voire impensables de nos jours (mais je ne doute pas que certains ont conservés leurs vieux réflexes). Techniquement, c'est sublime. Mouvements de caméra délicats, couleurs magnifiques et très contrastées (l'oscar de la meilleurs photo est pas passé loin). Les interprètes sont bien sûr au top : J. Moore est au-delà de tout superlatifs, D. Quaid est impeccable et D. Haysbert est parfait. Beau film. D'autres critiques sur
Le parti pris "années 50" peut surprendre une audience contemporaine, mais le résultat est de bonne qualité. Les acteurs jouent à la perfection, les thèmes et les émotions sont suggérés plutôt qu'exposés, et l'ensemble, avec ce parfum désuet, donne à voir une tranche d'humanité qui ne laisse pas insensible. Un mélodrame qui ne ravira pas tout le monde mais qui fait partie de ce que le cinéma produit de plus raffiné.
L'un des plus beaux "mélo" de ces dernières années! Les images sont somptueuses, les couleurs chatoyantes, les acteurs parfaits dans un sujet sensible délicatement et intelligemment abordé. Que du bonheur!
Magnifique !!! Le jeu des acteurs (émouvante Juliane Moore Dennys Haysbert tout en sobriété) est impeccable, l'histoire dense...et les couleurs...ah les couleurs verte et rouge de la vie qui viennent cogner sur ces vies mornes et brisées. Du grand mélo !!! J'adore.
Un scénario pertinent mais qui ne va pas au fond des choses...alors surement que l'histoire n'est pas basé sur le racisme que subit le jardinier, sur l'homosexualité du mari mais sur la femme...Justment, à cette femme, Mrs whitaker, on a envie de lui crier "Mais vas-y, enerve toi un bon coup...bouge toi!!!" tellement elle semble si niaise et naïve à sourire à tout le monde et à faire croire que tout va bien pour essayer de sauver son image dans sa 'tite ville..Sinon au niveau de l'histoire, je la trouve assez lente pour en fin de compte arriver à pas grand chose...ça traine des pieds...Seul poin positif que je voudrais soulever: les décors et la mise en scène des années 50..
Ce film est magnifique. L'histoire, l'interprétation, les couleurs ... tout est un émerveillement! Sans aucun doute l'un des plus beaux rôles de Julianne Moore, comme toujours exceptionnelle.
L'Amérique des années cinquante vue dans ce qu'elle a de réactionnaire, de raciste : en porte à faux avec l'Amérique "heureuse" que l'on présente sur les belles pubs de cette décennie.Superbe cependant.
Les critiques se plantent lourdement et se montrent complaisantes à souhait : cela arrive, et c'est le cas ici.
Ce film est totalement "cul-cul" et sert de la fausse émotion capitaliste en barquette. "Alors chéri, cette journée de travail ?", "Oh, j'étais en réunion avec Brad" (ce bon vieux Brad..), "Mais quelle est donc cette odeur ? Oh ! Tu nous as fait des pancakes ! Tu es vraiment un amour mon amour" : c'est là tout ce que peut le cœur, sérieusement ? Non, définitivement non. Affligeant, de la matière fécale humanoïde disséquée à 24 images-seconde. Avec toute la panoplie : les voix de gamins genre pub Kinder pour couronner le tout, mièvres, des tablettes ambulantes, à se demander si le réalisateur en a jamais vu de vrais. Ça en devient insupportable au bout de 10 minutes, j'ai coupé.
Y a--t-il des pots de vin ou des réalisateurs intouchables ? C'est à se demander.
Zéro pointé pour le film, pareil pour l'accueil très positif unanime de la presse.
Ce film vaut le détour de par ses images très coloriées et automnales où tous les plans sont soignés et tirés à quatre épingles, comme les personnages. Et chacuns à sa place, c'est l'époque qui voulait ça. L'épouse-modèle n'arrive pas à franchir le cap, c'est dommage. On attend d'elle une plus grande combativité... mais il faut sauver l'honneur.
Magnifique film qui en respectant tous les codes du cinéma US en technicolor des années 50 met en lumière des sujets souvent ignorés par Hollywood à l’époque : racisme et homosexualité. Bien sûr, certains diront un peu facilement qu’il s’agit d’un mauvais mélo. Pour moi c’est totalement injustifié, et surtout c’est beaucoup plus intelligent que ça. Un vrai mélo se borne à satisfaire sans la brusquer la ménagère de moins de 50 ans, alors que ce film parle de sujets qui ont dérangé à une certaine époque, et qui dérangent peut-être encore aujourd’hui. En effet, je ne suis pas sûr que la mixité soit une réalité partout aux States, même si Obama vient d’être élu. Quant à l’homosexualité, elle n’est certainement pas encore acceptée dans tous les milieux, loin de là… Hormis cela, les décors et les costumes sont superbes, et Julianne Moore est étourdissante dans le registre de l’émotion. Un vrai bijou cinématographique.
Un très beau film personnel du à un cinéaste indépendant qui tient avant tout à sa liberté. Cette histoire lui tient à cœur et il va nous la montrer avec toute sa sensibilité et son talent de metteur en scène. C’est avant tout un document sur une ville à une époque donnée plus qu’un mélodrame qui n’en est que la conséquence. Hayes à un style propre et il s’attarde plus sur les décors que sur ses personnages ce qui le différencie de Sirk, Stahl, Minnelli, Daves qui de toutes manières sont d’un autre temps du cinéma. Hayes semble beaucoup tenir à nous faire comprendre le comportement de Frank, il va même jusqu’à faire prononcer le mot ‘’maladie’’ ce qui en 1950 était sans doute encore socialement acceptable. Le mixage d’un problème sexuel avec un problème racial est une excellente idée pour accentuer le contraste entre les ‘’tempêtes sous un crâne’’ et la douceur extrême de l’endroit bucolique dans le quel les événements se déroulent. Le tout baignant dans une bande son merveilleusement adaptée aux décors extérieurs…Tout n’est que ’’ordre et beauté’’. ''Loin du paradis'' est un chef d’œuvre du en partie à l’interprétation ultra discrète de Julianne Moore et au charme indiscutable de Dennis Haysbert.