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5,0
Publiée le 9 mars 2026
Somptueux mélodrame aux couleurs automnales, Far from Heaven ressuscite l’esthétique flamboyante du cinéma des années 1950 pour mieux en révéler les fissures morales. Avec une précision presque archéologique, Todd Haynes réinvente l’univers des mélodrames de Douglas Sirk, tout en y insufflant une lucidité contemporaine sur le racisme, l’homophobie et l’hypocrisie sociale. La performance bouleversante de Julianne Moore donne au personnage de Cathy une dignité fragile, comme si chaque sourire mondain dissimulait un monde intérieur en train de se fissurer. Face à elle, la douceur retenue de Dennis Haysbert transforme leur relation impossible en une romance d’une délicatesse déchirante. De cette élégance formelle et de cette tristesse sourde naît un hommage sublime au mélodrame classique, qui en révèle toute la puissance émotionnelle et politique.
Mélodrame à l'ancienne, d'une élégance rare et réalisé avec brio. Le film, sans jamais tomber dans le pathos à outrance, narre avec justesse l'histoire d'une mère de famille dans les années 50, et dresse le portrait d'une famille parfaite qui peu à peu craquelle et finit par s'émietter.
Le film baigne dans des couleurs automnales et chaudes -autant qu'artificielles- évoquant une douceur de vivre et de nostalgiques années 50. Dans ce décor à l'eau de rose, les époux Whitaker incarnent le bonheur lisse de la bourgeoisie de province. Pourtant, ces représentants et dépositaires des convenances et du conformisme de leur classe vont, bien malgré eux, saborder leurs propres valeurs. Frank est surpris par sa femme en train d'embrasser un homme ; dans un second temps, l'épouse s'éprend d'un employé noir, qui plus est dans une petite ville où la ségrégation est encore de mise. Ce n'est sans doute pas sans ironie que le Todd Haynes place le couple Whitaker devant son paradoxe, sa "sortie de route" (plus précisément du "socialement correct"). On verra aussi que l'homosexualité est considérée à l'époque comme une maladie et soignée comme telle. Pour autant, le cinéaste ne fait pas le choix de la comédie satirique pour dénoncer les conservatismes et l'intolérance. Au contraire, il opte pour un récit indolent et un ton qui rappellent les mélos d'antan. Mais le style -je ne parle pas des indéniables qualités esthétiques du film- manque de saveur et de relief, satiriques précisémen, tandis que le trouble réel où sont placés les personnages -celui de Cathy est au premier plan- n'est pas réellement touchant, ni ne nous attache, faute sans doute d'un propos et d'une sensibilité plus personnels. Ce qui prévaut chez Monsieur et Madame Witaker est la question morale : en bon bourgeois, Cathy et Frank ne semblent pas avoir l'idée d'assumer leur "déviance" ni de lutter contre les préjugés; ils n'ont que le souci de rentrer dans le rang (à moins que, peut-être, au dénouement...)
Un drame brossant le portrait dans l’Amérique des années 50 d’une famille en apparence parfaite mais dont le vernis va peu à peu se fissurer pour laisser apparaitre des failles démesurées. Faisant s’entrecroiser deux thèmes différents, à savoir le refoulement de l’homosexualité et la question du racisme latent « Loin du paradis » ne parvient pas à idéalement mettre en valeur son beau sujet à cause d’un traitement bien trop scolaire et d’une réalisation académique, sans oublier une musique trop envahissante. On retiendra davantage la qualité ainsi que la justesse de l’interprétation, avec notamment une composition très touchante de Julianne Moore campant une femme aux opinions modernes devant faire face aux poids des conventions.
Magnifique du début à la fin. La dernière scène dans la gare est époustouflante, sans un mot tout est dit. Acteurs, décors, costumes sont exceptionnels.
Ce film est une pépite. Le scénario est remarquable, l'Amérique des années 50 est superbement reconstituée et le duo d'acteurs est époustouflant. Une merveille d'intelligence signée par un cinéaste souvent brillant et qui aurait pu être un désastre avec un réalisateur friand de dégoulinant comme il en existe beaucoup.
Hommage explicite aux mélodrames de Douglas Sirk, Todd Haynes réalisait en 2002 ce film qui nous embarque au cœur d’un foyer américain des années 50, modèle absolu de la famille parfaite, vivant dans un pavillon de banlieue tout aussi parfait. Mais derrière le vernis, la situation n’est pas aussi idyllique : monsieur est attiré par les hommes, et madame, se sentant délaissée, éprouve une irrésistible attirance pour son jardinier noir. Assumant un parti pris de costumes et de décors magnifiquement pop, légèrement kitsch, Loin du paradis ne tombe dans aucun des pièges que son scénario pouvait présager, du fait de ses personnages très bien écrits et jamais caricaturaux (tout en étant, en partie, des caricatures de leur époque). Julianne Moore est époustouflante dans son rôle de femme au foyer qui ne quitte jamais son sourire, même lorsque son monde intérieur s’effondre. Brillant.
Esthetique du film j'ai adoré ,actrice superbe et film à voir . Sur fond de couple qui va mal après un secret du mari . Et une vraie plongée dans un racisme impressionnant... le film est top a voir je le conseille .
Un film qui traite deux sujets , l'homosexualité et le rapport entre les blancs et les noirs. D'accord le film est long et on a du mal à penser qu'il existe des femmes comme l'actrice principale, qui est souriante , douce, une bonne épouse une bonne maman et qui doit tout assumer. J'ai trouvé son mari injuste envers elle, dur avec ses enfants... et ces déchirements que subissent ce couple tout au long du film, l'injustice, la perte d'amis, le regard des autres .... Un film à voir
Un drame tout en retenue . Deux acteurs fabuleux Julianne Moore solide et fragile à la fois et Dennis Quaid charmeur et tendre. La fatalité de la vie dans une Amérique des années 50 intolérante et ignorante . Une rencontre entre deux êtres totalement poignante. De l'émotion à l'état pur. On en redemande !
« Loin du paradis » porte bien son nom. Homosexualité et ségrégation dans l’Amérique puritaine et hypocrite des années 50 exsudent dans un violent cocktail. Le glamour très présent et les sourires bien policés sont férocement effacés par le contexte dramatique de cette histoire d’amour impossible. Julianne Moore, superbe et ardente face à Dennis Quaid déchirant, remuent une douloureuse émotion, sublimée par la superbe photographie. Le metteur en scène Todd Haynes nous émerveillera aussi avec « Carol », dans un contexte identique. Splendide !
Les très beaux premiers plans, avec amples mouvements de caméra sur les couleurs d’automne dans une petite bourgade Américaine, laissaient augurer autre chose qu’une suite filmée comme un téléfilm, c’est-à-dire sans imagination et aux dialogues le plus souvent d’une consternante banalité. La seule originalité de la forme du film consiste en l’utilisation des couleurs, très vives aux accents kitch, aux dominantes de vert et de rouge, et en la recherche alternative du contraste ou de l’harmonie : le cinéaste compose ainsi des plans, voire des scènes entières, où les personnages (principalement Cathy) arborent des tenues des mêmes tons que leur environnement, intérieurs extérieurs, ou sociaux (les autres personnages). Certains plans font penser aux toiles de Edward Hopper, tant par ce parti-pris que par la description de l’Amérique des années 50, mais si le procédé pictural frappe l’œil, il ne touche ni le cœur ni l’esprit, et la création d’ambiance est manquée. La musique envahissante et sirupeuse suggère des émotions que le film ne parvient pas à transmettre. Sur le fond la dénonciation du puritanisme, de l’hypocrisie, de l’intolérance et du racisme de l’Amérique profonde de cette période n’est pas nouvelle ; elle est même convenue. Cet hommage au Mélo (avec un grand M) n’atteint pas, loin s’en faut, le niveau des grands films du genre.
Film très représentatif de la société bourgeoise des années 50 et la mentalité de l'époque. Beaucoup d'émotion et de tension ressentis, et la détresse de cette femme emprisonnée dans son mariage et sa condition. Et finalement son mariage n'était que pacotille. Son mari d'ailleurs ne l'aide pas beaucoup à encaisser tout ça. Et pourtant en façade, la famille parfaire, la femme au foyer très élégante, qui élève ses enfants, une domestique et un jardinier noir comme le veut l'époque, et un mari qui ramène l'argent à la maison. De la tension le mariage qui fout le camp mais aussi le rapport enfants parents quelque chose m'a gêné durant tout le film. A peine le papa est il rentré de son travail, la maman interdit presque aux enfants de s'en approcher sous prétexte qu'il a trop de travail, ou fatigué etc... Le fils c'est flagrant on le voit, réclame sans arrêt son père alors que celui ci ne démontre jamais aucune tendresse, aucune affection envers ses enfants. De l'émotion la relation entre Mme Whitaker et Raymond le jardinier. Un océan de pureté et de tendresse un monde si fade : un mariage fini et des amitiés en surface et la société bien pensante, la haine des blancs envers les noirs, ou la haine d'autres noirs vers les leurs. L'homosexualité vue comme une maladie, mon dieu toute la bêtise humaine finalement. Racisme et homophobie. J'ai attendu un dénouement heureux ou moins malheureux pour cette femme, mais ce film n'avait rien d'un conte de fées, dans un univers bien moins édulcoré que celle des desperate housewives. Oh que oui. Ce film est d'une telle puissance réaliste, un drame finalement, en tout cas un chef d’œuvre porté par des comédiens exceptionnels.
"Loin du paradis" est le prototype du film que le cinéma américain est capable de faire pour gâcher un sujet très fort : musique omniprésente, situations et dialogues qui deviennent caricaturaux à force d'être poussés à l'extrême (des fois qu'on n'aurait pas compris !). Alors oui, les images sont belles, les interprètes sont plutôt convaincants mais le film, lui, in fine, ne l'est pas !