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Un visiteur
4,0
Publiée le 16 avril 2013
Superbe hommage aux mélodrames et à Douglas Sirk signé par Todd Haynes, tout en finesse et pudeur. Un regard tendre sur la souffrance des personnages et leurs drames internes qu'ils ne peuvent partager parce que cela ne se fait pas. Le poids de la société est des convenances imposent l'effacement de soi, quitte à ce que les personnes en ressortent détruites. On aurait pu avec une telle toile de fond tomber dans un film insipide et cédant à une démarche intellectuelle vaseuse. Mais ici, c'est la sobriété et l'amour porté pour ces personnages en détresse qui guident le metteur en scène. Quant á Julianne Moore, comme à son habitude, elle est juste et humble dans son jeu. Une beauté.
Ce Paradis là vous transporte, au beau milieu des années 50 (excellente reconstitution) aussi bien dans les décors que les costumes, au milieu de couleurs subtilement définies qui évoluent avec l'avancée du drame, dans une intrigue rendue très émouvante par la qualité des comédiens Julianne Moore et Dennis Quaid, en expressions toutes en finesse des sentiments. Du grand art pour une ambiance lourde et pesante qui nous tient au bord des larmes.
Un magnifique et éblouissant film qui rend hommage aux mélodrames des années 50, comme les films de Douglas Sirk. Julianne Moore interprète un rôle émouvant : celui d'une ravissante femme au foyer souriante et exemplaire, Cathy Whitaker, l'exemple parfait de la ménagère américaine des années 50. Ce film montre d'une façon extraordinaire le racisme dans l'Amérique et les relations entre personnes noires et blanches. Julianne Moore réalise une prestigieuse et émouvante interprétation pour un splendide film ! Un chef-d’œuvre !
Un bijou d'intelligence que ce film qui décrit, sans juger, la place du racisme et de l'homosexualité dans l'Amérique puritaine des années 50. Julianne Moore est tout à fait exceptionnelle dans le rôle d'une femme "normale". Les années 50 sont restituées avec un indiscutable talent, et photo et bande son finissent par faire un excellent film.
Un bon film, qui sous des aspects relativement lisse (comme la société de l'époque), est une énorme critique de la place de la femme, des noirs et des homosexuels dans la société des années 50, amis qui est aussi à rapprocher de la place de ces mêmes personnes dans la société actuelle. Les acteurs sont très bons, et on passe un agréable moment.
"Loin du paradis" a l'apparence d'un mélodrame à l'ancienne, mais offre une vision sans concession de la société américaine des années 50 à la fois hypocrite et conservatrice. Les interprètes sont tous excellents et la réalisation parfaite. Un grand film.
Un des film, les plus mauvais que j'ai vu. Mauvais acteurs, qui ont l'air de s'en foutre royalement de ce film. C'est comme si vous regardez un mur blanc!
On ne s'éloigne pas vraiment des gros clichés américains du cinéma (le père qui élève seul sa fille, est orphelin et veuf, et comme si ça ne suffisait pas, est noir dans une société raciste; la mère de famille bien sous tout rapport; les femmes au foyer commères, étroites d'esprit et langue de vipère; et j'en passe...) mais pourtant Far from Heaven est un vrai moment de subtilité. Le film nous plonge dans les années 50, dans une Amérique puritaine et conservatrice, où les noirs n'ont pas encore été émancipés, où les femmes n'existent qu'à travers leur mari, et où on soigne les homosexuels... Sur une période aussi marquée par les ségrégations de tout genre, comment ne pas faire des personnages stéréotypés ? Et Todd Haynes, si l'on peut d'apparence trouver sa démarche facile ou vue et revue, nous offre en mélangeant tous ces thèmes de société un véritable bijou de poésie, une fable filmée. Bien sûr il dénonce l'injustice terrible qui régit à l'époque la condition de la femme (Cathy est blâmée quand elle sympathise avec un homme de couleur alors que son mari s'autorise, lui, à écouter son coeur et son amour homosexuel en divorcant peu de temps après), celle des noirs (est-il besoin de développer ?), et la toute-puissance du qu'en dira-t-on. Mais au delà de cette dénonciation habile et efficace, Far from Heaven est aussi une pomade pour le coeur. Mettant en scène l'évasion que s'apportent mutuellement deux personnes que tout oppose et que la societé refuse de voir réunies, Todd Haynes entoure son film d'une magnifique atmosphère de bienveillance. Tout semble doux et poétique lorsque Mme Whitaker et M. Deagan sont réunis. De leurs conversations, qui sans tomber dans de la philosophie de comptoir indigeste sont pleines d'humanité, à leurs regards habités, tout participe à ce climat délicat. Le film réussit en fait la lourde tâche d’apaiser les cœurs. Certains passages réussissent à effleurer l'universel, à parler à chacun d'entre nous. Cette bienveillance n'est sûrement pas étrangère à la présence au casting de Dennis Haysbert. Je suis surprise qu'il soit un habitué des petits rôles, car il dégage une classe et une humilité exceptionnelles qui répondent parfaitement à la beauté du personnage qu'il incarne. Juliane Moore en "femme-vitrine", qui ne laisse rien paraître de ses douleurs, livre une belle prestation. Le film est en plus doté de beaux décors, de belles couleurs, et d'une réalisation qui, tout en restant académique, est très soignée. On assiste à cette fin, douce et tragique à la fois, avec une belle mélancolie, un sentiment d'injustice qui n'est pas de la haine ou de la colère, non, car on est bizarrement apaisé. A voir.
J'aime beaucoup ce film découvert à la télé, images magnifiques, musique, interprétation tout est beau. Le raciste traité de belle façon, que l'on soit blanc ou noir.
Plus qu'un mélodrame déchirant, plus qu'un hommage grandiose à un des réalisateurs les plus sous-estimés de son époque, Loin du Paradis est une critique sociale hurlante de vérité qui expose toute chose avec la subtilité la plus sincère et la plus touchante qui soit. Rien n'est évoqué, tout est ressenti. Le trio d'acteur est exceptionnel : Julianne Moore stupéfiante de justesse en mère au foyer pétrie d'amour et d'envie de liberté, Dennis Quaid glaçant et terrifiant en mari honteux empli de souffrance, Dennis Haysbert époustouflant de grâce en jardinier séduisant et chaleureux. Todd Haynes tourne le côté " nian-nian" du mélo à son avantage afin de dénoncer une société hypocrite, qui refuse d'être pour sembler. Les lumières, les costumes, les couleurs, la photographie, la musique (composée par Elmer Berstein) Tout atteint une perfection démesurée. La dernière demi-heure du film s'enchaîne en scène inoubliables toujours plus bouleversantes. Au final c'est une œuvre monumentale qu'Haynes réussi à créer, dans un nouveau siècle de cinéma qui semble avoir oublié ce qu'était la subtilité, "Loin du paradis" est une tornade d'air frais.
Voilà un film rétro, brillant, réussi qui aborde des sujets forts : le racisme, l'homophobie et la condition féminine. Dans les années 50, Madame Whitaker (l'excellente et classe Julianne Moore), mère de deux bambins découvre un soir que son mari à une liaison homosexuelle. Dans son désarroi, elle se rapproche de son jardinier, un homme de couleur, et se lie d'amitié avec lui. La population du village désapprouve ce rapprochement et Madame Whitaker perd ses amies une à une. Un beau film produit par Steven Soderberg et Georges Clooney.
On était très loin du paradis dans les années 50 aux Etats-Unis à en croire cette représentation, certes très caricatural, du modèle familiale et communautaire idéal. C'est extrêmement cucul la praline mais il faut reconnaitre que le racisme, l'homophobie et le commérage de l'époque sont bien traités...
Décidément les femmes inspirent le réalisateur qui livre un excellent film tant celui-ci est dense. L'ensemble est parfaitement bien orchestré, les acteurs sont impeccables et les sujets traités avec intelligence. Un film fort et émouvant doté d'une certaine complexité.
Le parti pris "années 50" peut surprendre une audience contemporaine, mais le résultat est de bonne qualité. Les acteurs jouent à la perfection, les thèmes et les émotions sont suggérés plutôt qu'exposés, et l'ensemble, avec ce parfum désuet, donne à voir une tranche d'humanité qui ne laisse pas insensible. Un mélodrame qui ne ravira pas tout le monde mais qui fait partie de ce que le cinéma produit de plus raffiné.